09 octobre 2006

When I was young

Bien sûr presque personne ne se souvient des Zombies.S'il n'en reste qu'un je serai celui-là.Les Zombies ont un court moment joué dans la cour des grands mais le Moloch du rock dévore ses enfants et les rejette aussi vite.

     Retour sur la carrière des Zombies dont les leaders Rod Agent et Colin Blunstone devaient ensuite et en solo obtenir la reconnaissance de quelques initiés mais jamais du grand public.Les Zombies avaient au départ une culture musicale bien plus forte que les Beatles  et une solidarité rare dans les groupes pop.La musique de Zombies s'écoute encore de nos jours car sa frâîcheur et ses harmonies sont bien au delà des courants.Quelques titres: She's not there, Tell her no, I want you back again, Leave me be.

   Mais le bâton de maréchal des Zombies est sans doute le somputeux album Odessey and Oracle (1968) que les historiens du rock n'hésitent pas à classer au niveau de Sergeant Pepper's, du Pet sounds des Beach Boys, du L.A Woman des Doors, bref du nec plus ultra de la planète rock. L'illustration évoque la grandeur de la fin des sixties et la gloire des 30cm dont on pouvait épingler la pochette aux murs de nos adolescences vacillantes

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Italo

Le Corbeau vient le dernierJoli titre comme souvent chez Italo Calvino l'un des auteurs italiens les plus originaux(1923-1985). Ce recueil, Le corbeau vient le dernier rassemble les premiers récits de celui qui fut entre autres traducteur de Raymond Queneau dont l'univers est proche du sien.L'oeuvre de Calvino est bourrée d'humour et d'ironie avec un petit air de fantastique bon enfant. Ceci ne l'empêcha pas d'être un intellectuel très en vue dans les annnées 50-60. Membre comme bien des écrivains et cinéastes du Parti Communiste Italien qu'il quitta après Budapest Calvino a écrit des nouvelles inspirées par la Résistance puis sa fabuleuse(au sens propre de l'ordre de la fable) trilogie souvent nommée Trilogie des Ancêtres mais que je préfère baptiser Trilogie des Aristocrates égarés.

Le Baron perchéLe Baron Côme décide en plein XVIII° Siècle de ne plus quitter les frondaisons des chênes verts. C'est de là en pleine époque des Lumières qu'il connaîtra marquises et politiciens dans un conte qui aurait plu sans doute au sieur Voltaire. Humour,dépaysement recul, rien n'est pareil vu des arbres. Il nous faudrait essayer de vivre ainsi.

Le chevalier inexistantQuand Charlemagne inspecte ses troupes il est plutôt étonné car le chevalier Agilulfe n'est pas ...dans son armure. Son écuyer Gourdoulou lui obéit pourtant régulièrement. Parabole sur l'identité et l'individualisme Le Chevalier inexistant mêle amertume narquoise et burlesque. Détonant hybride de chanson de geste,parodie de roman courtois et quête du Graal pas si éloignée de...Monty Python

    Le Vicomte pourfendu est à mon sens une version conte cruel de Dr Jekyll et Mr.Hyde. Coupé en deux par un boulet barbaresque le noble Médard voit ses deux moitiés vivre en toute autonomie leur propre existence. L'un pour le pire, l'autre pour le meilleur. Et lequel des deux est le plus drôle?

   Enfin Calvino est aussi l'auteur des aventures de Marcovaldo ce modeste manoeuvre romain à peu près aussi adapté à la grande ville que Charlot. Mais Marcovaldo lui est père de famille.A  lire aussi Le sentier des nids d'araignée,La route de San Giovanni...

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Kazan

Bien sûr cette photo n'a pas plu à tous.Je n'ai pas l'intention de revenir sur l'attitude d'Elia Kazan il y a 50 ans.J'aimerais simplement attirer l'attention sur un formidable livre de cinéma:Elia Kazan,une Amérique du Chaos,de Florence Colombani(éditions Philippe Rey).C'est un bouquin bref,concis,plein de punch,en aucun cas une biographie de Kazan,histoire typiquement américaine de cet émigrant grec né en Turquie.L'auteur nous fait pénétrer dans l'oeuvre intime de Kazan,pétrie de contradictions.L'homme Kazan ne se laisse pas enfermer,ni circonscrire.Il se sentira toujours outsider et doutera toute sa vie,partagé entre besoin d'approbation collective,culpabilité et arrogance.Un homme,un cinéma heurté,contradictoire à la rencontre d'autres hommes,difficiles eux aussi,Tennessee Williams,John Steinbeck,Marlon Brando.Florence Colombani en parle si bien que vous n'aurez qu'une envie,voir ou revoir au moins une dizaine de ses films qui traitent du chaos que sait être l'Amérique et de la passion des héros de Kazan.

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Sur la liste noire

item imageLe sel de  la terre est un film unique que je n'avais jamais vu.Réalisé quasi clandestinement en 54 par des victimes du McCarthysme il ne fut distribué aux Etats-Unis qu'en 1965. Bertrand Tavernier dit que ce film est incritiquable par son existence même. Tourner le film fut un exploit physique et moral entre les mauvais coups des milices,les coups tordus du FBI,les intimidations des syndicats. Herbert Biberman,Michael Wilson et Paul Jarrico terminèrent le film qui fut immédiatement boycotté et fort peu diffusé depuis. Je ne m'étendrai pas sur la sinistre chasse aux sorcières bien que cette période mérite d'être étudiée avec le recul nécessaire qui me semble encore manquer tant les démagogies diverses se portent bien.

   Mais que vaut le film Le sel de la terre? Les films dits militants ne m'intéressent pas souvent parce que schématiques et d'un courage très relatif avec une nette tendance à brosser dans le sens du poil sur laquelle je ne gloserai pas davantage.L'aventure du Sel de la terre c'est autre chose.Et le film qui raconte une grande grève de mineurs mexicains au Nouveu-Mexique présente une lecture plus déroutante que je ne l'aurais cru car je m'attendais bien sûr à la traditionnelle leçon de morale.Or le film décrit bien sûr la lutte de ces mineurs exploités mais il nous donne à voir un deuxième bras de fer bien plus engagé à mon avis,la volonté des femmes de mineurs d'avoir leur mot à dire.Et c'est dans ces images de femmes défilant en lieu et place de leurs maris que le film décolle vraiment en un noir et blanc qui évoque les merveilles néoréalistes dont je vous rebats les oreilles régulièrement. Le sel de la terre n'est pas un film féministe où quelques harpies s'en prennent aux hommes,c'est un film où les épouses se battent pour que leurs maris les traitent mieux que les exploiteurs ne le font des mineurs.Cette double lecture est de loin le plus intéressant de ce film pas comme les autres.Herbert Biberman fut l'un des Dix de Hollywood condamné à la prison.

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