11 octobre 2006

Oslo Rock


       Attention,chose rarissime le blog de le Comtesse va chroniquer un disque rock de moins de 30 ans enregistré par des musiciens toujours vivants. Cela ne se reproduira pas de sitôt probablement.Amateurs de rock primesautier s'abstenir. Ces gens là sont aussi gais que leurs impossibles patronymes norvégiens. Un précédent album se nommait Industrial silence ce qui n'inspire guère l'exotisme. The deep end est de la même eau,de la même eau-de-vie ou du même aquavit rauque,nordique,rocailleux et diablement séduisant pour un amateur comme moi de joyeux lurons comme Leonard Cohen ou Nick Cave.

The Deep EndLes critiques évoquent aussi Jim Morrison àjuste titre pour le côté obscur comme dirait Yoda. Madrugada nous emmène dans une sorte de maëlstrom à grands renforts de riffs et de claviers au son noir(?),par ci par là des cuivres arabisants. Surtout une véritable ambiance s'installe et nous envahit avec des titres commme The kids are on High Street,Sories from the streets,Hard to come back.De quelle ambiance s'agit-il?Là j'ai du mal à me prononcer.Allez je me lance en disant que le guitariste  a parmi ses livres préférés Abattoir 5 de Kurt Vonnegut qui n'est pas précisément une bluette.On peut aussi vaguement convoquer Edgar Poe,Baudelaire,etc...

http://www.youtube.com/watch?v=vMssr3XwAyM 

Ca vous tente?

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Deux autres films de Mizoguchi

Coffret Kenji MizogushiL'Impératrice Yang Kwei Fei est je crois le seul film en couleurs du maître nippon.Et quelles couleurs!Une palette merveilleuse de costumes et de jardins s'offre au regard et de là s'envole une poésie visuelle mêlant la sensibilité du réalisateur japonais et les affres de ses personnages chinois.Mais l'Impératrice Yang Kwei Fei nous entraine aussi dans les remous de la politique et de l'ambition.Pire encore de la manipulation.

     La jeune femme est si j'ose dire envoyée au casse-pipe comme favorite puis Très Haute Dame au côté de l'empereur veuf et vieillissant.Il y aura bien une histoire d'amour.Elles finissent mal en général.Cela nous aura donné le doux,discret et fugace érotisme du bassin aux lotus,la sortie incognito du couple à moitié impérial lors du Nouvel An,la violence d'une exécution qu'on devine aux vêtements et bijoux tombant sur le sol.J'avais déjà dit que je ne connaissais pas Kenji Mizoguchi.C'est un vrai bonheur de découvrir une oeuvre aussi riche digne des plus grands cinéastes ou romanciers.

    La rue de la honte est le tout dernier film de Mizoguchi.Chronique de Yoshiwara quartier des plaisirs de Tokyo c'est une vision sans concessions de la prostitution avec ses spécificités japonaises et ses archaïsmes. Les filles courent au désespoir,à la folie,à la mort dans un pays d"après-guerre qui se cherche et qui ne fait pas la part belle c'est le moins que l'on puisse dire,aux femmes. Vue d'ensemble de ces héroïnes malgré elles d'une tragédie du quotidien, de la pauvreté et de l'humiliation. Mizoguchi a réalisé environ 100 films en 40 ans. Il paraît qu'il n'y en a pas un mauvais.

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Le vol des Oyseaux

Coffret 11 CD : 12 Dimensions (inclus un album inédit)  Je dois me confesser d'une chose innommable et incompréhensible et si vous pouviez connaître quelqu'un qui connaîtrait quelqu'un qui aurait fait presque la même chose. Enfin pas vraiment si grave car s'être rendu coupable de l'achat de l'intégrale "The Byrds/The Columbia Recordings" a fait de l'auteur de ces lignes une sorte de paria, de maniaque folk-rock, de has been and not very been.Quelle peut être la perversion de celui qui veut tout connaître de son groupe préféré,lui qui n'a plus l'âge qu'il avait du temps de Turn,turn,turn évidemment. Ce coffret que vous voyez là est l'objet du délit. Pris d'une pulsion néo-adolescente acnéique et baccalauréatesque pour ne pas dire abracadabrantesque j'ai acheté cet incunable. Je ne le regrette pas et l'écoute souvent. Mais qui dira la solitude le soir au fond du sofa de l'ermite quinqua qui rêve sur Renaissance Fair et plane sur Eight miles high?

Mr. Tambourine ManBien sûr, Byrdmaniax depuis longtemps j'avais déjà nombre de vinyls en leurs pochettes californiennes. J'avais déjà aussi le coffret 4CD et 81 chansons que je possédais pour la plupart en 45 tours,voire en cassettes.

  O vous tous ma peine est profonde

   Suis-je né trop tôt ou trop tard

   Suis-je donc le seul au monde

   A posséder 8 fois Mr Tambourine Man?

   Priez pour le pauvre Bogart.

              ( avec le concours de Paul Verlaine)

A propos de sofa aurai-je la raison de cet égarement du côté de chez Sigmund? Ou ai-je développé un syndrôme Peter Pan ou Forrest Gump? Mon moi profond  de baby boomer est-il en  train de vivre une catharsis avec mon ego de futur papy boomer? Ou ces putains de 35 ans qui ont passé  me blessent-ils à ce point? Pardon pour les grossièretés.

    On pourrait penser que musicalement cette utime et définitive collection apporte un plus et de l'inédit à revendre. Il y a de l'inédit mais tous les rockers vous le diront:99°/o de ce qui est inédit doit le rester. Par exemple le poème A Claudine que j'ai écrit en 61 parce que je l'avais vue à la piscine doit rester dans l'ombre. Les muses s'en remettront.

  Eigh Miles High  Mais revenons à nos Oyseaux. Les Byrds sont l'un des chaînons majeurs de la musique rock. Je ne reviendrai pas sur leur histoire mais un shaker Beatles+Beach Boys+Dylan donne à peu près cette formation qui a vu défiler une quizaine de musiciens sous la houlette de Roger Mc Guinn avec entre autres David Crosby et Chris Hillman. Des Byrds devaient sortir,excusez du peu, Crosby,Stills,Nash and Young, Poco,Buffalo Springfield, Flying Burrito Brothers, Tom Petty et plus tard leur influence devait être capitale sur R.E.M.

  Untitled    Parfois je regarde mon coffret. C'est un joli cube que les soixante millions d'incultes français n'ont pas évidemment et ça me rend tout chose. Il est en tirage limité à 350 exemplaires et j'ai le numéro 152. Est- ce que ça veut dire qu'au moins 151 ont été vendus de par le monde? Je le caresse et nous sommes là au bord du fétichisme avec ses angles aigüs comme tout cube qui se respecte, ses arêtes bien acérées et trois photos de pochettes sur chaque face latérale. J'en fais le tour, le périmètre pour les matheux, je le soulève  et le repose délicatement sur ma colonne de CD ordinaires,des bêtises comme Cohen, Cream ou Donovan. Parfois je frise l'autisme avec mon intégrale des Byrds en un sorte d'autosatisfaction béate. Puis je réagis et me mets en quête d'une intégrale des Lovin' Spoonful. Personne n'est parfait. Tout commentaire de soutien sera le bienvenu dans cette rude épreuve.

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Louis le Cherokee

   J'ai la passion des écrivains indiens d'Amérique et de leur éternelle quête d'identité,coincés entre leur histoire et leur avenir. La situation difficile des Indiens a au moins le mérite d'avoir formidablement stimulé leur littérature.Voici Louis Owens disparu quinquagénaire en 2003.

Meme la vue la plus percante                      Dans Même la vue la plus perçante,joli titre, Cole McCurtain, métis d'indien professeur d'université comme l'auteur Louis Owens, puise dans la culture et la tradition amérindiennes pour mener une enquête sur une série de meurtres d'étudiantes.Au travers de ses propres interrogations sur son frère mort et ses ancêtres massacrés il trouvera son chemin, toujours hanté par le souvenir de son peuple.

   "J'écris pour exprimer le mal fait à la Terre. Quand le monde aura perdu le sens que les Indiens ont des relations de l'homme et de la nature, la Terre aura tout perdu3

La littérature de Louis Owens est faite de magie qui ne se contente pas d'être incantatoire, qui est aussi très engagée comme en témoignent les autres romans Le chant du loup, Le joueur des ténèbres, Le pays des ombres. Tous magnifiques et lyriques, parfois à la limite du fantastique qui baigne volontiers les écrits de presque tous les romanciers indiens auxquels la résistance aura donné des ailes.Plus tard ,mais d'autres blogs en parlent assez souvent, nous évoquerons Sherman Alexie, James Welch, N.Scott Momaday, David Treuer

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Une chanson:Early morning rain

   Combien de feux  de camp que je n'arrivais pas  à allumer?Combien de filles peu convaincues quand je chantais Peter,Paul and Mary?Combien de retours en auto-stop difficiles fredonnant Blowin' in the wind?Combien de copains qui eux savaient au moins trois accords de guitare et qui emportaient le morceau(terme un peu cru pour désigner mes rateaux)?Combien de mois a-t-on pu croire que Richard Anthony vivait comme un hippie?Combien d'illusions?Et surtout combien de temps de cela? Ecoutez mes amis,écoutez dans le vent,écoutez la réponse est dans le vent.

    Du coup j'ai décidé de vous dédier cette jolie ballade dans la pluie du matin,le long de la Route 9,un dollar en poche et bien loin d'elle,en compagnie du trio qui fut parmi les tout premiers à croire en Robert Zimmerman.Putain comme j'aimerais y être encore sur le Runway Number Nine.

  http://www.youtube.com/watch?v=rPnLK1WnXxg    Ecoutez!

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Rêverie verte

Rêverie verte

 

Ce doux pays sûrement n'existe guère

La pluie y est de prose et le vent fait ses gammes

Improbable terre d'ocre et pourtant de vert

Mes doigts le pétrissent,argile et vent d'atlante

La couleur de la bière y invite à se prendre pour Yeats

Le tropisme de l'ouest y cueille ma main tendue

En deça de la lumière des lacs aux miroirs châtelains

Cette lande a des poings et frappe allégrément

Légendaire,habitée et je voudrais y rêver

D'Italie dans le soir gaélique

Quand percute le bodhran et que violon s'envole

Les nuits de Galway chantent et carillonnent

Vers les îles le regard a enfin quitté son Amérique

L'alcool,la tourbe et la danse scintillent

Au coeur de la nuit d'Occident

Qu'elle est loin ma Toscane et pourtant le parfum des cyprès

M'enivre jusqu'ici  mêlant Renaissance et souffle d'archipel

Confusément

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