13 octobre 2006

O'Hara l'inconnu

Hier totalement inconnu de mes services(c'est à dire de moi) John O'Hara(1905-1970) serait l'alter ego des Dos Passos, Hemingway, Fitzgerald et autres que je révère.Pour une fois seul le hasard m'a fait choisir cet auteur à la bibliothèque locale:il était là en évidence et je l'ai pris après avoir lu le verso.

Une lueur de paradisUne lueur de paradis(Bernard Pascuito Ed.) est un livre bref qui ne s'embarrasse pas de scories.Courte histoire ayant pour cadre Hollywood le roman présente les apparences d'un thriller familial avec père prodigue revoyant ses enfants adultes et discussions qui tournent mal.Le narrateur,scénariste assez besogneux comme le furent tant d'écrivains majeurs dont O'Hara lui-même, se révèle vite impuissant à empêcher la fatalité. Je ne suis pas sûr que cet auteur soit si important.Il est néanmoins un tès habile trousseur de ce type d'histoires où la psychologie se réduit à quelques traits et où l'intérêt n'a pas le temps de faiblir.

   Mais le meilleur roman de John O'Hara est,dit-on,Rendez-vous à Samarra dont nous reparlerons plus tard.En piochant je viens d'apprendre qu'O'Hara avait en fait été adapté plusieurs fois avec La Vénus au vison,Du haut de la terrasse,10,rue Frederic ou La blonde et la rousse.Bon sang mais c'est bien sûr!

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L'Oscar du cinéma

Comment le cinéma pouvait-il traiter du procès d'Oscar Wilde en 1960?L'acteur réalisateur russo-américain Gregory Ratoff ouvre le film par un plan sur la tombe du père de Dorian Gray,sise au Père Lachaise et presque aussi fréquentée que celle de Jim Morrison.Mais en 1960 difficile d'entrer dans les détails de la vie privée d'Oscar.Cette production restera donc un film sage peu vu et surtout peu apprécié de la critique. J'ai un avis un peu différent. Certes nous naviguons en plein académisme et la satire de l'Angleterre victorienne est bien pâle.Certes le film est en fait un film-prétoire(genre en soi pas inintéressant mais terriblement théâtral).Vous me direz que le théâtre a été la vie d'Oscar Wilde,alors pourquoi pas.Cela manque singulièrement d'entrain mais de bons acteurs anglais très classiques,Robert Morley qui ne donne pas une image très glamour de l'écrivain,Ralph Richardson, font passer un bon moment comme une visite patrimoniale en la perfide Albion qui comprit si mal cet Irlandais.Une pièce de plus dans l'immémorial contentieux Londres-Dublin.

    Evidemment la vie d'Oscar Wilde est réduite à quelques souvenirs de jeunes valets pudiquement évoqués par l'accusation.Il faut bien remettre les choses en perspective et dans le contexte d'une époque.Et ceci est valable pour chaque film et il me semble que bien des critiques l'ignorent.Pourtant toujours bienséant Oscar Wilde fut interdit aux moins de 16ans.Que reste-t-il de ce film qui n'a rien d'un brûlot?Une curiosité qui inciterait à comparer avec Le procès d'Oscar Wilde(Ken Hughes,1960 également) ou le récent Oscar Wilde de Brian Gilbert avec Stephen Fry,acteur auteur qui lorgne manifestement vers la personnalité de l'original.

   De tout cela je conclurai que pour s'imprégner d'Oscar le mieux est encore de voir le merveilleux film d'Albert Lewin,Le portrait de Dorian Gray que j'ai chroniqué déjà.Et surout de relire La ballade de la geôle de Reading, ou son théâtre(Il importe d'être constant,L'éventail de Lady Wintermere) ou encore ses contes(Le fantôme de Canterville).La France a plutôt bien reçu Oscar Wilde,toujours irlandophile et aussi pour contrarier l'ennemi héréditaire d'outre-Manche

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La mort de Porthos

La mort de Porthos

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Un roc est resté sous les rochers de Belle-Ile

C’est le début de la fin du roman

Pour les brillants et invincibles bretteurs

De tant de cavalcades et de duels.

Quoi!Dumas tu ne les avais donc pas faits

Immortels mais vieillissants.

Porthos de truculence,et bonté faite homme

Qui repose à jamais sous les salins bretons

Le premier des quatre à rejoindre

D’autres banquets.

Le gentil géant dont la nature simple

Contrastait sur les âmes pensives

De ses frères mousquetaires

Adieu l’ami,merci pour ces années.

De la douleur d’un père s’éteint Athos

Qu’elle est loin Milady

Et l’Angleterre et la reine.

Ne restait qu’un vieillard brisé

Lui seul,des quatre,avait donné la vie

Mais qu’est la vie quand son propre sang

Se tarit avant soi

Dans un Orient de sable et de guerre

Si loin du domaine?

Quand un ciel noircit et dégénère

Comment ne pas comprendre

Le départ presque volontaire?

Le Gascon si fringant,comblé d’honneurs

Ne se reconnaissait plus

Les remparts hollandais

Cachent sa dépouille

D’Artagnan serviteur fidèle

Le fougueux provincial

Jusque dans sa mort aux boulets des Flandres

Repose parmi les soldats

Sa vraie famille est l’amitié

Des vivants et des morts.

Mais où est le temps des bravaches humiliés

Et des traîtres confondus?

Aramis vit,en proie à ses démons

Tout de sévérité

A-t-il ses comptes à rendre?

Laissons-le à ses doutes.

Amis je vous ai tant aimés

Comme j’aime ma jeunesse.

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Les diables de Tasmanie

Cet homme s'appelle Matthew Kneale et c'est l'auteur d'un roman génial qui convoque Stevenson, Conrad, Darwin, De Foe entre autres.Ceci est une introduction très quelconque car Kneale n'a besoin d'aucun parrainage.Il suffit de lire Les passagers anglais(Belfond,Presses Pocket) pour qu'éclate son talent de conteur et de moraliste.Le livre tient à la fois du conte des Lumières et de l'épopée à la Jules Verne.Mais assez de name dropping comme dirait Delerm.Plongez vous dans ce voyage au bout du monde d'un navire dont le capitaine convoie un jeune botaniste,un pasteur plutôt fondamentaliste comme on dit aujourd'hui,un médecin convaincu de supériorité.Ce voyage les mène en Tasmanie,cette île du sud de l'Australie où vivent des autochtones ce qui est bien leur droit.

    Que de questions à l'arrivée après les périls des océans sur la terre de Tasman pas trop hospitalière!Y trouve-t-on le Jardin d'Eden?Le racisme est-il justifié par les théories scientifiques très pointues sur la forme des crânes aborigènes?Les colons ont-ils des orteils?La contrebande a-t-elle un avenir entre Sydney et Hobart?Le diable de Tasmanie de nos dessins animés est-il porteur d'un virus?A dire vrai j'ai rajouté cette dernière question pour faire rigolo.Matthew Kneale a choisi pour son récit la forme d'un journal de bord tenu par de nombreux personnages et ceci vivifie encore le bouquin.

  Les Passagers anglais  Comme les Anglais sont privés de bien des choses mais pas d'humour Kneale aborde des choses sérieuses comme le progrès et la paix avec des moments drôles et assassins pour nos certitudes d'avant le Musée du Quai Branly.Jerome k.Jerome ou Redmond O'Hanlon sont eux aussi des voyageurs anglais qui avaient bien compris la grandeur à savoir parler des choses graves avec l'humour,cette politesse du désespoir(ça n'est pas de moi mais je revendique).

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Giorgio

  Péchés et vertusGiorgio Scerbanenco(1911-1969),né Cherbanenkov en Ukraine est l'un des meilleurs écrivains italiens des années 50-60.Il a notamment créé Duca Lamberti,médecin radié pour avoir aidé à l'avortement dans l'Italie très conservatrice de cette époque.Dans une suite de romans et de nouvelles il trace un portrait de son pays d'adoption et surtout de la métropole du Nord,Milan,ville du miracle économique italien.Dans cette Italie sur la voie du progrès il y a des laissés pour compte et Duca Lamberti sait faire preuve de perspicacité et de compréhension.   

Les Milanais tuent le samedi,Les enfants du massacre(terrifiant fait divers qui annonce les crimes de lycéens aux Etats-Unis),A tous les râteliers sont parmi les grandes réussites de Scerbanenco.Duca Lamberti est un personnage qu'on n'oublie pas,patient et désintéressé,enquêteur obstiné des trattorie  et des rues de Milan,qui est l'autre grande héroïne de ses romans. 

Giorgio Scerbanenco est aussi auteur de très belles nouvelles plus éloignées de l'univers du polar.Citons La nuit du tigre et,mon préféré,Péchés et vertus,recueil de 14 histoires sur les sept vertus cardinales et les sept péchés capitaux.Une fois de plus les éditions 10/18 ont fait un gros travail pour faire connaÎtre un des meilleurs romanciers d'un pays si riche en talents,tant littéraires que cinématographiques. Les Milanais tuent le samedi

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