30 octobre 2006

Une chanson:Legend of a mind

Legend of a mind est l'un des grands succès des Moody Blues,ce groupe à deux existences bien séparées sous un même nom.Les puristes préfèrent en général les premiers Moody Blues,très blues effectivement avec Go now,Bye bye bird,And my baby's gone.Et puis à l'occasion de changement de personnel le groupe devint subitement "le plus petit orchestre symphonique du monde".Il y eut en effet la révolution du mélotron,sorte d'ancêtre du synthé dont les Moodies furent parmi les premiers à se servir.Suivirent alors plusieurs albums de rock symphonique très agréables à défaut d'être très originaux dont le multimillionnaire Days of future passed avec son tube universel Nights in white satin,tout plein de flûtes et d'accords un peu lourds mais encore une fois bien plaisants quand même.Les disques qui vinrent alors furent plutôt de moins en moins inspirés sans être vraiment ratés.Et diminua le succès,dure loi du rock.J'ai choisi l'excellent Legend of a mind,extrait de In search of the lost chord.Musique planante puisque évoquant Timothy Leary dont l'influence sur la vie(et la mort)de nombre de légendes du rock n'est plus à démontrer.

http://www.youtube.com/watch?v=r_TbovyVOzs Ecoutez!   

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Le vieux monsieur qui ressemblait à mon père

Ceux qui me suivent un peu savent l'amour que je porte au Néoréalisme italien et à ses maîtres.Le film Umberto D.(51) est dédié par Vittorio de Sica à son père Umberto de Sica.Il n'y a pas tant de films dans l'histoire dont le héros soit un paisible retraité.En cela le Néoréalisme n'a jamais été égalé et je crois que l'état de grâce de ces films en symbiose avec un peuple,une époque,un pays restera une exception qui donne au cinéma ses titres de noblesse.Je parle là de la noblesse du coeur pour ces oeuvres consacrées aux humbles.Interprété,habité plutôt par Carlo Battisti qui était professeur,Umberto D. touche au plus profond de chacun de nous.Umberto c'est mon père et c'est le vôtre.C'est moi demain ou après-demain.De Sica ne désigne pas les coupables car le Néoréalisme ne s'est jamais érigé en procureur.Ce mouvement unique a simplement rendu le cinéma à la rue et à ses habitants,modestes retraités, chômeurs, femmes enceintes,sans logements, pêcheurs,petits voleurs, prêtres modestes,simplets de village.Ne vous privez pas de cette vingtaine de films inoubliables auxquels la Nouvelle Vague,le Free Cinema anglais,les cinémas du Tiers Monde émergent doivent tant.

Carlotta films qui présente ce DVD l'accompagne d'un formidable document canadien de 65 nommé Cinéma et vérité où interviennent,tous dans un français parfait,et d'une très haute culture, De Sica, Rossellini, Zavattini,Antonioni,Amidei,Castellani.On n'assiste pas à un cours de cinéma,non.On écoute ces intellectuels sentimentaux engagés modérés.Le contraire de nombre de têtes à claque à la vue basse qui donnent des leçons à qui,mieux mieux.

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Thank you Martin

Scorsese est exemplaire.Je ne parle pas du cinéaste dont l'éloge n'est plus à faire(mes préférés:Taxi driver,Les affranchis,After hours,A tombeau ouvert).Scorsese est exemplaire par la passion cinéphilique qu'il met à nous faire partager ses émotions de spectateur dans les deux fabuleux Voyages à l'intérieur des cinémas italien et américain.Il parle du néo-réalisme avec simplicité et sait nous faire toucher du doigt la beauté de ce cinéma-là.A recommander très fort à ceux qui voudraient s'initier à cette époque extraordinaire du plus beau cinéma du monde,ce cinéma de la rue en totale adéquation avec un pays,une histoire,un peuple.


Mais je veux parler du Scorsese passionné de musique,presque historien de la musique,qu'il nous restitue de différentes manières.Rappelons l'hommage à Broadway,NewYork,New York.Rappelons l'excellente captation du concert d'adieu de The Band:the Last Waltz avec ses prestigieux invités Dylan,Clapton,Young,Morrison,etc...



Rappelons aussi très récemment la belle collection de films sur le blues produite par Scorsese avec Clint Eastwood,Richard Pearce,Marc Levin.


Enfin No direction home:Bob Dylan,qui vient de sortir en DVD est un film à part entière de Martin Scorsese,évidemment un document de premier plan sur l'arrivée de Dylan dans le paysage musical américain et mondial.


Avec beaucoup de rigueur et des archives rares Scorsese resitue le phénomène Dylan au début des sixties,donnant la parole à Joan Baez,Pete Seeger,Liam Clancy,Allen Ginsberg et autres témoins ou complices du Robert Zimmerman acoustique de Blowin' in the wind,When the ship comes in,Mr.Tambourine Man,It ain't me babe et toutes les belles chansons de la première période.Les amateurs de Dylan comme les néophytes y découvriront  comment le petit gars du Minnesota s'est retrouvé sans vraiment le vouloir star du protest-song,puis pop-star internationale en ayant électrifié sa musique au grand dam de certains puristes criant à la trahison(images étonnantes de huées qui nous paraissent un peu ridicules aujourd'hui ,alors qu'un Springsteen peut à la fois passer une soirée de troubadour et une autre avec le E.Street Band).

Bob Dylan : Anthology Project - Édition 2 DVD

L'incompréhension entre Dylan et un certain public ne s'est jamais complètement démentie.Quarante ans plus tard Bob Dylan reste un mystère qui a su,voulu rester en dehors de toute véritable récupération y compris politiquement.Tout le monde connaît mal Dylan,un peu moins mal désormais grâce à Martin.Mais ce film se termine en 66.

A noter D.A.Pennebaker,ce génial documentariste apparaît dans No direction home.Il fut l'auteur en 67 de Don't look back,excellente analyse de Dylan sur scène lors de sa tournée anglaise de 65.

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