Un ottobre bellissimo

Quand le sud a des accents

Très doux,pas trop extravagants

Boboli déroule pour elle et moi

De douces pentes finissantes

Où de joufflus putti rejettent une eau tiède

Calme flux suffisant de douceur

Qu’elle écoute à mon bras

L’inconnue d’hier dont le souffle

Est brise tranquille à ma nuque

Tout près Santa Maria crève de sa coupole

Le ciel toscan si cher à mes pensées

Les grilles des palais,de leurs cours nous invitent

A flâner tous deux le coeur comme ébahi

Couple de survivants

Aux traces du temps perdu

Renaissance sur ces quais s’étalant

Florentines matinées,à peine frémissantes

Sont-ce les cloches de San Marco

Claires,sur la cité,qui nous fêtent

Nous qui venons si tard?

Mais le crépuscule nimbe l’Arno

Comme le doux manteau,comme le tranquille automne

Sur nos vies moins brûlantes

La barque sur le fleuve

Entraîne ce qu’il reste de jour

Avant les nocturnes,andante

Oui,ce qu’il reste de jours

Quittons le Vecchio si bruyant

Et remontons la rive qui s’isole

Nos pas se cherchent un peu

Le talent ici fut si multiple

J’ai l’impression que les grands maîtres

M’ont laissé quelques cendres

Elle est à mes côtés

Presque fille du fleuve

Loin là-bas la rumeur citadine

Nous ignore encore.