Noir et blanc comme les nuits et les jours

Quatre étranges cavaliers

Dansent,hésitants,sur l’échiquier

Noir et blanc comme haine et amour.

C’est qu’ils sont parfois songeurs

Ardents chevaliers de la Table Carrée

Faut-il prendre ou esquiver

Champions de la Dame de Coeur?

Noir et blanc,souvent muet

Comme le cinéma d’avant

Le combat n’en est pas moins brûlant

C’est le nôtre,trait pour trait

Si simple serait notre existence

S’il suffisait d’avancer comme un loup

N’y aurait-il que quatre fous

Donnant à la vie tout son sens

Ces amoureux des diagonales

Ont beaucoup de mon affection

Fous,vivez,sages et pourtant bouffons

Je suis,je crois des vôtres et j’ai mal.

Dans un vieux roman avec cape et poignard

Pleure la belle prisonnière

Dans la chambre d’une tour austère

Fous,cavaliers y sont menés par hasard.

Viens ma reine,échappons

De ces trappes et de ces pièges

Laissons les autres faire siège

Quittons l’infernal carré qui tourne en rond.

C’est oublier mon seigneur,mon maître

Dans ce monde on se cogne aux murs

A perdre la raison,à démêler le faux du sûr

Le noir du blanc,l’avoir et l’être.

Il y a le nord,il y a le sud

Qui se font,se défont,guerre et paix

Il y a toi,il y a moi,et le roi et ses sujets

Que la lutte sera rude!

Ne craignez pas l’affrontement

Petits soldats des premières lignes

Vous serez de retour pour les vignes

Avant l’hiver sous les sarments.

Noires,blanches,les fées du clavier

Noir et blanc,Errol Garner ou Debussy

Ce noir et blanc sol sol si mi

Met en échec l’ombre des guerriers.

Assez de rire et trop de larmes

C’est,je crois,à vous de jouer

Bientôt l’heure du dîner

Il est temps de rendre les armes.