23 décembre 2006

Une chanson:Coz I luv you

    Ames délicates et mouchoirs de batiste passez outre.Nous sommes loin des aristos du rock,loin de tout en ces années 70-72.Loin du rock progressif du Floyd,loin des harmonies vocales californiennes,loin aussi des Rolling Stones au rock'n'roll autrement élaboré.On est même loin du glam-rock de Marc Bolan et T.Rex, principaux rivaux de Slade à la première place du hit-parade pendant quelques années.Très gros vendeurs les quatre hurluberlus de Slade on vociféré allégrément des titres,volontairement écrits en mauvais anglais pour bien marquer leur différence:Mam weer all crazee now,Take me bak 'ome,Cum on feel the noize,Look wot you dun.

   Nantis de trois accords basiques et souvent de hauts-de-forme et pantalons discrets les gaillards ont su (ré)insuffler au rock une pugnacité de bon aloi,avec joie de vivre,braillements divers et maîtrise instrumentale parfois rudimentaire comme en témoigne le violon électrique un peu craignos de Jim Lea.Bien sûr on n'est pas dans les hautes sphères mais "qu'est-ce que ça donne envie d'faire la route à l'envers".Quand,une bière à la main et 20 balais on écoutait Slade,ça trépignait,ça trépignait...A propos,le gars,là,qui joue du violon,est devenu psychologue.Je crois que je l'aimais mieux en hurleur chevelu.Bref comme diraient Lester Bangs et mon ami Chtif si le rock c'est l'énergie,l'épure et le punch,alors le rock... c'est Slade.

Hir Slade Kryin'! http://www.youtube.com/watch?v=p_X4AyZW6LM

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Portrait de Marilyn Garbo

Vous qui êtes aussi pervers que moi quant à la mythologie des actrices,je suis sûr que vous vous êtes posé la question essentielle qui nous lie à ces icônes.Cette question est:pourquoi Marilyn et pourquoi Garbo?Pourquoi appelle-t-on l'une par le prénom comme une copine de lycée et l'autre par son nom comme une directrice d'école.Encore que l'on puisse tomber amoureux de la directrice de l'école.Mais pour elles,pour elles deux...

   Greta Gustafsson Garbo,la Divine,n'est pas une affiche sur un mur de chambre d'adolescent.Je ne pense pas qu'elle l'ait jamais été.Peu bavarde,ce qui lui a permis d'éviter les bévues de certaines ravissantes idiotes Garbo offre à des admirateurs nombreux mais corrects son visage sévère,énigmatique non exempt d'une certaine antipathie.Mais la hauteur et l'antipathie peuvent être diablement séduisantes.Interprète de grands personnages de l'histoire(Marie Walewska,La Reine Christine,Mata Hari),de la littérature(Anna Karénine, Marguerite Gautier) Garbo existe-t-elle réellement?Phobique de ce que l'on n'appelait pas encore les médias cette femme,à force de créer le mystère autour d'elle,s'est évanouie quelque part dans le monde étranger à ce qui n'est pas celluloïde.On n'oublie pas Garbo mais comme épaule amie,et plus si affinité,ce n'est tout de même pas la panacée.Et au Grand Hotel quand je descends ce n'est pas la belle Nordique qui me manque.Attirante certes mais comme ces étendues blanches que je n'atteindrai jamais la Divine est comme une photographie glacée,deux fois glacée sur un magazine obsolète dans le hall du palace. Heureusement Lubitsch vint et Ninotchka avec lui.On a su alors que Garbo aurait pu être humaine,de larmes et de sourires,une femme,pas un rêve dont on n'ose prononcer le prénom.

   Norma Jean n'a jamais quitté les calendriers et on n'ose imaginer qu'elle aurait 80 ans.Marilyn,notre Marilyn à tous,à vous,à moi,du domaine public du glamour si j'ose dire.Marilyn à qui tout homme est redevable d'émotions ou tout au moins d'émoustillements.Les hommes préfèrent les blondes et les blondes préfèrent les bijoux.Croqueuse d'hommes peut-être mais croque la vie qui vivra peu(vieux proverbe malais de mon invention).La garce de Niagara et les demoiselles de vertu incertaine(et tant mieux) de Bus Stop,Certains l'aiment chaud ou Sept ans de réflexion me troublent encore un peu quelquefois.Marilyn ou comme un petit air de descente aux enfers qui convient à toute liaison.En sachant que toute liaison,justement,porte sa part immanquable d'obscurité,et ce soupçon de vulgarité un peu agressive mêlée à l'immense et souvent puéril besoin de tendresse de Marilyn pour qui il y a pas mal de temps j'ai commis ce qui suit.

Norma Jean,pour toujours

Une mère dépressive ne t'aura donné

Qu'enfance cahotique

De ces troubles années tu conservas

Les moues,les colères,la nervosité

D'autres disent l'hystérie.

Tant de fragilité surtout,l'immense besoin d'être aimée.

Eve,nouvelle Eve,évaporée

Lolita un peu vulgaire,étourdie,candide et coquine

Que de clichés!

Gentiment écervelée,chercheuse de milliardaire

Tu aimais les joyaux.On t'a crue ravissante idiote

Mais,insatisfaite tu voulus quitter cette enveloppe factice

De sex-symbol en technicolor

Trompe-l'oeil,au delà du brillant

Des effets faciles d'un scénario

La tendre flambeuse voilait une âme tourmentée

Comme lointaine tu guerroyas en vain

Rageant de mal étreindre le bonheur

Ni l'idole des stades

Ni le dramaturge adulé

Ni même le très grand homme

Ne t'ont serrée assez près pour retenir ton souffle.

Les folles soirées

Au parfum tapageur,au masque clinquant

Ont donné à ces matins âcres

Le goût morbide des défaites

Cette amertume qui ne s'éteignit

Que la nuit d'été empoisonnée

Près d'un téléphone silencieux

Statufiée,bafouée

Marilyn

Existe-t-il plus femme que toi

Norma Jean?

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Tableaux d'honneur

   Peinture et cinéma ont rarement fait bon ménage. Rappelons les échecs de Planchon (Lautrec),de Carol Reed(peu à l'aise avec le Michel-Ange de L'extase et l'agonie).La vie passionnée de Vincent Van Gogh fut un film bien décevant de Minnelli et James Ivory s'est égaré avec Surviving Picasso.Huston(Moulin Rouge) et Becker(Montparnasse 19,Modigliani) s'en sont mieux sortis comme Ed Harris plus récemment(Pollock).Mais tous ont eu bien du mal à approcher les mystères de la création picturale.Seuls Pialat(Van Gogh) ou Tarkovski(Andreï Roublev) ont pu capter,me semble-t-il,au moins une partie des affres de leur cheminement.Peintre lui-même,Charles Matton a réussi avec Rembrandt(1999) un film très estimable.

   Charles Matton déjà auteur de quelques films intéressants dont L'Italien des Roses a bénéficié d'un budget très correct et d'une très belle photographie pour évoquer Amsterdam au beau milieu du XVII° Siècle.Les ambiances de tavernes et d'amphithéâtres sont bien rendues et le grand Brandauer,ce délirant géant du cinéma compose un Rembrandt crédible.Un film ne remplace pas une expo mais je crois qu'une visite en pleine cohue du Rijksmuseum ne permet plus de s'immiscer dans sa science du clair-obscur ni dans l'intensité de sa méditation.Quoi qu'il en soit la connaissance plastique de Charles Matton lui a permis au moins de nous entr'ouvrir les portes de l'atelier du maître et ce n'est déjà pas si mal.

   Le film Rembrandt situe très bien aussi la société protestante et notable de la Hollande de l'époque, capable à la fois de condamner l'esclavage et de juger et ruiner la carrière de Rembrandt pour conduite immorale et dettes.Enfin un tuyau pour briller dans les dîners:à la question "Quel était le prénom de Rembrandt?" répondre "Rembrandt" car il s'appelait Van Rijn,prénommé Rembrandt.

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