23 juin 2007

Une chanson:It's a sin

    Pourquoi,complètement imperméable à toute la pacotille   électro-pop de ces années mid-eighties,rebelle à toute orchestration salmigondis techno-disco,déjà trop vieux en ces années pour apprécier Erasure ou Communards, oui, pourquoi est-ce que le climat installé par les Pet Shop Boys me touche?Existentielle et essentielle question qui vous empêchera sûrement de dormir.Le texte très culpabilisant de cette chanson y est pour beaucoup. Aimer It's a sin c'est peut-être une sorte de coming out psychanalytique où se rejoignent Narcisse, Freud et Dorian Gray.Mais que celui qui n'a jamais péché...

http://www.dailymotion.com/video/xi0nt_pet-shop-boys-its-a-sin_music A écouter avec repentance

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Les travaux et les jours

      Digne des meilleurs films  du grand Rossellini par le regard sur les humbles et leur noblesse come dans Rome ville ouverte ou PaÏsa.

      Digne des toiles des Frères Le Nain par exemple,ces scènes de la vie paysanne d'une totale luminosité à travers les heures et les siècles.

      Digne de la ferveur des fugues de Jean-Sébastien Bach qui accompagne délicatement ce film hors du temps et surtout des modes et des snobismes.

      Digne d'un engagement que n'auraient pas renié les Taviani du temps de leur grandeur,aux antipodes d'une démagogie exécrée.

      Revoici L'arbre aux sabots,justement récompensé par Cannes,pour une fois clairvoyant.Toujours inoubliable et qui pourrait inciter les télés à se pencher un peu sur la carrière d'Ermanno Olmi.On peut rêver.Je l'ai revu avec bonheur,j'ai remarché trois heures durant aux côtés des travailleurs de cette terre du Piémont il ya un siècle.La chronique de la vie à la ferme mêle les drames familiaux et les naissances fréquentes,dans cette Italie très chrétienne où ne pointe aucune caricature,ce qui est la force du film.Ermanno Olmi a voulu raconter une année ordinaire, joies et peines,récoltes prometteuses bien que modestes et attachement aux animaux familiers,si importants dans cette petite société toute tournée vers le labeur.La simplicité est l'essentiel de cette fresque au ras des saisons,baignée d'une lumière presque toscane et de neiges bien peu méditerranéennes.C'est que cette humanité là n'a rien de napolitain ni même de romain.Un cinéaste en France,il ya bien longtemps ,Georges Rouquier,avait eu cette approche avec Farrebique en 46.Il est aujourd'hui bien oublié.

   Des acteurs non professionnels,une grande linéarité qui épouse rivières et sillons,le sens du récit qui est celui d'Ermanno Olmi font de L'arbre aux  sabots une oeuvre exceptionnelle.Olmi est d'ailleurs l'auteur d'un beau témoignage littéraire qui raconte la vie quotidienne d'un jeune Italien aux années sombres du fascisme dans une banlieue de Milan.Publié chez 10/18,cela s'appelle Enfant de faubourg.

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