09 août 2007

Riches heures du cinéma italien

las-llaves-de-casa

                    Dasola qui a commenté l'affiche l'a fort bien dit.Voilà un film qui est dans la droite ligne du billet précédent et qui me rattache encore plus à ce cinéma que l'on a tendance à enterrer depuis la disparition des maîtres historiques ô combien importants.Les clefs de la maison est le troisième film de Gianni Amelio que je vois.J'avais présenté il y a une dizaine d'années en ciné-club Lamerica,beau film sur les magouillages autour des boat-people albanais.Les enfants volés se présente comme un joli road-movie à l'italienne sur un carabinier qui doit convoyer deux pré-ado difficiles.Ces sujets parlent d'eux-mêmes.

             Gianni Amelio s'intéresse ici à la rencontre entre un père et son fils handicapé de 15 ans,qu'il découvre car l'ayant abandonné à sa naissance sans même le voir.C'est l'histoire de leur sentiment naissant,à mille lieues du racolage oscarisable.En quelques jour le père plutôt insouciant prendra conscience de ses responsabilités.Mieux vaut tard que jamais.J'avoue que je suis moins convaincu par le personnage de Charlotte Rampling pour lequel le metteur en scène a un peu cédé à la facilité afin d'introduire un tout petit peu de romanesque.Faute vénielle pour un film serré,net et qui offre une vue un peu documentaire qui m'a beaucoup intéressé,étant moi-même professionnel en ce milieu.

 

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Le cinéma du courage

      Ermanno Olmi(L'arbre aux sabots) est un de ces cinéastes du courage et de l'exigence.Peu prolifique il signe en 59 son premier long.Je considère que Le temps s'est arrêté est l'adieu au Néoréalisme,tardif mais évident tant le regard et la production artisanale des films d'Olmi s'apparentent au Mouvement.De quoi s'agit-il?Le temps s'est arrêté est la chronique toute simple,sans scories anecdotiques ni dérapages romanesques,d'un premier contact professionnel entre deux hommes appelés à passer un mois ensemble dans une baraque de montagne,à surveiller le chantier d'un barrage.Nous sommes dans l'Italie du Nord des années cinquante.

        Ce film peu connu illustre parfaitement l'artisanat d'Ermanno Olmi,qui sait parfaitement filmer le travail des hommes(Cf. L'emploi,L'arbre aux sabots).Ce cinéma tout en noblesse ,sans amertume et sans démagogie, à l'opposé du militantisme bas de plafond de certains,n'est certes guère armé pour le box-office. Mais les dialogues entre le vieux briscard et le jeune stagiaire,restreints au début,personne n'osant se livrer, atteignent une justesse rare et ne cèdent à aucune facilité.Un de ces rares films que l'on peut être fier d'avoir vu,comme si l'on avait participé à une bonne journée de travail,utile,du travail d'homme,celui qui peut presque vous rendre heureux.

      Olmi,qui tourne peu,occupe en Italie une place à part,mais,je crois,sincèrement aimé du peuple italien comme l'un des leurs.D'origine paysanne modeste Ermanno Olmi a lui-même été employé d'une compagnie d'électricité,ce qui lui a permis de réaliser ses premiers courts,documentaires.Il lui en est resté quelque chose.

Posté par EEGUAB à 17:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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