9782351761076

              Attention critique imminente d'un chef-d'oeuvre...Il est des livres dont on sort un peu plus intelligent.Et Nietzsche a pleuré est de ces rares livres.Il est des livres dont on sort un peu plus meurtri,un peu plus ému,un peu plus perplexe sur la nature humaine. Et Nietzsche a pleuré est de ceux-là.La nature humaine est ici prodigieusement racontée  par Irvin Yalom,psychiatre en Californie, pays qui ne compte pas que des surfers et des écervelés.Ce livre n'est pas un essai sur la psychanalyse ou le sur-moi ou je ne sais quoi,n'étant pas très ferré ni intéressé en ce domaine.Je suis par contre passionné par l'Homme,étant moi- même un homme(enfin à peu près) et ce roman explore l'âme humaine comme je ne l'ai pratiquement jamais lu.

   Irvin Yalom met en scène la rencontre entre Josef Breuer,grand médecin viennois pré-freudien et Friedrich Nietzsche.Cette rencontre n'a jamais eu lieu.Yacom est un écrivain fabuleux qui orchestre une sorte de consultation bilatérale entre le médecin et le philosophe qui concluent un pacte pour tenter de se guérir l'un l'autre.Nietzsche souffre de migraines et de nombreux troubles du comportement tandis que Breuer s'interroge sur le bien-fondé de son existence après l'échec du traitement de l'une de ses jeunes patientes.Deux mois de leur vie seront ainsi consacrés à des entretiens presque quotidiens au cours desquels les deux hommes,d'une intelligence impensable,vont descendre dans les arcanes de leur conscience et au-delà.Irracontable davantage,il faut découvrir Et Nietzsche a pleuré,sidérante plongée dans les tréfonds de l'humanité,qu'Irvin Yalom a su présenter comme une variation ludique mais bouleversante,sur une sorte de proto-psychanalyse.Je ne voudrais pas qu'on craigne un livre docte et ennuyeux car Et Nietzsche a pleuré est le contraire:une extraordinaire épopée sur le continent le plus inconnu qui soit(vous et moi en quelque sorte).

P.S.  Mon blog reste cependant sous le patronage du monsieur ci-dessous.Ceci est un clin d'oeil à mon ami Thom qui m'a trouvé des similitudes avec Bill Murray.Ce en quoi il a parfaitement raison mon moi passé se voulant référence à Bogart alors que mon moi actuel lorgne du côté d'un Bill Murray décalé,pâlot et qui ne semble pas avoir l'alcool gai.Ainsi bloguait Blogart...