01 décembre 2007

24 heures de la vie d'une ville

berlin-symphonie

                   Berlin,symphonie d'une grande ville(1927) est un film à part,documentaire avec une star,Berlin, magnifiquement mise en valeur du petit matin laborieux à la nuit dévolue aux théâtres et aux dancings.Maître d'oeuvre,Walther Ruttmann a su imposer un montage d'anthologie,un modèle d'efficacité qui fait encore référence.En vedette principalement les transports en commun,les trains sont filmés de façon sublime et certains plans font songer aux contemporains Metropolis ou  L'Aurore.C'est la curieuse et courte époque,très cinégénique où,dans les grandes capitales,limousines pour nantis voisinent avec les voitures à cheval encore très présentes.Et le télescopage est souvent très réjouissant.

   Symphonie du labeur aussi que ce Berlin e 1927,tant pour les commerçants et les petits métiers des rues que pour les financiers de la Bourse ou les peintres en bâtiment. Engrenages, pelleteuses, taxis, écoliers, policiers.Casse-croûte sur le pouce où déjeûners Unter den Linden pour les plus favorisés,quand l'appétit va tout va.Et passe ainsi la journée d'une grande ville,égrenée de plans sur la grande horloge,,vers la sortie des usines et des bureaux,alors que ne cessent de cracher les chemnées des usines et que le ballet des voitures sous la pluie du crépuscule emmène les noctambules vers les cinémas(plan des pieds de Charlot),les bals d'élégantes et les lendemains qui ne chanteront peut-être pas toujours.Mais ceci est une autre histoire.

    Walther Ruttmann va vite et ses cadrages donnent parfois une impression de vertige.Quand il filme les rails c'est presque une attraction foraine.La suractivité des Berlinois donne-t-elle déjà le sentiment de danser sur un volcan?On peut y penser.Je crois plutôt,qu'à cete mi-distance entre 1918 et 1939 l'homme semblait encore en mesure ce choisir son destin.Berlin,symphonie d'une grande ville est un splendide poème,une très grande oeuvre du muet,guère connue que des cinéphiles,qu'il faut voir pour la richesse du cinéma allemand.Les choix ultérieurs de Walther Ruttmann,il est vrai,seront pour le moins douteux.

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Trilogie Jean Vigo tome 2,ou bonne note à Zéro de conduite

   

    En 1932 Vigo,déjà ou toujours malade réussit à tourner un film dynamite,un film cauchemar,un film étoile filante.Enfin s'il réussit à le tourner il me réussira pas vraiment à le montrer.La censure veillant sur le moral des Français Zéro de conduite ne sera sauf très rares exceptions projeté qu'en ...1945.Entre temps il y aura eu les Ligues,le Front Populaire,la Guerre,Vichy,la Résistance et l'épuration. Replaçons le film à sa sortie en 33 devant une salle de professionnels de la profession comme dirait Godard.Les spectateurs payants, eux,attendront 12 ans.André Gide n'a pas aimé,Georges de la Fouchardière(auteur très en vogue de La chienne) non plus.Ils ont qutté l'Artistic avant la fin du film qui dure...45 minutes. Mais il y a eu quelques applaudissements assez nourris,des frères Prévert notamment.

   Vigo,je ne reviens pas sur sa vie,règle manifestement ses comptes,et ceux de son père.Car il y a partout dans la maigre oeuvre de Jean Vigo la figure paternelle,qu'il lui aurait certainement fallu tuer si la providence ne s'en était chargé.On comprend à revoir ce film la fureur qu'il provoqua.Nous sommes en 32 et Vigo ne propose rien moins que la révolution.Car ce n'est pas une gentille histoire de cancres qui font le mur,sortes de sous-doués années trente.Un des élèves dit merde à deux reprises et chez un adolescent de cinéma de cette époque c'est déjà beaucoup d'autant plus qu'il s'adresse aux professeurs,symboles d'autorité.Le directeur,un nain grotesque incapable d'ccrocher son chapeau et les autres notables sont plusque brocardés,vilipendés lors de la fête finale.Même sexuellement Vigo y va fort,fesses et sexe apparaissent, oh,très furtivement mais... Evolution des mentalités aidant on peut même subodorer un soupçon d'amitiés particulières et une caresse peut-être équivoque,peut-être car il faut se garder d'extrapoler par delà les années.

    La bataille de polochons que Vigo ralentit se transforme en sarabande débridée et le vieux pion Pète-Sec est crucifié à son lit.Inquiétant tout ça et la musique de Jaubert semble ridiculiser les institutions en transformant la fête de l'école en cirque et bacchanales.Et sur le toit,quatre anges du diable,les élèves en révolte semblent nous montrer leur fesses.Ainsi Jean Vigo montra-t-il les siennes.Comme je vous l'ai déjà dit cela ne plut guère.

   Et maintenant.Certes le film est célèbre,enfin surtout le titre du film.Mais détrompez-vous!Zéro de conduite reste peu diffusé hors des cénacles de  ciné-clubs un peu tatillons.Son format de moyen métrage s'est toujours mal inclus dans les programmations.Et puis surtout comme A propos de Nice et mieux que L'Atalante à mon gré,le brûlot n'a rien perdu de la verdeur de ses étincelles.François Truffaut le fidèle,lui au moins,saura s'en souvenir même si mon frère Antoine Doinel n'est pas tout à fait dans le même registre.Il reste de ce zéro pointé le souvenir d'un film peu vu,peu aimé,très important et Vigo ne pouvait aller plus loin.Avoir zéro et puis mourir,ou presque.

Posté par EEGUAB à 16:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]