31 août 2008

Géographie:Phoenix,Arizona

    En route pour l'Arizona au nord duquel plonge le Grand Canyon.Bien d'autres parcs nationaux et la célèbre Forêt pétrifiée dont le film homonyme révéla Bogart.Jimmy Webb (The highwayman, MacArthur Park) a écrit cette superbe chanson de rupture.C'est important dans la vie les chansons de rupture...By the time I get to Phoenix est devenu un standard enregistré par tous de Sinatra à Nick Cave,de Cash à Roger Miller,de Dean Martin à Isaac Hayes. Phoenix, Arizona,est une ville probablement sans charme particulier. Mais,pétri de ces influences muiscales et littéraires,tout ce qui fait route vers l'Ouest m'a construit,vaille que vaille.Alors,en partance pour ce voyage de repli,pas le plus gai,mais avoir un peu mal fait du bien.

By the time I get to Phoenix she'll be rising
She'll find the note I left hangin' on her door
She'll laugh when she reads the part that says I'm leavin'
'Cause I've left that girl so many times before

By the time I make Albuquerque she'll be working
She'll prob'ly stop at lunch and give me a call
But she'll just hear that phone keep on ringin'
Off the wall that's all

By the time I make Oklahoma she'll be sleepin'
She'll turn softly and call my name out loud
And she'll cry just to think I'd really leave her
Tho' time and time I try to tell her so
She just didn't know I would really go
.

http://www.youtube.com/watch?v=sJoi2QpbiF4 By the time I get to Phoenix


30 août 2008

Bienfaits du DVD

   Oui vive le DVD qui permet d'accélérer(beaucoup) les fadaises à poil et les prechi-precha mystico-solaires du Festival de Glastonbury 1972.Ne traînons cependant personne dans la boue,chacun y ayant fait sa cure,pas la seule cure d'ailleurs.36 ans plus tard le désuet le dispute au ridicule.Mais bon,j'en étais,ou quelque chose comme ça.Tout cela n'a pas la moindre signification.Mais avoir enregistré le film Glastonbury Fayre Festival permet de retrouver Melanie,pas terrible vraiment,et Arthur Brown,grimé comme c'est pas possible en gothique,météore du rock avec Fire qui n'est même pas le morceau que l'on entend.J'avais oublié le groupe Quintessence mais on ne m'en voudra pas.Tout cela ne mérite guère 90 minutes.

  Oui mais voilà.Il y a ces diables de Fairport Convention en pleine forme.Il ya une extraordinaire voix bien loin maintenant,celle de Roger Chapman du groupe de légende Family.Quand je dis groupe de légende ça veut dire que je me demande s'ils ont vraiment existé.Et on clôture ce survol de 30 minutes,suffisant,avec l'inoubliable Gimme some loving joué ici par Traffic emporté par Stevie Winwood.Comme le trailer du film est sans intérêt je vous propose  neuf minutes chouettes ,à la Taverne de l'Olympia en ces mêmes années,Sloth,par la référence absolue du renouveau rock anglais,Fairport Convention.

http://www.youtube.com/watch?v=s3ttWjLAcV4  Sloth

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26 août 2008

Le veuf d'Haïfa

yeho

  Voici un livre que je considère comme essentiel,remarquable de sagacité dans Israël il y a vingt ans...C'est la première fois que j'aborde la littérature israélienne mais je sais qu'elle est très riche,et riche d'un vécu qu'on imagine porteur d'expérience en cette terre pas tout à fait comme les autres.Avraham B.Yehoshua, septuagénaire, m'a emballé avec L'année des cinq saisons,plus sobrement intitulé Molkho en hébreu(c'est le prénom du personnage). Quinquagénaire, fonctionnaire à l'Intérieur Molkho vient de perdre son épouse.C'est l'automne à Haïfa et sa vie va (peut-être) changer après des années de soins dévoués.Ce n'est pas qu'il tienne tant que cela à batifoler tout de suite,Molkho,mais tout de même il entrevoit une certaine liberté. Mais on ne se détache pas si facilement d'un passé aussi présent et il va faire l'expérience d'une difficile réinsertion à l'existence.Ses rapports ombrageux avec son fils cadet,la présence de sa belle-mère à la maison de retraite voisine,ses aventures féminines oscillant entre burlesque et infantilisme vont s'avérer bien décevants et l'englueront dans une sort de "ni bien ni mal,ni lié ni libre" qui prend une couleur particulière à l'aune de ce pays petit par la taille mais si prégnant.Il semble que l'on se connaisse tous entre Haïfa et Jérusalem,ce qui n'est pas sans compliquer les choses.

   Sur un thème très sérieux A.B.Yehoshua trace avec humour et distance le portrait d'un homme ordinaire confronté à la solitude et aux méandres d'un retour dans le monde.Molkho nous touche à chaque instant,au coeur même de ses petites médiocrités,parfois mesquin,parfois rapace et surtout tellement humain.On s'identifie vite à cet homme,manifestement dominé sa vie durant par sa femme,et dont on pense qu'il n'a pas vraiment fini de lui rendre des comptes.A l'évidence cet auteur aura ma visite à nouveau très prochainement.

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24 août 2008

Géographie:New Orleans,Louisiane

http://www.youtube.com/watch?v=OfxoM6trtZE    City of New Orleans

   Je vous convie amicalement à un petit périple musical dans l'Amérique que j'ai aimée.Je sais que l'on en retient souvent le pire.Je prétends que pour moi et beaucoup de baby boomers elle a souvent bouté l'ennui hors de ma vie,que ce soit avec ses cinéastes,ses musiciens et ses écrivains.

    On ne présente plus la Louisiane ni La Nouvelle Orleans qui n'en est pourtant pas la capitale. Musicalement richissime New Orleans apparaît dans des centaines de titres blues,jazz,etc... ainsi que toute sa région.Je citerai pour mémoire The witch queen of N.O., Jambalaya, Born on the bayou,Blue Bayou,sans parler de l'Ol' Man River qui fédère plusieurs états.Je vous propose la belle chanson d'Arlo,le fils de Woody Guthrie,City of New Orleans.Arlo est surtout connu pour son rôle et sa chanson dans le film du même nom Alice's Restaurant.Il était à Woodstock et Dylan,admirateur de son père Woody,lui confia dans Renaldo and Clara un petit rôle de joueur de mandoline.Personne n'a pu empêcher Johnny Cash ni Willie Nelson d'en donner leur propre version.De même que The Highwaymen,c'est à dire les deux précédents plus Waylon Jennings et Kris Kristofferson.A mon avis personne ne s'en est plaint.

The City of New Orleans
by Steve Goodman


Riding on the City of New Orleans,
Illinois Central Monday morning rail
Fifteen cars and fifteen restless riders,
Three conductors and twenty-five sacks of mail.
All along the southbound odyssey
The train pulls out at Kankakee
Rolls along past houses, farms and fields.
Passin' trains that have no names,
Freight yards full of old black men
And the graveyards of the rusted automobiles.

CHORUS:
Good morning America how are you?
Don't you know me I'm your native son,
I'm the train they call The City of New Orleans,
I'll be gone five hundred miles when the day is done.



Dealin' card games with the old men in the club car.
Penny a point ain't no one keepin' score.
Pass the paper bag that holds the bottle
Feel the wheels rumblin' 'neath the floor.
And the sons of pullman porters
And the sons of engineers
Ride their father's magic carpets made of steel.
Mothers with their babes asleep,
Are rockin' to the gentle beat
And the rhythm of the rails is all they feel.

CHORUS

Nighttime on The City of New Orleans,
Changing cars in Memphis, Tennessee.
Half way home, we'll be there by morning
Through the Mississippi darkness
Rolling down to the sea.
And all the towns and people seem
To fade into a bad dream
And the steel rails still ain't heard the news.
The conductor sings his song again,
The passengers will please refrain
This train's got the disappearing railroad blues.

Good night, America, how are you?
Don't you know me I'm your native son,
I'm the train they call The City of New Orleans,
I'll be gone five hundred miles when the day is done

  (Ces textes seront immédiatement retirés en cas de dommage.)

18 août 2008

Je vous salue Mafia

    Quelques lignes suffiront pour dire le petit plaisir de lecture éprouvé avec Le Cygne de Sebastiano Vassalli.J'y pensais trouver une réflexion à travers le roman sur les mythes fondateurs de la mafia sicilienne.Il y a un peu de cela mais l'ensemble reste assez terne et se contente de couleur locale manquant singulièrement d'ampleur. Passionné de l'Italie je croyais puiser dans ce roman historique qui se passe fin du XIXe Siècle autre chose que le très classique dilemne Nord-Sud et l'affairisme et la corruption.Le grand livre, romanesque, sur la naissance de la pieuvre reste à écrire.Le souffle,ici,est un brin anémié.Comme cette chronique...

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16 août 2008

Une chanson:Funeral in the rain

   

        

               Il ne faut pas m'en vouloir mais depuis l'enterrement de la Comtesse Torlato-Favrini sous la pluie de Rapallo et Bogart en imperméable se remémorant Maria Vargas je n'imagine de belles obsèques que ruisselantes des larmes du ciel, napolitain si possible. N'ayant aucune certitude sur le bulletin météo du jour où ce sera mon tour je me permets d'offrir à mes amis cette superbe chanson de Chris Isaak,dont la voix m'évoque celle,très belle et bien oubliée, peut-être à cause de l'extrême légèreté de ses titres,de Cliff Richard. Funeral in the rain sauf erreur date de 85,album Silvertone.C'est peu dire que j'en aime beaucoup l'ambiance voilèe de brume.

http://www.youtube.com/watch?v=1ka5_D3Znac Funeral in the rain

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14 août 2008

Poe,puits,pendule

    Roger Corman,pape de ce que les cinéphiles appellent parfois la Série B,a adapté plusieurs fois Edgar Allan Poe.Ayant lu Le puits et le pendule il y a ... années je ne parlerai pas de fidélité ou de trahison,je n'en sais rien.A mon avis l'ami Fantasio doit savoir, lui.Mais j'ai eu un petit plaisir à regarder La chambre des tortures, titre français de deuxième main, semble-t-il.Une diligence refuse d'emmener son voyageur plus loin vers la falaise de cette côte espagnole. On aura reconnu une scène copiée sur Nosferatu. Empressons-nous d'ajouter que l'on ne vole pas dans les mêmes cieux du Septième.Mais pourquoi pas?

   Corman,qui a tourné certains films en quatre jours,a soigné celui-ci et bénéficié d'un scénario de Richard Matheson,le génial auteur de L'homme qui rétrécit et Je suis une légende.Nous sommes là dans l'illustration correcte avec des flash-back plus ou moins noir et blanc,enfin vaporeux,et quelques plans sur la mer agitée.Puis une contre-plongée sur le manoir en haut de la falaise.Vincent Price le complice est trop grimaçant et l'Inquisition n'est que fort peu abordée.Essaierai-je de voir Le corbeau,L'enterré vivant et La chute de la Maison Usher,des sus-nommés Corman,Poe,Matheson?Et si je retrouvais mon poche Histoires extraordinaires?

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12 août 2008

Histoires de soldats et de civils,souvent morts

     Ambrose Bierce(1842-1913) a vécu les affres de la Guerre de Sécession.Hanté par ces images il en fera un chef-d'oeuvre avec les nouvelles terribles de Tales of soldiers and civilians,titré en français Morts violentes.Au long de cette quinzaine de short stories ce qui frappe c'est le rapport du héros de chaque texte,ce rapport si étroit à la mort,concrète,hideuse et quotidienne sur les champs de bataille.Avec évidemment le degré d'horreur supplémentaire,cette horreur fratricide de la guerre civile.Lire ce livre c'est s'exposer à certaines difficultés techniques tant les pages sentent la poudre à canon et suintent la peur à chaque instant.L'expérience en serait presque hallucinante.

    Chickamauga,un enfant "joue" sabre au clair à commander une colonne de blessés graves qui rampent sur le sol.Dans Une rude bagarre un officier larde un cadavre de son épée,terrorisé par le regard du mort.   La rivière du hibou (portée à l'écran par Robert Enrico) par sa délectation morbide nous emmène sur les terres d'Edgar Poe.Dans ce livre vraiment à marquer d'une pierre noire les Deux Cavaliers de l'Apocalypse que sont la Peur et la Mort accompagnent des histoires de frères ennemis,de reconnaissance post-mortem,tout ceci avec une précision presque photographique.Le journalisme n'a jamais quitté tout à fait Ambrose Bierce.Si vous devez ne lire que deux livres sur le conflit Nord-Sud si meurtrier pas d'hésitation Stephen Crane (The red badge of courage) et Mort violentes.Ambrose Bierce,parti rejoindre Pancho Villa en 1913,a disparu dans le désert mexicain.Avait-il enfin apprivoisé la Camarde?

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11 août 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(6)

    J'peux vraiment pas les voir en peinture,ce violon et ce piano bleu parce que moi qui suis peu musicien,il me semble les entendre en une sonate d'azur dans un salon feutré où nous aurions tous du goût.Kees Van Dongen,de Rotterdam à Monaco et lors de neuf décennies a fréquenté Montmartre et tous les peintres. Inspiré par le cirque et les filles des rues il est l'auteur de ce duo simplement appelé La violoniste.Nimbé d'un peu de mystère en l'absence d'un pianiste j'en aime l'atmosphère.

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08 août 2008

Bouffonnerie sicilienne

         Vitaliano Brancati,auteur sicilien(1907-1954) dont le livre le plus connu est Le bel Antonio depuis l'adaptation cinéma excellente de Mauro Bolognini,a bâti son oeuvre sur l'ironie et les dévoiements de l'homme.Il s'était lui-même lourdement fourvoyé dans une forte sympathie pro-fasciste,et plus puisqu'auteur d'une pièce à la gloire de Mussolini.En 1934  il a rompu radicalement et c'est en opposant et surtout en écrivain fin et sensible que l'Italie le considère.En France on l'ignore.

                Rêve de valse est un court roman ou une longue nouvelle,je n'ai jamais su faire la différence. Des notables et des fonctionnaires qui s'ennuient dans une bourgade sicilienne,ni Catane, ni Palerme, décident d'organiser un grand bal.Mais cette belle idée va s'avérer difficile à réaliser.L'arrivée de prêcheurs et les lumières anthroposophes vont ainsi faire basculer la cité dans  un non-sens et faire des dames de la haute des prostituées et des notables des philosophes.Je laisse à votre appréciation  lesquels sont les plus nocifs.Ainsi entre spiritisme et bouffonnerie va cette Sicile si littéraire et si originale que personne et surtout pas Rome nont su apprivoiser.

        Les aventures de Tobaïco se présente plus comme un conte voltairien.Je crois qu'il faut du talent pour écrire à propos d'une chambre peu hermétique "Le vent y lit mes livres".Simple mais beau. Le jeune Luigi Tobaïco est un peu le Rastignac de Catane,mais pas dévoré d'ambition,non,un poil épicurien.et ses aventures picaresques pour conquérir un jeune fille riche et belle le conduiront à des rencontres drôlatiques, aux confins du drame,mais seulement aux confins,même un peu avant les confins.Parmi ces moments,un duel qui avorte parce que la fougère est tendre et les arbres mélodieux. Quelle sagesse.Et si vous accordiez deux heures à ces deux petites pièces comme on dit en musique.

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