27 décembre 2008

Curiosité,Sir Alfred en jeune homme

      Un des tout premiers parlants d'Alfred Hitchcock,bavard même,adapté de la pièce de Sean O'Casey Junon et le Paon,date de 1929.Hitch a dit à plusieurs reprises qu'il ne s'était pas impliqué dans ce film et effectivement ce film ne relève pas du cinéma,mais du théâtre engagé des auteurs irlandais de ces années vingt, statique,absolument pas mis en perspective d'image mouvante.Ce qui ne veut pas dire que la pièce est médiocre.Mais Hitch s'est contenté de filmer platement la troupe qui l'avait joué à Dublin.Le résultat en est une pièce évidemment contemporaine de ces luttes de la République d'Irlande,qui n'a pas peur de présenter les autochtones comme des sacs à bière ou des fainéants.La verte Erin n'a pas connu que des héros au coeur pur.Junon et le Paon flirte un peu avec le mélo et le brûlot politique.Cela semble un peu exotique mais j'aime tant l'Irlande que je ne suis pas mécontent d'avoir vu ce vieux film qui ne doit pas grand-chose à Hitchcock.

Portrait Sean O'Casey

    L'autre pièce célèbre de Sean O'Casey,La charrue et les étoiles,devint en 36 sous la direction de John Ford Révolte à Dublin.A noter que O'Casey était protestant et qu'il quitta assez vite son île pour l'Angleterre.Tout ceci nous éloigne pas mal de Sir Alfred mais en 29 également il avait tourné Chantage,autrement intéressant.C'est notre prochain spectacle.

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25 décembre 2008

New York-Palerme,aller simple

   Francesco Rosi adapte en 90 une petite partie du Goncourt d'Edmonde Charles-Roux Oublier Palerme que je n'ai pas lu.Le film,co-produit,ce qui est souvent synonyme d'alourdissement,n'est pas un très grand opus de Rosi mais n'est pas du tout indifférent. Encore un film sur la Mafia,diront certains.Cela me paraÎt normal que tant de films traitent de ce thème,de Scarface à Gomorra,la lutte entre le bien et le mal ne datant pas d'hier. Un politicien italo-américain brigue la mairie de New York (James Belushi très crédible).Avec l'idée d'éradiquer,vaste programme,la Pieuvre.Une jeune journaliste italienne l'incite à un voyage en Sicile sur la trace de ses aïeux.Si la partie campagne électorale est très classique le retour à Palerme ,très bien orchestré,nous fait passer subrepticement d'une Sicile plutôt touristique,très couleur locale à une île au versant bien sombre,archaïque et ancestrale,avec tout ce qu'il fait d'un obscurantisme misérable contre lequel l'Institution semble être le rempart.Question éternelle.

   Un moment déstabilisé sur le crucial sujet d'une certaine légalisation de la drogue Carmine Bonavia assumera-t-il? Dans ce beau coffret dont j'ai déjà évoqué les deux autres film Le Christ s'est arrêté à Eboli et Trois frères Francesco Rosi répond au critique Michel Ciment et c'est clair, concis, passionnant.Vous avez peut-être remarqué l'omniprésence du cinéma italien en cet endroit.On ne se refait pas.Au fait il y a dans Oublier Palerme un personnage inoubliable,le Prince,le grand Gassman,qui a la permission de vivre à condition, qu'il ne sorte pas du palace où il est assigné par l'Organisation,suite à un très vieux litige.Filiation avec Visconti,un peu,car Rosi utilise aussi la valse de Verdi et l'immense salle de bal du Guépard.

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21 décembre 2008

Géographie:Los Angeles,Californie

Fichier:Hollywood boulevard from kodak theatre.jpg

      Dernière étape 2008:du lourd,du très lourd.Deuxième ville du pays l'hydre étend des ramifications à 100 miles à la ronde.Voici El pueblo de Nostra Senora la Reina de Los Angeles de Porcunciula.Oui cette mission espagnole s'appelait Le village de Notre Dame la Reine des Anges de Porcunciula.Vous connaissez la suite,les boulevards,Hollywood,les highways incessants,la démesure automobile.Pour illustrer Los Angeles il fallait une voix tout aussi géante.Je l'ai trouvée en la personne de The Voice,Frank Sinatra.Ecoutez sa déclaration d'amour à sa lady,L.A.sur des arrangement de Quincy Jones.C'est vrai que très infidèle il avait aussi déclaré sa flamme à New York,New York.

http://www.youtube.com/watch?v=ubCYvaO2YdE L.A. is my lady

18 décembre 2008

Fascisme et gauchisme en grotesque

Domani,domani et Le porteur de serviette,les deux seuls films de Daniele Luchetti sont bien loin,vingt ans à peu près.J'avais autant aimé le premier,conte voltairien,que le second,fable politique.Mon frère est fils unique,sorti l'an dernier,me semble un film un peu moins personnel mais fort intéressant cependant.Si la première partie,très volubile,traite de l'opposition entre les deux frères querelleurs l'un comme l'autre,et ce avec pas mal de verve pour un film qui ressort assez classiquement de la comédie à l'italienne des années soixante,la seconde partie tourne à l'amer et au grave.Accio,le plus jeune est membre du parti néo-fasciste et Manrico l'aîné très engagé à l'extrême-gauche.Peut-on considérer que Luchetti les renvoie dos à dos?A peu près et c'est très bien ainsi à mon avis.Mais derrière la truculence de ces deux jeunes hommes perce la difficulté d'une Italie en proie à ces mouvements qui finiront par les Brigades Rouges,sans pour cela ôter la gangue d'affairisme d'une bonne partie de la classe dirigeante.

Amoureux de la même femme,rivaux en politique,les frères s'aiment pourtant profondément.Je les ai aimés aussi bien que ce cinéma reste un peu palôt par rapport aux grandes oeuvres du passé.Pourtant Daniele Luchetti est loin d'avoir démérité sur cette adaptation d'un livre nommé,je crois,Il Fasciocommunista,dont j'ai oublié l'auteur.Il faut un certain courage pour présenter un jeune néo-fasciste plutôt positif par ailleurs.il n'y a là-dedans rien de démagogique,c'est assez rare pour le souligner.Et puis ces bagarres entre ces extrêmistes plus benets que vraiment concernés sont souvent péchés de jeunesse.A noter une scène hilarante et qui en dit long:la version de L'hymne à la joie de Ludwig aux paroles modifiées ainsi "Trotsky,Lénine,Staline,Karl Marx",tout ça sur la Neuvième.Je connais des images actuelles tout aussi ridicules mais moins drôles.

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13 décembre 2008

Géographie:Cleveland,Ohio

     Dans l'Ohio dont nous visitâmes il y a peu Cincinnati voici Cleveland,importante métropole sur les rives du Lac Erie,l'un des Big Five.Autres Big Five:les cinq grands orchestres philharmoniques des Etats-Unis et celui de Cleveland en fait partie.Cleveland a une politique culturelle importante notamment avec les arts de la scène,très bien représentés,juste après New York.Encore deux mots:un certain Paul Newman y naquit en 1925.Et sur une radio de Cleveland en 1955 le disc-jockey Alan Freed passa une chanson qu'il baptisa du nom de rock'n'roll.Cette expression devait connaître un certain succès et,accessoirement,devenir presque ma raison de vivre.Musicalement que diriez- vous des immenses Robbie Robertson,Rick Danko,Levon Helm,Garth Hudson et Richard Manuel dans ce Look out Cleveland de The Band?

 http://youtu.be/vRTuarR_SmE Look out Cleveland

 

11 décembre 2008

Rude Colombie

   

  Evelio Rosero est né en 58 à Bogota.Auteur de nombreux romans il a reçu le Prix national de littérature et pour Les armées le Prix Tusquets mais je ne sais pas ce que c'est.Je ne suis pas un très gros client de la littérature sud-américaine,son baroque ayant parfois tendance à me fatiguer.Notamment les fleuves écrits de certains,un peu de la logorrhée pour moi.Mais j'ai assez aimé Les armées court roman de 156 pages.Pas bouleversant d'originalité et traitant comme presque tout écrit de là-bas de guérilleros et de disparitions Les armées touche pourtant du doigt cette folie qui guette le continent entier à travers le vieil instit Ismäel,qui perd sa femme,ne retrouve plus sa maison dans son village et finit par voir sa raison tanguer entre assassins et policiers et réciproquement.
    Inférieur cependant au beau livre,plus riche et plus fouillé de Daniel Alarcon Lost city radio..Mais il y a quelques fulgurances autour de certains personnages comme le vendeur d'empenadas ou le vieux guérisseur.Me confirme toute fois que cette littérature n'est pas la plus proche de moi.Ou vice-versa.

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07 décembre 2008

Géographie:Baton Rouge,Louisiane

Image:Baton Rouge Flag.JPG

   Back to Louisiana.Vous en connaissez beaucoup,vous,des sous-préfectures nommées Red Stick?Là-bas dans ce grand pays que l'on sillonne musicalement la capitale de la Louisiane a gardé de la présence française ce joil nom,Baton Rouge.L'emplacement aurait été nommé ainsi vers 1700 par les explorateurs français constatant la présence de piquets rouges à têtes d'ours ou d'aigles,dressés par les Amérindiens. Baton Rouge abrite un grand port sur le Mississipi et une immense raffinerie.Moins touché par Katrina que La Nouvelle Orleans c'est la deuxième ville  de Louisiane.Pour illustrer la ville voici le countreux Garth Brooks,peu connu en France mais célébrissime en Amérique,qui appelle Baton Rouge.

    http://www.youtube.com/watch?v=OC-zxYx6L_w     Callin' Baton Rouge

03 décembre 2008

Dernier voyage

    Victor Sjöström,pionnier du cinéma suédois influença Bergman qui lui donna le rôle principal des Fraises sauvages.Il adapte en 1921 cette légende due à la grande Selma Lagerlof,Le cocher,qui deviendra La charrette fantôme.Julien Duvivier dirigera en 39 Fresnay et Jouvet dans une autre version.Le dernier mourant de l'année est chargé de convoyer les âmes des défunts de l'année suivante.Cette parabole sur le destin et sur le mal se veut évidemment édifiante.David Holm,alcoolique notoire,sera celui-là.J'ai lu que Selma Lagerlof avait souffert en son enfance de l'intempérance de son père.Faut-il voir là la genèse de La charrette fantôme?Il est probable que des mythologies comme celle-là existent un peu partout,notamment en Europe du Nord.

  La jeune militante de l'Armée du salut qui aura tenté de remettre l'égaré dans le droit chemin nous semble évidemment d'un autre siècle.Aucune importance tant le bel expressionnisme scandinave fait toujours son effet.Ombres et brouillard comme dirait un ami à nous qui loge à Manhattan,surimpressions,et narration hardie avec va-et-vient donnent à La charrette fantôme un statut très honorable parmi les grandes oeuvres muettes.Il faut savoir gré à Arte de ne pas oublier les classiques silencieux,avant-garde souvent du cinéma en leur temps.Il me semble que Sjöström est le lien entre Griffith pour le côté pionnier car c'en était un et Murnau pour la mise en scène.Encore faudrait-il voir ses films.

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