29 mars 2009

Géographie:Baltimore,Maryland

   Baltimore,dont le nom fleure bon une aristocratie écossaise par exemple,est en fait souvent plus ou moins rattachée à l'agglomération de Washington D.C.,distante de 40 miles environ.La ville de Baltimore fait pourtant partie de l'état du Maryland dont elle est la plus grande cité,700 000 habitants,sur la célèbre baie de Chesapeake.C'est surtout un grand port,fréquemment cité dans les romans et les chansons.Y virent le jour,outre Billie Holyday les écrivains Edgar Poe,Upton Sinclair,Dashiell Hammett,Leon Uris.Souvent chantée je vous propose la pluie sur Baltimore du groupe Counting Crows,dont le leader Adam Duritz est lui aussi natif de Baltimore.N'oublions pas bien sûr la superbe Lady came from Baltimore du grand Tim Hardin.

http://www.youtube.com/watch?v=avw8rBDRUxQ Raining in Baltimore


28 mars 2009

Le coupable faux

 

   Quan d j'avais vu pour la première fois L'invraisemblable vérité(Beyond a reasonable doubt),film de la période américaine de Fritz Lang (1956) j'avais été estomaqué.Sur le thème très cher à Lang de la culpabilité,des apparences,de la manipulation,le Viennois brode un artifice diabolique  sur l'erreur judicaire et l'exécution capitale.Pas de grand discours moral sur l'horreur de la chaise.Le propos de Fritz Lang est une profonde réflexion,hors de toute psychologie logorrhéique,sur la vraisemblance,la fragilité des témoignages, ce dans un climat très américain fifties(procureur candidat politique,liberté de la presse,aisance fiancière).Frappé de plein fouet lors de la première vision j'ai été un peu désappointé car ce film m'avait vraiment stupéfié par ses rebondissements.

   La vérité n'était donc plus tout à fait invraisemblable pour moi et c'est ainsi que j'ai pu apprécier l'ambiance film noir et l'aptitude de Lang à se couler dans la société américaine,et ce dès ses premiers film,Fury notamment qui n'est pas sans lien avec L'invraisemblable vérité.Sobrement traité,hors de toute digression et de tout bavardage Beyond a reasonable doubt  scotche le spectateur,lui aussi fragilisé,manipulé,pantelant.Et reparaît alors un certain Dr.Mabuse,expert en marionnettes humaines.Et le fait que ce soit plutôt pour la bonne cause ne nous rassure guère plus.

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21 mars 2009

Perfection pirandello-tavianienne

     Au plus beau du cinéma...L'après-guerre,Pise,Toscane.Deux gamins de 15 et 16 ans découvrent au ciné-club universitaire Païsa de Roberto Rossellini.Paolo et Vittorio,inséparables frères,fils d'avocat,ne s'en remettront jamais,pour le plus grand plaisir des cinéphiles.En 54 premier court métrage San Miniato juillet 44,San Miniato,leur ville natale près de Florence,le plus bel endroit du monde.On comprend l'influence de la Renaissance,et aussi celle de la Résistance,la Toscane ayant été très en pointe contre le fascisme, dans l'oeuvre des Taviani.Puis rencontre à Rome avec le grand Joris Ivens qui influencera l'autre versant des Taviani.

  1984.Après avoir été un peu médiatisé,Palme d'Or à Cannes pour Padre Padrone,lesTaviani mettent cap au Sud,vers la Sicile,leur deuxième terre d'élection.Ils veulent adapter l'univers du grand Pirandello à travers quelques-unes de ses Nouvelles pour un an,écrites en fait tout au long de sa vie.Attention,amateurs de cartes postales s'abstenir.La Sicile de Pirandello,transcendée par les frères,est une terre primordiale et solaire,apparition de forces ancestrales,théâtre d'une lutte pour la survie,manifestation violente de passions primaires,castes,classes,le tout avec déchaînement de forces telluriques et surnaturelles.Le très rude pays porte d'ailleurs le nom dialectal de Cavusu,le Chaos.Pirandello:"Je suis un fils du Chaos,non pas allégoriquement,  mais réellement,car je suis né dans une de nos campagnes située dans un bois touffu,que les habitants de Girgenti(Agrigente) appellent Cavusu."

  Le prologue qui sera le fil rouge entre les quatre récits(cinq pour la version télé) est adapté du Corbeau de Mizzaro.L'oiseau,attrappé et tourmenté pas les bergers,est équipé d'une clochette et devient comme l'albatros baudelairien une source d'enchantement.Eternelle dualité de l'homme,du pire et dun meilleur.Symbole de la hauteur lais aussi du Chaos qu'il domine le corbeau,soutenu par la magistrale partition de Nicola Piovani,nous emmène vers L'autre fils.

   Dans cette nouvelle les Taviani ont voulu la Sicile comme une sorte d'héritière corrompue de la Grèce antique,parcourue d'une ethnie sicilienne travesée par la tragédie.Mariagrazia é crit à ses deux fils en Amérique ou fait écrire plutôt.Aucune lettre en retour depuis 14 ans.Et non loin de la vieille femme,superbe de douleur,l'autre fils,le troisième,doux et gentil mais hélas,issu d'un viol de la soldatesques libére par Garibaldi(effets collatéraux d'une révolution,ça arrive),et pour son malheur portrait craché de son père.La violence tient en quelques plans,écrasée de chaleur dans la ville en barbarie, inoubliable.

  Mal de lune est ue sombre histoire de lycanthropie,thème plutôt gothique,mais que les Taviani ancrent dans une Sicile mythologique et assez misogyne.La jeune épouse que la pleine lune semble libérer sexuellement,est incapable de venir en aide à son mari,brave garçon victime d'une malédiction d'enfance lors des moissons sous la lune.Il faut voir Sidora s'activer à son ménage en jouant des cuisses.Comme ce cinéma de la suggestion sait se faire haletant.

        Requiem met en scène des villageois qui veulent obtenir un cimetière car ils n'ont que le droit de trimer sur un arpent de terre mais pas celui d'y reposer en paix.Traité de façon presque burlesque avec un patriarche qui ressuscite puis attend placidement assis devant sa fosse bien gagnée,Requiem oppose le baron et sa famille,urbains,pas forcément antipathiques,mais d'un autre âge et les paysans hirsutes, dyonisiaques et finalement vainqueurs.Les frères Taviani ont un engagement classique en Italie,celui d'intellectuels influencés par le Néoréalisme et la Guerre.On aura compris leurs sympathies mais rien en Italie n'est si manichéen...

    Enfin j'ai unepassion particulière pour l'épilogue Entretien avec la mère,cinématographiquement à couper le souffle.Omero Antonutti,acteur rare et fétiche des frères,Padre,Good morning Babilonia,La nuit de San Lorenzo.y incarne Luigi Pirandello lui-même,vieilissant, de retour sur les terrs du Chaos après des décennies,et qui retrouve la maison natale et le fantôme de sa mère.C'est de toute beauté,une réflexion sur la création littéraire,la mémoire et la maladie.Les Taviani ont retenu de Pirandello,tout au long du film et plus encore dans l'épilogue,la mélancolie et la sénescence,des maux précoces et structurels,inhérents peut-être à ce XXème Siècle en crise,avec des personnages proches d'une symbolique du tombeau,que les très grands Européens, Svevo, Joyce,Mann ont abordée à leur manière.Kaos,contes siciliens est un miroir,notre miroir,fait de solitude irréductible, d'éloignement dans le temps et l'espace,d'agonie d'une société médiévale. Kaos est une entrevue avec les ombres,mais les plus belles.

    Je ne fais jamais d'article aussi long.Souffrez l'exception car j'en considère le titre comme tout à fait justifié.

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18 mars 2009

Géographie:Mobile,Alabama

Vue générale de Mobile

       Au centre du Golfe du Mexique Mobile est un port important où se retrouve une influence française très prégnante.Dans l'état d'Alabama la ville tient son nom de l'ethnie indienne des Maubilles et se prononce à la française.Nombre de rues portent aussi des noms français, Lafayette, Saint-Louis,Deschamps.Royaume de la Fleur de lys et de l'azalée Mobile organise chaque année un des Mardi Gras les plus célèbres du Deep South.Mais qu'a voulu dire Bob Dylan,scotché en plein milieu de Mobile avec le blues de Memphis?

http://www.deezer.com/listen-1140398 Stuck inside of Mobile with the Memphis blues again.

07 mars 2009

Barrage contre l'identité

    Si le film Still life n'est pas vraiment le chef-d'oeuvre que certains y ont vu il reste très intéressant.Pour moi Still life sonne comme un tocsin,un glas qui retentirait pour nous montrer un monde qui oscille,puis bascule,entre hier et demain,à la faveur de ce chantier pharaonique et inhumain,an-humain même tant l'homme y semble comme écrasé et dépassé.Ces deux petits personnages l'homme et la femme,parallèles et dissemblables,errent là de façon presque antonionienne en une sorte d'incommunicabilité pas si éloignée du maître ce Ferrare.Avec le vrai risque que s'installe parfois le fort distingué mais plombant sentiment d'une froideur menant à l'ennui.Ca n'a pas été mon cas.Je conçois que ça puisse l'être.Dans Still life on détruit,on casse,à mains nues presque.On bâtit aussi bien sûr mais le néant guette.

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01 mars 2009

Encore un bon livre dans cette vie moyenne

nuitmer

         Sous ce titre peu engageant ne nous trompons pas se cache une oeuvre littéraire de tout premier plan.Nick Flynn,pas un premier communiant,a écrit un livre qui s'il s'apparente au récit,au vécu,est aussi une fiction digne des meilleurs romans.Quelques références, Edward Anderson,Nelson Algren,des écrivains de la Crise,et ce n'est pas un hasard.Parlant de son père qu'il n'a pas connu Nick Flynn qui l'a rencontré en travaillant pour les SDF de Boston a écrit entre autres:

A l'approche de Noël il fait le Père Noël pour l"Armée du Salut.Planté sur un trottoir devant un chaudron noirci,il agite une clochette.Plus tard en marchant dans les rues je m'aperçois pour la première fois de la quantité de Pères Noël,j'en passe des douzaines,un à chaque coin de rue ,même chaudron,même costume élimé,mais désormais plane le soupçon que l'un d'eux soit mon père.


          Un peu du climat de L'herbe de fer de William Kennedy aussi(bien méconnu ce Kennedy là,soit dit en passant).Mais laissons les similitudes.Le style de Flynn est très personnel,narration parfois classique, lettres,flashbacks,formulaires administratifs composent une très belle vitrine qui nous laisse entrer dans ce quotidien des sans abri,version américaine.Le père,Jonathan Flynn,a fait tous les métiers et un peu de prison aussi.Le fils,Nick,a fait tous les métiers,sans aller jusqu'à la prison.Jonathan,assez mythomane,a l'ambition d'écrire un roman(Jack London peut-être,ou Steinbeck).Peu importe.La magie de ce livre bouleversant,profondément américain,tient au fait que ce plus que chaotique rapport familial saura nous toucher,nous prenant à témoin d'un amour père-fils et réciproque qui ne ressemble à aucune autre quête du père en littérature.Thème pourtant omniprésent partout où des mots sont assemblés sur une feuille blanche.
    Il me semble,mais peut-être suis-je trop affirmatif,que les bancs occupés de nos cités,je les verrais un peu autrement.Grandeur de la Littérature.Qu'en penserez-vous?A propos,même Shakespeare,qui s'y connaissait en aléas de la vie,apparaît dans cette nuit américaine...


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