29 juillet 2009

Le général est mort au soir

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    Cent jours à Palerme,film de Giuseppe Ferrara,arrive  plus de vingt ans après  les constats politiques et sociaux de son maître Francesco Rosi dont j'ai déjà parlé.Et deux ans après  l'exécution du général Dalla Chiesa,préfet en mission à Palerme(poste peu enviable).La présence de Lino Ventura,minéral et solide,fait encore penser à Rosi et à Cadavres exquis.Bie sûr le récit,terriblement linéaire et circonstancié,très proche de la réalité,ne nous incite guère à l'imagination et apparaît comme moins réfléchi que les films d'Elio Petri avec Gian Maria Volonte par exemple.

   Cependant Cent jours à Palerme,film postérieur aux Brigade Rosse,n'est pas sans valeur.Sa sobriété plaide pour un bon film fourni avec un peu de bonne conscience mais surtout beaucoup de modestie.L'état des lieux en 82 n'est guère reluisant en Sicile et ailleurs en Italie et Giuseppe Ferrara ne fait pas de Dalla Chiesa un bravache,seulement un fonctionnaire décidé,un type plutôt tout de froideur et de tension vers son objectif.Si l'on ne ressent pas d'empathie avec lui c'est tant mieux et les émotions sont peu mises en relief,ce qui évite un parasitage du film comme il en est tant.Même ses relations avec sa jeune femme,morte elle aussi,sont exemptes de pathos.Film tout de discrétion Cent jours à Palerme n'a pas démérité du cinéma italien.Dont par ailleurs il faudrait perdre l'habitude de trop référer aux immenses créateurs du passé.Réflexion particulièrement valable pour moi,j'en suis bien sûr.Il y a des ombres encombrantes à Cinécitta,encombrantes et magnifiques.Ma é un' altra storia.

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27 juillet 2009

Des vies moyennes

                  Je ne connaissais Franz Bartelt que de nom,et le savais très attaché à ses Ardennes.Mais les nouvelles du Bar des habitudes,si elles se passent dans une ville ardennaise,on ne peut pas ne pas penser à Charleville,tant honnie par Rimbaud,vont bien au delà de la vallée de la Meuse.Des petites gens,souvent un bistrot,des hommes et des femmes sans importance.Une petite musique parfois cocasse,parfois désespérante.Un peu de bière qui illumine,un peu trop de bière qui abrutit,des personnages au destin proche du vide et qui la plupart du temps finit par y sombrer.Un bel auteur loin de la scène mais qui conte des bouts de vie pas terribles,infiniment proches.Et la nôtre de vie,terrible?Et quel titre,Le bar des habitudes,si dérisoire,si peu engageant.Et pourtant la vie...

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26 juillet 2009

Ma vie sans...All along the watchtower

http://www.youtube.com/watch?v=Xeh0j6IfiOk

       Ma vie aurait été moins bien sans Robert Zimmerman,beaucoup moins bien.Là n'est pas la question.La question était de choisir une cover de Le long de la tour de guet.Jimi Hendrix éliminé,et Neil Young aussi parce qu'on les entend souvent,nullement parce que je n'aime pas leurs reprises.Autres versions live.disponibles sur le net,Springsteen,Clapton et Kravitz.En voici une version récente par le vieux maître Richie Havens,à la voix toujours aussi unique.Au style percuté de sa guitare s'ajoute l'aura du plus ancien "Woodstock man " en activité.

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25 juillet 2009

Une chanson:The first time ever I saw your face

http://www.youtube.com/watch?v=wANfZoE5x_I

flack

    Une voix de femme dans cette rubrique?Exceptionnel.Je ne sais pas pourquoi.Exceptionnel aussi le timbre de Roberta Flack.Plus crooner au féminin comme Dionne Warwick que jazzy-bluesy comme Aretha Franklin Roberta n'a plus l'audience de jadis.Mais quand j'entends Roberta et que me reviennent les pages passées il me semble que le temps aurait dû s'arrêter,me prendre par la main et me poser délicatement dans la rosée d'un matin,à écouter les oiseaux ou à brancher mon baladeur sur  Killing me softly with this song que chacun connaît.Alors j'ai choisi la composition du folkeux écossais Ewan MacColl The first time ever I saw your face.Elle fut d'ailleurs reconnue surtout après sa judicieuse utilisation par Clint Eastwood dans son premier film Play Misty for me.

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Woody Allen cinéphile

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               Je n'avais jamais vu La terre mais çela me donnait envie depuis que j'ai vu Woody aller au cinéma dans Manhattan et une affiche du film de Dovjenko.La copie Bach Films est assez innommable mais le film possède un souffle rare qui déjoue les pièges de la propagande autant que les grands films d'Eisenstein. Bien sûr les simples paysans vont se convertir à la politique kolkhozienne de Jo.Mais au delà de ça La terre,longtemps classé,dans les vieilles archives à égalité avec L'aurore,Kane et Potemkine dans les tout meilleurs films,est un véritable choc visuel.
                   

        Les plans sur les nuages,admirables.Le montage du travail du tracteur-messie,saccadé,révolutionnaire et inoubliable. L'assassinat nocturne de Vassili dansant,sublime.Et l'un des plus beaux enterrements du cinéma.Il y a tout ça dans La terre.Il y a aussi le reste mais vous saurez faire le tri.Exact contemporain de La ligne générale de S.M.E le film de Dovjenko est peut-être plus fort encore.Il est vrai que chez Eisenstein je préfère Octobre.On est là dans le dessus du panier.Même Oncle Jo n'aura pas perverti le génie de Dovjenko ou d'Eisenstein.

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23 juillet 2009

Les ruines du palace

ely

  Je n'ai pas trop compris où voulait en venir Timothy Findley que je lis pour la première fois.Ce livre est certes d'une construction assez originale et fait d'un personnage de fiction imaginé par Ezra Pound le héros de cette histoire.Autres personnages importants,le Duc et la Duchesse de Windsor,qu'il est recommandé de connaître un peu pour la compréhension du roman.Le Grand Elysium Hotel commence par une idée géniale:les Américains découvrent dans un palace des Alpes Autrichiennes des murs entiers couverts de mots.Ces mots sont ceux de l'écrivain Hugh Seldwyn Mauberley,zélateur du Nazisme.Accessoirement il y a aussi son cadavre.

  Ce prologue est suivi de nombreux flash-back sur l'avant-guerre et nous emmène en Espagne,en France,en Italie.La quatrième de couverture nous parle de la présence d'Ernest Hemingway ou de Garbo.Très exagéré car on les entrevoit à peine.Pas plus que Somerset Maugham.L'ennui n'était pas loin quant à moi.et les aventures réelles ou à peu près de l'ex-roi Edouard VIII aux Bahamas m'ont laissé de marbre.Si l'on pressent bien que Findley a voulu dresser l'état des lieux moraux de quelques puissants de l'avant-guerre il peine en ce qui me concerne à me passionner pour ceux qui ont dansé ainsi sur le volcan.Une réelle déception.J'ai par contre apprécié le début de lutte dans ce qui n'est pas encore la paix entre les partisans d'un certain oubli et les autres.On touchait là au fondamental.Chez Findley les mondanités brunâtres m'ont paru grises.

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22 juillet 2009

Ma vie sans...A hard rain's gonna fall

http://www.youtube.com/watch?v=d77yJyDBcTA

   Ma vie aurait été moins bien sans Robert Zimmerman,beaucoup moins bien.Là n'est pas  la question.La question est que si l'album de Bryan Ferry Dylanesque paru il y a deux ans est plutôt raplapla la version 76 de A hard rain's gonna fall par Roxy Music est vraiment très bonne.Dans cette version sur scène (sur scène est le mot français pour live) le groupe fait merveille avec un saxo très accrocheur et un Ferry pas si loin du ska par exemple.Bryan Ferry a toujours été très imarqué de Cole Porter à Marc Bolan par tous les rythmes auxquels il aura influé sa propre énergie et son ultime élégance.Ce dandy dilettante reste une figure importante de notre musique.A hard rain's gonna fall faisait partie de l'album En roue libre.Je n'étonnerai pas les dylaniens avec ce titre français car ils savent bien que c'est sous cette appellation que ce LP fut distribué en France.

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21 juillet 2009

Enterre promise



      Avraham B. Yehoshua n'en finit pas d'ausculter avec talent la société israélienne.Le DRH (on ne connaîtra jamais son nom) d'une boulangerie industrielle se voit chargé de mission pour identifier le corps d'une ouvrière,victime d'un attentat suicide à Jérusalem.Il a lui-même embauché cette femme mais ne s'en souvient pas.Il va peu à peu prendre conscience de l'absurdité particulière de cette situation qui le mène à s'occuper du rapatriement de cette étrangère. Et, imperceptiblement, l'image de cette femme morte va s'immiscer en lui,lui dont la vie privée naufrage et dont l'avenir semble incertain.
        On n'est pas très loin de Kafka dans ce conte contemporain où le DRH finit par vaincre ses à priori et une certaine sécheresse pour en quelque sorte rendre hommage et justice à cette femme dont il ignorait jusqu'à l'existence.Nulle trace physique du conflit dans Le responsable des ressources humaines et pourtant on y décèle très bien un impalpable sentiment,celui de voir cette région danser sur un volcan qui risque d'emporter les destins individuels ou collectifs.La très grande finesse d'analyse de Yehoshua est particulièrement tangible dans les rapports familiaux ou professionnels du DRH.Confirmation de la richesse littéraire israélienne.

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20 juillet 2009

Indianitos

Le pont dans la jungle

                   Toujours un grand plaisir de lecture avec ce diable de Traven.Ce roman se déroule sur une seule nuit,une nuit d'angoisse puis de lamentation,la disparition d'un enfant près d'un modeste pont sur une rivière dans la jungle équatoriale d'Amérique du Sud.C'est le tableau de cette petite communauté d'indiens très pauvres avec quelques gringos de passage.Il y a non loin une compagnie pétrolière mais aujourd'hui c'est bal et l'on attend les musiciens.Quelques heures passent ainsi et le drame se noue.Traven ne nous inflige pas l'éternelle leçon des profiteurs même si l'on connait ses sympathies.Mais il nous brosse les émois,les chagrins et la calme solidarité de ces gens de peu,si intéressants sous sa plume de voyageur.Un auteur qui va pourtant bien au delà de la littérature de voyage,ce qui serait déjà très bien.Une littérature universelle.

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18 juillet 2009

Ma vie sans... Just like a woman

http://www.youtube.com/watch?v=ixo29e8S-XA

manfredmann

    Oui ma vie sans Robert Zimmerman aurait été moins bien, beaucoup moins bien.Là n'est pas  la question.Je voudrais juste naviguer dans 50 années de Dylanie tout en sachant que cet homme est très présent sur la toile.Au moins ici vous ne l'entendrez pas.Je me contenterai de vous  proposer quelques-unes des innombrables reprises de ses titres,parfois surprenantes.Voici le succès qu'en fit Manfred Mann,groupe rock des early sixties,qui depuis a largement débordé vers les frontières du jazz.Ce qui lui a bien sûr fermé les portes du succès.Dans les années 65 Manfred Mann c'est à peu près autant de numéros un que les Beatles ou Slade un peu plus tard.

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