Affiches du film The Shanghaï gesture

                 Il est des films lieux.Je n'avais jamais vu vraiment Shanghaï gesture (1941) et n'en conservais que l'image de cette gigantesque maison de jeux souvent en plongée avec cette galerie de portraits apatrides et baroques.J'avais raison car Shanghaï gesture n'est pratiquement que ça,mais "ça" à la perfection.Sternberg joue à fond la carte de l'exotisme en cette ville déjà souvent photographiée.Pourtant de Shanghaï on ne verra pas grand chose,quelques coolies dans les rues,guère plus.Malgré tout Shanghaï reste inoubliable à travers le prisme presque unique de ce casino  tenu par l'envoûtante et mystrérieuse Mother Gin-Sling.Dans cette atmosphère trouble,cosmopolite et interlope on retrouve toutes les conventions du roman à deux sous,type colonial extrême-oriental,fascinant dans sa désuétude.

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       Un diplomate anglais,quasi pléonasme en Chine portuaire,sa fille pas vraiment ingénue,un séduisant arabe qui se fait appeler Dr.Omar qui se dit lui-même" médecin en rien,mais ça sonne bien et ne fait de mal à personne",d'autres fantoches en smoking autour de la table de jeu,tous ces personnages valsent aux aléas de la fortune et aux lustres de la trahison. Somptueux de raffinement et grouillant de sordide Shanghaï gesture n'est pas si éloigné de L'Ange Bleu,catégorie perversion/perdition.Se damnerait-on pour l'opium de Gene Tierney?A l'évidence oui surtout si ce magnifique faussaire de Sternberg dirige l'orchestre,avec filles encagées et troublants métèques.

       A la poursuite du vent ...cet avis http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/shanghai-gesture-josef-von-sternberg.html