29 avril 2011

Les vrais croyants

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   Premier livre de Joseph O'Connor ce recueil se compose de treize nouvelles sur l'Irlande d'il y a vingt ans,juste avant son boum économique et sa chute brutale.L'Amérique n'est guère présente contrairement aux livres ultérieurs d'O'Connor comme ses grands romans,surtout ce chef-d'oeuvre qu'est Inishowen. D'ailleurs ces personnages des Bons chrétiens,titre français de True Believers,ne partent guère.Parfois ils croient qu'ils partent,comme Ray,40 ans,qui dans Faux départ,comprend que "L'amour c'est parfois simplement rentrer chez soi et pas beaucoup plus".Et puis,les grands espaces,ils vont plutôt les chercher dans la bière et le whiskey,au bord de la noyade à chaque crépuscule.A chaque aube ils se lèvent, difficilement,pour une journée où le travail sera rare et la famille pénible.De la dure condition d'être irlandais pour qui n'est pas un trader du tigre celtique.La partition de l'île est le thème du premier texte,Les collines aux aguets,qui nous rappelle que Londonderry a longtemps ressemblé à Beyrouth.

    Consacré aux modeste,ce recueil sait nous toucher dans le regsitre familial avec L'évier,lieu privilégié de la solitude du mâle,pas très glamour mais si quotidien.L'humour souvent désespéré n'est pas absent non plus (La liberté de la presse où Jim Guthrie vient de perdre sa femme dans un accident de train et s'en trouve profondément choqué surtout parce qu'elle tenait sur elle le Daily Sentinel,journal qu'il détestait et ne lui avait jamais vu entre les mains).Un bon livre de nouvelles se doit de nous décevoir une ou deux fois.J'ai très peu goûté La fête chez les bédouins où pour le coup O'Connor quitte Irlande et Angleterre pour un voyage en Tunisie où bière et rires gras,hélas universels,nous présentent des abrutis notoires comme on en rencontre hélas souvent.

   Les deux derniers textes,parfois bouleversants,tracent le sobre portrait d'un prêtre troublé et courageux (L'amour du prochain) et celui d'une famille dont la mère est partie laissant quatre enfants et dont le père,lui aussi,force la dignité.Cette dernière nouvelle a donné son titre au recueil.Un certain Yvon aime aussi ce livre...

O'CONNOR Joseph / Les Bons chrétiens

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25 avril 2011

Géographie: Miami, Floride

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http://www.youtube.com/watch?v=YP_9i3xNgks Miami Counting Crows

              L'une des villes les plus connues du Sud, Miami, dont l'image est plutôt un peu négative en France,le bling bling sûrement,nous est présentée aujourd'hui par le remarquable groupe Counting Crows qui nous a déjà emmenés sous la pluie à Baltimore.En voici une version scène,c'est le mot français pour live, récente. Toujours mené par Adam Duritz le groupe,formé à Frisco en 91, y apparaît en forme.Leur succès fut immédiat avec Mr.Jones extrait de leur premier album August and every thing after dont Raining in Baltimore fut une  escale ici-même.

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              La ville de Miami n'est plus,intra-muros,que la deuxième cité de l'état,mais reste la première agglomération et même la cinquième des U.S.A.Depuis le début des années 60 la minorité cubaine y est devenue très importante. L'hyperurbanisation de la Floride n'est pas sans poser quelques problèmes environnementaux car entre le centre spatial,les parcs d'attraction et les marinas il faut bien que vivent opossums et reptiles.Allez,See you later,alligator.

 

23 avril 2011

Bunuel et Mirbeau au pied de Jeanne

  

           Cette nouvelle rubrique est à prendre au pied de la lettre.Ce piédestal ne sera ni un pinacle,ni un podium.Il n'est destiné qu'à l'humour,la musique,l'histoire,le cinéma,la littérature,la peinture,quelques autres sottises qui n'ont qu'un but,rendre hommage au pied,le plus souvent aux deux car le pied si possible va par paire.Et puis si, les affaires de coeur,les jeux de mains,les yeux dans les yeux,les cheveux coupés en quatre et les mauvaises langues fréquentent assidument les blogs il m'a semblé que la base était parfois oubliée. Revenons donc aux fondamentaux.Quoi de plus fondamental que les pieds?Et puis la moitié du pseudo de ce blog ne vient-elle pas des pieds nus d'une certaine comtesse dans un si beau film?

   pied  L'une des scènes de pied les plus célèbres du Septième Art:Jean-Claude Carrière adapte le sulfureux(à l'époque) roman d'Octave Mirbeau pour le grand Luis Bunuel.Les fantasmes du grand bourgeois pour la chaussure de Célestine-Jeanne Moreau.C'est Le journal d'une femme de chambre,1964.

   Nous ne séparerons guère les pieds de leurs proches,les chaussures, bottes,chaussons,etc.Par contre il sera peu question de jambes car ce blog se veut sérieux et les jambes n'ont rien à voir avec les pieds. Même si parfois les uns tiennent les autres à bras le corps.Pardon à Truffaut et à son merveilleux Homme qui aimait les femmes dont les jambes comme des compas donnent au monde son équilibre,je ne sais plus la citation exacte.Certains objecteront que cette rubrique ne casse pas trois pattes à un canard et n'arrive pas à la cheville de bien d'autres.Mais je resterai droit dans mes bottes,orteil étant notre bon plaisir (cette ultime vanne métatarsienne ne s'élevant guère qu'au ras des pâquerettes).

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20 avril 2011

Avant Philip Roth

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          Né à Berlin en 1883 Ludwig Lewisohn a sept ans quand il débarque en Amérique.Il est l'un des premiers écrivains "juifs américains",une mouvance qui mène à Isaac Bashevis Singer,Saul Bellow,Philip Roth par exemple.Le terme mouvance est impropre.On peut cependant trouver un socle commun à ces écrivains,un certain souffle très critique,voire destructeur des valeurs historiques américaines.Lewisohn épingle le conformisme mais j'ai souvent écrit,et je pense que ceci est essentiel,que l'anticonformisme se tranforme très vite en recette néoconformiste.Le roman Crime passionnel n'échappe pas à ce travers.Ce n'est pas à mon avis le défaut majeur de ce livre.Publié en 1930 il s'agit,du moins on le croit au début,de l'amitié entre trois étudiants dont l'un est juif.Stephen le narrateur et David deviendront avocats et Oliver,riche héritier,éditeur.Mais Crime passionnel ne s'intéresse guère à leur vie quotidienne ou leurs éventuelles frasques car il m'ont tous semblés bien désincarnés.

   Difficile dans ces conditions de se passionner pour la teneur essentielle du roman,c'est à dire l'analyse, bavarde et souvent par trop abstraite,des rapports entre puritanisme issu du Mayfower et sexualité qui,dit-on,fascina Freud à la lecture du premier roman de Ludwig Lewisohn, Le destin de Mr. Crump.Les suffragettes sont passées par là et l'antisémitisme se renifle à la manière américaine,mâtinée de souvenirs du Kaiser.Alors il y a bien un meurtre dans Crime passionnel, qui ne m'a pas vraiment réveillé bien qu'occupant le dernier tiers du roman,presque uniquement l'entretien entre Paul,le coupable et ses avocats Stephen et David.Considérations sur le féminisme,l'infidélité,la famille.Pardon, j'ai trouvé ça oiseux, verbeux. Vive la Bibliothèque Guy de Maupassant de ma bonne ville qui donne à lire gratuitement à tous.Personne ne m'avait jamais parlé de Ludwig Lewisohn.Je n'en vivais pas plus mal.

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16 avril 2011

Géographie: Wichita, Kansas

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http://www.deezer.com/listen-8098970  Wichita  The Jayhawks

       Wichita lineman était le choix évident pour cette ville du Kansas.Ce classique de Glen Campbell a été entre autres pointures repris par Johnny Cash, James Taylor, Tony Joe White, R.E.M., Cassandra Wilson.Aussi ai-je donc trouvé sur le bel album des Jayhawks Hollywood Town Hall la chanson appelée simplement Wichita.Le disque date de 1993,mené par Gary Louris et Marc Olson,et je considère les Jayhawks comme l'une des meilleures formations folk de ces années.Plusieurs albums d'une grande richesse et des requins blanchis sous le harnais comme Nicky Hopkins ou Benmont Tench ont fait de cette formation venue de Minneapolis les chantres d'un folk indie,moins indie avec les années forcément,mais toujours très classe.Après sept ou huit enregistrements les Jayhawks ont plus ou moins splitté mais Louris et Olson notamment se retrouvent souvent pour le plaisir de tous les folklovers dont votre serviteur.

The Jayhawks - Hollywood town hall - Expanded edition

  Wichita,400 000 habitants,est la plus grande ville du Kansas et son surnom est Air Capital car spécialisée dans l'aéronautique.Sur les rives du Little Arkansas l'un des symboles de la ville est ce Gardien des plaines.Bien tardif hommage aux premiers habitants de la région...

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14 avril 2011

Une bonne année

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                           Oui,c'est une bonne année.Paul Simon sort un album.On y revient dès que je l'aurai écouté.Pour patienter le voilà avec un autre roc,Willie Nelson,dans Homeward bound de l'album Parsley, sage, rosemary and thyme.

http://youtu.be/TqAJTCk6yHc  Homeward bound

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12 avril 2011

Ma vie sans...Most likely you go your way (and I'll go mine)

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http://www.youtube.com/watch?v=sidm9Lwc_64  Most likely you go your way (and I'll go mine)

    Vous ia-je déjà parlé de ma vie sans Zimmerman...?Je crois que oui.Issu de l'album Blonde on blonde,qui m'a toujours exaspéré parce qu'il faut ouvrir le CD pour lire les titres voici Most likely you go your way (and I'll go mine) ,morceau assez swing et injonction somme toute banale.C'est vrai ça,sûrement vous irez de votre côté et moi du mien.Todd Rundgren,requin musical,multi-instrumentiste,plus producteur depuis pas mal d'années nous en donne une version assez réjouissante.L'album Faithful,1976, comprend une face d'originaux et une face composée de six reprises de classiques outre Dylan, Hendrix, Beatles(2),Beach Boys,Yardbirds que Todd Rundgren a voulu proches des titres primitifs.

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09 avril 2011

Long cours

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                   Les dames de nage  sont ces encoches sur une embarcation et c'est avec poigne qu'on les saisit dans ce très beau roman de Bernard Giraudeau.Les critiques avaient été excellentes et je les partage en bonne part.Ces pages sont d'un vrai auteur qui nous convie à son univers duquel on sort en ayant mieux compris cet homme aux semelles légères,en partance comme l'y destinait sûrement le port de La Rochelle tout Ouest dehors.Quelques dames de sa vie  traversent le livre comme des sillages marins sur les océans d'un globe terrestre,un de ces globes dont je rêvais enfant.Nulle exclusive géographique chez Giraudeau,de son premier amour d'adolescence en Charente au si douloureux travesti des bas-fonds chiliens en passant par Jo la soignante des bords de Niger.Rimbaud bien sûr mais aussi Loti et Artaud ont droit de citation d'Atacama aux Philippines.Giraudeau a fait là un très beau texte nuage et zéphyr,Gulf-Stream et désert. Cède-t-il un peu à une fascination du sordide?Peut-être ne doit-on pas le dire.Mais le voyage, quoiqu'il en soit,tout d'énergie et d'affections,reste emballant.

          Qu'il me soit permis d'écrire que malgré ses fulgurances planétaires à la Corto Maltese,malgré ses amis tragiques, Giraudeau m'a plus bouleversé encore parlant de Marguerite,voisine d'immeuble qui s'appelle en fait Irina,fragile vieille dame émigrée russe.A qui il n'a fait que sourire en rangeant sa moto sous sa fenêtre en indiquant de ses doigts la durée de son prochain voyage.Et quand il tient  la main de  sa vieille maman presque aveugle,sur un banc rochelais.

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05 avril 2011

Un sale samedi

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  Violent Saturday n'est pas à proprement parler un film noir.Et pourtant il s'agit bien d'un hold-up dans une petite ville,encore assez proche de l'esprit western quoique située dans les fifties.La conquête a été remplacée par la mine mais il y a bien un hôtel,un banquier,une infirmière,une famille Amish qui aurait pu être quaker,un chef de chantier qui aurait pu être un chef de convoi,honnête et travailleur.Et puis trois voyageurs dont l'un,représentant de commerce,Les inconnus dans la ville,qui a donné le titre français.Dans son unité de temps ou presque ce film est une vraie réussite qui en 1h30,durée standard et que je regrette souvent devant d'interminables pensums actuels,nous présente les traits essentiels des protagonistes.La petite communauté a bien des petits travers,le banquier est un peu voyeur,le fils du patron de la mine un Don Juan de sous-préfecture,son couple au bord du gouffre,une secrétaire a commis un petit vol.La vie de tous les jours,à la petite semaine, mais ce samedi sera décidément une sale journée.

  Richard Fleischer ne dispose pas d'un budget énorme,ni de très grandes stars.Des acteurs peu connus en France sauf peut-être Victor Mature et Lee Marvin qui le deviendra plus tard.Là il ne campe qu'un des gangsters,le plus nerveux bien sûr qui transformera un cambriolage en meurtre.Ce fut son lot pendant des années.En quelques heures cinq morts dont les bandits dont le chef avait vraiment l'air d'un voyageur de commerce.La petite ville devra vivre avec ce souvenir et l'infirmière un peu frivole n'en voudra pas au banquier trop curieux.Et le fiston de Mature comprendra que son père,qui n'est pas revenu de la guerre avec une médaille peut se conduire courageusement.Et l'angélique Amish (Ernest Borgnine,pourtant souvent une brute au cinéma) aura planté sa fourche dans le dos de Marvin.Ainsi donc les choses peuvent reprendre leur cours à Bradenville.Rien cependant ne sera jamais tout à fait comme avant.Ce film,quasi série B. est remarquable de sagacité,de modestie,et peut damer le pion à bien des productions de haute volée.Richard Fleischer l'a réalisé en 1955.Sa carrière n'en fait pas un auteur mais à des titres divers,20 000 lieues sous les mers, Le génie du mal, Barabbas, L'étrangleur de Boston, Soleil vert sont des films très honorables.

http://www.youtube.com/watch?v=5NpKIjcBmBk  Séquence d'ouverture qui situe bien le contexte industriel.

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02 avril 2011

Géographie: Asbury Park, New Jersey

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       Asbury Park est une petite cité de 16 000 habitants du New Jersey,cet état coincé entre le New York et la Pennsylvanie,une sorte de banlieue entre deux banlieues.Un seul nom a fait sortir cette bourgade de l'anonymat,Bruce Springsteen.Déjà son premier album s'appelait Greetings from Asbury Park,N.J.Mais la chanson 4th of July,Asbury Park(Sandy) est extraite du deuxième album The wild,the innocent and the E street shuffle.Le 4 juillet est bien sûr la fête nationale.

http://www.youtube.com/watch?v=uKYIsPyeaiw 4th of July,Asbury Park(Sandy)

   En fait on retrouve en quelques miles de Freehold à Asbury Park tout l'univers du Boss,du moins de tous ses premiers disques.Dans ce coin d'Amérique plutôt prolo le jeune Bruce Frederick Springsteen a connu un univers ordinaire avec les filles de la cafeteria,les bagnoles d'occase,et les premiers riffs d'une carrière exemplaire.Vivre sans lui eût été difficile.Il existe d'ailleurs pour les voyageurs un Boss Tour.Moi je pense que le plus beau des Boss Tours c'est de passer et repasser ses disques.