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                        Grand succès actuel ce livre n'est pas un très grand livre.Mais il a une qualité non négligeable, il se lit avec un vrai plaisir simple,celui de se confronter à une embrouille policière efficace.Habilement construit,ce pavé de 650 pages nous emmène en Nouvelle-Angleterre et veut mêler adroitement et à sabots pas toujours d'une exemplaire finesse,le vertige de l'écriture,le roman dans le roman,la sociologie d'une petite ville du New Hampshire,les rebondissements abracadabrants. Marcus Goldman,écrivain est amené à enquêter sur son mentor Harry Quebert,écrivain lui aussi mais sec depuis 33 ans,depuis la disparition de Nola, quinze ans.Nola dont on vient de retrouver le corps dans le jardin d'Harry.Joël Dicker joue sur différents tableaux avec plusieurs coupables possibles,base de tout polar,mais aussi avec une variation sur l'acte d'écrire,pas mal fichue d'ailleurs.Ce qui fait qu'à la fin on ne sait plus très bien qui a écrit quoi.Mais c'est bien troussé,d'un abord très aisé malgré les drames.Il me semble toutefois que l'Académie Française a été un peu généreuse en couronnant La vérité sur l'affaire Harry Quebert.Pour le Goncourt des Lycéens on comprend mieux.N'ont-ils pas l'âge de la victime?C'est donc à double titre que ce roman rejoint le sympathique challenge de Laure(Ma danse du monde)

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         Pourquoi ce roman a-t-il rencontré une telle audience?Et pourquoi les détracteurs sont-ils montés au créneau?A mon avis ce livre remplit son rôle presque à l'excès,la roublardise de l'auteur,ou son savoir-faire,c'est selon,permettant à tous les lecteurs de traverser ce récit au galop.Pourtant il ne manque pas d'une certaine complexité,avec de nombreux retours et une constante oscillation entre Quebert et Goldman,le suspect et l'enquêteur,tous deux aptes à bâtir des histoires puisqu'écrivains. "Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé".On peut voir les choses comme ça.De toute façon il n'y a pas de mal à se faire du bien et les lecteurs plutôt satisfaits,j'en suis,oublieront vite cet ouvrage agréable et sans séquelles.

      Polémique puisque polémique il y a eu.Certains critiques,non des moindres,Nouvel Obs. par exemple,et d'autres,ont cru voir dans La vérité...  l'ombre de Philip Roth.C'est faire beaucoup de place médiatique à Joël Dicker,bon faiseur.Comme souvent je pense qu'il n'y a ni excès d'honneur ni indignité dans ce livre.Pourquoi Roth,le maître absolu de l'écriture nord-américaine,version Est?Parce que,dixit Obs.,l'affaire se passe dans une petite ville universitaire de la côte atlantique.Parce que Quebert est un intello,prof de fac,soupçonné,comme tout le monde ou presque,d'obsessions sexuelles.Parce que comme Philip Roth,il fait partie de la longue lignée de l'écriture juive de Nouvelle-Angleterre.Parce que la transmission des générations y tient une grande place,le relais Harry-Marcus. Tout ceci est à mon avis sans intérêt.Plus sévère,mais plus juste,l'accusation d'easy reading,péjorative mais qui m'a semblé évidente, un peu comme l'easy listening,courant musical un peu simpliste,mais pas forcément bouillie musicale dans l'ascenseur.En conclusion,lisez "quand même" La vérité...On a tous ses faiblesses.Et surtout,qui de nous est toujours un aigle?

Deux autres avis parmi les très nombreux sur les blogs:

http://touteseule.over-blog.com/article-dicker-joel-la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert-115940850.html

http://meslectures.wordpress.com/2013/01/06/la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-joel-dicker/