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             Il se passe entre Ernest Hemingway et moi comme un divorce,rare.Mais je n'ai pas réussi à relire récemment les nouvelles de Paradis perdu,et cette adaptation hollywoodienne de Le soleil se lève aussi,que je n'avais pas vue depuis 40 ans ne m'a guère fait frémir.Bon,je n'ai jamais lu ce bouquin sur lequel les avis sont tranchés.Jadis considéré comme un bon roman de Hem il est maintenant systématiquement dénigré comme Hem lui-même d'ailleurs.Voici le temps du purgatoire pour le légendaire auteur-chasseur-buveur. Qui sait dans quelques dizaines d'années ce qui se dira de l'auteur de tant de nouvelles et de romans hélas (mal)traités par le cinéma, Les neiges du Kilimandjaro ou la seconde version de L'adieu aux armes entre autres.

                 Papa Hem,je l'aime encore bien au moins dans mon souvenir.Henry King a fait de très bons westerns, Jesse James, Bravados. Tyrone Power,quel magnifique Zorro en 1940! Ava Gardner,son personnage de La Comtesse aux pieds nus a donné son nom à ce blog. Errol Flynn,bondissant Robin des Bois, sémillant Capitaine Blood, quelle prestance! Mel Ferrer est l'un des deux héros du plus beau duel à l'épée du cinéma,celui de Scaramouche. Et le Paris américain de la Coupole et de Montparnasse,celui-même de Paris est une fête où Ernest et Scott comparent leurs anatomies respectives,and the winner is...Tout cela m'avait séduit jadis,très jadis.Mais que reste-t-il de cette sage chromo sur la Génération Perdue, entre deux guerres,entre deux rives,entre deux alcools?

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         Le sable s'est écoulé entre mes doigts depuis ma vision adolescente.Les livres d'Hemingway ne seront décidément pas ceux qui auront le mieux traversé le fleuve temps.Récapitulons.Dans ce film tous sont beaucoup moins bien qu'ils n'ont été. Bien sur ce sont des choses qui arrivent. Mais quelque chose comme une vague tristesse m'a traversé à revoir Le soleil se lève aussi.Une jolie phrase,une belle ville,des acteurs du passé,un film,somme toute,parfaitement démoralisant.Une envie peut-être, loin de cette Espagne de sable et de sang qui, inexplicablement,a tant plu à des gens que j'ai aimés,celle de boire,un verre,un peu plus,à la mémoire de ces héros de celluloïde,qui me semblent partir comme une vieille copie argentique.Le cinéma se meurt parfois.Avant de rejoindre le challenge de ma chère Asphodèle qui,de retour de la vie de Zelda,nous en a récemment appris de belles sur Hem et Scott.