03 septembre 2013

Juge et père

rueducine_com-chronique-d-un-homicide-1972

                           Je poursuis mon exploration du cinéma italien,c'est un peu cahotique mais passionnant.Voici un inédit en France (perché?),nanti d'un titre à rallonge,ce qui fut un peu la mode dans le cinéma politique italien des années 70, Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon, Confession d'un commissaire de police au procureur de la république. Ce film de Mauro Bolognini,décidément souvent abordé ici même, aurait pu s'appeler Accusation d'homicide pour un étudiant mais,sûrement parce qu'on le découvre 40 ans après n'a droit qu'au relativement court Chronique d'un homicide. Bolognini avait tourné peu avant Metello,  Metello vu par Mauro son meilleur film, avec le même acteur,le chanteur à succès Massimo Ranieri. Chronique d'un homicide revient sur le début des années de plomb et les mouvements d'extrême gauche, mais aussi d'extrême droite, avant les attentats de Milan et Bologne et l'enlèvement assassinat d'Aldo Mauro.

                       Cinéaste plutôt à gauche, presque pléonasme, version italienne assez souple et sympa,mais point trop doctrinaire ,Mauro Bolognini, avec le concours des deux Ugo, Liberatore et Pirro, scénaristes, s'intéresse surtout à la relation entre le jeune homme et son père, juge d'instruction qui est chargé de l'enquête sur le meurtre d'un policier, commis en fait par son propre fils.Joué par le second plan du cinéma américain Martin Balsam (Psychose, Douzes hommes en colère),sobre et crédible, ce magistrat est un homme intègre qui,confronté à son fils meurtrier, aura la réaction qu'il sentira la plus appropriée,comme si cela pouvait exister. On pense au long du film à une longue explication tortueuse et théâtrale entre les deux protagonistes.Apôtre ici d'une certaine sobriété et d'une belle discrétion, Mauro Bolognini refuse le morceau de bravoure.C'est tout à l'honneur du film que de ne pas  asséner ainsi des vérités de prétoire.

Il viaggio

                      Le rôle de la mère,dépassée mais toujours digne,est joué par Valentina Cortese. Et elle est très crédible.Les films italiens, souvent remarquables et tellement au contact du pays, ont parfois tendance à "fanfaronner" un tout petit peu comme le héros du chef d'oeuvre de Dino Risi Il sorpasso. Chronique d'un homicide, extrêmement sobre, demande à être (re)découvert. Ce sera pour moi l'une des dernières contributions au très beau challenge de Nathalie, Chez Mark et Marcel, qui se termine bientôt, l'un des rares challenges que j'ai vraiment honorés vu que je m'étais inscrit,trop inscrit un peu partout. Enfin,une petite madeleine sonore avec...

http://youtu.be/Jw-kZ0jb3XA    Morricone   Imputazione di omicidio...

                         

Posté par EEGUAB à 07:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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