YKO_OG~1

                                   Ce satané Bison de Le Ranch sans Nom  a fini par me convaincre de nipponiser un peu plus. Alors,soucieux de ne pas abuser ni du sake ni du sumo j'ai lu les 75 pages des Abeilles de Yoko Ogawa et ce fut un nectar.J'en ai fait mon miel. Voilà la beauté du texte court dans toute son épure,sans effets ni scories. "Les tulipes du massif oscillaient.Les ailes des abeilles étaient mouillées." Une ligne et demie,vers la fin du livre,et je la trouve superbe en sa simplicité. Puisque de Japon il est question on pense au crayon d'Utamaro, quelques traits dans un coin d'une grande feuille,et qui en disent tant. L'héroïne de ce beau et discret récit rencontre un directeur de résidence d'étudiants,sans étudiants pour y résider. L'homme, très gravement handicapé, prend une place dans sa vie,sa vie un peu en stand-by, son mari en lointaine Suède pour son métier. De petits mystères sur la disparition du dernier pensionnaire,l'habileté manuelle ou plutôt pédestre du personnage, une curieuse tache au plafond,et surtout le bruit des abeilles dans le jardin sous la brise, un étonnant mélange qui distille bientôt une inquiétude,comme si sous le calme le pire était à venir. Pas sûr du tout. Hum hum,possible cependant.

utamaro

                              Drôle d'endroit que la blogosphère avec ces étranges rencontres. C'est au Bison que je dois cette perle du Soleil Levant. Oui,ce même Bison dans sa grande prairie, amateur de bière,de Southern-rock, très chatouilleux sur Chet Baker, très noirpolarophile,tout ça mais pas seulement. Sous sa pelisse on trouve aussi une belle plume qui court  sur la littérature japonaise. Il faut, comme le peintre du Quai des Brumes, voir les choses qui sont derrière les choses.