10 mai 2014

Les plumes...by Asphodèle: Plaidoyer pour un malvenu

 Il faut donc nous transformer en bâtisseurs, nous métamorphoser en écrivains du samedi matin, pour assembler les vingt mots que nous propose Asphodèle cette semaine. Voilà le tableau: changement, incrédule (ou incrédulité), papillon, régénérer, chenille, évolution, climat, déguiser, magie, transformation, grossesse, adolescence, éclosion, cafard,  amour, majestueux, éphémère, éperdu, envol, travesti.

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          Ce n'est pas encore aujourd'hui que l'on rendra justice à ce mal-aimé, ce paria, ce laissé pour compte. Le changement ce n'est pas pour cette semaine. J'aurais tant aimé que sa réputation s'améliore, et qu'un souffle, même éphémère, ait nimbé d'air frais sa dure condition de détritiphage, dont l'éclosion comme l'adolescence, dans un climat humide et putride, sont dignes des plus beaux romans misérabilistes du siècle avant-dernier. Humilié, bafoué, c'est le Rémi de Sans Famille, la Cosette hugolienne, mais hélas nulle évolution favorable qui régénérerait le pauvre maudit. Les dieux ne lui ont pas accordé comme au papillon démagogue cette fabuleuse capacité, cette magie qu'on entonne au logis (limite exclusion des Plumes, j'en ai conscience) d'opérer,  sans pour cela recourir au travesti, une transformation un tantinet lénifiante qui conduira la chenille au doux duvet méconnu à devenir ce présomptueux  lépidoptère dont le battement d'ailes nous gonfle depuis qu'on l'a trouvé capable, dans sa prétention éperdue à faire l'intéressant, de faire prendre au grand air de Carmen d'une diva de l'opéra de Sidney son envol jusqu'à la Tour de Pise.

         Qui saura faire aimer son pas majestueux au milieu d'escarbilles en décomposition? Qui pour écrire une ode à la grossesse et à l'enfantement de la femelle, pas si éloignée de celle du kangourou compatriote de la diva? Qui pour ne pas être incrédule quant à la beauté déguisée de cet être ignoré, méprisé, vilipendé, rejeté de partout? Qui pour accorder un tout petit peu d'amour à mon ami des feuilles mortes et des composts? Qui? Qui? Qui? Il me vient un cafard monstre.

Note de la rédaction (un peu beaucoup copiée) Utiles, inoffensifs, ils ne mangent pas le bois sain, ne mangent que des détritus, ne mordent pas, ne piquent pas, nocturnes, silencieux : mignons cloportes.

P.S. L'auteur, dans sa tentative de réhabilitation, a vivement souhaité que vous preniez trois minutes de votre temps pour regarder et écouter deux éléments à la décharge du pauvre crustacé, victime d'une erreur judicaire.

 

 

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Un livre, un film (énigme 94)

  film

                                      Pour cette énigme direction un  pays d'Europe dont je ne parle pas très souvent avec un livre et un film portant le même titre. Publié il y a un peu plus d'un siècle le roman eut un succès considérable. Il est vrai que le sujet en était une tradition très forte dans ce pays. Fort contestée, cette tradition d'ailleurs, et c'est déjà une indication importante. Deux films furent adaptés de ce bouquin, un muet des années vingt avec un acteur célébrissime de l'époque, dont la carrière fut très brève. Et un du début des années quarante dont c'est plutôt l'actrice qui fut une star, pas très longtemps non plus d'ailleurs, face à un acteur fringant qui devait lui aussi disparaître assez jeune.

                                      Il trouvait là, jusqu’au moment de ..., une distraction à sa pénible attente. Comme le temps était long ! Ces heures d’incertitude, où de vagues appréhensions surgissaient du fond de son âme et le faisaient douter de lui-même, étaient les plus amères que lui imposât son métier. Il ne voulait pas sortir, parce qu’il songeait aux fatigues de l’après-midi, à la nécessité de se conserver frais et agile, et il ne pouvait pas prolonger le déjeuner, parce qu’il fallait manger peu et vite...

                                       Cet écrivain, qui eut souvent maille à partir avec le pouvoir politique de son pays, fut adapté plusieurs fois pour d'autres romans, surtout du temps du muet. La Divine tourna d'ailleurs dans un de ces films. Maintenant passablement oublié on ne connait plus guère que le livre en question aujourd'hui et un autre, deux fois adapté lui aussi, pour lequel je ne vous demande pas de couper les chevaux en quatre ( c'est drôle,ça,non?). On récapitule, livre, auteur, film, et après c'est facultatif, les réalisateurs, les acteurs, et, nec plus ultra, le deuxième roman qui vous a valu le trait d'esprit ci-dessus, absolument génial.

Posté par EEGUAB à 06:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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