28 janvier 2015

Etranger, puis intéressé

                                            Etranger, je suis resté tout à fait étranger à ces neuf Nouvelles de J.D.Salinger, à toutes les nouvelles de ce recueil. Et ça c'est rare, souvent il y a bien deux ou trois textes à sauver, émus, amusés, troublés que l'on a été à la lecture de ces courts métrages. J'en arrive à douter même de L'attrape-coeurs que j'ai tant aimé mais il y a si longtemps et j'avais, en quelque sorte, l'âge du rôle. J'ai pourtant lu des avis très favorables sur ces histoires écrites vers 1950. Quelques titres qui, sous couvert d'un certain surréalisme revendiqué, m'ont rendu perplexe dès l'abord. Un jour rêvé pour le poisson-banane (le plus célèbre, publié dans le New Yorker en 48), Oncle déglingué au Connecticut, Juste avant la guerre avec les Esquimaux, Pour Esmé, avec amour et abjection. A la perplexité a succédé l'interrogation,, perdu que j'étais dans ce no reader's land où je sombrais. Je vins finalement à bout de l'intégralité de Nouvelles, ce qui ne signifie pas que je vins vraiment à bout de ma lecture. Si quelqu'un  possède quelque part les clefs....

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                                    Le statut de livre culte est également clamé qur la quatrème de couv d'un livre découvert par mon cher ami hasard, datant de quelques années plus tard, d'un certain John Knowles que de toute ma hauteur j'ignorais jusque là magistralement. Sans être vraiment intronisé je fus cependant moins étranger à cette oeuvre sensible et originale. Une paix séparée c'est un été 1942, un internat dans le New Hampshire. Ils ont tous l’énergie, l’insouciance et les pulsions de leurs seize ans, et un héros, Phineas, plein de grâce et de fantaisie, indiscipliné, casse-cou, irrésistible. Alors que la guerre se précise pour l'Amérique Gene subit l'influence de Phineas.

Une paix

                                 Rien à voir avec par exemple Musil et Les désarrois de l'élève Toerless. On n'est pas avec Une paix séparée dans l'humiliation ou une sorte de sado-masochisme assez attendu dans ce type de roman un peu initiatique. C'est finement analysé et le culte du sport et de la confrérie, très américain, ne mène pas obligatoirement au conformisme. Le souvenir que j'aurai de ce roman, intéressant et si méconnu en France, tournera plutôt autour de l'arbre sur la rivière, lieu d'un accident détonateur pour les deux jeunes gens, et de la guerre, lointaine et grondante, dont les élèves de Devon School sentent les prémices,chacun à sa manière, sachant que leur adolescence se meurt dans le tumulte des exercices de préparation militaire. Un film en fut tiré dans les années 70, à ma connaissance jamais sorti en France.

 

                                

                       

 

Posté par EEGUAB à 06:59 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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