Poésie du jeudi

                                Chers amis des potins de la commère cette semaine, foin de poésie, nous allons dire du mal des célébrités et fouiner dans leur vie privée. Vous connaissez ma passion pour les tabloïds et les cancans. Et puis distiller un goût de fiel envers les "people" fussent-ils du XIXème Siècle ne peut que nous faire du bien. Enfin moi c'que j'en dis...

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À Victor Hugo (II).

Votre génie est grand, Ami ; votre penser

Monte, comme Élysée, au char vivant d'Élie ;

Nous sommes devant vous comme un roseau qui plie ;

Votre souffle en passant pourrait nous renverser.

 

Mais vous prenez bien garde, Ami, de nous blesser ;

Noble et tendre, jamais votre amitié n'oublie

Qu'un rien froisse souvent les cœurs et les délie ;

Votre main sait chercher la nôtre et la presser.

 

Comme un guerrier de fer, un vaillant homme d'armes,

S'il rencontre, gisant, un nourrisson en larmes,

Il le met dans son casque et le porte en chemin,

 

Et de son gantelet le touche avec caresses ;

La nourrice serait moins habile aux tendresses ;

La mère n'aurait pas une si douce main.

Sainte-Beuve (Les Consolations, 1830)

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                                 Alors voilà, mes amis. Figurez-vous que ce Mr. Sainte-Beuve  a certes bien du talent pour tresser ainsi des lauriers à Mr.Victor, mais, et c'est de source sûre, j'vous dis, moi qui vous parle, que des rumeurs bien-fondées circulent sur ses relations avec Mme Adèle, épouse de Mr.Victor. Alors flatter le mari pour séduire l'épouse... Et puis ce Mr.Victor, un modèle conjugal comme chacun sait. Enfin, moi j'dis ça, j'dis rien, vous me connaissez.