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                           An est le titre original du film. Et minima qui sonne si bien japonais qu'on a presque envie de se faire seppuku signifie que l'on est là dans un cinéma de chambre. Plutôt beau d'ailleurs, mais de chambre. Enfin de cuisine devrais-je dire. Car l'an entre dans la composition des dorayaki, une institution au Soleil Levant, et c'est en fait une pâte de haricots rouges confits. Lesquels haricots sont presque les héros des Délices de Tokyo. Trois personnages pour trois générations se cotoient dans cette belle oeuvre intimiste dans une ville de Tokyo dont on ne connait guère que ce quartier, moins encore, que cette boutique où Sentaro, quadragénaire désargenté peine à gagner sa vie en vendant ces fameuses pâtisseries. Cet homme taciturne et peu bavard se voit proposer par une vieille dame, Tokue, de lui préparer ces fameux haricots pour fourrer ces dorayaki. Et c'est le succès tant la recette fait recette justement.

                         Mais elle aussi est une déclassée de l'existence et on le sait vite. Des séquelles de la lèpre ont fait d'elle une paria, ce qui a vraiment été le cas au Japon jusqu'à la fin du siècle. Enfin Wakana, jeune fille en conflit avec sa mère et qui n'a d'amitié qu'avec son canari complète ce trio pour une musique de chambre sans effets ni pathos. La rumeur, cette autre lèpre universelle, fera son hideux labeur. A voir pour la magie de ce Japon un peu hors du temps, où les arbres fleuris si cinégéniques n'apaisent pas ces trois douleurs. Les délices de Tokyo m'a cependant semblé durer 20 minutes de trop, s'apparentant pour moi plus à une nouvelle bien qu'adapté d'un roman de Durian Sukegawa qui paraît chez Albin Michel. Mais les gestes techniques de la cuisson de ces haricots dans la petite boutique sont d'une réelle beauté. Je ne vais pas vous faire le laius si couru sur l'exclusion mais je crois que je l'ai fait un peu quand même. Je n'ai vu aucun autre film de Naomi Kawase.

L'avis de Dasola Les délices de Tokyo - Noami Kawase

L'avis de Strum  Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase : non-dits à l’ombre des cerisiers en fleurs