EL_PRESIDENTE

                                On connait la vivacité du cinéma sud-américain et El presidente en est un bel exemple. Santiago Mitre mêle vie publique et vie privée, en l'occurrence celle du président argentin Hernan Blanco lors d'un sommet sud-américain. Plus ou moins rattrapé par une affaire de corruption le président doit aussi composer avec la dépression de sa fille qui le rejoint dans cet hôtel de la Cordillère chilienne qui abrite pour quelques jours les maîtres du continent latino-américain. Face à la crise qui affecte l'équilibre de sa fille, il fait appel à la psychiatrie. Mais il lui faut aussi, fraîchement élu et sans véritable stature internationale, négocier avec ses partenaires, notamment les géants brésilien et mexicain.

                                 Le cadre majestueux et glacial des Andes solennise surtout la solitude impressionnante du pouvoir. Santiago Mitre dit que le président, dans ces régime du moins, se trouvant par définition au sommet, ne peut avoir qu'un abîme de chaque côté. J'aime beaucoup cette formule. Outre les différentes options proposées par les plus grands quant à la création d'une sorte d'OPEP ibéro-américaine, compliquées, l'Oncle Sam, on s'en doute, se veut de la partie. Alors, contacté par Washington, Hernan Blanco, qui n'est qu'un homme, hésite. Gouverner c'est aussi s'adapter. La real-politique, ça existe. Que penser de l'attitude du président? Certains dans le public y verront un peu vite une certaine trahison. Je suis pour ma part beaucoup plus mesuré. C'est que, voyez- vous, le politique-bashing et les divers populismes ne me plaisent guère.

                                 Ricardo Darin, une idole en Argentine et que l'on commence à bien connaître en Europe, apporte sobriété et vérité à ce beau personnage, d'homme ordinaire, peut-être pas tant que ça, que les graves conflits familiaux n'empêchent pas d'essayer de faire au mieux pour son pays, peut-être pas tant que ça. Ca fait, peut-être, beaucoup de peut-être. Peut-être que c'est ça, le monde. Le doute est permis, l'ambiguité patente, les manipulations plausibles. Comme c'est complexe. Vous n'aurez pas réponse à tout à voir El Presidente. Mais vous aurez des questions et d'autres questions. Toutes valent le déplacement.