21 juillet 2019

Saddest song (coulrophobie)

                               Best of sadness. Reminds me of Les clowns (Fellini). Sorry. Please accept my apology. Y a des moments comme ça.

Les_Clowns

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15 juillet 2019

In the name of rock/ Rosetta

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                            Ca va, je vous ferai pas le coup des Rosetta de ma vie. La gloire et le prix, soit  (Georgie) Fame et (Alan) Price, around 1971. Les deux géniaux pianistes organistes se retrouvent pour un album qui swingue bougrement. Price avait quitté The Animals depuis longtemps. Fame peinait à retrouver la gloire de Yeh yeh. Dieu donnait peu de signes de bienveillance. Et moi, moi, qui me prenais pour moi, moi-même je ne me sentais pas très bien.

                             Qu'a changé Rosetta dans ma vie? Rien. J'ai continué d'amorcer mon vieillissement (21 ans). J'avais abandonné le peu de guitare que je savais depuis quelques année déjà. Je comptais bien reprendre, ce que je fis environ 38 ans plus tard. Georgie et Alan ont continué dans la musique, rythm'n'blues pour le premier, musique de films pour le second chez Lindsay Anderson. Mais surtout ces deux là, rayés des écrans radar depuis des siècles, n'ont cessé d'écumer les clubs britanniques, souvent allemands ou scandinaves, pas trop en France ce qui n'est pas pour me surprendre. Je ne les ai jamais vus. C'est ça aussi la musique.  A propos mes amis, comme Rosetta, are you better, are you well well well?

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10 juillet 2019

Avec vue sur l'Arno

Masse critique

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                                Très judicieuse livraison de Babelio dans le cadre de l'opération Masse critique qui me fait toujours confiance et que je remercie. J'avais choisi dans le cadre de la non-fiction parmi de nombreux ouvrages ce délicat livre sur la perle de Toscane, cette cité que j'aime tant. En v.o. est une jolie collection où l'on trouve aussi Rome, Berlin, Bruxelles, New York. Le livre se décline comme une suite d'articles, une quarantaine, autant d'entrées sur des mots italiens, noms communs ou propres,  de afa (chaleur) à viola (le violet du club de foot Fiorentina). Chaque présentation d'Annick Farina est complétée par un extrait littéraire en version bilingue italienne et française dans la plupart des cas.

                               Car y figurent aussi Sade, Dumas, Taine, Stendhal, Montaigne et d'autres étrangers, Dickens, Keats, Andersen, Brecht, Forster (d'où le titre de ma chronique) témoignant de la fascination de l'Europe entière pour la cité toscane. De ces fous d'Elle bien sûr je fais partie. N'allez pas penser qu Florence en v.o. est un ouvrage un peu snob pour happy few. C'un bien joli livre que peuvent emporter les voyageurs et aussi les gens qui ne marcheront jamais dans les allées des Médicis. Quelques exemples.

                               Le Falo delle Vanita, le Bücher des Vanités, où l'on raconte que Botticelli lui-même jeta dans le feu ses propres dessins de nus scandaleux selon Savonarole. Vraie ou pas l'histoire est fascinante. Le terme Inglesi a lontemps été synonyme d'étrangers tant était prépondérante la place des Britanniques dans la Florence du XIXe siècle. "Sono arrivati degli inglesi. Ma non ho capito se sono o tedeschi" (Des Anglais sont arrivés mais je n'ai pas compris s'ils sont russes ou allemands).

                               Le si célèbre Ponte Vecchio est illustré de quelques très belles lignes du Nobel russe 1987 Joseph Brodsky "A midi les chats vont voir sous les bancs, pour s'assurer que les ombres sont noires. Sur le Ponte Vecchio-on l'a restauré-où sur un fond  de collines  s'embuste Cellini on fait un commerce effronté de bimbeloteries de toutes sortes, les vagues dans un murmure roulent une branche après l'autre et les boucles dorées d'une belle femme qui se penche pour chercher quelque chose de rare, qui fouille au milieu des boîtes sous les regards insatiables de jeunes vendeurs, semblent une trace d'ange au royaume des corbeaux". (Décembre à Florence).

                              Annick Farina raconte joliment que, privée des grands aqueducs romains, la belle Florentine offre peu de grandes fontaines mais surtout des petites, au départ plus pratiques que décoratives (Fontane é fontanelle). Joli texte de Taine sur les Tritons, les Néréides, et "l'harmonie des troncs, des cuisses et des nuques". Fantasmes... Quand je vous disais la séduction de ce petit livre ensorcelant...Felice viaggio tutti. Per me sara Milano in settembre. Grazie Babelio.

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07 juillet 2019

Réhabilitons-les

Bouvard-et-Pecuchet

          Bouvard et Pécuchet, roman inachevé de Flaubert, a été publié après sa mort. Chacun connait de nom ces deux personnages devenus archétypes de la bêtise. Je ne l'avais jamais lu mais ma chère amie  Val Bouvard et Pécuchet – Gustave Flaubert  m'a proposé une lecture commune. Délicieuse habitude maintenant bien établie depuis quelques années. Et j'ai été plutôt assez surpris par le ton du roman. En fait je pense que ce livre est peu lu en général et que l'image assez caricaturale que l'on en a ne correspond pas vraiment à l'esprit du roman. Et j'aurais tendance à dire, Bouvard et Pécuchet, pas si bêtes.

         D'abord il n'est pas si simple de lire Bouvard et Pécuchet. Deux amis copistes, seuls dans la vie, et disposant d'un héritage, décident de se retirer en Normandie et de s'associer pour se consacrer à l'agronomie au sens large. Tout y passe, arbres, légumes, fruits. Bilan: échec retentissant. On dirait dans notre jargon actuel, lequel aurait bien plu à nos deux lascars, qu'ils n'ont pas intégré tous les paramètres. Qu'à cela ne tienne. En mal de savoir ils se lancent alors dans la chimie, l'anatomie, la géologie, l'archéologie, plein de logies. Echecs tout aussi cuisants.

         Suivront de pathétiques tentatives en histoire, littérature, théâtre, ils essaient d'écrire une pièce. La révolution de 1848 les mène à la politique qui les déçoit profondément. Comme touchés par la grace, ils tombent plus ou moins amoureux. Rateaux complets. La vie de Bouvard et Pécuchet est une galère. Découragés ils envisagent le suicide. Spiritisme, religion, éducation (ils adoptent deux orphelins), rien n'y fera. Le livre s'arrête là.

         Bouvard et Pécuchet n'échappe pas à l'effet catalogue, un peu fastidieux, truffé de références bibiographiques. La surabondance de termes techniques finit par peser sur le lecteur. Les deux cloportes (dixit Flaubert) sont-ils aussi médiocres que la tradition les a installés? Et qu'est Flaubert lui-même en vivant presque avec eux, tant son travail de documentation a été titanesque? Il a fini par leur ressembler un peu. Moi j'ai aimé ce livre sur la condition humaine et sur la solitude. C'est un grand roman, pas tant sur un certain conformisme facilement moquable, mais sur l'inadéquation de l'homme  au monde, à la société. Flaubert a souvent dit, du moins le prétend-on, Madame Bovary c'est moi.

         Leur maladresse a fini par m'émouvoir. D'ailleurs ils évoluent. "Alors une faculté pitoyable se développa dans leur esprit, celle de voir la bêtise et de ne plus la tolérer". Je n'hésiterai pas, Bouvard ou Pécuchet, cest un peu moi, avec mes a priori, mes suffisances, mes entêtements, etc. Alors suis-je Bouvard? Suis-je Pécuchet? Cela dépend de mon amie Val dont j'ignore encore la réaction. Mais ils sont de toute façon indissociables.

              

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03 juillet 2019

Nowhere to run

shopping

                                Nulle part sur la terre, titre français, n'est déjà pas d'une franche gaîté. Mais le titre original, Desperation Road, est encore plus sombre. Nous sommes dans le Sud américain, une terre de Mississippi classique, où l'on a déjà rencontré pas mal d'auteurs. C'est un bon roman, où les personnages sont évidemment marqués du sceau de la violence et du destin. Vengeance, rédemption, des restes d'amitié, de la déveine surtout. Oui, c'est surtout ça. Dans ce Deep South la plupart du temps on n'a pas de pot. Et les rencontres sont souvent mauvaises.

                                Maben traîne de motel en motel Annalee sa gamine de cinq ans. Les camionneurs sont souvent son seul horizon avec les flics. Il y a parmi les deux corporations de braves types, pas tous. Russel, lui, vient de purger de 11 ans de cabane pour homicide involontaire, voiture et alcool, très vieille antienne. La poisse leur colle aux basques à tous deux et n'est pas près de les lâcher. Maben, dès le début, et toujours en rupture, doit se défendre et ça tourne mal. Russel, dès sa sortie de prison, se fait cogner par les frères de sa victime de jadis. Tous les ingrédients du sud brutal, écrasant et alcoolisé, sont en place. Vengeance, remords, et surtout bien mince espoir, voir le titre original.

                                Nulle part sur la terre se lit avec plaisir. Bien sûr cette Amérique dite des laissés pour compte a été mille fois dépeinte et le cinéma s'en est bien souvent emparé. Ces autoroutes, ces motels, cette moiteur, ces relents de bière et de bourbon, ces filles paumées, ces baluchons qui montent en cabine... La route du désespoir. Cependant Mitchell, le père taiseux de Russel, ou Boyd, un copain d'enfance policier honnête, sans grandes phrases ni accolades, aident chacun à leur manière. Et les autres, Heather aimait que Larry soit toujours galvanisé par la haine. Elle aimait l'entendre parler de son frère mort, l'entendre parler de vengeance. Elle aimait son côté fruste, la rage qui s'allumait quand il la basculait. Voilà de quoi est fait le Sud. Voilà de quoi est fait le monde.

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