28 décembre 2019

Sophie, telle

Trois fois

                    Je n'avais pas du tout aimé Quand le diable sortit de la salle de bain. D'ailleurs je m'en suis débarrassé très vite. Voir Les malheurs de Sophie .Je n'aurais jamais acheté Trois fois la fin du monde. Nous en serions restés là si une amie ne me l'avait laissé dans les mains, me disant que ça se lisait vite,. Alors pourquoi pas? Résultat: pas si mal, curieusement organisé en trois parties très dissymétriques, mais pas si mal. Enfin n'exagérons rien.

                   La première fin du monde, à mon avis, on peut la sauter, une cinquantaine de pages sur l'univers carcéral. J'en ai marre de la prison à la télé, au cinéma, dans les livres. Joseph Kamal y a atterri après un braquage qui a mal tourné. Divry s'y complait dans le sordide et la surenchère. C'est facile et somme toute assez moche. Tant pis pour Joseph. Mais il en est sauvé par une deuxième fin du monde, qui ne court que sur quelques pages et qui raconte la catastrophe, très sobrement.

                   La troisième apocalypse est de loin plus attachante. Suffira-t-elle à rallier vos  suffrages? Dans un style un peu irritant, abusant du verlan dont elle semble penser que c'est le summum de la créativité littéraire, s'amusant à passer du je au vous, caprice, l'auteure parvient cependant à nous intéresser, même à nous émouvoir, avec Joseph-Robinson, qui trouvera deux Vendredi, un mouton et un chat. C'est à l'histoire de sa survie qu'on assiste. Et ça n'est pas désagréable. On finit par souhaiter le meilleur à Joseph bien que Divry continue de délivrer un message pas mal démagogique déjà très présent dans le livre cité plus haut. A savoir, mais vous aviez compris, que l'homme parmi les hommes c'est l'enfer, et que l'homme seul c'est...l'enfer. Bien. Par contre en parlant des arbres et des fruits, de la nature et de la vie qui grouille malgré tout, elle se révèle un peu plus intéressante. Pour le reste elle nous l'assène un peu.

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24 décembre 2019

L'Ecrivraquier/22/Pas loin

Canal 3

 Ces eaux et ces ombres

Désolé, ça me convient

L'Ecrivraquier

Ca me convient...bien

 

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In the name of rock/Jane

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Jane 5 

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                        Bien des Jane dans l'histoire folkrockblues. Y en a bien une qui fera mentir le dicton où y a Jane y a pas de plaisir. Y a la Jane des très grands, Dylan, Velvet, Stones, et celle des un peu moins grands mais qui font tellement plaisir à réécouter. Par exemple les excités hurleurs glam-rock de Slade. Ah Slade qui sonnait le glas de mes vingt ans de leur accent cockney et de l'orthographe particulière de leurs titres. Mais pas de leurs textes hautement intellectuels. Tout comme ce billet.

 

 PS. L'ami Princécrannoir m'a rappelé la merveille de Nick Drake, Hazey Jane I, car il y a sur le même album Hazey Jane II. J'ai rajouté la pochette. Ecoutez Nick Drake...

 

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21 décembre 2019

Lenindegrade

ville 

                    David Benioff (24 heures avant la nuit, mais aussi l'un des nombreux scénaristes de Game of Thrones) signe là un roman de guerre avec épisodes de violence mais aussi de truculence dans le cadre du siège de Leningrad en 1941. Lev, ado juif de 17 ans et Kolya à peine plus âgé fuient les bombes allemandes comme ils peuvent. Le hasard les amène en quête, improbable en ces jours de disette, d'une douzaine d'oeufs pour le mariage de la fille d'un colonel.

                    Les aventures de nos deux amis mêlent presque joyeusement une sorte de cavale en pleine guerre glacée dans une Leningrad crevant de faim et des éléments burlesques sur cette même famine par exemple. Souvent drôle bien que rire du cannibalisme ne soit pas du meilleur goût. Chacun tente de survivre de son mieux et que ne ferait-on pas pour une douzaine d'oeufs quand on est classé voleur pour Lev, déserteur pour Kolya?

                   David Benioff s'est inspiré de la vie en Russie de ses grands-parents avant leur émigration aux Etats-Unis. De cette vadrouille dans Piter, surnom familier de Saint Petersbourg, on touche du doigt l'horreur d'un siège, cette pustule supplémentaire sur la gangrène guerrière, où il convient de se méfier de ses amis, les ennemis ayant au moins l'élégance d'être déjà en face. 

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15 décembre 2019

Faisceaux lumineux

Masse critique 

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                          Babelio et Vendémiaire ont fait un très beau cadeau de Noël au passionné du cinéma italien que je suis de longue date. Et c'est con molto piacere que je vais écrire pour Masse Critique tout le bien que j'en pense. J'ai pas mal de documentation sur le Néoréalisme, la comédie italienne, les grands films politiques italiens, les cinq grands maîtres historiques Vittorio, Roberto, Luchino, Michelangelo et Federico, etc. Mais cet ouvrage sera vraiment une référence sur cette période pour le moins discutable du cinéma et de l'histoire italiens. 

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                          L'ouvrage est très documenté et se consulte comme...un dictionnaire, cet objet inconnu de mes petits-enfants qui peinent à en tourner les pages, peu familiers de l'ordre alphabétique depuis l'avènement du yakatapé. Sérieusement le Dictionnaire du Cinéma Italien de la marche sur Rome à la République de Salo 1922-1945 d'Alessandro Corsi est une vraie mine qui étonne parfois. Comme toujours les choses sont un peu plus complexes que ce que l'on croit savoir. Et comme dans toutes les périodes troubles, c'est à dire tout le temps, les hommes ont souvent fait preuve d'opportunisme. L'immense Rossellini, mon maître absolu, en est un exemple, lui qui tourna sous l'égide de Vittorio Mussolini quelques films très loin d'être des brûlots antifascistes. Puis ce fut Rome, ville ouverte et les cinéphiles connaissent la suite.

Maciste

                         Il résulte de cette lecture, parcourue bien sûr, que finalement peu de films de propagande ont été véritablement produits. Le public étant surtout friand de spécialités italiennes, le film d'opéra, les films de héros musclés, Maciste notamment, véritable objet de culte, les comédies bourgeoises appelées téléphones blancs. Rappelons aussi la création en 1932 de la Mostra de Venise, dont toutes les récompenses sont sponsorisées par Mussolini, son gouvernement ou le Parti Fasciste, et surtout celle de Cinecitta en 1937. Grazie mile à Babelio et Vendémiaire. Aucune chance que ce livre là finisse sur un banc public. 

                           

                         

 

 

 

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06 décembre 2019

L'autre cinéma

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                              Bel accueil lors de nos séances cinéphiles pour ce film coréen complètement en marge et très loin de l'univers souvent urbain et violent du cinéma de là-bas. Petite forêt est un film de Yim Soon-rye, réalisatrice dont c'est le premier film sorti en France. Une sorte de retour à la nature pour Hye-won, vingt ans, déçue de la grande ville qui revient au village où vit sa mère veuve qui n'est plus là pour l'accueillir, partie vivre d'autres expériences. Passée la surprise Hye-won retrouve un garçon et une fille, ses amis d'enfance. Le gentil triangle amoureux n'est qu'anecdotique dans cette histoire simple et plutôt bucolique sans mièvrerie. C'est possible

                              On pense bien sûr aux Délices de Tokyo mais très vite on est attiré par ces gestes du quotidien de la campagne dans laquelle le cinéma ne nous immerge pas  si souvent. Les scènes de cuisine sont un régal pour les yeux et les fruits et légumes colorés et appétissants sont des acteurs à part entière. Mais le message écolo est tout en finesse, rien n'est asséné dans Petite forêt. C'est aussi un film où les femmes, Hye-won, sa mère, son amie, ont un rôle très fort. Tout cela sans jamais se départir d'un sourire dont on n'a guère l'habitude. Un joli dépaysement.

affiche folle nuit

                            Le public, moins nombreux que pour le film précédent, a aimé ce film qui ne prendra qu'une heure et dix-sept minutes de votre temps. Une concision bienvenue pour moi qui souffre souvent du délayage en 120 minutes de la moindre comédie déjà balourde sur 1h20. Tout premier film de la réalisatrice russe Anja Kreis Folle nuit russe nous emmène à Ivanovo, au nord-est de Moscou, à l'aube de l'an 2000. Eltsine va passer le flambeau à Poutine. Mais Ivanovo est une ville sinistrée du textile et conjugue toutes les tares de la charnière du siècle. Rien ne manque, mafia, crise économique, trafics, alcoolisme, et Tchétchénie, ceux qui y sont restés et ceux qui reviennent, mal.

                            Plusieurs histoires se mêlent et se rejoignent et nous passons douze heures de cette Folle nuit russe avec sept ou huit personnages. Un soldat retour du front. La compagne de son frère mort qui se jette à son cou. Deux femmes témoins de Jehovah éconduites. Un clochard invité pas très finaud. Ces gens se croisent en rêvant de l'Ouest,pas tous, et en buvant de la mauvaise vodka. Un fusil fait la liaison, dangereuse. L'URSS n'est plus mais, malgré un humour noir et désespéré, la Russie d'Ivanovo n'incite guère à la sérénité.

Affiche Bacurau

                           Le grand baroque brésilien est de retour avec Bacurau, prix du Jury à Cannes, dans lequel Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles donnent libre cours à leur cinéphilie pour le cinéma dit de genre. Tour à tour film politique, western italianisant, science-fiction digne d'Ed Wood, explosion gore, charge anti-yankee quasi inhérente au cahier des charges du cinéma d'Amérique Latine. N'y manque même pas une allusion à Guevara. Somme toute assez réjouissant, pas sérieux, n'oubliant ni le côté BD ni le jeu vidéo si en cour actuellement, Bacurau tient finalement de la pochade,ce qui n'est pas plus mal, et a été dans l'ensemble plutôt bien reçu.

                           Nettement moins fort qu'Aquarius le précédent film de Mendonça mais je crois savoir qu'au moins deux personnes ont trouvé le film formidable, les deux réalisateurs eux-mêmes qui se sont visiblement bien amusés. Et puis c'est très moral, imparable, 800 emplois ont été créés pour le film. Dont acte. Bon, si par hasard un vieux DVD du film Antonio das Mortes (1969) passait par là n'hésitez pas.

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