Masse

MOCKUP-hemingway-12

                               Babelio et 21g, merci. 21g c'est le nom de cette maison d'édition, et c'est aussi le poids de l'âme d'après le Dr MacDougall, médecin américain du XIXe siècle. C'est un beau cadeau dans lequel passe effectivement beaucoup d'âme, et qui m'a enthousiasmé. Jeb Brown, que je ne connais pas, mais je connais très peu d'auteurs de BD, est à la fois le dessinateur et l'écrivain de Hemingway à Paris. Une splendeur pour qui s'intéresse au célèbre baroudeur écrivain qui en eut assez en juillet 1961. Son père, sa soeur, son frère et sa petite-fille Margaux ont également choisi la nuit. 

                             Hemingway à Paris raconte en fait différents épisodes de sa vie, les plus emblématiques, qui ont contribué à l'extraordinaire popularité du Nobel 54. Un personnage hollywoodien, bigger than life, qui a tout eu, tout vu, tout su, tout lu et tout bu. Moi qui ne suis pas un grand relecteur, aurai-je le temps de relire au moins quelques-unes de ses nouvelles? La chronologie est un peu bousculée mais nul doute, Ernie est bien là, bien en pages, bien en couleurs, bien en action. Un ouragan cet homme-là. Un ouragan comme il en souffle sur les Keys, ce chapelet d'îles extrêmes de Floride qui s'égrènent, Key West, Key Largo, de quoi rêver au marlin merveilleux comme Le vieil homme et la mer

                             On retrouve Papa (l'un de ses surnoms) à Paris à deux reprises en 21 et 24. Besogneux à la tache d'écrire, la célébrité attendra encore un peu. Le rhum, la boxe, les courses hippiques, les copains, les complices, Fitzgerald, Ezra Pöund, James Joyce. Blaise Cendrars, la Grande Guerre. Le trait de Jeb Brown cerne admirablement le géant des lettres en devenir, sur fond de Notre-Dame, de bateaux-mouche ou de Closerie des Lilas. Quelle joie de se replonger dans cette ambiance Paris années vingt, vous savez, ces années d'entre deux.

                            Vous n'échapperez pas non plus à l'Espagne en ces mêmes années vingt. Le chapitre Aficionados et muletas évoque la passion d'Hemingway pour la corrida qu'on n'est pas obligé de partager. Tout en nuances n'écrit-il pas Il faut voir la corrida comme une tragédie, elle symbolise le combat entre l'homme et la bête, rouge du sang du taureau ou rouge du sang du torero.

                            Hemingway, on le sait, était un excessif et Jeb Brown l'illustre parfaitement, nous donnant envie de revenir à Paris est une fête, Pour qui sonne le glas, Mort dans l'après-midi, Le soleil se lève aussi... Bizarrement Hollywood n'a guère su célébrer Hemingway. Alors faites vous votre propre cinéma de Papa, commencez par ce joli voyage de 94 pages, inauguré par les train des Keys et clos par la Tour Eiffel. Puis, comme je devrais le faire, relisez au moins quelques morceaux choisis du chantre de la Lost Generation.