04 mai 2022

Noire forêt

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                     Ce petit livre m'est très cher. Et il est excellent. Je n'avais jamais lu cet auteur que je ne connaissais pas. Le mystère des Trois Frontières est un très court roman de 112 pages. Arrivé par cette bonne vieille poste ce cadeau d'un vieil ami qu'il est convenu d'appeler virtuel m'a beaucoup plu. Cet ami, qui voudrait nous faire croire qu'il porte des gros sabots dans la rude plaine des livres et des musiques alors que la culture japonaise lui est devenue familière, pas mal l'Amérique du Sud aussi, me connait fort bien et, m'envoyant dans une forêt germanique non clairement identifiée, se doutait que je m'y sentirais à l'aise bien que ces confins des Trois Frontières soient un peu effrayants.

                    Logique, une frontière c'est relativement net. Relativement. Trois pays ça démultiplie les embrouilles et les inquiétudes. C'est bien le cas dans cette histoire où le narrateur, ethnologue, s'installe dans une peite pension au coeur de la forêt, et tente de se remettre d'une rupture amoureuse. Un randonneur lui raconte des choses curieuses. Moi, il m'a semblé que cette forêt, on aurait pu y croiser, dans une ambiance Richard Wagner/ Fritz Lang, Siegfried se baignant à la source à défaut du sang du dragon. Le promeneur, lui, y a vu une ou des créatures, peut-être en armes. Une milice?

                   Constammment à la lisière de fantastique ce récit impressionne par ce climat, cette ambiance romantique, un peu nietzchéenne, ces lieux-dits à consonnance germanique toujours un peu inquiétante dans ce contexte, Opferstein, Krähenberg. On frissonne. La tempête continentale est aussi, et surtout,dans le cerveau du convalescent. Mythe et réalité voyagent ensemble sur les chemins forestiers comme dans ses neurones. Ce récit s'accommode parfaitement de la brièveté. Plus une assez longue nouvelle qu'un court roman, peu importe le nom qu'on lui donne. 

                  Huit textes courts à tendance myhtologique complètent le livre d'Eric Faye, un peu inégaux. J'ai aimé l'humour potache d'Un dîner chez les Zeus et le parfum buzzatien qui entoure Le jour de la fin du monde.

                  Merci ami virtuel. Qu'il soit rassuré. J'ai bien obéi aux consignes, lu avec beaucoup d'appétit Le mystère des trois frontières, une jolie chope de bière m'accompagnait. Vous le reconnaitrez facilement. Mais je n'ai pas sa compétence en zythologie. 🍻

Posté par EEGUAB à 09:10 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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