28 juin 2019

Summertime

                       J'ai peu parlé de cinéma cette année. J'ai peu parlé tout court sur ce blog. Le recul était nécessaire. Néamoins je n'ai pas abdiqué toute activité. Quelques mots sur quelques films présentés au long de la saison et que j'ai tenté d'animer. Je prends soin de choisir des films venus de tous les horizons. Petit tour du monde très succinct d'un cinéma éloigné des blockbusters et des comédies françaises qui n'ont pas besoin de moi.

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                       La permission de l'Iranien Soheil Beiraghi porte un regard sur cet Iran dont on parle tant, si contradictoire. L'héroïne est une footballeuse de l'équipe nationale, relativement libre mais pas au point de se passer de l'autorisation du mari de quitter le pays pour une grande compétition internationale. Le film malmène pas mal les clichés. Ainsi le mari n'est pas un obscur fonctionnaire buté mais un présentateur célèbre de télé-réalité. Intéressant, bien reçu mais bavard et un peu inabouti.

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                       Leto du Russe Kirill Serebrennikov est à mon sens l'un des deux meilleurs films de notre sélection annuelle. Portrait d'une jeunesse de Leningrad juste avant la Perestroïka. Il semble qu'au royaume alors soviétique c'est plus ici qu'à Moscou que les branches gangrenées ont commencé tomber. Une petite communauté découvre le rock, sautant les cases Presley, Beatles ou Pink Floyd pour Lou Reed ou David Bowie. Punch et poésie, la genèse des groupes rock russes primitifs est passionnante.

                       Don't forget me de Ram Nazari dynamite la société israélienne avec un humour qui n'a pas plu à tous. Niel est un juene musicien souffrant de troubles psychiques, Tom est une jeune femme soignée en centre pour anorexie. Vous voyez le petit bout de chemin qu'ils feront ensemble? Une cavale chaotique parfois indigeste et un tantinet démago.

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                       Ayka du Russe Sergey Dvortsevoy est un film terrible qui a décontenancé par sa noirceur. Ayka, réfugiée kirghize à Moscou, vient d'accoucher et de laisser son enfant à la maternité. Drame de la misère et de l'exclusion, archétype de ce que j'appelle le social sordide, et néanmoins réel, finalement un film fort et une interprète récompensée à Cannes 2018. Diversement apprécié, le public n'ayant pas forcément toujours vocation à partager les drames sociologiques.

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                       Un coup de maître de l'Argentin Gaston Duprat est mon autre chouchou, variation sur le milieu de l'art moderne et le snobisme qui s'y rattache parfois. L'amitié d'un peintre en perte de vitesse et de son galeriste est mise à mal jusqu'à leur idée d'un stratagème pour remonter la côte d'amour des oeuvres de l'artiste. Et si le vrai chef d'oeuvre de leur vie était justement cette escroquerie. Quand la comédie à l'argentine lorgne du côté des géniales comédies à l'italienne des années soixante. De la même équipe nous avions jadis présenté et aimé Citoyen d'honneur.

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                       Kabullywood du Français Louis Meunier est un joli film désargenté sur la restauration du plus grand cinéma dee Kaboul dans un Afghanistan qui n'en finit jamais. Grand reporter, Meunier et son équipe ont eux-mêmes largement contribué à la remise en état de la salle, qui, hélas, encore aujourd'hui demeure certes quasi opérationnelle... mais fermée. Audacieux, résistant, mais ô combien aléatoire étant données les menaces sur le tournage.

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                       Les moissonneurs est un film sud-africain, c'est rare. Etienne Kallos nous montre l'Afrique du Sud du côté des fermiers de l'Etat Libre, entité centrale, agricole et conservatrice de la dite nation arc-en-ciel. Rivalité entre deux ados, le fils de la maison et un garçon de la rue, situation courante là-bas où la communauté blanche devient ultra-minoritaire. D'une grande justesse et profond, Les moissonneurs en dit beaucoup sur ce pays si douloureux et si complexe, et qui, moins que tout autre, ne s'accommode des simplismes vus d'Europe.

                       Nous avons ainsi pu voir tous ces films, dans notre ville moyenne, toujours en V.O. Tout le monde n'a pas cette chance. J'en remercie les fidèles spectateurs et les exploitants. On continue, un peu fatigué, un peu en quête de relais, mais on continue.

                      

                              

                              


03 décembre 2018

Brèves de ciné-clubs

A la recherche

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                                Bien sûr le docu de Von Trotta sur Bergman n'a rien d'un blockbuster. Mais nous avons tenu à le proposer à notre ville. Et bien nous en a pris, A la recherche d'Ingmar Bergman a été bien reçu. Même s'il n'a pas été reçu par 300 spectateurs, avouons-le. Mais je crois que revenir parfois sur le patrimoine fait partie d'une politique culturelle du cinéma cohérente. Les gens n'avaient certes pas vu tout Bergman, moi-même je n'en ai vu qu'une petite moitié. Mais ils ont apprécié le document, assez grand public et assez généraliste pour revenir brièvement sur la personnalité du maître suédois. Pas d'analyse filmique pointue, il aurait fallu une semaine, mais un portrait attachant d'un personnage majeur du cinéma, pas facile ni en public ni en privé. Si le film a pu convaincre quelques-uns que ça valait le coup de fouiner un peu dans l'oeuvre de Bergman la soirée aura été bénéfique.

                               Nettement plus de monde pour Guerre froide (je refuse dorénavant quand c'est possible le titre anglais), beau noir et blanc sur l'amour d'un pianiste et d'une chanteuse dans l'Europe des années cinquante-soixante. Pavel Pawlikowski dépeint quinze ans de deux vies, meurtries par des histoires de frontières et de surveillance, de trahisons et  de privations. Il a dédié le film à ses parents dont c'est un peu l'histoire. C'est que, même froide, la guerre fait bien des dégâts collatéraux. Et la Pologne de l'après-guerre n'a pas connu de lendemains enchantés malgré les tournées des ensembles folkloriques en Europe de l'Ouest. Prix de la Mise en Scène à Cannes, Guerre froide a effectivement convaincu un public qui a apprécié les  deux comédiens Joanna Kulig et Tomasz Kot, et les difficiles relations des protagonistes avec leur pays, en un temps de méfiance et de portraits géants d'hommes providentiels, Staline, Tito. Le jazz joue un rôle important dans l'épisode parisien, et la photo noir et blanc est sublime.

                               Quant au troisième film, Styx, de l'Autrichien Wolfgang Fischer, c'est un très fort huis clos en plein Atlantique, une femme navigatrice solitaire, médecin urgentiste  à Cologne, va se trouver confrontée à une autre urgence, un rafiot pourri et ses dizaines de migrants. Un constat brutal comme un paquet de mer, sans discours bien-pensant, quasi muet d'ailleurs mais qui pose la question aigüe et compliquée. Que faire? Proposé en avant-permière en décentralisation de l'Arras Film Festival, Styx, couronné à Berlin, ne sortira que dans quelques semaines.

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13 juin 2018

Art et Essai

Affiche LA_TETE_A_L_ENVERS  Ne négligeons pas les derniers films dits d'auteur de la saison 17-18 et revenons sur les difficultés à intéresser un plus large public dans une ville moyenne. Le challenge est assez passionnant mais semé d'embûches et de désillusions. L'âge relativement mûr des fidèles de l'Art et Essai, c'est comme ça que ça s'appelle, même si je récuse ce terme, n'est certes pas très encourageant quant au renouvellement des cadres. Je suis aussi très circonspect quant à l'absence remarquée des enseignants dont on pourrait attendre un peu plus de soutien. J'entends bien que les actifs, dont je ne suis plus, peuvent avoir d'autres priorités. Mais sans être là à chaque fois une présence un peu plus marquée serait la bienvenue. 

                                   La tête à l'envers a été bien reçu, comédie un peu noire de l'Autrichien Josef Hader sur la mise à l'écart d'un critique musical viennois. Teinté de pas mal de cynisme le parcours du personnage vire àl'obsession, à l'infantilisme, à la férocité gratuite. Ca reste de l'ordre de la drôlerie, à la limite du drame social de la mise au placard. Hader, célèbre en Autriche pour ses one man shows, ne franchit pas cette borne. Rappelons qu'il fut il y deux ans un remarquable Stefan Zweig, l'adieu à l'Europe.

Affiche The rider    Nous avions projeté il y a deux ans Les chansons que mes frères m'ont apprises le premier film de la sino-américaine Chloé Zhao. Dans The rider elle décrit la vie difficile d'un jeune Amérindien, Brady, as du rodéo, qu'une chute de cheval a interdit de compétition. Elle y décrit aussi toute la précarité de la condition de ces indiens du Dakota. Brady Jandreau et sa famille jouent leur propres rôles. C'est d'ailleurs son histoire à peine romancée. The rider est ainsi à la limite du documentaire. On comprend que Chloé Zhao, comme dans son premier film, s'interroge sur la place de l'indien au XXIème siècle. Laveurs de carreaux au sommet des gratte-ciel ou cavaliers cherchant à vivre leur passion et de leur passion, il n'est pas si facile d'être un native au coeur de l'Amérique. Apprécié du public qui supporte toujours mal l'euthanasie équine inhérente au milieu.

Affiche Sonate pour Roos  Beau film que Sonate pour Roos du cinéaste néerlandais Boudewijn Koole, qui pâtit un peu de l'ombre écrasante, jusqu'au titre français, de Bergman. On l'a bien vu lors des réactions du public. Comment faire autrement quand l'action se passe dans une Norvège profonde, toute en neige et en relations mère-fille très difficiles. Ajouter à cela une révélation et vous avez toute latitude à penser aux films du grand maître. Il ne faut pas. Il faut apprécier dans Sonate pour Roos l'art de mettre en valeur les sons. Bengt, le jeune frère de Roos est passionné d'enregistrements. Et l'on entend le bruit de l'eau qui ruisselle, la glace qui craque, les pas sur la neige, composant avec le piano original un joli concerto en blanc majeur.

                                 Les rapports si tendus entre Roos et sa mère sont souvent faits de silences et de non-dits, sans rage véritable, et c'est d'autant plus impressionnant. Certes austère, parfois lumineux, les jeux de Bengt et de Roos, sur fond de manque de ciel et d'horizon, oppressant, sensuel et douloureux, Sonate pour Roos a convaincu la majorité des spectateurs. Réconfortant à l'heure où l'on peut douter d'une action cinéphile efficace.

3230364_jpg-c_224_335_x-f_jpg-q_x-xxyxx  Ce sera plutôt pour moi la révolution paresseuse. Mon ami Martin a dit l'essentiel sur le très utile film allemand de Lars Kraüme La révolution silencieuse. Je le rejoins complètement. Ca s'appelle Se taire et résister et je ne résiste pas à me taire pour vous inviter à lire son billet.

15 avril 2018

L'autre cinéma

                      Vu récemment quelques films différents. Je ne polémiquerai pas et je n'ai rien contre un cinéma populaire qu'il m'arrive de fréquenter. Mais j'en ai un peu marre des comédies franchouillardes, des films d'adoaccrorésosocio, des franchises américaines d'une durée de 2h45, des épouvantes hebdomadaires, des animations pour certaines assez consternantes.

                     Faisons ensemble si vous voulez La juste route, film hongrois de Ferenc Török. En août 1945, au cœur de la Hongrie, un village s’apprête à célébrer un mariage de notable tandis que deux juifs orthodoxes arrivent, chargés de lourdes caisses. Un bruit circule qu’ils sont les héritiers de déportés et que d’autres, plus nombreux peuvent revenir réclamer leurs biens. Leur arrivée questionne la responsabilité de certains et bouleverse le destin des jeunes mariés.

Affiche LA_JUSTE_ROUTE

                     Un très beau noir et blanc pose un regard sur la mauvaise conscience d'un pays qui n'en finit guère avec ses fantômes. Bien que salubre et efficace La juste route n'asssène pas son discours mais ses images fortes et ses personnages complexes en disent long sur les violences secrètes et les culpabilités rampantes. 1945 est le titre original. Et 1945 ne fut nulle part une année facile. Le film a suscité beaucoup d'enthousiasme, à mon sens mérité. La juste route se déroule presque en temps réel, quelques heures d'une journée au départ festive, qui se muent en moments d'inquiétude, de méfiance, lors que bien des villageois craignent pour leur tranquillité ou leurs biens. Ce portrait de village hongrois nous ramène à un antisémitisme ordinaire, pas forcément spectaculaire mais bien réel. Rappelons-nous que les spoliations n'ont pas concerné que les tableaux de maîtres et les oeuvres d'art des grandes familles juives.

                    Je ne peux que vous conseiller le chemin de La juste route, ce qui ne sera pas facile vu la distribution parcimonieuse du film. Mais vous n'oublierez pas l'ambiance rumeur et sous-entendus, peur qui change de  camp, jeep russe arrogante, marche tout au long du film du père et du fils, quasi muets et droit devant suivant la carriole et les caisses contenant... Rarement l'époque charnière très courte ou la Hongrie aurait pu croire à un virage positif a été abordée au cinéma. Elle aura eu droit en fait à un simple changement de tyrannie, mais ceci est une autre histoire. Pour moi l'un des meilleurs films de cette saison.

Affiche England_is_mine

                    Pour son premier film l'Anglais Mark Gill a pas mal séduit avec England is mine (Steven Patrick Morrissey), sorte de biopic partiel, ça se fait beaucoup, sur Morrissey, icône des eighties, leader des Smiths, groupe célèbre malgré une courte carrière et un seul concert en France. Mais l'on n'entendra jamais The Smiths ni Morrissey solo car ce n'est pas le propos du metteur en scène. Ce qui intéresse Gill ce sont les jeunes années de Steven Patrick, à 18 ou 20 ans, sujet de sa Majesté mal dans  sa peau et peu enclin au moule thatchérien, peu enclin au boulot, diront certains, et sous les influences de Mark Bolan, David Bowie ou Oscar Wilde.

                   J'ai lu que si l'on n'entend pas The Smiths c'est aussi que cette biographie pas vraiment autorisée n'a pas recueilli ou pas pu financer l'acquisition des  droits. A la limite peu importe, j'ai aimé ce tableau d'une Angleterre qui s'ennuie à nouveau (la fois d'avant ça avait donné la Brit Pop, ça vaut parfois la peine de s'ennuyer). Et puis j'ai tant de sympathie pour les obscurs gratouilleux et les besogneux songwriters qui s'escriment dans leur chambre d'étudiant ou de chômeur, la plupart risquant d'y rester, qu'il est facile de s'y retrouver au moins en partie.

                  Les jeunes acteurs d'England is mine sont convaincants et la bande musicale du film est assez étonnante. Elle reflète les goûts du jeune Steven Patrick Morrissey, curieusement fan des groupes vocaux féminins du début des années 60, Martha and the Vandellas, Marvelettes, Shangri-Las, une musique assez stéréotypée considérée comme ringarde depuis au moins dix ans au moment de l'action, milieu des seventies. Ajoutez Marianne Faithfull, Françoise Hardy. D'accord. Mais il y a surtout The Sparks, et Mott the Hoople, alors rien que pour ça....

 

finding_phong

                Par ailleurs les assos SOS Homophobie et Prendre Corps nous ont présenté le très bon documentaire vietnamien Finding Phong, histoire authentique de Phong, fille prise au piège dans un corps de garçon. On assiste sans voyeurisme aucun à sa métamorphose jusqu'à la chirurgie dite de réattribution sexuelle. Et curieusement il émane de ce film pas mal de bonne humeur et aussi moins d'ignorance en sortant grâce à un débat très bien mené et très instructif.

               Milos Forman et Vittorio Taviani n'étaient guère distribués non plus lors de leurs débuts. Les choses ne changent pas vite.

 

               

 

 

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15 février 2018

En équilibre

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                                On connait la vivacité du cinéma sud-américain et El presidente en est un bel exemple. Santiago Mitre mêle vie publique et vie privée, en l'occurrence celle du président argentin Hernan Blanco lors d'un sommet sud-américain. Plus ou moins rattrapé par une affaire de corruption le président doit aussi composer avec la dépression de sa fille qui le rejoint dans cet hôtel de la Cordillère chilienne qui abrite pour quelques jours les maîtres du continent latino-américain. Face à la crise qui affecte l'équilibre de sa fille, il fait appel à la psychiatrie. Mais il lui faut aussi, fraîchement élu et sans véritable stature internationale, négocier avec ses partenaires, notamment les géants brésilien et mexicain.

                                 Le cadre majestueux et glacial des Andes solennise surtout la solitude impressionnante du pouvoir. Santiago Mitre dit que le président, dans ces régime du moins, se trouvant par définition au sommet, ne peut avoir qu'un abîme de chaque côté. J'aime beaucoup cette formule. Outre les différentes options proposées par les plus grands quant à la création d'une sorte d'OPEP ibéro-américaine, compliquées, l'Oncle Sam, on s'en doute, se veut de la partie. Alors, contacté par Washington, Hernan Blanco, qui n'est qu'un homme, hésite. Gouverner c'est aussi s'adapter. La real-politique, ça existe. Que penser de l'attitude du président? Certains dans le public y verront un peu vite une certaine trahison. Je suis pour ma part beaucoup plus mesuré. C'est que, voyez- vous, le politique-bashing et les divers populismes ne me plaisent guère.

                                 Ricardo Darin, une idole en Argentine et que l'on commence à bien connaître en Europe, apporte sobriété et vérité à ce beau personnage, d'homme ordinaire, peut-être pas tant que ça, que les graves conflits familiaux n'empêchent pas d'essayer de faire au mieux pour son pays, peut-être pas tant que ça. Ca fait, peut-être, beaucoup de peut-être. Peut-être que c'est ça, le monde. Le doute est permis, l'ambiguité patente, les manipulations plausibles. Comme c'est complexe. Vous n'aurez pas réponse à tout à voir El Presidente. Mais vous aurez des questions et d'autres questions. Toutes valent le déplacement.

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16 décembre 2017

C'est souvent pour demain

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                                C'est d'Algérie que nous vient le très beau film de Karim Moussaoui, En attendant les hirondelles. Nous projetions lundi soir ces trois histoires,qui s’enchaînent. Et qui offrent une radiographie révélatrice de l’Algérie d'aujourd'hui, pas propre, pas nette, pas débarrassée de ce qui l’empoussière, et où l’on attend toujours le retour des hirondelles qui ont fait le printemps arabe. Trois générations, trois récits et le patriarcat, la corruption, le déni. Une Algérie douloureuse de  ses années 90. Et ce fut vraiment une bonne soirée de cinéma car le public habituel a beaucoup apprécié ce film. Mais, chose plus rare, car vous savez bien que ce genre d'animation réunit en général les fidèles, quelques personnes sont venues découvrir ce film, attirés par le sujet. Ce n'est pas si fréquent, un film algérien. Et une jeune femme franco-algérienne a notamment pris assez longuement la parole pour évoquer son sentiment sur En attendant les hirondelles, parlant de son ressenti envers l'Algérie actuelle. Ce fut particulièrement enrichissant.

                            Un homme d'affaires divorcé peine à gérer sa relation avec une Française qui ne s'est pas insérée dans la vie algéroise, et l'instabilté de son fils qui veut interrompre sa médecine. Un jeune femme, plutôt moderne, hésite sur son avenir entre un mariage de convenance semble-t-il et son amour de jeunesse. Un neurologue de renom se voit rattrappé par une grave accusation lors d'un enlèvement terroriste survenu dix ans plus tôt. Tous ces gens sont de bonne foi et dans l'ensemble assez sympathiques. Mais tous se retrouvent à la croisée des chemins, à se questionner sur leur choix. C'est que tout est si compliqué en Algérie, si tatillon notamment, ce pays si jeune, si prospère potentiellement et pourtant toujours terriblement divisé. Le temps semble suspendu sur eux qui hésitent. Quels seront leurs lendemains?

                            Pour son premier long Karim Messaoui se montre habile à la description en mode mineur, au sens de non trop tragique, de ces gens relativement privilégiés, mais qui n'en sont pas moins plutôt mal dans leur existence. Plusieurs voitures sont en panne dans le film, et on comprend bien que c'est toute l'Algérie qui est en panne. En panne de printemps, En attendant (peut-être) les hirondelles.

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19 septembre 2017

L'adios au charme

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                               Reprise en douceur et en musique pour notre saison cinéphile avec le joli document de la cinéaste britannique Lucy Walker qui nous entraîne à Cuba pour l'adieu aux enchanteurs du Buena Vista Social Club que Wim Wenders et Ry Cooder ont immortalisés il y a presque vingt ans. A l'aide d'images d'archives des années cinquante et soixante ce voyage dans l'histoire de la grande île antillaise rassemble l'émotion de retrouver nos vieilles connaissances, Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, l'humour et parfois l'autodérision (même si mieux vaut tard que jamais), mais aussi la dureté de la vie pour tous les Cubains ou presque. Les spectateurs ont tous été très heureux de cet au revoir à la familia de siempre.

                            Plus que par la sanctification un peu démesurée, qui culmine avec la réception à la Maison Blanche, et qui reste sympathique, j'ai été quant à moi remué par des  scènes plus intimes. Les retrouvailles déchirantes d'Ibrahim et d'Omara Portuondo, le petit fils de Guajiro le trompettiste, qui joue lui aussi avec le BVSC 2016 et qui veille sur son grand-père avec dévotion, quelques querelles entre musiciens à propos d'une tonalité de sol. Et quelques perles de nostalgie, Chan Chan, Dos gardenias, Candela. Une vraie belle soirée entre joie de vivre et leçon de tonus de la part de ces seniors qui connurent "las flores de la vida" in extremis. Une façon aussi, un, de rappeler que le documentaire, c'est vraiment du cinéma, et, deux, de proposer aussi, parfois, lors de ciné-débats, de la bonne humeur, denrée relativement rare. Humeur qui d'ailleurs n'empêche pas l'histoire musicale de Cuba de rejoindre l'histoire tout court, des séquelles de l'esclavage aux Antilles aux relations très particulières de La Havane avec le grand voisin.

 

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11 février 2017

Un jeu ciné branché, les réponses

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  • Arbre 15

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  •                                                                  Ronnie a fini par 13 bonnes réponses, Celestine 8 et Martin 7, je crois. Assez curieusement puisqu'il s'agit d'un jeu la plupart des autres avaient 4, 5 ou 6 réponses mais n'ont jamais cru bon de me préciser les titres des films. Tout cela n'est pas grave. C'était pour rire. Merci à toutes et tous.

  • Out of Africa

  • Le sacrifice

  • Goupi Mains-Rouges 

  • La colline  des potences

  • Les grandes gueules

  • The tree of life  

  • Tarzan l'homme-singe

  • Manon des sources

  • Le chêne

  • L'étrange incident 

  • L'homme qui plantait des arbres

  • Tout ce que le ciel permet 

  • La guerre des boutons

  • L'arbre

  • Charlot soldat

  • Le magicien d'Oz

  • Allez, un petit dernier ci-dessous que je vous autorise à identifier directement en commentaire et qui ne devrait vous poser aucun problème. Après ça récréation terminée. Retour au cinéma, très sérieusement.
  •   arb       16084920-Clap-de-cin-ma-du-film-la-fin-de-l-art-clap-clip-de-texte--Banque-d'images

     

     

     

                                       

 

 

               

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03 février 2017

Un jeu ciné branché

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  12. Arbre 12 

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  14. arbre 14

  15. Arbre 15

                                                   Voilà quelques arbres cinématographiques pour fêter la fin de l'hiver (ça c'est pour ceux qui me trouvent parfois un peu pessimiste). Ceux qui voudraient s'amuser à les identifier peuvent le faire en courriel après un petit commentaire public discret. Merci de ne citer les films que off. Certains sont donnés, je pense aux images 1,  7, 13 et 15 en particulier. D'autres, beaucoup moins. La 14 est la plus récente, la 15 la plus ancienne. Les arbres au cinéma ne sont parfois pas trop sympathiques, associés au lynchage, ou à la chute. Mais en général les arbres ne font de mal à personne. Il en est de charmants comme là-bas, Over the rainbow.

  16. trois-raisons-de-re-lire-le-magicien-d-oz,M305742

 

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29 novembre 2016

Novembre au cinéma

for    Assez pesante variation de la Suissesse Paule Muret sur l'incommunicabilité existentielle entre une groupie amoureuse et une star du rock somme toute banalissime entre mépris et overdose. Par contre musicalement une découverte pour moi, Carl Barat, ex Libertines. Peut-être plus à écouter qu'à voir. Enfin c'est mon avis. A noter Ardant dans son propre rôle, trois minutes, grotesques à mon sens, sensibles pour d'autres. C'est le propre des débats. 

AFFICHEPRINCESS  Grand succès national en Finlande, ce qui surprend quand on a vu le film, l'histoire d'Anna Lappalainen, nous plonge dans les années cinquante et l'univers de l'hôpital psychiatrique avec son arsenal thérapeutique d'époque. Schizophrène et se voulant princesse de la famille royale d'Angleterre, Anna, Princess, jouera ainsi un rôle important et finalement bénéfique pour nombre de résidents de l'établissement. Le débat a permis de pointer quelques anachronismes gênants mais a le mérite de revenir sur la brutalité assumée des traitements, en aucun cas spécifique à l'Europe du Nord. Princess est l'oeuvre d'un documentariste, Arto Halonen et c'est sa première fiction, pas tout à fait fiction d'ailleurs.

cOURGETTE   Le film est très soigné, animation artisanale d'orfèvre pour une histoire édifiante d'orphelins image par image. Après viennent les appellations officielles, plaidoyer pour la différence, humanisme, citoyenneté. Nanti de son quota minorités pour les sept pensionnaires, Ma vie de Courgette est un bien joli film et le monde ne changera pas.

myst   Il y a floraison sur grand écran de documents depuis quelques années. Et c'est à mon avis très bien comme ça car un film de montage ou un essai cinématographique sont souvent plus intéressants que les fictions de toutes sortes parfois sempiternelles. En ce qui concerne la peinture après les assez radicaux Breughel, le moulin et la croix et Shirley:visions of reality (sur Edward Hopper), respectivement de Lech Majewski et Gustav Deutsch, nous arrive Le mystère Jérôme Bosch tout entier consacré au Jardin des délices, Prado de Madrid. Evidemment le tryptique se prête à toutes les interprétations. Le metteur en scène José-Luis Lopez Linares ne s'en prive pas, donnnant la parole à quelques célébrités, Onfray, Rushdie, William Christie, et à quelques spécialistes qui éclairent pour nous ce chef d'oeuvre inclassable. L'important étant surtout ce que vous, vous pensez du tableau et de l'émotion qu'il vous procure, ou non. Une immersion plutôt réussie.

lfdb_affichedef_jpeg_dbdesk  Remarquable film dossier que La fille de Brest sur le scandale du Mediator. Ce film se suit comme les meilleurs thrillers politiques à l'américaine. Jamais alourdi par un quelconque temps mort ou une dérive sentimentale attendue, d'une rare efficacité, les faits essentiellement les faits, jamais parasités, ce film est de plus porté par la formidable actrice danoise Sidse Babett Knudsen, toute en précision et en colère. Exemplaire, évitant la si fréquente pesanteur des films à thèse.

                                  Dans mes billets sur le cinéma actuel je ne parle pratiquement que de films assez peu distribués. La plupart des autres films sont abondamment chroniqués sur la toile.

 

 

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