29 décembre 2007

Palabres à la romaine

     Pas le meilleur Scola,loin de là,mais quelques dialogues à méditer et quelques émotions bien réelles parsèment La terrazza que je viens de revoir 27 ans après sa sortie.L'extrême longueur du film, 2h40, est,il est vrai assez rhédibitoire et favorise bien des baisses de régime.Cependant la richesse et la finesse des interprètes et plus encore les échanges verbaux où le fiel le dispute à l'amitié donnent à La terrasse un regain d'intérêt.A égale distance du film choral où les protagonistes font un bilan de leur vie(La bilanomanie ayant été un des dadas du cinéma,Les copains d'abord,Le déclin de l'empire américain et son rejeton Les invasions barbares,les films de Sautet.Je n'ai rien contre ayant moi-même tendance à la bilanomanie, maladie de l'âge que l'on dit mûr.),et le film à sketches(spécialité très transalpine) La terrasse,romaine et huppée comme il se doit car l'on n'est plus au temps du Voleur de bicyclette,en tout cas pas chez ces gens-là,nous présente Sergio,Mario,Luigi,Enrico et Amedeo,tous quinquas et tous plus ou moins intellectuels, scénariste, député de gauche évidemment,journaliste,etc... aux prises avec leur conscience(un petit peu élastique, c'est bien les consciences un peu élastiques,j'en ai une) et le décalage entre maturité et jeunesse.Le thème du film est l'arrangement,qui nous guette tous et que Scola avait déjà fort bien illustré avec Nous nous sommes tant aimés,plus picaresque,plus cinématograhique et moins bavard.

      Tour à tour les héros nous intriguent et nous content leur mal d'être.Je n'insisterai pas sur le côté artificiel et un peu irritant du défilé que guettent les clichés.Tout cela est dangereusement statique et l'ennui point chez certains spectateurs.Pourtant La terrasse vaut qu'on y prenne un verre entre amis car Scola et ses complices les éternels Age et Scarpelli de la comédie italienne ont de bonnes idées,la mort de Reggiani dans la neige synthétique d'un tournage télé par exemple,mort de dénutrition à ne pas vouloir grossir.Certes le film parle trop,comme ces soirées entre amis qui refont le monde et qui,finissent par s'engueuler avant de s'embrasser car ces gens-là s'aiment,critiques envers les autres,très tolérants quant à leurs propres accommodements.

   Deux citations pour terminer.De Scola lui-même présentant les héros de Nous nous sommes tant aimés:"Nous voulions changer le monde et c'est le monde qui nous a changés".Et de je ne sais pas qui mais que j'assume à fond:"S'il fallait accepter des autres ce que l'on accepte de soi-même la vie serait tout bonnement invivable".Rien de novateur sur cette riche Terrasse de Rome,mais des hommes,tout simplement,vous et moi peut-être.Et si La terrasse s'appelait Le miroir...

http://www.youtube.com/watch?v=l--3SCgJsUg  La terrazza

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28 décembre 2007

Pâles étoiles de la Grande Ourse

Vaghe stelle dell'Orsa

      Très viscontophile je n'avais jamais vu Sandra(65) et ne m'en portais pas plus mal.Je n'ai guère prisé ce film et trouve que le parti-pris vénéneux qu'instille Visconti ne m'entraîne pas loin dans cette quête d'un passé trouble de Sandra et Gianni,frères et soeur qui ne m'ont inspiré ni osmose,ni même la moindre sympathie.Il y a bien la grande maison de Volterra et un peu deToscane nocturne,pays que j'aime pourtant profondément.Mais il y a surtout le jeu fraternel faussé et aucun personnage à aimer.De Sandra me resteront deux choses qui heureusement se passent très bien de cinéma.Les variations pour piano de César Franck qui couvrent parfois le texte et c'est presque mieux ainsi.Et le magnifique titre original dû au grand poète du romantisme italien,Léopardi.Ni César Franck ni Giacomo Léopardi n'ont besoin de Visconti.Visconti qui reste bien sûr dans mon panthéon pour bien d'autres films.

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Le blues de la vallée du Pô

      Cherchant un angle pour présenter le très beau Il grido de Michelangelo Antonioni(1957) j'ai eu l'idée d'une sorte de blues accompagnant un road-movie au long de la vallée du Pô,symbole d'une Italie du Nord industrielle,grise et pluvieuse...Années cinquante c'est l'adieu au Néoréalisme dont Antonioni était un compagnon de route plus qu'un véritable adhérent.Mais il y a dans ce très beau Cri de très belles réminiscences du grand mouvement de liberté et les décors réels de cette vallée du Pô qu'Antonioni avait déjà filmées dans Gente del Pô donnent une très forte authenticité à cette oeuvre.Le cri,bien que linéaire et décrivant le monde ouvrier,assez étranger au bourgeois de Ferrare qu'était M.A.,préfigure aussi les grandes oeuvres des années soixante.J'ai déjà évoqué L'Avventura et L'éclipse,ces films perpétuelllement à revoir comme les plus grandes oeuvres du cinéma,celles qu'on n'explore pas comme ça,un peu vite.

     Si l'on n'est pas encore dans les méandres existentiels de l'incommunicabilité le drame d'Aldo que sa compagne quitte après sept ans illustre bien le mal de vivre.Non mariée avec lui,ce qui est déjà dans l'Italie de 57 un choix courageux des auteurs,elle prend les devants et ça c'est carrément révolutionnaire.Mais le film est surtout le voyage de cet homme,d'abord avec sa fille de sept ans,qu'il aime malgré ses maladresses,puis seul,au gré de quelques femmes de rencontre,ployant souvent sous le faix de leur propre solitude.Le cri n'est pas un cri de désespoir total,du moins au début et l'on se prend à croire un peu aux lendemains.Mais l'homme(Wayne Cochran,très bon acteur américain tout à fait à sa place) est fatigué,trop fatigué.Le blues d'Aldo,qui traîne sa peine au long du fleuve,finira mal.Jean Gili,remarquable historien du cinéma italien,parle clairement et simplement de ces films qu'il aime,autant que moi et ce n'est pas si fréquent.

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26 novembre 2007

Quand le politique se fond dans l'esthétique

   

       La Califfa est un film que j'ignorais.Je le classais vaguement du côté du Francesco Rosi des années 70,le film est d'ailleurs de 70,mais son metteur en scène,Alberto Bevilacqua,est plutôt un écrivain.Et sa mise en scène,si elle épouse la crise sociale en Italie à travers la liaison d'une passionaria ouvrière et  du patron de l'usine,délaisse assez vite le terrain de la lutte sociale pour une baroque initiation au délire qui s'empare des deux protagonistes.Ce film est une curiosité,pas vraiment convaincante mais qui peut par instants séduire.Il y a en effet quelques fulgurances de couleurs qui l'éloignent tout à fait du cinéma politique de Rosi ou Petri.Cet amour est par essence promis au néant et le nihilisme s'empare alors de l'oeuvre que je qualifierai de poème du no future.

   Mais ce film assez unique recèle quelques perles visuelles,placées sous le signe de la mort qui baigne à mon sens l'ambiance crépuscule,le cercueil,l'incendie,le vieux père de Tognazzi.Reste Romy Schneider que je peine quand même à imaginer en ouvrière.Reste la musique d'Ennio Morricone qui parvient à être magnifique, sentencieuse et parfois parfaitement parasite.

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04 novembre 2007

Ne pas oublier Palerme

      Je consulte bien des blogs ciné,très variés,et je me suis aperçu que même les blogueurs férus de classiques ne parlent guère du cinéma politique italien des années 70.Ce cinéma semble avoir très mal vieilli et n'être plus guère à l'honneur.L'un des spécialistes était le metteur en scène Elio Petri(1929-1982),moins connu que Francesco Rosi.Rosi avec Main basse sur la ville,Lucy Luciano,L'affaire Mattei, Cadavres exquis a un moment eu la côte puis,les choses étant ce qu'elles sont,le cinéma,facilement versatile est passé à autre chose.On a donc peu lu en France l'écrivain sicilien Leonardo Sciascia,auteur de Cadavres exquis,et de deux romans portés à l'écran par Petri,Todo modo et A chacun son dû.

    Je trouve aussi que l'on a très vite oublié Gian Maria Volonte, acteur engagé s'il en était et qui fut de la plupart des films courageux de l'Italie de cette époque.Moi qui tente une modeste histoire du cinéma italien et de l'influence néoréaliste qui persiste en lui jusqu'à Moretti et Lucchetti je conserve un vif intérêt pour ces films maladroits mais sincères,un tantinet dogmatiques mais que la France n'a guère su faire éclore,toute auréolée de la fameuse exception française d'une ahurissante prétention.La filmographie de Volonte passe en dehors de Rosi et Petri par les cases Melville,Boisset,Delvaux,Littin,Zurlini et ...Sergio Leone.

     Souvent le filtre de l'histoire policière sert de sauf-conduit pour dénoncer l'affairisme et les corruptions, ces gangrènes de la péninsule(pas seulement,mais les cinéastes italiens eux ,ont su en parler).C'est le cas du peu connu A chacun son dû,où l'on voit dès les premières images d'élégants hommes de noir vêtus qui se signent au sortir de la cathédrale,et des balles perdues dans le maquis sicilien.L'archevêque a des amis haut placés,l'avocat et le notaire s'offrent un conciliabule,les amants reçoivent d'anonymes plis menaçants et les veuves pleurent comme au théâtre.Partie est liée entre les puissants,rien là-dedans de bien surprenant. Le film,en tout état de cause,ne vaut pas les oeuvres citées plus haut.Il donne cependant une idée de ce cinéma italien qui,au moins qualitativement,a toujours été plus au fait du pays que n'importe quel autre.

      E firmato   

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16 septembre 2007

Italie,couple,premières crises

    Ce film,intelligent,émouvant,clinique prouve l'infinie cohérence de ce cinéma italien à nul autre pareil.Je ne reviendrai pas sur ma vénération de Roberto Rossellini, l'homme de Roma cita aperta,de Païsa, d'Allemagne année zéro et sur le Néoréalisme,honneur du cinéma et mon leitmotiv sur ce blog ciné depuis les origines.En 53 Rossellini s'est éloigné des critères néoréalistes,à sa manière,comme les quatre autres  figures majeures prénommées Vittorio,Luchino,Federico et Michelangelo. Déjà il y a eu en 51 le très dérangeant Europe 51 où la grande Ingrid est tentée par la sainteté après le suicide de son fils.Rossellini a toujours été dérangeant.Il est même le prototype du cinéaste de la remise en question.

   On a parlé d'Antonioni au moins quelques jours après sa disparition.Voyage en Italie préfigure la crise existentiellle que le metteur en scène de L'Avventura portera à son apogée.Rossellini se penche sur le couple avec une acuité toute personnelle lors d'un voyage de bourgeois anglais près de Naples.Dans la pauvre campagne napolitaine ou dans les hôtels de luxe les deux époux,sans enfant,ne se sont jamais tant vus et cette intimité est douloureuse. Comment ne pas partager cette inquiétude feutrée d'abord puis patente devant la déliquescence de ce couple finalement comme vous et moi?La jalousie s'installe sournoise mais Voyage en Italie n'est pas un film sur un triangle amoureux quelqu'il soit.C'est par contre une oeuvre magistrale sur la difficulté d'être à deux,et l'humanité ne semble guère douée pour ce que j'appelle "l'être ensemble".

     En Italie plus qu'ailleurs et surtout dans les années cinquante on est confronté à la beauté antique et à la noirceur contemporaine.Souvenir de la guerre pas si lointaine un jeune poète ami de Katherine lui revient à l'esprit.Ce n'est pas du gôut d'Alexander peu porté sur la sensibilité.Les fuites de l'un comme de l'autre dans les catacombes(symbole) ou les musées aux troublantes statues pour Katherine,et dans les mondanités pour Alexander,semblent un temps sonner le crépuscule de ce mariage stérile.Images de landaus et de femmes enceintes,puis images de la foi des processions redonneront peut-être une autre foi et un semblant d'avenir à l'un des plus beaux couples "vrais" de cinéma qu'il m'ait été donné de voir,Ingrid Bergman et George Sanders.

    Le cinéma de Rossellini est le plus étudié au monde.Le cinéma de Rossellini est aussi le plus poignant,le plus "humain" qui soit.Il faut absolument voir Rossellini qui n'est pas qu'un sujet de thèse.

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17 août 2007

Vous reprendrez bien un peu de solitude?

      Avec plaisir,servie par Antonioni.Ultime élément de sa désormais célèbre(et même relancée par son départ) trilogie du couple en crise et de l'incommunicabilité, vraiment difficile à dire et même à écrire ce mot,L'éclipse est un film que je n'avais jamais vu.Le désert rouge,film suivant peut d'ailleurs tout à fait préténdre s'ajouter au tryptique qui deviendrait alors tétralogie.J'appellerai ça le cycle antonionien de la crise et de l'absence.Ca en jette non?Et si vous me dites que quelqu'un l'a écrit avant moi j'en pique une,de crise.Outre Monica Vitti,muse et double d'Antonioni,présente dans les quatre films,on y retrouve Delon dans l'un de ses plus beaux rôles.A propos de Delon comme on écrit beaucoup d'âneries je rappelle que Visconti, Antonioni, Clément, Melville,Losey,Zurlini c'est déjà pas si mal,non?

    L'éclipse commence par des silences et une rupture.Il y en aura des silences car Antonioni est plutôt un taiseux qui laisse l'image prendre toute sa place.Quant à la rupture c'est tout son cinéma qui rompt.Et ce sont ces quatre films qui feront date à mon avis dans l'oeuvre d'Antonioni.Son aventure de Zabriskie Point me semblant assez lourde et bien que Blow up soit un thème intéressant je ne suis pas totalement conquis par une sorte de reconversion nihiliste,ce qui n'est pas le cas de L'éclipse ou L'Avventura qui même s'ils taquinent la vacuité et le vide ne nous bouleversent pas moins.

    Vittoria vient de quitter son amant.Vittoria est seule.On est toujours seul et ce n'est pas Antonioni qui pourra y remédier.J'ai parlé du silence.Pourtant on vocifère beaucoup dans L'éclipse,à la bourse de Rome où Delon, magique en jeune trader nerveux et aérien rencontre Vittoria.Réapprendre à aimer?Mais elle le dit:"A-t-on besoin de se connaître pour s'aimer?Et puis a-t-on besoin de s'aimer?".La solitude qui est la nôtre,on la sent dans L'éclipse,on peut la toucher et de ce cinéma que l'on dit ardu,on sort les larmes aux yeux,plus mal,plus humain en quelque sorte.Plans muets sur Rome presque vide, réverbères qui s'allument,rares passagers des derniers bus.Il ne s'est rien passé.Plans muets sur Rome vide, comme ma vie.Et si planait l'ombre de Buzzati,nantie de son infernale attente qui me dévore le ventre.Voici les dernières minutes avec la musique de Prokofiev.

http://www.youtube.com/watch?v=e-R-ZNYxGHM

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09 août 2007

Riches heures du cinéma italien

las-llaves-de-casa

                    Dasola qui a commenté l'affiche l'a fort bien dit.Voilà un film qui est dans la droite ligne du billet précédent et qui me rattache encore plus à ce cinéma que l'on a tendance à enterrer depuis la disparition des maîtres historiques ô combien importants.Les clefs de la maison est le troisième film de Gianni Amelio que je vois.J'avais présenté il y a une dizaine d'années en ciné-club Lamerica,beau film sur les magouillages autour des boat-people albanais.Les enfants volés se présente comme un joli road-movie à l'italienne sur un carabinier qui doit convoyer deux pré-ado difficiles.Ces sujets parlent d'eux-mêmes.

             Gianni Amelio s'intéresse ici à la rencontre entre un père et son fils handicapé de 15 ans,qu'il découvre car l'ayant abandonné à sa naissance sans même le voir.C'est l'histoire de leur sentiment naissant,à mille lieues du racolage oscarisable.En quelques jour le père plutôt insouciant prendra conscience de ses responsabilités.Mieux vaut tard que jamais.J'avoue que je suis moins convaincu par le personnage de Charlotte Rampling pour lequel le metteur en scène a un peu cédé à la facilité afin d'introduire un tout petit peu de romanesque.Faute vénielle pour un film serré,net et qui offre une vue un peu documentaire qui m'a beaucoup intéressé,étant moi-même professionnel en ce milieu.

 

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Le cinéma du courage

      Ermanno Olmi(L'arbre aux sabots) est un de ces cinéastes du courage et de l'exigence.Peu prolifique il signe en 59 son premier long.Je considère que Le temps s'est arrêté est l'adieu au Néoréalisme,tardif mais évident tant le regard et la production artisanale des films d'Olmi s'apparentent au Mouvement.De quoi s'agit-il?Le temps s'est arrêté est la chronique toute simple,sans scories anecdotiques ni dérapages romanesques,d'un premier contact professionnel entre deux hommes appelés à passer un mois ensemble dans une baraque de montagne,à surveiller le chantier d'un barrage.Nous sommes dans l'Italie du Nord des années cinquante.

        Ce film peu connu illustre parfaitement l'artisanat d'Ermanno Olmi,qui sait parfaitement filmer le travail des hommes(Cf. L'emploi,L'arbre aux sabots).Ce cinéma tout en noblesse ,sans amertume et sans démagogie, à l'opposé du militantisme bas de plafond de certains,n'est certes guère armé pour le box-office. Mais les dialogues entre le vieux briscard et le jeune stagiaire,restreints au début,personne n'osant se livrer, atteignent une justesse rare et ne cèdent à aucune facilité.Un de ces rares films que l'on peut être fier d'avoir vu,comme si l'on avait participé à une bonne journée de travail,utile,du travail d'homme,celui qui peut presque vous rendre heureux.

      Olmi,qui tourne peu,occupe en Italie une place à part,mais,je crois,sincèrement aimé du peuple italien comme l'un des leurs.D'origine paysanne modeste Ermanno Olmi a lui-même été employé d'une compagnie d'électricité,ce qui lui a permis de réaliser ses premiers courts,documentaires.Il lui en est resté quelque chose.

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31 juillet 2007

Les feux de la rampe version Cinecitta

         Antonioni quand il signe La dame sans camélias en 1953 n'est pas encore le cinéaste "à la mode" qu'il deviendra quelques années plus avec L'avventura,La nuit ou L'éclipse. Pourtant sous les derniers feux du Néoréalisme percent les questions existentielles sur l'identité qui seront un peu sa marque.Celui qui devait devenir le chantre de l'incommunicabilté a su très bien dans La dame sans camélias nous faire sentir le mal-être de Clara Manni,jeune starlette peu douée pour l'art dramatique et plus ou moins manipulée par les hommes qui traversent sa vie.

        Régulièrement oublié quand on dresse la liste des films se déroulant dans le milieu du cinéma (Truffaut, Godard, Mankiewicz,Minnelli,Wilder) La dame sans camélias mérite un détour.Déjà comme beaucoup d'antihéros antonioniens Clara est de la race des vaincues et le film est l'histoire d'ue défaite,d'une renonciation.Fatiguée malgré ses 22 ans la jeune actrice finit par céder et sacrifier ses ambitions artistiques sur l'autel des paillettes,cette drogue dure qui fera d'elle une étrangère à sa propre vie,come on le voit dans le très beau plan sur son regard lors de la scène finale.

  Peut-être un peu trop volubile ce qui tend à caricaturer les professionnels du cinéma présents dans le film et ce qui peut s'avérer trop couleur locale pour prétendre à une certaine universalité La dame sans camélias est une oeuvre passionnante qui laisse à penser à l'évolution possible de l'art de Michelangelo Antonioni.Lucia Bose endosse avec beaucoup de vérité l'habit de cette comédienne en devenir.Lucia Bose a peu tourné.Il y a comme ça dans le cinéma des visages seulement entrevus mais inoubliables.Lucia Bose est de ceux-là (Chronique d'un amour,Mort d'un cycliste).

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