24 décembre 2006

Trêve des confiseurs,paresse

Le fils de l'homme invisible

Noël oblige je vais me taire une semaine,ce qui est beaucoup pour moi.Non sans avoir dit tout le bien du livre de François Berléand,pas du tout un livre "people" mais un grand bouquin,simple,concis sur les si douloureuses rives de l'Enfance.Et mon ami le Cinéphage en a si bien parlé.Et,croyez-moi,il connaît bien Berléand.Allez le voir de ma part.

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23 décembre 2006

Tableaux d'honneur

   Peinture et cinéma ont rarement fait bon ménage. Rappelons les échecs de Planchon (Lautrec),de Carol Reed(peu à l'aise avec le Michel-Ange de L'extase et l'agonie).La vie passionnée de Vincent Van Gogh fut un film bien décevant de Minnelli et James Ivory s'est égaré avec Surviving Picasso.Huston(Moulin Rouge) et Becker(Montparnasse 19,Modigliani) s'en sont mieux sortis comme Ed Harris plus récemment(Pollock).Mais tous ont eu bien du mal à approcher les mystères de la création picturale.Seuls Pialat(Van Gogh) ou Tarkovski(Andreï Roublev) ont pu capter,me semble-t-il,au moins une partie des affres de leur cheminement.Peintre lui-même,Charles Matton a réussi avec Rembrandt(1999) un film très estimable.

   Charles Matton déjà auteur de quelques films intéressants dont L'Italien des Roses a bénéficié d'un budget très correct et d'une très belle photographie pour évoquer Amsterdam au beau milieu du XVII° Siècle.Les ambiances de tavernes et d'amphithéâtres sont bien rendues et le grand Brandauer,ce délirant géant du cinéma compose un Rembrandt crédible.Un film ne remplace pas une expo mais je crois qu'une visite en pleine cohue du Rijksmuseum ne permet plus de s'immiscer dans sa science du clair-obscur ni dans l'intensité de sa méditation.Quoi qu'il en soit la connaissance plastique de Charles Matton lui a permis au moins de nous entr'ouvrir les portes de l'atelier du maître et ce n'est déjà pas si mal.

   Le film Rembrandt situe très bien aussi la société protestante et notable de la Hollande de l'époque, capable à la fois de condamner l'esclavage et de juger et ruiner la carrière de Rembrandt pour conduite immorale et dettes.Enfin un tuyau pour briller dans les dîners:à la question "Quel était le prénom de Rembrandt?" répondre "Rembrandt" car il s'appelait Van Rijn,prénommé Rembrandt.

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19 novembre 2006

Il paraît

Il paraît que Les carabiniers dénonce parfaitement l'absurdité de la guerre,le militarisme,l'honneur,les films glorifiant la force brutale,Hollywood,le cinéma français classique,la narration,les hideuses forces de l'argent.Il me paraît que je n'y ai vu que petites cocasseries,intertitres assez marrants,trop rarement et "foutage de gueule" quasi-total.Pouquoi pas?JLG je t'aime bien quand même pour Camille,Ferdinand et Pierrot.

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17 octobre 2006

The ultimate Antoine Doinel

J' ai donc vu et revu la saga d'Antoine Doinel et on ne signalera jamais assez la fidélité de Truffaut à ses personnages dans cette réalisation à ma connaissance unique au monde:suivre en 5 films et vingt ans un héros de notre temps,subtil alliage de Truffaut,Léaud et...Doinel.

Truffaut est d'ailleurs en général un cinéaste de la fidélité:aux femmes(toutes les femmes),au polar(Irish,Goodis),aux enfants,aux livres,au cinéma.

On peut vraiment parler de l'oeuvre de Truffaut comme d'une oeuvre littéraire et c'est un compliment pour moi.Cohérence de l'écriture,logique imparable de l'évolution d'Antoine Doinel ,évolution dans l'instabilité certes,mais tellement sentimentale et imprégnée de l'idée de roman d'apprentissage et de journal intime.

L'interprétation de tous les rôles est parfaite,de Claire Maurier et Albert Rémy au début jusqu'à Dorothée(eh oui).Une mention pour la Tour Eiffel dans son propre rôle,très présente et pour des gens qu'on a peu vus au cinéma(Claude Véga,Daniel Boulanger).


A classer au patrimoine définitivement.

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04 octobre 2006

Le piano de Truffaut

Il me semble que Tirez sur le pianiste est dans la carrière de Truffaut le seul film que l'on puisse rattacher à la Nouvelle Vague (peut-être aussi Les 400 coups). Tirez sur le pianisteEn effet et bien que Truffaut n'ait fait que de bons films son oeuvre est d'une facture assez classique éloignée de la Nouvelle Vague.

Ainsi Tirez sur le pianiste m'est apparu comme une curiosité qui ne m'a pas complètement convaincu.  Cependant le film est très intéressant,comme sautillant et un peu déconstruit, faisant voisiner Boby Lapointe chantant Avanie et framboise de toute son inquiétude exacerbée et la musique du grand Georges Delerue.Les interprètes sont très bons:Aznavour, fragile mais déterminé, Albert Remy, grand comédien peu cité à mon avis, et la toute jeune Marie Dubois.      

    Je ne connais pas le roman de Goodis et ne sais donc pas s'il avait ce côté burlesque(silhouettes des poursuivants) tout en flirtant avec la mort. Avec Tirez sur le pianiste Truffaut termine ses gammes sur le film noir et donnera toute sa plénitude avec La mariée était en noir.

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23 mai 2006

Lola

lola_montes_poster

S'il est un film "en couleurs" c'est bien Lola Montès de Max Ophuls.J'ai rarement vu une telle réussite picturale où l'or des lustres et la splendeur des attelages donnent au film  cette allure si aristocratique mais menacée de proche disparition.Il me semble que la suite des amours de Lola  fait écho à La ronde des amants d'après Arthur Schnitzler et aux péripéties des bijoux de Madame de ... d'après Louise  de Vilmorin,autres films prodigieux de Max Ophuls.

 

Ophuls est un enchanteur du mouvement et du spectacle,tout spectacle,danse,cirque,peinture,music-hall,tous arts très présents dans son oeuvre,transfigurés,faussement frivoles.Ophuls c'est la politesse de la mélancolie,que je trouve parfois proche de Visconti quand il nous fait sentir la fragilité des choses y compris des castes.

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12 mars 2006

La peau douce

La peau douce

La peau douce fait bien partie des oeuvres majeures de Truffaut.On retrouve bien toute la sensibilité littéraire et romanesque du père d'Antoine Doinel avec ce drame "bourgeois";On parle souvent de drame paysan,de drame ouvrier.Un drame reste un drame.La progression de cette histoire d'adultère mène inexorablement à l'épilogue.Truffaut a fait de son héros un essayiste et l'on voit là encore l'influence de la littérature sur son univers.Jean Desailly,remarquable dans sa maturité d'homme éperdu puis perdu,est bouleversant de vérité.On a rarement peint la douleur du couple,puis du trio avec cette acuité qui nous concerne tous.Une petite touche d'humour est présente avec l'accueil de l'auteur à Reims et la déveine qui lui tombe dessus.A noter pour les passionnés deux scènes que Truffaut renouvellera:celle du tableau lors de la séparation qu'on retrouvera dans Domicile conjugal,également lors de la séparation d'Antoine et Christine,enfin celle du chat au petit déjeûner qu'on reverra dans la Nuit américaine.

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