29 juin 2012

Des mots,une histoire: Torpeur

                    Olivia nous propose pour Des mots,une histoire 71 les mots suivants:girouette-ennuyer-s'escamper-manoir-hiver-enluminure-canicule-pugilat-clochette-abeille-palmier-persévérant-zinc-champs-essoufflé-musicien-glace-grivoiserie-étang.A propos dans  mon Larousse 95 le verbe s'escamper a pris la poudre d'escampette.

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                     Et s'alourdissent dans les rues  les chaleurs citadines comme en une fable du Sud.Et cessent de vrombir les rares girouettes des maisons de la contre-allée, essoufflées,que ne trouble plus le bruit des clochettes aux portes,traditions inertes.Et les souvenirs du marchands de glaces de resurgir,quand le mot même de canicule n'encombrait pas les communiqués pessimistes dès la fin de l'hiver. Et,comme les palmiers des cartes postales ne laissent pas de m'ennuyer,c'est au fond de l'église du faubourg que j'aime à paresser, Dieu ne m'y dérange pas et nous nous ignorons poliment.L'édifice est modeste et si c'est auréolé que je m'y presse un peu,c'est d'un bouquin et d'un carnet.Peu doué mais persévérant,je crois que les anges musiciens ,du bugle au tambourin,veulent  bien m'aider un peu.

                   Alors je m'adonne au plaisir solitaire,celui d'ajouter des mots à d'autres,dans ce carnet adossé sur le livre.Ce livre, curieusement, je l'ai habillé d'une liseuse de simili cuir et ça le fait ressembler à un missel dont on s'attend à voir les enluminures s'escamper de leur prison numérotée.  Les quatre évangélistes aux parois de la chaire pourraient bien s'adonner au pire pugilat que je les ignorerais, occupé à calmer mes angoisses en l'ombre si peu prolixe de la cité,qui m'est une clef des champs, comme l'onde à fleur d'étang à peine marquée du rythme des abeilles et du vol des hérons.Dans le calme d'un manoir au coeur du pays de Bray je crois que ça me conviendrait aussi.Quant au talent,et par là j'entends le vrai de vrai,il fleurira aussi bien au zinc du Café des Sports,entre deux grivoiseries.

P.S. Félicitations à Olivia pour cette belle aventure hebdomadaire.Qu'elle en soit remerciée car cette tâche n'est pas si aisée.

    

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22 juin 2012

Des mots,une histoire: Pour la modestie,je ne crains personne

              Les mots collectés par Olivia,opus 70,sont:coffret-sexualité-moutarde-carrière-punaise-rôle-va-nu-pieds-invisible-irréel-présence-espion-élégance-prédateur-malfrat-vermillon-quelconque-boum-sucer-sittelle-zythum-mirabelle-brevet.

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              Il est des semaines où l'artifice s'invite dans cet exercice hebdomadaire qui parfois s'apparente à la punaise presque invisible mais tenace qui s'obstine à sucer consciencieusement le poil du pauvre Médor.Parfois certains mots me sont repoussoirs et leur présence me fait penser à celle d'un malfrat dans ma propriété du Cap Ferrat.Parfois aussi les apartés entre happy few sur le rôle de la sexualité, ou sur la tarte à la mirabelle (attention je n'ai rien contre,ni l'une ni l'autre),m'ont l'air bien quelconques,lettré que je suis et dans l'élégance de ma carrière littéraire en plein boum,si je peux me permettre cet explosif raccourci. Parfois les auteurs manquent vraiment d'originalité.Pas comme moi.On pourrait dire bien des choses en somme.Ainsi,quand j'y pense, la moutarde me monte au nez et le rouge vermillon au front.Voilà qui est digne d'un brevet d'écrivain,si ce n'est d'un coffret dans la Pléiade.

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         Cependant je ne veux être le prédateur des moins talentueux,ces va-nu-pieds de la syntaxe à l'irréelle espérance qui confère au dernier mot du dictionnaire,le pharaonesque et infâme breuvage qu'est le zythum des lauriers inattendus.Pourquoi pas sittelle est leur bon plaisir.Oui je m'octroie aussi des fantaisies orthographiques qui requièrent l'humour dont je vous sais tous amplement pourvus.Au fait saviez-vous que le film de Fritz Lang Espions sur la Tamise était parfois présenté sous le titre Le ministère de la peur,traduction littérale de celui du roman de Graham Greene.Etonnant,non?

 

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08 juin 2012

Des mots,une histoire: Question

            Olivia  a retenu pour Des mots,une histoire 68:mort-jouer-presqu'île-brin-frère-méditation-mélanique-normal-expert-orchestre-éloigné-acclamation-plausible-espérance-maladie-déménagement-incrustation.Merci à elle,encore une fois.L'un des intérêts de ce rendez-vous hebdomadaire est la grande variété de textes possibles.J'ai cette semaine fait dans la plus grande sécheresse,certains mots m'ayant guidé assez vite dans cette direction,avec un possible droit de déplaire.

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         Qu'est-ce qui fait que tout homme est une île? Sa faculté d'espérance alors que son propre frère s'est éloigné démesurément?Sa sempiternelle méditation à la lisière d'une lande au teint mélanique,prodrome d'une maladie universelle? Sa si plausible dysphonie quant à jouer en phase avec l'orchestre tellurique hors de portée? Son infinitésimale incrustation au coeur d'une roche géante et sa si normale petitesse,son oubli en un stellaire déménagement,comme un brin d'algue aux abysses insondés? Son ultime acclamation, pathétique supplique vers la mort,cette experte ès dénouements,ès dénuements? Et si je n'étais qu'une presqu'île?

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01 juin 2012

Des mots,une histoire: Un de la légion

            Les mots recueillis par Olivia pour Des mots,une histoire 67 sont: versatile-hétaïre-uniforme-vêtement-cloque-jaunissant-démagogue-manne-goguenard-tablette-illusion-forteresse-confident-griser-occupation-orée-sonnette-manchette.

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            Les manoeuvres dans le bled tombaient bien,finalement.Au moins pour quelques jours j'oublierais ce capitaine guoguenard et ma versatile danseuse qui savait si bien jouer les fatales et qui,malgré l'illusion qu'elle suscitait,s'avérait tout bonnement une hétaïre qui visait plus haut que ses consoeurs de la casbah.Les opérations dans le Rif n'étaient pas sans danger,les rebelles lorgnant de leur forteresses de rocs nos uniformes maintenant jaunissant sous les dards d'un soleil de plomb qui ne laissait comme court répit que quelques minutes de l'orée matinale.Très vite un vêtement d'acier pesait alors de nos épaules à nos manchettes,rendant irréelle et désirable la pourtant si relative fraîcheur des cabarets quittés la veille.

          Souvent démagogues,les officiers n'avaient pourtant pas caché que les tablettes officielles des pertes au combat risquaient de s'allonger.Je m'en foutais bien,mon seul ami,mon confident était mort dix jours plus tôt.Je l'appelais a Sonnette à cause du bruit nocturne de ses dents.S'étant laissé griser par une rencontre exotique il avait fini dans la poussière d'une ruelle sans joie,lardé de coups de kriss par quelque sbire dont l'occupation favorite était de veiller à l'honneur.Probablement que des cloques sur mes avant-bras seraient la seule manne céleste des abords du désert.Peu m'importait.N'en étais-je pas arrivé là presque volontairement,soldat perdu de mon plein gré?

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        J'aurais mauvaise grâce à ne pas souligner l'influence sur ce texte de Morocco de Joseph von Sternberg,Marlene Dietrich et Gary Cooper.

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25 mai 2012

Des mots,une histoire: Eaux diverses

     Les mots proposés par Olivia pour Des mots,une histoire 66 sont:nuage-moustique-calendrier-burlesque-candide-canaliser-déluge-caresse-antidote-craquant-quatrain-calvitie-briquet-soleil-amadou-hallucinant-genou-foudroyer-mousse-promesse-langue-fesses-colère-orage.Les quatre premiers mots utilisés sont,je l'avoue, fortement marqués d'un sceau professionnel.

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        Certes son genou était loin d'être candide et l'atrophie de la fesse droite,ainsi que le son craquant de son ménisque interne n'étaient guère promesses de beaux jours olympiques pour Laura Doumanou.Malgré tout elle voulait y croire ou faisait semblant,mais de londoniens nuages s'annonçaient pour cet été.Le calendrier s'affolait et les entraînements harassants dans la piscine du Bon Pasteur l'épuisaient sans pour cela l'affûter vraiment,ce qui la rendait très colère.

        Surtout,elle commençait à rechigner à cette vie en bocal,bassins javellisés, vue sur la calvitie des athlètes masculins soucieux de glaner le moindre millième,déluge d'invectives directoriales.Et Laura de foudroyer du regard ses partenaires du quatrain 4 x 100m quatre nages auquel d'ailleurs elle n'était même pas sûre de participer,ses 25 ans constituant selon certains un très possible antidote au succès.

       Fuir cette asepsie,elle en rêvait.Des flots plus méphitiques,d'agressifs moustiques,des serpents d'eau.Un hallucinant mélange d'orages sur la Louisiane,de burlesques créatures des marais,rampant sur la mousse des mangroves et narguant le soleil de leur langue bifide,comme un vieux film en relief suranné.Attentive à canaliser ses contradictions elle plongea non dans le bain mais dans un polar de James Lee Burke,un de ces bouquins bien glauques où de vieux bluesmen jouent "Lover of the bayou", et où des sorciers incendient tout vifs,de leur briquet d'amadou, les poissons-chats géants de la baie de Natchez.

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   Après tout cela,c'est sûr,sous la douce caresse d'une troisième eau ,Laura finirait bien par apprendre à nager.

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18 mai 2012

Des mots,une histoire: Mare Dolorosa

                        Les mots proposés pour Désirs d'histoires 65 sont: encens-amour-marin-coquinerie-embruns-albinos-baie-ténébreuse-naufrage-pins-balai-ballon-phare-râler-froc-flot(s)-communion-mouette-sel-velours-changement-mammouth-réale-au revoir-chocolat .Le mot "mammouth" n'a pas été retenu. Parti pour un sonnet de forme classique ABAB-ABAB-ABB-ABB le vaisseau s'est un peu alangui.Mais le plus difficile fut incontestablement la construction du navire,entièrement aux Chantiers Navals de Monbureau.

Quand j'étais capitaine un étrange albinos

Vêtu d'un froc râpé s'en est venu vers moi

Dans un port du Levant,gravé sur du vieil os

Me vendit "Les réales,un naufrage",aux abois.

 

Coquinerie de sort et jusqu'aux pins derniers

Ce dessin d'une si ténébreuse envergure

Ne me quitta jamais,grimoire,échéancier

Encens,qu'une mouette eût sur les flots d'azur

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Bien vite dispersé,rétif aux changements,

Un obsédant velours qui dissipant ma vue

Egara les marins et la Baie des Amants

Sel de leur vie d'enfer,à jamais disparue.

 

J'eus beau râler,pester,ma vie,elle ressembla

A ces dérélictions,ces ballons fourvoyés

Loin des livres d'enfants aux doigts de chocolat

Que le balai d'un diable aurait dépenaillés.

 

L'affiche,elle aurait pu en rester aux amours

Communions romanesques,et d'embruns et de phares

Les vents l'ont violentée,lambeaux,ses beaux atours?

Narcisse, en son reflet,en est à l'au revoir.

 

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04 mai 2012

Des mots,une histoire: Affres de cinéphile

                    Les mots imposés pour l'édition 63 de Des mots,une histoire sont: tard-pelage-lettre-muguet-tornade-prélude-oiseau-temps-plateau-duel-éternité-bégayer-toxique-merveilleuse-soleil-film-fugitif-interdit-carnage.

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     "Duel au soleil" se terminait dans son apothéose incendiaire,Gregory Peck en méchant comme dans aucune autre production.Il quitta le temple de Bercy, remonté. C'en était donc fini de son cycle western.Il se sentait prêt à affronter les plateaux télé pour la grande finale nationale de "Qui qui s'y connaît le plus en films de cowboys?". Cette année il avait consacré énormément de temps à revoir d'obscures séries B des fifties,à enchaîner des noir et blanc rarissimes,à veiller tard sur le câble pour apercevoir un cavalier fugitif dans le couchant.Encore fallait-il l'identifier sans bégayer lors de l'émission,et ne pas s'emmêler dans les multiples versions de O.K.Corral.

     A la lettre,il suivrait à la lettre les conseils de son coach pour sa préparation,y compris l'interdit sur tout alcool.Une semaine restait avant la tornade médiatique, très relative entre nous et de niveau très local,qui saluerait sa merveilleuse connaissance de ce sujet si important,du prélude dit " des sales gueules" de "Il était une fois dans l'Ouest" au carnage final de "The wild bunch".

     Gare de Lyon,mai oblige,il pensa in extremis au muguet et reprit son train pour cette ultime phase de bachotage avant l'épreuve.De toute éternité il avait savouré l'histoire de l'Ouest,depuis les gravures d'oiseaux d'Audubon et les romans de James Oliver Curwood,somptueux pelage d'ours en couverture et flèches toxiques des Indiens du Nord au long des pages de son enfance.Ceci ne l'empêcherait pas de signer après demain sa biographie de Rossellini à la Grande Librairie,Place de la Basilique.On est pluraliste ou on ne l'est pas.

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27 avril 2012

Des mots,une histoire: Elle,lui,le soir et les autres

        Les mots imposés pourDes mots, une histoire 62 sont : immédiateté – assiette – création – café – peau – trille – absence – bergamote – confiance – peigne – hermétique – insouciance – facile – tristesse – sourire – diable – déception – labyrinthe – sang – coincidence – chavirer – connexion.

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          En avait-il fréquenté des cafés,des cafés littéraires,des cafés philo,des cafés ciné,etc...Dans les troquets du centre ville,une assiette anglaise fadasse sur un coin de table,avec parfois les cris de supporters dans la salle voisine,prêts à faire la peau des gars d'en face,et en toute absence de vraie connexion,lui aussi avait devisé, parfois des heures durant,et se cachant presque d'elle qui détestait ces sempiternelles et si faciles séances de nombrilisme,qu'elle traitait d'un sourire meurtrier.Cest vrai que ce genre de réunions s'était propagé,le moindre chef-lieu de canton dissertant maintenant de Kierkegaard ou Bret Easton Ellis.Elle,si secrète,n'y entendait que trilles de passereaux pépiant,ceci proche d'un degré de création insignifiant.Lui,curieusement,commençait à penser comme elle,à pencher vers elle.Il retenait de ces conversations essentiellement une tristesse,précise, vis à vis de ces solitudes mises en ligne,au bar comme sur la toile.Il se demandait s'il ne fallait pas laisser dormir Kant en un tiroir hermétique et relire plutôt Hammett que Tolstoï.

           C'est ainsi que peu à peu il cessa de passer au peigne fin les surmoi et les questions existentielles,dont l'immédiateté ne lui sautait plus aux yeux.Au diable ces jeudis à 18 heures et ces cheveux coupés en quatre.Il allait se décider,retrouver confiance,la reconquérir,qui sait.Il reprendrait son roman inachevé,et pour tout dire presque incommencé.Il surmonterait sa déception bien que son insouciance,celle qui lui avait inspiré ses textes les moins mauvais,ait chaviré depuis un bail.Dans le labyrinthe de feuilles volantes qui jonchaient son bureau il saurait bien retrouver quelque antique composition et de quoi trousser de nouvelles chansons.Il allait leur montrer.Il allait lui montrer.

                Coïncidence,insupportable,la radio passait "La chanson de Paul",ce personnage d'un vieux Sautet que Reggiani interprétait de toute son émotion.Il repensa à ces films,ces films de ses vingt ans et c'est bouleversé qu'il cherchait un goût pour sa bouche,une praline,une bergamote.Un certain avait beaucoup fait pour la madeleine. Reggiani,lui,égrenait "Cette nuit je vais écrire mon livre.Il est temps,depuis le temps". Lui, songea, simplement "Bon sang,il est tard".


La chanson de paul

Merci à Jean-Loup Dabadie,Serge Reggiani,Claude Sautet.Ils ont compté.

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20 avril 2012

Des mots,une histoire: Disque adéquat

        Les mots imposés pour l’édition 61 de Des mots, une histoire sont : hiberner – sentiment – tendresse – cachette – étagère – indécis – traîner – émanation – garnements – manque – spinalien – béant – désorienté – interdit – nocturne – caricature – caractère – banalisé – dosage – bleu – isoloir – enquêter – lointain – épaule – train – repartir – voyage.Le mot spinalien n'a pas été retenu.Pourquoi pas castelroussin ou mussipontain?

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                        Le compte à rebours touchait à sa fin.Pourtant il aurait aimé un ultime sentiment,quelque chose d'indécis qui aurait flotté un moment,des bribes qui seraient restées là,à traîner comme si la semaine prochaine les rendez-vous étaient appelés à continuer comme les quarante dernières années d'une vie professionnelle pléthorique consacrée aux épaules meurtries et aux vieillards désorientés.Les fatigues de tous ordres traçaient leurs bleus sur ses avant-bras,des avant-bras hexadécennaux,riches encores de bien des tendresses mais dont la lointaine arrogance,un peu séduisante parfois,lui semblait comme une borne,là-bas,au début du voyage.Autant dire aux origines du monde.

                  Un monde ou,garnement de vingt-deux ans,la blouse blanche lui allait à merveille,sans plisser sur quelques capitons.Un monde où,quelques années plus tard,de furtives visiteuses se faufilaient presque en cachette dans son cabinet mi isoloir mi chapelle.Il avait aimé ces complicités très souvent platoniques,en avait consigné quelques chapitres,en tout petits caractères,émanations amusées ou émues de cette jeunesse dont même les murs désormais s'éloigneraient.Maintenant l'attendait la dernière ligne droite,longueur inconnue mais rectitude à peu près acquise,parcours banalisé et probable manque d'imagination.En fait il était terrorisé à l'idée d'hiberner sans printemps rédempteur et pour tout dire affolé devant l'espace béant qui s'annonçait.Le temps allait venir,des peurs nocturnes et des trains aux heures creuses.Sûr que rien n'était formellement interdit sauf d'espérer repartir dans l'autre sens il espérait sans trop y croire trouver le si savant dosage nécessaire à une disponibilité nouvelle.

              Sur l'étagère,juste entre deux caricatures de kinés,célèbres dans leur petit monde professionnel,et sans enquêter,chose rare dans sa gargantuesque discothèque,il saisit le vieux vinyl de Phil Ochs qui n'avait jamais cessé de l'obséder,Rehearsals for retirement,de circonstance.

http://youtu.be/a9km20oSLb8

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13 avril 2012

Les plumes de l'année: Risque d'histamines

                  Voici les mots recueillis par Asphodèle pour ce défi hebdomadaire. Poussiéreux (se) – pluie – pré – persévérance – parcimonie – picorer -page – perdu(e) – pétillant(e) – procrastination* – pédalo – putréfaction – pollen – pardon – persan – pivoine – partage – poudrer.Le mot procrastination n'a pas été retenu.Je procrastine pourtant beaucoup mais à mon sens on ne peut chacun apporter chaque semaine un mot plus ou moins savant et manifestement implaçable autrement que très artificiellement.

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                 Salle de bains,intérieur jour.Elle n'en finit guère de se poudrer les ailes du nez,inquiète à l'idée des pollens prédateurs qui menacent chacune de ses sorties d'avril.C'est tous les ans la même obsession,ces heures printanières qui la poussent à rechercher la pluie,la pluie vengeresse de ces poussiéreuses attaches,ces odieuses particules qui la font ahaner,rougir comme une pivoine,et finalement choisir l'enfermement dans cet appartement certes plutôt coquet,où ronronne Hollywood,persan de trois ans,et où les belles pages d'Emily Dickinson l'attendent sur la petite bibliothèque de sa chambre.Désuètes?

                C'est avec une parcimonie très savamment pesée qu'elle accepte les invitations.Mais il lui plait de le retrouver et de marcher dans la ville,dans les allées du Parc Jacques Braconnier,n'étaient-ce ces fâcheux platanes qu'il lui faut contourner sous peine de lui demander pardon toutes les cent secondes de ses éternuements qu'il finirait par considérer comme des atermoiements.Elle se sent pourtant d'humeur pétillante,décidée à picorer ces instants inédits,prometteurs peut-être,au long de cette après-midi à la fois urbaine et aérée.Bien sûr Celsius est encore un peu pingre pour le pédalo sur le bel étang d'Isle,mais par pour le pré aux jonquilles.Bien sûr les putréfactions carbonifères,laideur syntaxique mais bonheur olfactif,d'une forêt automnale,lui conviendraient mieux.Mais elle ne manque pas de persévérance,et,décidée, ferme sa porte.Elle descendra à pied,le genou un peu douloureux,cette surcharge pondérale commence à lui coûter.Un tout petit peu perdue,pourvu que de plus ce ne soit pas la rhinite en partage.

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