04 juillet 2017

L'Ecrivraquier/13/Accalmie

L'Ecrivraquier

Savoir m'arrêter

Un peu, un peu plus encore

Le saurai-je un peu?

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Mais rien n'est moins sûr

Quelques saisons sabbatiques?

Cavale estivale?

Chat Studio Harcourt

M'étonnerait bien

Je ne tiens pas mes promesses

Vrai, je vous le jure.

P.S. De toute façon un billet Lecture Commune est prévu vers le 15 août et elle concerne un de mes auteurs favoris.

 

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22 juin 2017

L'Ecrivraquier/12/Stances, absence

 L'Ecrivraquier

Elle est silencieuse

Comme oriflamme en partance

La bannière hésite

Haïkus

Je veux le retour

De ses goûts, de ses couleurs

Mon Nord manque d'Ouest

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Ainsi j'ai osé

Revienne la liliacée

Si chère à mes yeux

 

 

 

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08 mai 2017

L'Ecrivraquier/11/Barricades

L'Ecrivraquier

Rond-point de l'oubli

Certains n'iront pas plus loin

Ici, là, partout

Gavroche un héros

C'est bien la faute à Hugo

Dansez, barricades!

La nuit finissante

Seuls les chiens très affamés

Ont semblé survivre

                                  Il y a comme un romanesque des barricades. C'est si exaltant, les barricades et c'est assez simple somme toute. Seuls les bons dressent des barricades selon les uns. Selon d'autres la canaille entière éventre les rues. C'est pas compliqué. Moi, je n'aime que celles, brisées, de Procol Harum (album éponyme) et celles du ciel de Jackson Browne ( album éponyme, une chanson superbe qui raconte la belle aventure d'un groupe rock). Peu de choses au monde me remuent comme ce dernier thème.

 

 

 

 

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21 janvier 2017

L'Ecrivraquier/10/ La lecture de trop*

L'Ecrivraquier 

                                Giovanni est assis sur le lit dans cette chambre d'auberge, là dans la vallée qui s'ouvre vers les villes. Les oliviers renaissent de leur hiver semi-montagnard. Son prénom lui pèse, au lieutenant, à l'ancien lieutenant. Que reste-t-il de Giovanni rejoignant à cheval la citadelle? Plusieurs barettes tapissent maintenant les épaulettes de son ultime uniforme. C'est le dernier et Giovanni sait qu'il devra le remiser dans l'armoire de la maison de famille qui l'attend près de Parme, froide et vierge de cris d'enfants et comme dévitalisée. Il la rejoindra, officier désormais comme en disponibilité. C'est d'ailleurs le terme officiel sur les documents d'identité, pour solde de tout compte. Le voyage cahotant de la diligence l'a fatigué et le miroir tacheté dans cette pièce sans âme lui rejette un visage aux traits prononcés, et des filets entiers de cheveux jonchent son écharpe marron. Il repense aux chevaux qu'il a tant aimés, les siens et les autres, les sauvages en lisière du désert, dont la blancheur dans l'aube dolomitique irradiait les hivers tout de rigueurs, climatique et disciplinaire. Linaria, pour qui battait alors son sang, a quitté depuis longtemps la province. Vit-elle seulement quelque part? Ou a-t-elle rejoint d'autres cortèges, qui ne sont ni d'escadrons triomphants, ni d'oriflammes claquant? Giovanni n'a pas envie de  descendre dîner. Son oeil droit ne cesse guère de sautiller et le voile de ces derniers mois n'a fait que s'épaissir. Il lui arrive rarement désormais de songer à ses supérieurs, morts pour la plupart, et allongés du sud au nord de ce long pays douloureux. Vieillards souffreteux et acerbes, il doit bien en rester quelques-uns. Comme tout cela s'est éloigné aujourd'hui. Giovanni n'a plus ni ordre à exécuter ni décision à prendre. Giovanni craint le moindre bruit dans cette bâtisse sinistre où il paraît bien seul. Assez vite il comprend qu'il n'est pas si seul. Il ne lui reste qu'à attendre. Et Giovanni songe, mieux, Giovanni souhaite ne pas attendre longtemps.

* Chemin faisant je mesure ma gratitude à D.B. Et un peu de rancune aussi pour l'influence de Giovanni sur le fil de mes jours.

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19 septembre 2016

L'Ecrivraquier/9/Fuyance

L'Ecrivraquier

Que n'ai je plus souvent pris un train

Lesté d'un simple sac, d'une gabardine?

Que n'ai-je visité au couchant

Le beau port de Fuyance

Grand Occident, soleil déclinant

Il n'est pourtant pas si beau 

A la vérité les quais y sont gris

On s'y mire, boue et flaques

Les marins bien peu avenants

L'alcool un brûle-gueule

Peu me chaut, je n'y eusse guère été fringant

Crevant de peur, d'hésitation

Me retournant, prêt à mollir

Suspicieux de moi-même

Ne rêvant déjà plus

Mais, partance oblige

Route ou marée allante

Les yeux étrécis par l'ailleurs

Plus d'arrangements

Plus de mensonges

Que n'ai-je rejoint

Fuyance port ordinaire

Ouvert?

 

 

 

                   

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08 septembre 2016

L'Ecrivraquier/8/Rentrée

L'Ecrivraquier

Septembre gris bleu

Les si beaux marrons, marron

Cours moyen, moyen.

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02 juillet 2016

L'Ecrivraquier/7/L'amour du lot

                                Ce texte, délivré par L'Ecrivraquier, s'inscrit aussi dans la délicieuse fantaisie ludique et mensuelle de  Filigrane (La Licorne), qui ce mois-ci nous priait d'un sonnet dont le premier vers serait celui d'un poème célèbre.

L'Ecrivraquier 

Les nuages couraient sur la lune enflammée

L'avait bien dit, l'Alfred et l'agonie canine

En une lande alpestre ou faut-il dire alpine

Eut son petit succès, hop, un quatrain. Calmé,

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Canis lupus, se sachant ainsi en sursis

Ni agneau ni renard lui laissant le beau rôle

La Fontaine tari, la Faucheuse le frôle

Maître Loup voit sa fin, le mode en est précis.

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Oublions le cruel et ne pensons qu'aux yeux

Lubriques à souhait que le Tex intégral

Lui octroya devant des appâts généreux.

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Ainsi je m'ysengrine, ainsi, je m'enlouvise

Exophtalmé,  étoilé devant le sein graal

Qui et le coeur et l'âme et les sens m'atomisent.

                            Outre la Licorne je me dois de remercier par ordre d'entrée en scène Alfred de Vigny, Jean de La Fontaine et Tex Avery.

                               

 

                          

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28 juin 2016

L'Ecrivraquier/6/Lendemains

L'Ecrivraquier    Guilllaume et Charles, merci d'avoir existé, et d'aider les désarçonnés.

Passent les jours et passent les semaines,

Ni temps passé ni les amours reviennent.

Comme il avait raison le trépané grippé.

Rien à espérer sur ce thème horloger.

Tant d'autres l'on déjà fait, me cachant l'or du ciel

Qui dessèchent et ma plume et tarissent le miel

Qu'immodeste je croyais un peu mien

Aux jours d'antan émouvants et sereins.

L'heure ne semble plus aux lits d'odeurs légères

Seuls les divans tombeaux restent de Baudelaire.

Se résoudre au calme de l'oubli

De ces médiocrités alourdi

Cheminer sous la dague, claudiquer

Voir là-bas l'érèbe guetter

Fièvre ultime

Déraison de l'intime

S'en accommoder, s'assoupir?

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Non, ce serait susciter l'ire

De ces deux soeurs,

Leur briser un petit bout de coeur

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Alors, bosselé et goutteux

Couturé, besogneux

Je ne mouline ni ne claironne

Ni ne fanfaronne

Ce retour de guerrier fatigué

Décidé.

 

 

 

 

 

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26 février 2016

L'Ecrivraquier/5/Un attardé

 L'Ecrivraquier

                                  J'écrivais un roman policier, ou rêvais-je que j'écrivais un polar. Je ne me souviens pas de grand-chose, M. le Commissaire. De toute façon, réel ou pas, ça a salement avorté et j'ai pas envie d'en parler. Voilà, puisque vous insistez. O.K. J' avais un peu bu la veille,mais c'était au Rick's Cafe, c'est presque une excuse, non? Ah! Je vois que vous ne connaissez pas le Rick's Cafe, M. le Commissaire. Dommage. Bref, oui j'avais presque fini ce satané polar, c'était ma dernière nuit pour y mettre la dernière main. Je croyais qu'avec ce bouquin pas mal bâti je sortirais la tête de l'eau, que mon fils accepterait de me parler à nouveau, que mon chien guérirait, ou le contraire, je sais plus bien. Je croyais n'importe quoi. Mais putain, oh pardon! M.le Commissaire, mais pourquoi vous vous obstinez à ne pas me croire? Et qui vous dit que ce texte ne peut pas avoir été écrit tout récemment? Je ne me prends pas pour Simenon mais je vous jure, c'est moi qui l'ai tapé pas plus tard que le mois dernier. Elle s'était tirée quelques semaines avant. Et pourquoi cette histoire ne serait-elle pas de moi?

                               Je vais vous le dire, ce qui vous rend suspect, au moins d'un beau mensonge, ou pire encore. Si vous voulez qu'on ait foi en vos propos, en vos écrits, il faut vous mettre au goût du jour. Cest tout simple.Et je m'explique mal pourquoi vous vous êtes ainsi piégé. Vous, un type plutôt intelligent. Enfin dit-on. Personne, mais personne ne peut croire un seul instant que vous ayez écrit une énigme policière où le notaire est innocent. Ca ne se fait plus depuis des décennies. Incorrect. Où irions-nous, voyez-vous, dans une société où même dans la fiction littéraire, on aurait le droit de déclarer hors de cause un notable de Montluçon. Ou de Châteauroux, faites pas semblant de ne pas comprendre. Quoi? En plus vous vouliez que le bouc émissaire, indispensable dans tout polar, soit coupable? Mais vous relevez de la psy, mon ami. Et croyez-moi ou non, je pèse mes mots.

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01 février 2016

L'Ecrivraquier/4/Lac aux âmes

L'Ecrivraquier

Le cygne était seul et immense

Plus de reflets dans l'onde

Plus même les assassines saulaies

De la blonde Ophélie

Le grisâtre veillait au grain

Enfuis les lustres, les couleurs

C'est peu de choses un lac

Réceptacle inaudible

Regrets de soirs d'été

Zéphyr cinglant la houle

Le reste, inanimé, comme à vau-l'eau

Vie qui s'assèche

Galets exsangues

Mutique ressac.

 

                                                         

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