10 octobre 2006

Les désarrois de l'instituteur irlandais

Journée d'adieu Avant tout rappelez-vous qui'Eireann en connaît plus sur la littérature irlandaise que quiconque et que d'un clic vous en saurez plus sur ces auteurs nombreux et formidables.Je découvre John McGahern alors qu'il vient de  disparaître,avec Journée d'adieu(Belfond).Il n'y a guère d'exotisme irlandais chez McGahern bien que les pubs et les églises aient pas mal d'importance dans ce roman.

    La joie de vivre n'inonde pas vraiment Journée d'adieu qui commence au départ d'un instituteur de son école et se poursuit par une suite de retours dans le passé.Ce que je retiens de ce beau livre grave et serré c'est essentiellement des mots bouleversants sur la mort d'une mère et un questionnement sur la recherche du bonheur au travers des embûches et des déceptions.

    Mais Journée d'adieu est très surprenant par la relation amoureuse qui s'instaure entre une Américaine divorcée et l'enseignant en congé volontaire. L"immoralité" de cette liaison dans un pays où la religion pèse lourd certes mais pas toujours aussi négativement peut-être qu'on ne l'imagine nous emmène dans les dédales d'une géographie du coeur sans excès ni dérives.Bien au contraire cette histoire est portée par une calme ardeur,celle d'un écrivain sobre et que,je crois,le futur fera mieux connaître.

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16 septembre 2006

L'îlot non loin de l'ïle

   

      La vague irlandaise semble illimitée.Ne dit on pas dans la verte Erin que tous les Irlandais sont des écrivains? Eireann de Lorient ne me contredira pas. O'Connor(enfin l'un des 100 000 Irlandais à s'appeler ainsi) est un pilier de la génération intermédiaire dont je vous ai déjà présenté quelques fleurons,Toibin, McLiam Wilson, Doyle.J'avai lu et aimé Le dernier des Iroquois et L'Etoile des mers qui racontent respectivement les tribulations d'un jeune punk en Angleterre et un voyage d'émigrants irlandais après la Grande Famine.

    Inishowen                          Inishowen est un coin perdu du nord de l'Irlande, mais pas d'Irlande du Nord. Un flic de Dublin a l'intention de revenir sur la tombe de son fils tué par des gangsters.Une Américaine malade  revient au pays pour tenter de retrouver sa mère qui l'a abandonnée.

  Inishowen est un livre remarquable et"irlandissime" par les thèmes que Joseph O'Connor brasse avec talent. L'éternel rapport de l'Amérique et de l'Irlande à travers le personnage d'Ellen et sa quête de sa propre naissance au seuil de la mort, la violence d'une socièté fratricide qui a longtemps prévalu dans ce pays, la rude beauté de ces régions qui avant d'être à la mode ont été meurtrières de misère, l'amour de ces deux destins cassés tissent une trame romanesque, ce qui est pour moi une grande qualité littéraire et devrait réjouir de nombreux lecteurs pas forcément comme moi aficionados de de cet Extrême-Ouest européen.

   Rien ne manque dans ce livre, même pas une petite déception en ce qui me concerne:le côté un peu convenu de la famille américaine qui vire à la farce.Pas grave:O'Connor a tant de souffle que l'Atlantique n'a qu'à bien se tenir.A retenir Yeats cité par O'Connor:

       "Mon âme est enchaînée à un animal mourant"

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02 avril 2006

Une enfance à Berlin,non,à Dublin

  Retour Sang impur - Prix Femina étranger 2004en Irlande:voici Hugo Hamilton qui vient de sortir en France Dejanté,un thriller chaudement recommandé par la revue Lire:une référence que j'espère découvrir vite.Mais aujourd'hui je vous propose Sang impur,prix Fémina 2004,qui raconte une enfance à Dublin,comme beaucoup d'autres auteurs irlandais dont il semble que le récit d'enfance soit un passage obligé. Mais il n'y a là rien de typiquement irlandais.

De mère allemande d'une famille antinazie mais que les braves autochtones traitent d'hitlérienne en un magnifique réflexe xénophobe,Hugo Hamilton raconte sa drôle de famille où,accessoirement,le père,tellement pur et dur nationaliste qu'il interdit sous son toit les mots anglais, a la main et la baguette facile pour élever ses enfants.Où l'on en viendrait presque pour certain à préférer la poigne du moustachu du moment qu'il cogne fort sur les Anglais.

Après Roddy Doyle(voir note ancienne),Joseph O'Connor,Colum McCann sans remonter à la figure tutélaire de la littérature irlandaise(James Joyce,Portrait de l'artiste en jeune homme) Hugo Hamilton se penche surtout sur ces liens inextricables entre l'Angleterre et L'Irlande qui s'en veulent tant depuis 8 siècles environ,ennemis intimes et inséparables.(chez Phébus)

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