22 juillet 2009

Ma vie sans...A hard rain's gonna fall

http://www.youtube.com/watch?v=d77yJyDBcTA

   Ma vie aurait été moins bien sans Robert Zimmerman,beaucoup moins bien.Là n'est pas  la question.La question est que si l'album de Bryan Ferry Dylanesque paru il y a deux ans est plutôt raplapla la version 76 de A hard rain's gonna fall par Roxy Music est vraiment très bonne.Dans cette version sur scène (sur scène est le mot français pour live) le groupe fait merveille avec un saxo très accrocheur et un Ferry pas si loin du ska par exemple.Bryan Ferry a toujours été très imarqué de Cole Porter à Marc Bolan par tous les rythmes auxquels il aura influé sa propre énergie et son ultime élégance.Ce dandy dilettante reste une figure importante de notre musique.A hard rain's gonna fall faisait partie de l'album En roue libre.Je n'étonnerai pas les dylaniens avec ce titre français car ils savent bien que c'est sous cette appellation que ce LP fut distribué en France.

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21 juillet 2009

Enterre promise



      Avraham B. Yehoshua n'en finit pas d'ausculter avec talent la société israélienne.Le DRH (on ne connaîtra jamais son nom) d'une boulangerie industrielle se voit chargé de mission pour identifier le corps d'une ouvrière,victime d'un attentat suicide à Jérusalem.Il a lui-même embauché cette femme mais ne s'en souvient pas.Il va peu à peu prendre conscience de l'absurdité particulière de cette situation qui le mène à s'occuper du rapatriement de cette étrangère. Et, imperceptiblement, l'image de cette femme morte va s'immiscer en lui,lui dont la vie privée naufrage et dont l'avenir semble incertain.
        On n'est pas très loin de Kafka dans ce conte contemporain où le DRH finit par vaincre ses à priori et une certaine sécheresse pour en quelque sorte rendre hommage et justice à cette femme dont il ignorait jusqu'à l'existence.Nulle trace physique du conflit dans Le responsable des ressources humaines et pourtant on y décèle très bien un impalpable sentiment,celui de voir cette région danser sur un volcan qui risque d'emporter les destins individuels ou collectifs.La très grande finesse d'analyse de Yehoshua est particulièrement tangible dans les rapports familiaux ou professionnels du DRH.Confirmation de la richesse littéraire israélienne.

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20 juillet 2009

Indianitos

Le pont dans la jungle

                   Toujours un grand plaisir de lecture avec ce diable de Traven.Ce roman se déroule sur une seule nuit,une nuit d'angoisse puis de lamentation,la disparition d'un enfant près d'un modeste pont sur une rivière dans la jungle équatoriale d'Amérique du Sud.C'est le tableau de cette petite communauté d'indiens très pauvres avec quelques gringos de passage.Il y a non loin une compagnie pétrolière mais aujourd'hui c'est bal et l'on attend les musiciens.Quelques heures passent ainsi et le drame se noue.Traven ne nous inflige pas l'éternelle leçon des profiteurs même si l'on connait ses sympathies.Mais il nous brosse les émois,les chagrins et la calme solidarité de ces gens de peu,si intéressants sous sa plume de voyageur.Un auteur qui va pourtant bien au delà de la littérature de voyage,ce qui serait déjà très bien.Une littérature universelle.

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18 juillet 2009

Ma vie sans... Just like a woman

http://www.youtube.com/watch?v=ixo29e8S-XA

manfredmann

    Oui ma vie sans Robert Zimmerman aurait été moins bien, beaucoup moins bien.Là n'est pas  la question.Je voudrais juste naviguer dans 50 années de Dylanie tout en sachant que cet homme est très présent sur la toile.Au moins ici vous ne l'entendrez pas.Je me contenterai de vous  proposer quelques-unes des innombrables reprises de ses titres,parfois surprenantes.Voici le succès qu'en fit Manfred Mann,groupe rock des early sixties,qui depuis a largement débordé vers les frontières du jazz.Ce qui lui a bien sûr fermé les portes du succès.Dans les années 65 Manfred Mann c'est à peu près autant de numéros un que les Beatles ou Slade un peu plus tard.

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17 juillet 2009

J'peux vraiment pas les voir en peinture(8)

geai-gorge-noire-small

           Ah ces fameux oiseaux d'Amérique de John James Audubon. J'peux vraiment pas les voir en peinture.Comprends pas qu'on puisse mettre autant de grâce dans son crayon pour ces volatiles qui semblent nous narguer de leur splendeur,pauvres bipèdes scotchés au sol..Audubon (1785-1851),fils illégitime d'un officier français est né à Saint Domingue.Il semble avoir étidié avec le grand David puis a entrepris son oeuvre majeure,à savoir répertorier de ses croquis toute la faune du Nouveau Monde,et surtout ses oiseaux,encore exotiques à cette époque.S'il me semble déceler parfois chez les oiseaux d'Audubon une influence nippone le peintre naturaliste est devenu une figure mythique de l'Amérique,récurrente dans l'imagerie populaire et dans le souvenir des amateurs d'Amérique et d'ornithologie.Et plus généralement des gens qui aiment ce qui est beau,beau comme cette Grive des bois.Tiens,on n'est pas si loin du billet précédent.

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14 juillet 2009

Une chanson:Mocking bird

     Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur,pour paraphraser le très beau roman de Harper Lee.Non ne tirez pas.Bien des critiques rock l'ont fait depuis 40 ans.Je ne connais pas tellement Barclay James Harvest, dinosaure britannique vaguement classé entre Moody Blues et Procol Harum(ça veut rien dire).Mais je sais que la mélodie de Mocking bird tourne,là,dans ma tête.Et je sais aussi que si BJH est parfois un peu pompeux j'ai entendu bien pire.Pas vous?

http://www.youtube.com/watch?v=BuD9Ta_zdf4

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13 juillet 2009

Le sel de la mer

cine_the_long_voyage_home 

  John Ford et John Wayne ont été associés des dizaines de fois et pas seulement pour des westerns.Cependant en 1940,dans Les hommes de la mer (The long voyage home) Wayne,très juvénile,n'est qu'un acteur parmi d'autres de ce film qu'on pourrait qualifier de choral car aucun rôle dans ce film ne se détache vraiment.John Ford a adapté avec Dudley Nichols quatre pièces sur la mer d'u grand dramaturge américain Eugene O'Neill.Rien de ce qui concerne la marine n'aura échappé à John Ford,passionné des hommes et des navires.Très intéressant techniquement par sa photo et ses éclairages (Gregg Toland) Les hommes de la mer est un poème épique sur la condition de ces drôles de gens ,les marins.Pourtant tourné en studio la mer est d'une rare présence dans ce film qui suit  ces hommes en mer lors d'une visite de prostituées,puis à l'ouvrage,puis à l'escale.

long01

Pour la première partie Ford nous offre quelques plans d'Antillaises que je trouve d'un superbe érotisme.Les hommes de la mer nous fait partager le quotidien claustrophobique et la promiscuité de ces hommes embarqués souvent malgré eux et l'amitié comme la méfiance ont embarqué avec eux.Il n'y a pas de héros dansThe long voyage home,des hommes simplement.Et s'il y a un voyage il n'ya pas forcément de home au bout.Comme en témoigne la dernière partie du film,consacrée à l'escale et au retour difficile pour tous ces oiseaux de mer incapables de fouler la terre ferme sans que la taverne ne reprenne ses droits.

  Crédits photos:Shahn       

C'est cette partie que j'ai préférée en ce film peu spectaculaire qui nous emporte malgré tout et malgré l'artifice théâtral assez marqué de la présence d'O'Neill,auteur de quatre pièces habilement agencées par le grand scénariste fordien Dudley Nichols.Les scènes de rue traduisent admirablement l'influence de l'expressionnisme allemand de la grande époque pour lequel Ford a toujours confessé son admiration.A ceux qui pensent que Ford n'est que l'auteur de quelques magnifiques westerns je suggère de prendre la mer avec lui sur le Glencairn.

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Sur un chemin montant,sablonneux,malaisé

   Moins connu que Le trésor de la Sierra Madre,La révolte des pendus ou Le vaisseau des morts La charrette est l'un des premiers romans du mystérieux B.Traven.Je ne reviens pas sur son identité pour le moins nébuleuse mais peux déjà vous dire que ce roman est traduit de l'espagnol.D'autres comme Le pont dans la jungle,dans ma PAL,étant traduits de l'allemand.Déjà ça situe,façon de parler,le bonhomme.
      La charrette est une sorte de roman générique où le héros,le jeune charretier mexicain Andres,n'est en fait qu'un symbole de la condition précaire,voire misérable,de ces prolos d'Amérique Latine,terre de prédilection de Traven qui mourut à Mexico en 69.On sait les sympathies de l'auteur,parfois peu nuancées,mais cela ne doit pas nous empêcher d'apprécier ce tableau très détaillé de la vie menée par ces forçats sur les pistes arides ou détrempées du Mexique de Porfirio Diaz.Mes pages favorites:celles sur la fête mexicaine,avec son culte de la mort si spécifique et dont sut nous parler Eisenstein par exemple.Et les vieilles légendes indiennes ressurgissent ça et là entre enchiladas et tortillas un brin bourratives.

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11 juillet 2009

Géographie:Denver,Colorado

Denver,capitale du Colorado,est une des principales plaques tournantes au centre des Etats-Unis.La ville est ainsi dotée du dixième aéroport mondial.Au pied des Montagnes Rocheuses la ville compte environ 600 000 habitants,beaucoup plus avec la conurbation voisine de Boulder.Dougals Fairbanks y vit le jour en 1883 et Bob Seger dans ce disque nous enjoint de quitter la ville au plus tôt.Un certain Bruce S. et un certain Bob D. ont également chanté Get out of Denver mais rendons justice à ce vieux Bob qui,en France,en a bien besoin.

http://www.youtube.com/watch?v=9WWHdBuOC6Q  Get out of Denver

07 juillet 2009

Un enfant pour un autre

     Dans ce beau coffret DVD Kurosawa Films noirs après Chien enragé de 49 voici Entre le ciel et l'enfer de 63.C'est une histoire de rapt d'enfant avec rançon.Vaguement inspiré d'Ed McBain (87th precinct) Kurosawa découpe son film,long de 140 minutes en deux parties bien tranchées.La première,très précise et presque huis clos montre les tractations de Gondo,riche industriel rude en affaires,avec ses collaborateurs et son féroce appétit de puissance.Cela nous vaut des affrontements verbaux très efficaces que la caméra épouse au plus près.Une sorte de conseil d'administration comme si on était là,derrière un rideau,à observer la dureté des échanges d'un Japon économiquement en plein boum et moralement toujours convalescent.Puis le téléphone...et l'enlèvement du fils de Gondo.Tout bascule,et le film aussi qui va dorénavant laisser libre l'enquête policière et les réactions de l'industriel qui va apprendre que ce n'est "que" le fils de son chauffeur qui a disparu.Cela nous vaut une très belle scène intimiste entre Gondo et sa femme..

   Plein d'idées Entre le ciel et l'enfer va nous entraîner dans la tourmentée recherche du ravisseur qui a la particularité géographique de voir la maison de Gondo.Cet extraordinaire artifice de contre-plongée imprime au film un va et vient des plus oppressants.D'autant plus que la vitesse sera un élément majeur de l'évolution de l'histoire.Il fait très chaud dans les bas-fonds de Yokohama que surplombe la splendide villa de Gondo.Parmi les morceaux d'anthologie qu'il ne faut pas trop dévoiler,les scènes dans le train à grande vitesse ont plu à Scorsese et De Palma,à l'évidence.Mais je vous laisse dans cette fournaise urbaine et nippone,dans ces rues encrassées et ces boîtes douteuses.Vous n'oublierez pas ce magistral coup de poing que le maître,décidément à l'aise dans tous les cinémas,nous assène avec génie dans ce noir et blanc éloquent,sans détective héros,sans femme fatale,mais pas sans l'émotion conjuguée du film d'action qui n'oublie pas d'être intelligent.Prochainement le troisième bijou Les salauds dorment en paix.

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