06 juillet 2006

Une chanson:Vincent

   Don McLean est un songwriter magnifique autant que méconnu. Auteur d'un tube planétaire en 70, American Pie, très belle chanson fleuve de 8 minutes qui raconte le rêve et le cauchemar américains. Mais cette brève note souhaite faire coup double:vous faire découvrir peut-être une autre chanson, sublime ballade, et revoir la magie des toiles du pauvre Vincent. Je vous laisse dans la nuit étoilée(Starry night) du duo McLean-Van Gogh.

http://www.youtube.com/watch?v=3MfqrLF5waM Ecoutez et regardez!

Starry, starry night
Paint your palette blue and gray
Look out on a summer's day
With eyes that know the darkness in my soul
Shadows on the hills
Sketch the trees and the daffodils
Catch the breeze and the winter chills
In colors on the snowy linen land

Now I understand
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they did not know how
Perhaps they'll listen now

Starry, starry night
Flaming flowers that brightly blaze
Swirling clouds in violet haze
Reflecting Vincent's eyes of china blue
Colors changing hue
Morning fields of amber grain
Weathered faces lined in pain
Are soothed beneath the artist's loving hands

Now I understand
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they did not know how
Perhaps they'll listen now

For they could not love you
But still your love was true
And when no hope was left inside
On that starry, starry night
You took your life as lovers often do
But I could have told you Vincent
This world was never meant for one as
beautiful as you

Starry, starry night
Portraits hung in empty halls
Frameless heads on nameless walls
With eyes that watch the world and can't forget
Like the strangers that you've met
The ragged men in ragged clothes
A silver thorn on a bloody rose
Lie crushed and broken on the virgin snow

Now I think I know
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they're not listening still
Perhaps they never will

Paroles et musique de Don McLean

Ces mots seront imédiatement retirés en cas de préjudice.

Posté par EEGUAB à 19:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


04 juillet 2006

Du travail de pros

Richard Brooks n'est pas un spécialiste du western.D'ailleurs ses trois films relevant du genre sont plutôt des westerns tardifs quant à l'action qui s'y déroule,que ce soit La dernière chasse,La chevauchée sauvage ou Les professionnels que je viens de revoir dans une jolie copie DVD.Brooks est avant tout un écrivain et scénariste et l'idée du film repose sur une arnaque astucieuse et une fausse demande de rançon.C'est donc un western assez southern(au Mexique) et contemporain(on y voit une automobile).C'est aussi un western pyrotechnique ou l'arme principale s'avère la dynamite,ce qui nous vaut un feu d'artifice d'anthologie dans l'hacienda.

      On sent bien la sympathie de Brooks pour la Révolution mexicaine et on n'en est pas surpris quand on connaît ses opinions.Mais c'est aussi un excellent film d'action avec chevauchées,attaque de train et guet-apens dans les rochers.Du travail de pros évidemment avec Lee Marvin dans un de ses meilleurs rôles,Burt Lancaster qui n'a pas oublié qu'il a débuté au cirque,Robert Ryan vieillissant et au visage si marqué,Woody Strode discret et efficace en face d'un Jack Palance héros de la Revolucion,Senor.Claudia Cardinale est l'objet de la transaction et Brooks égratigne les Yankees à travers Ralph Bellamy,vieille baderne,fossoyeur du Mexique.

     Ce n'est pas un film à thèse et l'humour y est aussi bien présent:Les professionnels demeure un spectacle cinématographique d'une facture classique,narrative et fluide qui vaut le coup.

Posté par EEGUAB à 13:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 juillet 2006

Des films beaux comme des camions

Les bas-fonds de Frisco(Jules Dassin,49),cinéaste très fécond en ces années m'ont inspiré ces réflexions d'importance sur la cinégénie des camions.Un ou plusieurs tours de manivelle et en route.

  Les camions du film de Dassin,bringuebalant comme la plupart des camions de cinéma dignes de ce nom,transportent des pommes.Ce film décrit les halles de San Francisco. Je regrette ce temps car le trafic de fruits,même coiffé par le toujours inquiétant Lee J.Cobb,me paraît bien inoffensif. D'autres camions me viennent à l'esprit conduits par Bogart et George Raft(Une femme dangereuse de Walsh,1940) même si les véhicules s'avèrent moins risqués que la femme du patron. Le camion épuisé de la famille Joad des Raisins de la colère est aussi un grand souvenir.Nombre de road-movies utilisent le camion,notamment le terrifiant Duel d'un certain Spielberg,au chauffeur fantôme.Mais bien d'autres engins ont sillonné les routes américaines et pas toujours bien intentionnés:c'est le syndrome d'Easy Rider où les camionneurs n'aiment guère les motards.   

En France les routiers sont plutôt sympas mais fatigués et ont le visage de Gabin(Des gens sans importance,Gas-oil),Ventura ou Belmondo(Cent mille dollars au soleil),Montand ou Vanel(Le salaire de la peur) et c'est souvent leur cargaison qui est explosive ou très recherchée.Il existe aussi Le camion,d'une certaine Marguerite,mais il y a longtemps que je me suis déraciné du durassisme et que j'adhère à la lutte contre le durasssisme,responsable de tant d'assoupissements devant l'écran ayant entraîné des chutes de fauteuil dramatiques.

C'étaient les informations routières de la Comtesse,non exhaustives en attendant une thèse sur l'auto-stop au cinéma et l'importance du panier à salade,historique,dans l'oeuvre de Chaplin. Pour la critique de L'homme à l'Hispano,L'homme à la Buick,L'homme à la Ferrari,La Rolls-Royce jaune,Une Cadillac en or massif se munir du permis B.Enfin pour ce qui est de Prends ta Rolls et va pointer contacter le Garage de mon ami le  Dr.Orlof.

Posté par EEGUAB à 20:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 juillet 2006

Une histoire de violence

A History of Violence - Edition Prestige    

Il faudra m'expliquer pourquoi il n'y a pas de titre français.Le nouveau film de David Cronenberg est assez loin des interrogations vertigineuses de La Mouche,M.Butterfly ou Faux semblants.Il est exact que ces références sont anciennes.C'est cependant un film intéressant sur les engrenages et les raisons de la violence dans cette Amérique cathartique qui nous fait peur parfois.Sans vouloir être réducteur A history of violence se présente comme un thriller de bonne facture avec quelques gueules de cinéma comme on les aime,Ed Harris,inquiétant à souhait ou William Hurt,pour la première fois vieillissant à mon avis,hallucinant parrain expéditif.La thématique est d'une Amérique éternelle,westernienne,contant la difficulté de la réinsertion dans un monde armé jusqu'aux dents.Viggo Mortensen ne me paraît pas l'acteur idéal mais c'est un avis personnel.Je trouve aussi que la famille n'est pas étudiée au mieux Cronenberg ayant cédé à des facilités(les fantasmes,la relation père-fils).

Posté par EEGUAB à 20:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

30 juin 2006

Ciné-Monde

Il y a des gens qui "s'occupent de notre culture" style Télérama,dont le slogan est"Prenez votre culture en mains,bande d'ignares".Non ils ne disent pas "Bande d'ignares" mais j'aime bien brocarder Télérama,ces bien-pensants de la culture.Ceci ne m'empêche pas d'u être abonné depuis 15 ans mais l'homme est complexe,n'est-ce pas,et bourré de contradictions. La Monde s'occupe aussi de nous et de notre culture cinéma.Là j'arrête de me gausser,c'est trop facile et puis aider l'honnête homme à se constituer une cinémathèque n'est pas si mal. Le Monde donc nous propose une douzaine de suppléments du dimanche .       Entre autres le rare Promenade avec l'amour et la mort de John Huston,sorte de fable hippie en pleine Guerre de Cent Ans où la toute jeune Anjelica Huston et Assaf Dayan,fils d'un général bien connu incarnent un couple partagé entre amour courtois médiéval et liberté soixante-huitarde.Ce vieux baroudeur de Huston était vraiment capable de tout et souvent du meilleur car le film,peu diffusé,se laiise voir avec plaisir et un brin de naïveté toujours bonne à prendre dans le monde du Monde,quelquefois bien austère,vous en conviendrez. L'éclectisme a présidé aux choix du Monde puisque dans cette douzaine l'on trouvera des incunables(Faust de Murnau,Intolérance de Griffith) et des classiques de Bergman,De Sica,ainsi qu'Almodovar ou Kim Ki-Duk plus récemment.

Posté par EEGUAB à 16:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


28 juin 2006

John,John,Henry and Bruce


Oui,cette curieuse affiche belge est bien celle des Raisins de la colère ,singulièrement affadie quant au titre habituel.


"L'autoroute luit dans la nuit


Mais personne n'a envie de rire


Assis dans la lumière du feu de camp


J'attends le fantôme de ce vieux Tom Joad"


                                  Bruce Springsteen(The ghost of Tom Joad)


La ballade,très belle,qui donne son nom à l'album très dépouillé de Springsteen(1997) fait référence à Tom Joad,le fermier ruiné du grand roman de John Steinbeck,adapté au cinéma par John Ford,dès la sortie du livre(1940).Il est est des cas,très rares où un grand livre peut donner naissance à un grand film.Le roman sonnait un peu comme un reportage;le film,très rigoureux,est un road-movie avant la lettre,contant la poignante errance d'une famille de paysans d'Oklahoma au lendemain de la Grande Dépression.


La route,c'est celle de la Californie qu'emprunte la vieille automobile bringuebalante des Joad,rappelant bien sûr les chariots bâchés de la mythologie du western,cahotant,trébuchant.John Ford,immense auteur des plus beaux films sur l'Ouest,maîtrise à la perfection la dramaturgie de cet espace vers la liberté(Go West,young man).Sur la route on rencontre aussi bien la fraternité que la désillusion,l'amitié que la trahison et les lendemains chantent rarement aux exilés du rêve américain.



L'authenticité du film est totale.Certaines scènes ont été tournées dans de vrais camps "oakies"(le surnom des déplacés de l'Oklahoma).Et Henry Fonda incarne avec foi Tom Joad,chef de famille qui veut croire encore à son Amérique.Les raisins de la colère,c'est simplement toute la noblesse du cinéma américain.Un grand livre,un grand film et soixante ans après un grand disque.N'en déplaise,un pays qui nous a donné John Steinbeck,John Ford,Henry Fonda et Bruce Springsteen  ne peut être complètement mauvais.


Posté par EEGUAB à 20:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

21 juin 2006

Un Japonais au Japon

La musique et les mots de Murakami,c'est un voyage dans un Japon moderne qui ne doit plus grand-chose  à la tradition,et pourtant...Et pourtant on retrouve dans Après le tremblement de terre,constitué de plusieurs petits récits,une poignée de Japonais de tous âges,malmenés par le souvenir de ce séisme qui aura peu ou prou changé leur vie.Séparation,retrouvailles donnent à tous ces personnages indéfinissables une part d'ombre ,une nimbe de délicatesse bien difficile à préciser,la marque d'un écrivain.

Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

      Dans Au sud de la frontière,à l'ouestdu soleil le héros ,quadra passionné de jazz,voit resurgir du passé son amie d'enfance,amour envolé depuis longtemps.De subtils retours en arrière nous font le portrait en trois âges d'Hajime à dix,vingt,quarante ans,des trahisons et des regrets,de la douleur de vivre.Ruptures de ton comme dans ce foutu jazz qui peut faire si mal.


    Les amants du Spoutnik est une variation sur le triangle amoureux où chacun des amants gravite en fait sur l'orbite de la solitude,thème éminemment présent dans l'oeuvre de Murakami qui n'en dédaigne pas de petites touches d'humour pour autant,ce qui nous laisse un délicieux souvenir de lecture,assez peu commode à expliquer,mais bien réel.L'impression,surtout,de n'être pas si mal dans le monde de Murakami.


     Né en 49 à Kobe;terre instable,Murakami a traduit Raymond Carver et F.S.Fitzgerald et écrit toujours sur le jazz,entre deux aller-retour Japon-Amérique.Les trois livres chroniqués sont chez 10/18.


                                                                        

Posté par EEGUAB à 21:45 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

20 juin 2006

Nord

Connaissez-vous la Scanie?Les noms y sont compliqués et sonnent un peu rauque.Alors j'ai pris une carte.On voyage déjà bien les doigts glissant sur le papier dans ces pays trop ignorés où prolifèrent les talents d'écrivains.La Scanie est le sud de la Suède,ce qui reste encore relativement nordique.Kurt Wallander est policier à Ystad,en bord de Mer Baltique.C'est le héros des romans d'Henning Mankell dont le nom commence à être connu en France.Le crime se porte bien partout.La moderne Suède a elle aussi perdu ses repères.Le commissaire Wallander,quinquagénaire humain,divorcé et père d'une grande fille,essaie simplement que tout aille moins mal.

Le modèle économique scandinave a ses limites et les tueurs en série,comme les divers trafiquants avec les pays baltes voisins et les réseaux de prostitution sont le quotidien de Wallander et de son équipe.Ce sont des bouquins passionnants où le côté technique de l'enquête va de pair avec l'observation très pointue des divers composants de la société scandinave,avec ses notables,ses laissés pour compte et ses enfants perdusIl semble que la vie ne soit pas toujours rose à la face nord de l'Europe,ce qui nous vaut au moins le plaisir de cotoyer un très grand auteur qui vit une partie de l'année au Mozambique et a également beaucoup écrit sur l'Afrique.Tous ses livres sont au Seuil.

Posté par EEGUAB à 21:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

Une chanson:MacArthur Park

Oui le grand comédien Richard Harris tant apprécié d'Eric à juste titre pour ses rôles auxquels il  il faut ajouter parmi les meilleurs Le prix d'un homme, Le désert rouge, Traître sur commande, Major Dundee a enregistré quelques chansons sans grand intérêt sauf une, la géniale composition de Jim Webb,MacArthur Park.

     Cette chanson-fleuve de 8 minutes est construite comme une véritable mini-symphonie orchestrée de main de maître par Jim Webb. Les accords de piano du début encadrent parfaitement le récitatif de Richard Harris. Mais que tout cela est difficile à décrire! Après deux couplets dont je ne trouve pas limpide la signification si ce n'est que des vieillards jouent aux échecs au souvenir d'une robe en coton jaune, arrive le refrain, envoûtant:

     MacArthur Park is melting in the dark all the sweet green icing flowing down.Someone left the cake out in the rain.I don'think that I can take it 'cause it took so long to bake it.And I'll never have that recipe again.

    Ces paroles même après lecture me semblent presque aussi curieuses. Visiblement moi non plus je n'ai pas la recette(recipe) pour bien saisir la portée de MacArthur Park. Je ne sais même pas si ce MacArthur Park se situe à Londres,Chicago ou Frisco. Je n'ai qu'une  envie c'est que vous l'écoutiez. C'est une rareté, superbe et romanesque dont je viens de m'apercevoir qu'il est impossible d'en dire plus.Sûrement il est préférable qu'une aura un peu mystérieuse continue de nimber de mystère cette chanson hors du commun.

   http://www.youtube.com/watch?v=GHS8hj4TdT8                                          Ecoutez!

Posté par EEGUAB à 21:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 juin 2006

Le clin d'oeil de la Comtesse

    

   

    Un an déjà que le blog de la Comtesse fonctionne.Donc l'aristocrate marocaine remercie simplement ceux et celles qui ont pris la peine de la lire et je l'espère un peu de plaisir. Bien sûr chacun aura compris depuis belle lurette que ce petit journal plutôt cinéphilique s'est un peu étoffé pour parler livres et musique. Et même, un comble,pour oser vous infliger quelques textes issus du crû de la Comtesse. Merci de votre indulgence.

    Une ultime confidence puisque je suis en veine.Evidemment physiquement l'auteur de ces lignes ressemble quand même beaucoup plus à Humphrey Bogart qu'à Ava ou Ingrid.

Posté par EEGUAB à 13:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,