10 août 2006

En la forêt de Toi

                                  Avec le concours de Gérard de Nerval.

Dans la forêt de Toi

La vie transperce les hautes futaies

On y fait d’étranges rencontres

Des paladins traversent les allées

En chemin vers ces tournois

Pour défendre leur belle.

Leurs chevaux semblent ailés

Rien ne leur est impossible.

En la forêt de Toi quelque chose est magique

J’y ai vu de très doux bardes écossais

Ils chantent des ballades de mon ami Donovan

Dans lesquelles les princesses

S’appellent Guinevere ou Llana

Que j’aime ces harmonies un peu nordiques

Nimbées de mystère,oppressantes parfois

Quand les cordes se pincent comme nos coeurs.

Dans la forêt de Toi

Les chansons sonnent parfois triste

Mais le plus souvent nous y dansons

Toi et moi hardiment

Alors je me sens preux,je me sens fier

Et comme Lancelot je deviebdrai guerrier

Pour que tu demeures reine à jamais

De mes jours en la forêt de longue attente.

Et si je m’en éloigne

Viennent les pleurs

Mais tu sais si bien les épancher

Ils ne sont que fugacité.

Tu m’es si précieuse et je veux bien mourir

Au profond de la forêt de Toi.

Dans la forêt de Toi,parfois

Bruissent des oiseaux-lyres aux rameaux

Des espèces inconnues que tu apprivoises

De ton coeur grand ouvert

Leur vol m’émerveille et je n’en crois pas mes yeux

Pourtant c’est la forêt des couleurs

Et du bonheur coule en diamants

Entre les étangs où murmurent

Des nymphes,des créatures étranges

Qui nagent comme Ondine,souviens-toi.

Comme elle aime l’espace et la nature.

Dieu,que tu leur ressembles

Toi qui chaque jour m’étonnes davantage.

Dans la forêt de Toi il me paraît

Que j’ai toujoursvécu

Tant mon rêve y prend corps

Au bout de ma si longue quête.

Enfin se dessinent parmi tes arabesques

Ces bonheurs inoüis dans ton Amazonie.

Mais quelle est cette voix qui évoque la mort?

Tu es Vie et ma vie ne respire

Qu’en la forêt de Toi.

Seule désaltérance

Que les fruits sucrés que m’offre ta chaleur.

Et mon rare appétit n’a qu’une satiété

Tonneau des Danaïdes,gouffre qui se veut tien

L’âme ouverte au sang bleu

Que je veux infiltrer

Dans ton intime jardin vital

Pour que de nos cris résonne,immense

La forêt de Toi

Réceptacle superbe des pluies bienfaisantes

Celles qui embellissent l’enfant qui grandit

A la folie,passionnément

Qui de toi et moi émane

En une source vivifiante

Trace superbe de nous

Amour sylvestre et panthéiste.

En la forêt de Toi

J’existe enfin et les mots qui dormaient

En le tréfonds de moi

Planent en toute liberté

Discrets astéroïdes à toi destinés

En la forêt de Toi

Chêne ou modeste jonc

Je veux vivre là,simplement

En la forêt de Toi

En Toi.

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08 août 2006

Sous le signe du Capricorne

Vu un film de politique-fiction,enfin pas si fiction que ça:Capricorn one de Peter Hyams(78).Le metteur en scène est un bon cinéaste de SF(Outland,2010 l'année du premier contact,Relic).

Ce film,modeste est une satire de la désinformation dont sont capables les politiques,à rapprocher du film de Barry Levinson,Des hommes d'influence.Les manipulations du pouvoir,en 78,sont encore relativement artisanales.On frémit à ce qu'il pourrait advenir de nos jours,la technologie et les effets spéciaux étant ce qu'ils sont.Sam Waterston,un acteur rare que j'aime beaucoup(La déchirure,La Porte du Paradis) est un des trois astronautes confinés dans un hangar déguisé en mission spatiale

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04 août 2006

Le Carré tourne rond


               John le Carré a plutôt été gâté par le cinéma.En effet les adaptations de ses romans sont dansl 'ensemble assez réussis.La toute dernière d'après La constance du jardinier,mise en scène par Fernando Meirelles(La Cité de Dieu) tient à la fois de la fable tiers-mondiste et du thriller,rien de cela n'étant incompatible. Les multinationales et les grands labos n'apprécient pas cette charge très corrosive contre leur action en Afrique.Les Africains eux-mêmes n'en sortent pas grandis,entre corruption du pouvoir, trafic d'esclaves et banditisme. Terriblement pessimiste sur l'avenir du continent africain The constant gardener est aussi un film d'action dans un Kenya où les fauves sont bipèdes.Ralph Fiennes est un diplomate qui sent son destin lui échapper,broyé par des intérêts supérieurs. En 2001 John Boorman avait adapté Le tailleur de Panama,très bonne fiction sur cette espèce de marmite qu'est  l'Amérique Centrale,kafkaïenne à souhait. Les films antérieurs d'après John le Carré sont encore marqués du sceau de la Guerre Froide,thème favori de bien des auteurs d'espionnage.Je n'ai jamais vu La Maison Russie(Fred Schepisi,90) mais conserve un bon souvenir bien que lointain de La petiite fille au tambour(George Roy Hill,84,où il est question du terrorisme palestinien) et du célèbre Espion qui venait du froid(Martin Ritt,65 avec Richard Burton).   

L'antagonisme Est-Ouest est maintenant passé de mode évidemment.Il semble que l'Afrique ou le Moyen-Orient soient les nouveaux terrains propices à ce cinéma qui allie souvent rythme et réflexion politique.Modestement et sans jouer les précurseurs je pense que l'Indonésie,cette poudrière de 210 millions d'habitants où il ne fait pas bon vivre pour certains,pourrait être la star de demain. Une révision de mes documents m'oblige à mentionner M 15 demande protection de Sidney Lumet en 67,que je n'ai jamais vu.

 

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01 août 2006

Nikos

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                      Rassurez-vous ce Nikos n'est pas un bellâtre de la télé mais le grand écrivain grec Nikos Kazantzakis.J'ai vu un film de Jules Dassin de 1957 que la susdite télé n'a que très rarement programmé,Celui qui doit mourir,d'après Le Christ recrucifié,formidable roman de Kazantzakis.C'est une histoire de terre et de violence dans la Grèce rurale qui met aux prises deux communautés sur le thème de l'exil et du pardon.Lors d'une reconstitution de la Passion du Christ l'on va s'apercevoir que s'il revenait il serait probablement crucifié à nouveau.J'avoue que le film de Dassin m'a déçu,trop appliqué,théâtral et grandiloquent.Déjà à l'époque le public avait été désorienté et le bouquin est bien plus fort.Néanmoins on peut y retrouver Hanin,Vaneck,Ronet très jeunes avec la muse de Jules Dassin,Mélina Mercouri.

              Martin Scorsese avait en partie réussi  l'adaptation de La dernière tentation du Christ qui avait soulevé bien des polémiques il y a une dizaine d'années mais c'est en voyant Zorba le Grec de Michael Cacoyannis(65),d'après le roman Alexis Zorba que l'on approchera le mieux l'univers de Nikos Kazantzakis,peut-ëtre qu'un Grec était le mieux placé pour saisir l'âme grecque.

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29 juillet 2006

Le mystérieux Mr.Traven(Benjamin,Bruno ou autre chose)

Le vaisseau des morts

Mon fidèle saint patron Humphrey Bogart m'a fait découvrir B.Traven, auteur du Trésor de la Sierra Madre. Mais comme Stevenson ou London cet écrivain était aussi un homme au destin pour le moins cahotique et actif. Action et écriture s'épousent dans le cas de ces diables d'hommes de plume et de mouvement.

Ce sont souvent les mots utopie et anarchisme qui viennent à l'esprit concernant Otto Wiennecke, Otto Feige, Torsvan Traven, Hal Coves, Ret Marut, respectivement vrai nom et pseudos divers de celui qui restera pour simplifier B.Traven. Ces deux mots ne m'intéressent guère.Ce qui me fascine est le destin de cet homme dont on a longtemps tout ignoré du parcours qu'il avait soigneusement embrumé lui-même.On l'a longtemps cru américain. On a même dit qu'il ne faisait qu'un  avec cet immense écrivain lui aussi méconnu, Ambrose Bierce, disparu bizarrement dans le désert du Mexique fin 1913. Il est vrai que le Mexique a toujours été le rendez-vous de la mort joyeuse avec ses cultes si bien montrés par Eisenstein(Que viva Mexico!) .Certains ont prétendu qu'il était fils naturel du Kaiser Guillaume II. Si c'était le cas il aura vraiment mal tourné.On en sait maintenant un peu plus.

Né en Allemagne en 1882 il a participé à la vie politique avec la très éphémère République des Conseils de Munich en 1919. Socialiste il doit fuir et c'est la longue errance,Suisse,Autriche,Pays-Bas,Canada,puis installation quasi-définitive au Mexique. J'oubliais un  peu de prison en Angleterre.Bref retour en Allemagne en 59.On se demande encore pourquoi. Traven est mort en 69 à Mexico City.

Coffret en 2 volumes : La révolte des pendus ; Le vaisseau des morts La révolte des pendus  dont le sous-commandant Marcos pourrait écrire une préface avec une belle démagogie et quelques accents de vérité raconte les rebellions indiennes au Mexique contre l'exploitation des hommes et de la nature.Traven se garde de tout sentimentalisme et les fleurs percent difficilement sous le fumier et la rapacité.Ironique et cinglant plus encore que revendicatif ce roman fut adapté au cinéma en 54 au Mexique.

La fièvre de l'or inonde Le trésor de la Sierra Madre, le plus connu des romans de Traven depuis la remarquable adaptationde John Huston avec Bogart, tous deux fins connaisseurs en parfums d'aventures et vapeurs d'alcool. L'humour caustique imprègne aussi le livre d'un halo picaresque sur le destin souvent tragique des chercheurs d'or.

Pour Le vaisseau des morts on peut évoquer Joseph Conrad au fil des péripéties de ce marin sans identité ni passeport, rayé du monde et que seul le capitaine d'un vaisseau fantôme peut engager pour un voyage pour le moins hasardeux mais qui fera le bonheur des amateurs de littérature plus proches des hallucinés de la ligne d'horizon que des auto-contemplateurs de nombril.

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24 juillet 2006

Paul is alive and well and lives in London


            Qu'on se le dise!Sir Paul McCartney,qui changea la face du disque(les deux faces,à l'époque) avec trois autres individus il y a 42 ans,est plus en forme que jamais.On retrouve avec Chaos and creation in the backyard une douzaine de perles du génial songwriter de Liverpool.Ces petits bijoux sont enfilés sur un collier confectionné par McCatrney,seul en studio ou presque.Devenu avec le temps multi-instrumentiste Paul nous offre de sublimes ballades,sans aucun titre faible,chose rare.


             Le climat,bien sûr,est post-beatlesien et assis confortablement  nous rêvons des sixties réenchantées par la grâce d'English tea,Jenny Wren,Too much rain,ou Riding to Vanity Fair(ma préférée pour l'instant).Un moelleux tapis de cordes soutient très bien certaines chansons et la voix ,léger falsetto parfois,fait merveille.Ouvrez vite cette fenêtre sur arrière-cour!Evidemment cela vous fera penser parfois à d'autres ballades,en des temps immémoriaux sur des disques d'une autre matière  dont les pochettes étaient parfois des oeuvres d'art.Allez Paul!The show must go on...

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22 juillet 2006

A fable!

Nostalgique à souhait à l'époque de King Kong et de Harry Potter que j'aime beaucoup par ailleurs.Le Père Noël a apporté au grand enfant que je suis cette délicieuse réédition des Fables de La Fontaine avec les fameuses illustrations de Benjamin Rabier,cet immense dessinateur et publiciste(On lui doit entre autres le canard Gédéon et la Vache qui rit).Cet album,paru en 1906 chez Tallandier ressort,composé de 300 fables de l'illustre Monsieur Jean.Et c'est une merveille de replonger dans l'univers des animaux croqués par Rabier qui savait si bien donner vie au bestiaire de La Fontaine.


Et surtout que personne ne croie qu'il s'agit là d'un auteur pour enfants sages,complètement dépassé.La Fontaine n'est pas,n'a jamais été un auteur pour enfants.Quant aux plus célèbres de ses fables que beaucoup ont anonnées besogneusement,je suis sûr qu'elles ont donné à certains le gôut de lire,du théâtre et même pour quelques-uns un penchant pour le cabotinage,cet exquis avatar de l'art dramatique.Sérieusement si l'on connaît tous Le loup et l'agneau ou Le corbeau et le renard,que celui qui a lu,et compris Daphnis et Alcimadure ou Du thésauriseur et du singe me fasse signe.Car voilà:les Fables de La Fontaine est un joyau exigeant avec structures de phrases inversées,nécessité d'un dictionnaire de permanence,allusions mythologiques.Il faudrait avoir fait ses Humanités pour en saisir toute l'essence et ce n'est pas mon cas.Mais diable!On peut faire un effort.Notre si belle langue mérite bien ça.Cette leçon vaut bien un fromage.


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17 juillet 2006

L'enfer de la corruption

      Vu l'un des trois seuls films d'Abraham Polonsky en DVD,l'Enfer de la corruption(Force of evil) de 1948.Ce film ne dure que 1h20 mais en dit long sur la nature de l'homme et la corruption inhérente.Je vous parle d'un temps où les metteurs en scène ne se croyaient pas obligés de force ralentis,ni de 2h15 de projection,pour faire entendre leur propos.Polonsky fut l'un des metteurs en scène les plus écartés par le maccarthysme et Bertrand Tavernier et Pierre Rissient nous expliquent parfaitement les déboires de Polonsky.


                   John Garfield est saisissant dans une composition d'avocat véreux bouleversé par la mort de son frère à cause du "système" qui décide enfin de se ranger du côté de la justice.Attention le cinéma de Polonsky n'est pas celui de Cayatte.Ni manichéen ni simpliste il nous fait pénétrer dans cet univers de corruption sans grandes tirades ni leçons,modeste mais percutant.



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11 juillet 2006

Est-il possible de ne pas aimer?

       Est-il permis de ne pas aimer Ken Loach?Allez!Vous me permettrez bien une entorse aux dithyrambes sous lesquels croule ce monsieur. Attention j'aime plusieurs de ses films dont Family life, Kes, qui sont des films déchirants d'humanité.Plus récemment j'aime le punch de Ladybird, Raining stones ou My name is Joe.

     Mais j'en ai un peu assez maintenant de la peinture du Royaume Uni vu par Loach. Sa critique post-thatchérienneSweet Sixteen a fini par me lasser. Sweet sixteen est sûrement un film honnête et qui traduit une certaine vérité. Je n'ai jamais dit que tout était rose outre-Manche. Simplement je n'ai plus très envie de voir ça. Si cela fait de moi un odieux suppôt du grand capital, tant pis. Je crois que le regard de Ken Loach approche dangereusement de la ligne pâle de la démagogie où j'essaie de ne pas me laisser enfermer. Is n't it a fucking human right to say No? (Pour employer la langue vernaculaire du film) . C'est vrai que récemment j'ai préféré lire Balzac, écouter les Zombies ou découvrir Les bas-fonds newyorkais de Samuel Fuller.

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06 juillet 2006

Une chanson:Vincent

   Don McLean est un songwriter magnifique autant que méconnu. Auteur d'un tube planétaire en 70, American Pie, très belle chanson fleuve de 8 minutes qui raconte le rêve et le cauchemar américains. Mais cette brève note souhaite faire coup double:vous faire découvrir peut-être une autre chanson, sublime ballade, et revoir la magie des toiles du pauvre Vincent. Je vous laisse dans la nuit étoilée(Starry night) du duo McLean-Van Gogh.

http://www.youtube.com/watch?v=3MfqrLF5waM Ecoutez et regardez!

Starry, starry night
Paint your palette blue and gray
Look out on a summer's day
With eyes that know the darkness in my soul
Shadows on the hills
Sketch the trees and the daffodils
Catch the breeze and the winter chills
In colors on the snowy linen land

Now I understand
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they did not know how
Perhaps they'll listen now

Starry, starry night
Flaming flowers that brightly blaze
Swirling clouds in violet haze
Reflecting Vincent's eyes of china blue
Colors changing hue
Morning fields of amber grain
Weathered faces lined in pain
Are soothed beneath the artist's loving hands

Now I understand
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they did not know how
Perhaps they'll listen now

For they could not love you
But still your love was true
And when no hope was left inside
On that starry, starry night
You took your life as lovers often do
But I could have told you Vincent
This world was never meant for one as
beautiful as you

Starry, starry night
Portraits hung in empty halls
Frameless heads on nameless walls
With eyes that watch the world and can't forget
Like the strangers that you've met
The ragged men in ragged clothes
A silver thorn on a bloody rose
Lie crushed and broken on the virgin snow

Now I think I know
What you tried to say to me
How you suffered for your sanity
How you tried to set them free
They would not listen they're not listening still
Perhaps they never will

Paroles et musique de Don McLean

Ces mots seront imédiatement retirés en cas de préjudice.

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