01 octobre 2006

Une chanson:A horse with no name

Horse With No Name

     Voici un cheval qui eut son heure de célébrité bien qu'anonyme.Le trio America n'a en général pas très bonne presse dans les anthologies.Catalogués pâles copieurs,Crosby,Stills and Nash du pauvre,etc... ces trois folkeux ne sont certes pas des aigles mais je ne suis moi-même pas toujours un aigle et là je sens que je vous déçois.Bref ces oiseaux d'Amérique qui vivaient en Angleterre ont aligné quelques tubes un peu interchangeables et dans la  lignée Byrds(pardon Thom), CSN puis CSNY, Poco, Burrito, Buffalo Springfield ils sonnent un peu fin de race.

    Mais,car il ya un mais,le grand sentimental qui sommeille en moi a gardé toute son affection à ce cheval,qui depuis est devenu une rossinante,comme à un vieux cheval de bois de mon enfance.S'il vous plaît ne brisez pas mes rêves et écoutez-le avec dévotion et recueillement.

  http://www.youtube.com/watch?v=FkoldPBdROEHI hi hi!

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30 septembre 2006

Le maître du mélo


Des magnats du pétrole,le Texas,l'alcool et la frénésie,c'est un univers impitoyable qui vous rappelle quelque chose.C'est surtout l'un des nombreux chefs-d'oeuvre de Douglas Sirk,justement renommé comme le grand maître du mélo.Sirk mérite bien des adjectifs,:tout est somptueux,les voitures rutilantes,les familles déchirées,les amours imposssibles,etc..Cela pourrait être trop.En fait c'est parfait.Il hisse le drame mondain au niveau de la tragédie.Tant de force de conviction dans ses propos nous entraîne dans un  tourbillon,essence même du cinéma de caractère.A pleurer d'émotion,Ecrit sur du vent,mais aussi Mirage de la vie(France 3 garde encore une case ciné-club),ou encore Le temps d'aimer et le temps de mourir,Le secret magnifique.Bienheureux Parisiens qui peuvent voir l'intégrale Douglas Sirk à la Cinémathèque.

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29 septembre 2006

Crooner

dessin sinatra

Un soir maussade à Baltimore


La baie de Chesapeake en sa torpeur


Et les papillons noirs


Dont souvent je te parle ma belle


Ceux que je connais bien


Ceux d’avant toi


M’ont arraché au salon du Plaza


Où je n’écrivais rien


Mes pas métalliques au long d’une rue tiède


Résonnaient dans ma tête envahie


Des visages d’avant.


La ville était laide


Sa disgrâce était la mienne aussi


Slogans racoleurs,hideurs allumées


Me rongeaient en dedans.


Piano-bar plus loin au coeur de la nuit


Des rires filtraient


Comme ballade d’un café triste


Au delà des stores


Envie de rencontres


Bien maigre rendez-vous


Amore,love,susurrés


L’homme n’était pas Sinatra


Pourtant il est des soirs à Baltimore


Comme à Rome ou à Paris


Où l’eau-de-rose a le goût de nos larmes.


Il y a des instants


Sont-ils privilégiés


Où le doux malheur revient


Qu’on croyait exilé


Quand des prénoms de femmes


Dansent sur des mélodies banales


Cette nuit d’Amérique m’a cogné


Et le coeur au tapis


J’ai pleuré sur elle et sur moi.


La fille de la pénombre


Sortait d’une histoire de Chandler


“Strangers in the night”


Lizzie,Rosanna


Je ne sais plus son nom


Mais je sais son regard


Et l’Italien chante encore


L’amour,ses mots de pacotille


Soir de naufrage,seule la musique des âmes


A tracé sur elle et moi


Une fine brûlure


Longue,longue...


C’est elle aussi mon film américain


La fille de Baltimore


C’est la couleur d’un alcool


Un chanteur de charme anonyme


Des étrangers dans la nuit


Une détresse,le mal des autres


Croquis de mémoire


Flash-back sur ces moments


Si précieux,si lucides.


Chez moi,ici,nulle part


L’heure est quelconque


Plutôt oblique


J’écoute Frankie


“Strangers in the night”

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26 septembre 2006

Après la chute


Quelques mots pour revenir sur La chute,film allemand sorti au printemps sur les derniers jours d'Hitler dans son bunker de Berlin.Le film d'Oliver Hirschbiegel me semble très honnête et nous rappelle qu'il n'existe pas de personnage interdit au ciinéma.D'ailleurs on avait très peu vu Hitler en chair en en os,si j'ose dire jusqu'à ce film .Et même dans La chute,Hitler disparaît assez rapidement.


On pourra toujours objecter qu'il sera toujours disparu trop tard dans l'Histoire,certes.Sérieusement La chute décrit,je pense,assez justement la paranoïa qui avait saisi le dictateur(grande prestation du grandissime Bruno Ganz),et plus encore le climat de règlements de compte qui régnait dans la clique aux abois,qui m'a fait penser à une bande d'assassins et gangsters s'accusant mutuellement pour tenter de sauver leur peau .Quoiqu'il en soit c'est un film courageux, mille coudées au-desssus de la production courante,qui vaut le déplacement avec peut-être un minimum de pédagogie pour les plus jeunes.Enfin,après Good-bye Lénine va-t-on  découvrir le nouveau cinéma allemand?


Les hasards du blog de la Comtesse font que cette note vient après le poème Les brutes avaient raison.Encore un raccourci de l'Histoire.

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24 septembre 2006

Les brutes avaient raison



Ils avaient raison et moins de meurtrissures


Dévoreraient mon âme et mon ventre


En serait moins aigu


Ils avaient raison,Savonarole et tous les autres


Les hommes noirs de Nüremberg


Comme les incendiaires de Fahrenheit


Et le monde aurait dû laisser brûler


Sa mémoire et ses racines.


Mais peut-être n’est-il pas trop tard?


Amis,là,dès ce soir,détruisons les livres


Tous même les anodins


Tous ceux qui pensent et se livrent nus


Se vautrant dans l’écriture


Sont porteurs du malheur


Et dégénérescence


Il ne faut pas que ces guides nous emmènent


Il est des voyages sans retour


Si les mots nous piègent


Et referment sur nos mains


L’acier et le venin de poésie


Les brutes avaient raison...


La peste soit de ce chevalier à la triste figure


De son pleutre écuyer.


Et les amants de Verone


Ou bien ce bateau ivre


De sombres influences...


Pourtant peut-être,peut-être si j’osais


J’aimerais sauver,là,voyez-vous


Celui-là,très vieux et usé


De toute façon presque illisible


Et puis maintenant je me souviens


C’est un livre,un livre où


Il ne se passe rien


Un désert,vous dis-je,et quelques soldats


Sans ennemis,sans raison d’exister


Quoi de plus dérisoire qu’un petit lieutenant


Qui attend,qui attend


L’exemplaire est laid,l’oeuvre quelconque


Laissez le moi encore un peu


Le héros n’en est pas brillant


Mais c’est un peu mon frère


D’expectative


Et si l’ennemi était là,demain matin...


Mais j’y pense et vous


Lequel vous est attaché


Au point de l’épargner,de l’adopter?


Un livre,rien qu’un et c’est un peu quand même


Pour la barbarie le début de la fin.


Si c’est moi qui avais raison...


     Ce poème n'aurait jamais vu le jour sans Ray Bradbury ni François Truffaut.Merci à eux.

     Peut-être conviendrait-il aussi de citer Rimbaud,Cervantes,Shakespeare et Buzzati.

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21 septembre 2006

La tournée du Patron

J'ai deux nouveaux disques et ils ne sont pas sans liens.Le hasard fait bien les choses.La fête des Pères m' a ainsi nanti du Seeger sessions de Springsteen. Voilà un homme qui incarne l'Amérique, celle que j'aime et qui est capable de s'approprier toute la musique de ce pays. Certaines de ses oeuvres sont un peu pâles mais connaissez-vous des créateurs d'une telle envergure qui en 35 ans de métier n'ont jamais eu l'ombre d'une faiblesse?                                                                                             

We Shall Overcome : The Seeger SessionsQuoiqu'il en soit We shall overcome est un vrai disque live enregistré en trois sessions et bourré d'énergie.Cet hommage au folk-singer Pete Seeger est uniquement composé de traditionnels réinventés en quelque sorte par Seeger au début des années soixante. Curieux de constater combien le Boss est à l'aise avec ces musiciens qui semblent à la fois sortir d'un bal cajun,d'un orphéon avec Louis Armstrong,d'un pub de Galway,ou d'une église noire un jour de Pâques.Springsteen nous donne là un très beau disque devant le quel de beaux esprits feront sûrement la fine bouche. Ils auront tort. Ecoutez-le et vous aurez des fourmis dans les jambes tant banjo,accordéon,cuivres et piano type bastringue revisitent la musique populaire américaine sous la houlette du Patron.

Alors merci Patron.Et remettez-nous ça!Que ce soit la joyeuse gigue de l'alcoolique Old Dan Tucker,la déchirante ballade Mrs.McGrath ou les road-songs à nous faire redécouvrir les grands espaces My Oklahoma home,Erie Canal ou la bien jolie complainte Shenandoah.Tom Paxton est sûrement très fan de We shall overcome,lui dont j'aimerais faire connaître quelques vieilles chansons.

Ramblin' Boy / Ain't That NewsCe disque de Tom Paxton est donc tout à fait d'actualité puisque regroupant deux albums parus en...64 et 65. Nous sommes à l'époque en pleine renaissance folk aux Etats-Unis et Pete Seeger, Bob Dylan débutant et acoustique, Peter,Paul and Mary deviennent célèbres et l'Europe commence à s'intéresser. Pour Robert Zimmerman on connaît la suite. Tom Paxton est resté dans l'ombre et cela lui va très bien. Bien sûr certaines de ses chansons sont empreintes d'une naïveté très sixties avec le Vietnam et la ségrégation:What did you learn in school today?, The willing conscript, Lyndon Johnson told the nation. Mais j'aime surtout les éternelles chansons contant l'histoire sans âge de ces types traversant le continent à la recherche d'un boulot, aux amours très incertaines et à l'avenir tout aussi peu sûr, comme Ramblin' boy, My lady is a wild flying dove,Bound for the mountains and the sea. Pas mal de ces chansons avaient été adaptées plutôt bien par Joe Dassin et Graeme Alwright, un peu déracinés eux aussi.Ma préférée:I can't help but wonder where I'm bound.

    "I had a little girl in time,she had lips like cherry wine.  But I was too blind to see,she was drifting away from me and she went on a morning train"

   Voilà.C'est toute la vie, un boulot pas facile, la route  et une fille qui vous laisse par le premier train du matin ou le dernier bus du soir.C'est toute une putain de vie, c'est un peu la vôtre peut-être,c'est un peu la mienne. Et pourtant on y tient à cette vie. C'est le folk,c'est le blues. Ailleurs on peut appeler ça le fado ou la saudade. Franz Schubert appelait cela des lieder. C'est toute la musique du monde avec tout son mal-être. C'est douloureux, c'est simple , c'est beau.   

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20 septembre 2006

Anthony Mann sans James Stewart


Anthony Mann,admirable utilisateur du temps et de l'espace à l'Ouest,n'est pas que l'auteur d'une "pentalogie"(néologisme que je viens d'inventer) avec James Stewart.Pour mémoire:Winchester 73,Les affameurs,L'appât,Je suis un aventurier,L'homme de la plaine.J' ai vu La charge des tuniques bleues(55) dont le titre français très guerrier fleure bon les années 50.En V.O.The last frontier correspond mieux à cette notion de géographie dont tout bon western est pourvu.


J'avoue que cette affichette fait plus penser à  un album d'enfants qu'à un western épique.Sans être inoubliable The last frontier nous présente trois archétypes solides et classiques:l'officier viellissant et borné(Robert Preston),en clair la baderne(Avez-vous remarqué qu'une baderne est toujours vieille?),le jeune capitaine plus idéaliste et en conflit avec sa hiérarchie(Guy Madison) et l'éclaireur(scout),homme des bois,trappeur illettré et ivrogne mais qui veut se refaire(Victor Mature).


              Il y a un fort à défendre,la femme du colonel qui va tomber sous le charme du rustaud.Il y a surtout l'éternel mythe de la conquête de l'Ouest qui a fourni au Cinéma tant de légendes.La pierre  apportée à l'édifice du Western n'est pas ici un mur portant mais un modeste rondin très honorable.Evidemment la "pentalogie" c'est autre chose.


A propos d'affiches voici le somptueux album Le souffle de l'Ouest,composé des affiches de Dominique Blattlin,grand collectionneur et cinémane,nanti d'une préface de Patrick Brion.Vous y retrouverez aussi bien Stagecoach que les cow-boys chantants et les serials du muet,panorama naïf et merveilleux de nos rêves d'être Jesse James ou Davy Crockett.(Carnot et A3 Editions)


27.12.05 16:03

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19 septembre 2006

Une chanson:Mr.Bojangles

Bill Robinson        Novembre1949. 500 000 personnes massées entre Harlem et Brooklyn .Les funérailles de Bill "Bojangles" Robinson tournent à l'émeute. Bien que mort sans le sou le petit danseur des rues de Richmond (Virginie) était devenu l'incontestable empereur des claquettes que toute l'Amérique noire pleurait. Depuis les Etats-Unis fêtent tous les ans le Tap Dance Day et chantent la superbe mélodie Mr.Bojangles qu'ont interprétée entre autres Neil Diamond,Robbie Williams,Harry Belafonte,Nina Simone .Permettez-moi de vous présenter ma version préférée,celle du Nitty Gritty Dirt Band,sorte de conglomérat basé à Nashville et composé depuis 40 ans de tout ce qui s'est  fait ou presque dans le domaine country.Je les considère comme l'équivalent des octogénaires de l'Old Preservation Hall de la Nouvelle-Orleans.Une sorte de Nashville Social Club...Cette version est la plus magique et le plus bel hommage des countreux,qu'on dépeint parfois d'une manière très caricaturale comme toujours,à cet art premier afro-américain:les claquettes.La chanson n'est pas une vraie bio de Bill Robinson mais une variation sur  un danseur des rues,écrite par Jerry Jeff Walker.

Clac!Clac!   http://www.youtube.com/watch?v=bBCXw14cbKE

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16 septembre 2006

L'îlot non loin de l'ïle

   

      La vague irlandaise semble illimitée.Ne dit on pas dans la verte Erin que tous les Irlandais sont des écrivains? Eireann de Lorient ne me contredira pas. O'Connor(enfin l'un des 100 000 Irlandais à s'appeler ainsi) est un pilier de la génération intermédiaire dont je vous ai déjà présenté quelques fleurons,Toibin, McLiam Wilson, Doyle.J'avai lu et aimé Le dernier des Iroquois et L'Etoile des mers qui racontent respectivement les tribulations d'un jeune punk en Angleterre et un voyage d'émigrants irlandais après la Grande Famine.

    Inishowen                          Inishowen est un coin perdu du nord de l'Irlande, mais pas d'Irlande du Nord. Un flic de Dublin a l'intention de revenir sur la tombe de son fils tué par des gangsters.Une Américaine malade  revient au pays pour tenter de retrouver sa mère qui l'a abandonnée.

  Inishowen est un livre remarquable et"irlandissime" par les thèmes que Joseph O'Connor brasse avec talent. L'éternel rapport de l'Amérique et de l'Irlande à travers le personnage d'Ellen et sa quête de sa propre naissance au seuil de la mort, la violence d'une socièté fratricide qui a longtemps prévalu dans ce pays, la rude beauté de ces régions qui avant d'être à la mode ont été meurtrières de misère, l'amour de ces deux destins cassés tissent une trame romanesque, ce qui est pour moi une grande qualité littéraire et devrait réjouir de nombreux lecteurs pas forcément comme moi aficionados de de cet Extrême-Ouest européen.

   Rien ne manque dans ce livre, même pas une petite déception en ce qui me concerne:le côté un peu convenu de la famille américaine qui vire à la farce.Pas grave:O'Connor a tant de souffle que l'Atlantique n'a qu'à bien se tenir.A retenir Yeats cité par O'Connor:

       "Mon âme est enchaînée à un animal mourant"

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15 septembre 2006

Un silence éloquent

La vie silencieuse de Marianna Ucria

Très belle écriture que celle de Dacia Maraini, somptueuse, qui nous entraîne au coeur de la Sicile du XVIII° Siècle. Le destin d'une femme, murée depuis sa naissance dans un total mutisme qui saura prendre conscience et vivre pleinement dans une île pétrie d'archaïsmes et de préjugés. La lecture sera le révélateur de cette sensibilité à vif et Marianna Ucria, la jeune aristocrate, mariée à 13 ans, pas plus mal qu'une autre d'ailleurs, verra son existence virer de la monotonie à l'exaltation, annonçant la prise en charge par les femmes de leur avenir. Marianna n'est pas une suffragette,non,mais une héroïne dont le romantisme saura faire corps avec une volonté de fer pour bouleverser le monde à sa manière.

     Dacia Maraini,fille de la noblesse sicilienne a grandi près de Palerme,cette ville secrète et fascinante où se situe l'histoire de Marianna Ucria.

     Emmanuelle Laborit a incarné l'héroïne dans le film homonyme de Roberto Faenza en 97, La Vie silencieuse de Marianna Ucria.

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