23 janvier 2014

La poésie du jeudi, Charles Cros

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Dans la clairière

 

Pour plus d'agilité, pour le loyal duel,

Les témoins ont jugé, qu'elles se battraient nues.

Les causes du combat resteront inconnues.

Les deux ont dit : Motif tout individuel.

 

La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ;

Le sang rougit ses seins et ses lèvres charnues.

La brune a le corps d'ambre et des formes ténues ;

Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.

 

Cette haie où l'on a jeté chemise et robe,

Ce corps qui tour à tour s'avance ou se dérobe,

Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,

 

Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,

Tout paraît amuser ce jeune homme à l'oeil doux

Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

 

Charles Cros (1842-1888)

 

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                               Ce que j'aime particulièrement dans cette belle rubrique bimensuelle initiée par Asphodèle c'est que bien souvent le hasard, en ce qui me concerne, préside à de jolies découvertes. J'ai rarement une idée précise mais quelques noms de poètes qui clignotent. Alors je musarde, la toile peut s'avérer si riche en surprises. Charles Cros, chanté par Trenet,un compatriote du Languedoc, et honoré d'un prix du disque qui porte son nom, nous prouve avec éclat qu'on peut être de formation scientifique, chimiste, l'un des pères du phonographe, et poète, voire chansonnier. Et puis je vous fais une confidence:qu'est ce que j'aurais aimé être le jeune homme de ce poème.Fantasme inavouable, tant pis, tout comme lui je vous fais les yeux doux. 

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21 janvier 2014

Le chantre du Mexique

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                                    De B.Traven on sait qu'on ne sait pas tout et je n'y reviens pas. Par contre je reviens régulièrement à ses oeuvres, et, pour la première fois après les romans Le trésor de la Sierra Madre, Le vaisseau des morts, La révolte des pendus, La charrette, Le pont dans la jungle je découvre les dix nouvelles du recueil Le visiteur du soir. La" lecture" me semble trouver dans les histoires mexicaines de Traven son incarnation la plus précise. A savoir un total plaisir du récit, qui vous emporte dans ce Mexique rude et toxique, sur les traces d'un toubib presque anachorète, d'indiens peinant à survivre, de paysans assommés de labeur. B. Traven aimait ces gens-là, lui qui avait hérité par exemple de la radicalité d'un Jack London dont je le trouve proche. Mais ce n'est pas cela qui m'a intéressé chez Traven.

                                   Raconteur d'histoires, c'est la plus belle définition de la littérature et Traven s'y entend pour en quelques dizaines de pages nous immiscer dans  ce vaste pays qui le subjugua. Chaîne de montage par exemple analyse finement l'exploitation de la misère à travers la mésaventure d'un Indien, vannier qu'un gringo sous couvert d'un coup de pouce tente de  déposséder. Une conversion manquée pointe pareillement l'ambiguité, le mot est faible, du rôle des prêtres dans la vie de ce Mexique rural si cher à l'insaisissable B.Traven. La mort, cette éternelle invitée des poussières autochtones est éminemment présente, carnavalesque parfois, grandiose toujours.Si l'origine allemande de Traven est controversée, si ses itinéraires prêtent à discussion, nul doute que c'est bien en amoureux du pays mexicain qu'il gagnera la postérité. Mais Traven n'est pas un amoureux transi et mutique, et seul peut-être Eisenstein dans Que viva Mexico! me semble avoir aussi bien compris et décrit le baroquissime état géant d'Amérique Centrale.

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18 janvier 2014

Les plumes...by Asphodèle: Ce passage-là était bien*

                                           Pas moins de 23 mots cette semaine dans l'escarcelle d'Asphodèle dont il faut saluer l'énergie pour mettre en oeuvre toutes ces animations autour de l'écriture: visage-camouflage-armée-plume-vénitien-jaune-déguiser-bal-argile-mensonge-embaumer-comédie-celer-mystère-pailleté-crème-farandole-grimace-hypocrisie-dissimuler-unir-usure-unique.

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                                            Sur la Place de l'Hôtel de Ville où je l'ai croisé samedi  on ne s'est fait aucune grimace réciproque. Notre vieille rivalité doit être aujourd'hui prescrite et nulle comédie n'est plus à jouer entre nous. Il m'a confirmé qu'elle vivait toujours à Lyon avec ce type que j'ai vu une fois au concert de Jazz au Jardin en juillet dernier. Mon sourire était jaune en lui serrant la main alors qu'elle était partie acheter trois bières.Trois. Paraît que monsieur est musicien. Quel genre j'en sais fichtre rien. Ce que je sais c'est que ça m'étonnerait qu'il lui écrive les poèmes dont ma plume alors fertile l'inondait et qu'elle clamait à haute voix dans les rues de notre ville, du temps où ce n'était un mystère pour personne, du temps où je peaufinais ma pièce, qu'elle jouerait, c'est sûr, du temps où j'étais Branagh avec Thompson, Bergman avec Ulmann. Je n'avais pas pour habitude de celer mes modesties. Elle non plus, tous le savaient et le théâtre avait beau être amateur, la fièvre était rien moins qu'hollywoodienne et le virus vénitien. "C'était un temps déraisonnable*", aurait dit Louis, et, pas longtemps, j'ai près d'elle tutoyé le ciel, roi du monde et figure de proue. Mais le bal ne pouvait durer et aux corsages pailletés succèderaient vite les habits élimés du quotidien.

                                           Je n'avais guère envie de creuser le sujet. Pourtant il m'a entraîné au Bar de l'Imprimerie et devant un crème pour lui, je crois qu'il avait arrêté le reste, et un cognac pour moi, je sais pas pourquoi brusquement m'est venue l'envie de m'échauffer un peu, marre de dissimuler peut-être, ou à l'opposé l'idée de m'aider, fugace, à la retrouver huit ans plus tôt. C'était farandole assurée quand elle et moi étions dans la même salle, farandole de regards complices parmi les visages amis et banals, et coups d'oeil tout en méfiance aussi, vous-ai je parlé de sa jalousie, de ce sentiment qui fait que les femmes, en une occasion au moins, se ressemblent toutes, à ne pas déguiser leur haine sous un camouflage de compréhension bidon. Quelques mois, pas davantage, au moins ignorerions-nous l'usure, mais de cela voulait-il me parler? Et que me dire? Maintenant grand-pères, lui comme moi, deux silhouettes déjà voûtées et comme unies à la flammèche de son rire à elle, éclatant et communicatif, il nous semblait résonner, tout prêt à libérer la dérisoire armée de nos amours, d'argile cisaillée.

                                            Il ne m'a rien dit cet après-midi de janvier et moi non plus. Fervent adepte d'une hypocrisie salvatrice, je décidai de le laisser vieillir avec de moi une belle idée, une idée de loyauté. Je lui devais bien ça, à lui qui avait fermé les yeux sur nos mensonges de deux ou trois saisons. les plus belles de la vie de sa femme, que mi poète mi soudard j'avais annoblies. Voir dans mes yeux une lueur du bonheur enfoui et de la gaité d'antan lui suffisait pour embaumer le souvenir de notre bien commun dont curieusement je peine à me rappeler le prénom. Je la nommais, moi, je la nommais...Je crois que c'était unique. N'en parlons plus.

* Merci à Louis Aragon. Merci à Alain Souchon.

 

 

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15 janvier 2014

Virginia, Valentyne et moi

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                                     Valentyne a sûrement aimé Virginia. Ce court roman de 120 pages n'est peut-être pour moi que le seuil de la maison Grondahl, qui me donne bien envie d'en savoir plus sur cet auteur danois. Une adolescente pendant les années de guerre sur une plage près de Copenhague. Elle est la fille d'une couturière  invitée par une des clientes de sa mère à passer l'été dans leur maison de campagne, plus sûre en raison des bombes qui menacent le pays. Un aviateur anglais abattu et qui se cache et le neveu de ses hôtes, plus jeune de deux ans et vite troublé par la jeune fille complètent la distribution. Laquelle jeune fille est émue par l'étranger en ces circonstances d'inquiétude et d'incertitude. Il ne se passera pas grand-chose certes et pourtant l'homme comme la jeune fille ne se remettront jamais tout à fait de ce fugace frôlement. Quant au neveu on peut imaginer que lui aussi, sa vie durant, peut-être...

                                    Que restera-t-il de ces instants où le délicieux s'est conjugué au douloureux? La prose de Jens Christian Grondahl est tout en légèreté, comme éthérée, comme une minime évanescence d'un tabac fin. Ces moments si particuliers auront déterminé une grande partie de leur existence, mais sans avoir l'air d'y toucher,et pour faire ressentir cet esprit il faut un fameux talent de conteur, discret et efficace. Paris, des décennies plus tard, une rencontre aura lieu, même pas décevante, comme étrangère. N'avaient-ils que rêvé? Reste un été lointain, tout petit principe d'une guerre elle-même presque absente. Reste un été, oui, et reste un étui, parfum, envol, embol. Ne vous privez pas de 120 pages superbes. Il s'appelle Jens Christian Grondahl et j'ai aimé son livre. J'aimerais que  La jument verte de Val l'ait aimé elle aussi. J'aimerais mieux.

                                         

 

 

 

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13 janvier 2014

Géographie: Leavenworth, Kansas

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                                       Leavenworth, Kansas, est connue essentiellement pour...ses prisons. Il faut dire que la bande originale de ce voyage en Amérique n'a pas peur des rues chaudes, des bouges et des geôles qui constellent depuis quelques années le panorama musical que j'ai le plaisir de vous proposer depuis pas mal de temps. Leavenworth, tout près de Kansas City tire son nom de Fort Leavenworth, important bastion fondé en 1827 par le Colonel Henry Leavenworth. Vous savez, ici les actes de naissance des villes proviennent la plupart du temps d'un fort militaire,d'une mission espagnole surtout dans l'Ouest,d' un campement de trappeurs scandinaves,etc...

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                                    Chris Whitley,qui céda au Big C. à 45 ans en 2005, je ne l'avais pas écouté depuis des années. Combien comme ça? Et puis je me suis souvenu du bel album Living with the law et d'un titre, un coup de fil de quelque part. Le tour était joué.Même pas besoin de ressortir le CD de ma pléthorique discothèque pour vous proposer cette mise sur écoute. " I'm down in Leavenworth Prison now and I do not count no days"

 http://youtu.be/pd_eCW8TuPU   Phone call from Leavenworth   Chris Whitley

                                    Et pour finir un petit rappel traditionnel de cet itinéraire que je ne me résous pas à conclure.

                      Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Biloxi, Birmingham, Boise, Boston, Brooklyn,Cedar Rapids, Cedartown, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Hot Springs, Houston, Jackson, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville, Lafayette, Lake Charles, Lansing, Laredo, Las Vegas, Leavenworth, Lodi, Long Beach,Los Angeles, Manhattan, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Minneapolis, Mobile, Montgomery, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez, New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford, Palo Alto, Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Rockville, Saginaw, St Louis, St Paul, San Antonio, San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Tuscaloosa,  Washington, Wichita, Youngstown...

                        ...furent nos escales précédentes.

                                 

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12 janvier 2014

Un livre, un film (énigme 81), la solution

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     Pan dans le mille. Ont visé au coeur du joli volatile Dasola, Pierrot Bâton, Celestine, Claudialucia, Aifelle.Qu'elles en soient félicitées. En 1908 le Belge Maurice Maeterlinck publia son conte théâtral L'Oiseau Bleu. Prix Nobel 1911, la référence aux insectes tient à sa passion pour l'entomologie, La vie des abeilles, La vie des fourmis, La vie des termites.

                                               Pour le cinéma il s'agit d'un film sorti en 76, assez peu diffusé et qui n'a pas très bonne réputation, l'avant-dernier du grand George Cukor (Sylvia Scarlett, Indiscrétions, Madame porte la culotte, Une étoile est née, Le milliardaire, My fair lady). Voir ci dessous. Merci à toutes.

 

                                  Par ailleurs, suite à certains commentaires ayant jugé cette édition un peu trop facile, j'ai l'intention de concocter pour le 25 janvier une énigme qui pourrait s'avérer plus difficile, dont je n'ai encore aucune idée, sur laquelle je ne dirai rien et n'en pense pas plus.

deux smileys

                                 Quoi qu'il en soit l'énigme Un livre, un film retrouve le 18 janvier ses parents légitimes Claudia et Wens.

 

 

 

 

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11 janvier 2014

Un livre, un film (énigme 81)

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                                                 Le titre qu'il vous faut découvrir est identique en librairie et au cinéma. Mais en fait c'est au théâtre que commence cette aventure, imaginée par un écrivain francophone d'un pays proche, au début du siècle précédent, et jouée dans le monde entier. La première de ce conte théâtral mettant en scène un frère et une soeur et leurs étonnantes rencontres, eut curieusement lieu à Moscou. L'écrivain, touche à tout, et notamment aux insectes, devait être couronné quelques années  après par un prestigieux et nordique jury.

                                                 "Je suis le plus gros des Bonheurs, le Bonheur-d'être-riche, et je viens, au nom de mes frères, vous prier, vous et votre famille, d'honorer de votre présence notre repas sans fin. Vous vous trouverez au milieu de tout ce qu'il a de mieux parmi les vrais et gros Bonheurs de cette Terre. Permettez que je vous présente les principaux d'entre eux. Voici mon gendre, le [Bonheur-d'être-propriétaire, qui a le ventre en poire. Voici le Bonheur-de-la-vanité-satisfaite, dont le visage est si gracieusement bouffi. voici le Bonheur-de-boire-quand-on-n'a-plus-soifet le Bonheur-de-manger-quand-on-n'a-plus-faim, qui ont les jambes en macaroni. voici le Bonheur-de-ne-rien-savoir, qui est sourd comme une limande, et le Bonheur-de-ne-rien-comprendre, qui est aveugle comme une taupe. Voici le Bonheur-de-ne-rien-faire et le Bonheur-de-dormir-plus-qu'il-n'est-nécessaire, qui ont les mains en mie de pain et les yeux en gelée de pêche. Voici enfin le Rire-Epais qui est fendu jusqu'aux oreilles et auquel rien ne peut résister..."

                                                 Le cinéma s'est plusieurs fois approprié la pièce. La version que je vous demande  aujourd'hui est la plus célèbre, datant des années 70, signée d'un grand metteur en scène américain en fin de carrière, et nantie de trois monstres sacrés en tête d'affiche, même si ce film est loin d'être le meilleur aussi bien du metteur en scène  que des actrices. Ce film a la particularité d'être une coproduction soviéto-américaine.

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09 janvier 2014

La poésie du jeudi, François-René de Chateaubriand

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Les adieux

Le temps m’appelle : il faut finir ces vers.

A ce penser défaillit mon courage.

Je vous salue, ô vallons que je perds !

Ecoutez-moi : c’est mon dernier hommage.

Loin, loin d’ici, sur la terre égaré,

Je vais traîner une importune vie ;

Mais quelque part que j’habite ignoré,

Ne craignez point qu’un ami vous oublie.

Oui, j’aimerai ce rivage enchanteur,

Ces monts déserts qui remplissaient mon coeur

Et de silence et de mélancolie ;

Surtout ces bois chers à ma rêverie,

Où je voyais, de buisson en buisson,

Voler sans bruit un couple solitaire,

Dont j’entendais, sous l’orme héréditaire,

Seul, attendri, la dernière chanson.

Simples oiseaux, retiendrez-vous la mienne ?

Parmi ces bois, ah ! qu’il vous en souvienne.

En te quittant je chante tes attraits,

Bord adoré ! De ton maître fidèle

Si les talents égalaient les regrets,

Ces derniers vers n’auraient point de modèle.

Mais aux pinceaux de la nature épris,

La gloire échappe et n’en est point le prix.

Ma muse est simple, et rougissante et nue ;

Je dois mourir ainsi que l’humble fleur

Qui passe à l’ombre, et seulement connue

De ces ruisseaux qui faisaient son bonheur.

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 François-René de Chateaubriand, Tableaux de la nature

                                

                                          Personnellement la période des fêtes est très loin de m'euphoriser et m'a plutôt donné envie de relire quelques lignes de ce pionnier d'un certain romantisme, qui avait encore un pied dans le Siècle des Lumières.

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07 janvier 2014

Bronxite chronique

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                                        Ce sera bref. Je n'ai pas aimé ce roman. Je sais que Jerome Charyn a une cohorte d'admirateurs notamment en France. Je lui reconnais une imagination fertile. Il faut dire aussi que pour mon premier, et vraisemblablement dernier Charyn, j'ai pris au hasard El Bronx, huit ou neuvième roman mettant en scène Isaac Sidel, ancien flic juif, commissaire puis ci-devant maire de New York. Depuis je crois qu'il est devenu vice-président des Etats-Unis. Certaines filiations m'ont sûrement échappé. Charyn est un prolifique  "branché". Les prolifiques, moi, je les préfère simples et pas modernes. Jerome Charyn, enfin ce livre, El Bronx, me l'a semblé tellement, moderne, avec tout ce que ça implique d'air du temps, et de facilités, et ce style BD.Certes Charyn sait nous décrire un monde coloré et assez original, un monde d'enfants perdus virevoltant autour d'un maître, un maître mot pour l'auteur, la came. Ce n'est pas le Bronx des polars et du cinéma, pourtant violent, mais un royaume où les enfants jouent un jeu, un jeu que je n'aime décidément pas.

                                       Encore une fois Charyn ne manque ni d'idées ni de visions. Des hélicos survolant le Bronx, transormé en hyper de la dépravation, une sorte d'opéra baroque sous crack , le contraire d'un conte de fées,  Seulement je trouve les idées bien banales et les visions bien clinquantes et agressives. J'aurai lu Jerome Charyn, notamment pour Lecture/Ecriture. Et voilà tout.

 

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05 janvier 2014

J'ai dix ans, je sais que c'est pas vrai mais...

                               ... j'ai dix ans quand Don et Phil, The Everly Brothers, m'offrent mes toutes premières émotions musicales. Leur duo, dont Simon and Garfunkel ont toujours reconnu l'influence sur leurs harmonies, et qui reprirent sur scène  deux de leurs tubes, Bye bye love et Wake up Little Susie, est aussi à l'origine de ce qui devait prendre tant d'ampleur dans mon existence, le rock, au sens large. Bien sûr pour moi ce n'était qu'une ébauche et j'étais encore un peu court pour frémir tout à fait au binaire et aux arpèges. Il faudrait attendre quelques années et lorgner du côté de Liverpool, mais le grain était semé, ça ne devait plus tarder. The Ev. c'était un formidable juke-box d'une trentaine de succès du temps des drive-in et des lait-fraise, où les chansons duraient 2 '40". Pour le drive-in j'étais trop jeune. Phil Everly, le plus jeune est mort vendredi 03 janvier.

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