01 septembre 2014

C'est la vie, Lilith

                                              Ce livre m'est parvenu curieusement. Son auteur, Philippe Pratx, m'a contacté, me proposant de le lire en téléchargement. Il pensait que Le soir, Lilith pouvait m'intéresser de par son thème et son climat très cinéma muet. Il avait bien raison.Je l'ai donc lu ainsi, une première pour moi et puis par principe j'ai tenu à l'acheter à l'auteur lui-même, nanti d'une gentille dédicace. Au passage, quelle différence de toucher le livre, le poser, le retourner, le chercher. Vous m'avez compris,je suis un fossile.

                                             "23 novembre 1924. Lilith Hevesi, star hollywoodienne du cinéma muet, est retrouvée morte dans le château où elle s’est retirée au fin fond de la campagne hongroise. Quarante ans plus tard, alors que le narrateur, ancien ami, amant, mentor de l’actrice aux multiples visages, tente de dépoussiérer son passé, ses recherches sont perturbées par une femme qui éveille rapidement ses soupçons."

98156807_o

                                          Le soir,Lilith est une splendide incursion fantasmée dans le monde du cinéma muet, entre expressionnisme viennois et artifices hollywoodiens. Mais attention, on ne pénètre pas dans le monde de Lilith, un tantinet labyrinthique, sans s'armer de patience pour décrypter les arcanes d'une histoire racontée sous plusieurs angles, voix du narrateur, journal de Lilith elle-même, chroniques des films de la diva sous le nom de Eve Whiteland.Déjà ce pseudo, Eve Whiteland, nous emmène en pays de mystère, particulièrement en ces années où le cinéma muet dispensait un imaginaire souvent fantastique qu'il devait perdre, sauf rares exceptions, en découvrant la parole et trop souvent le bavardage. Eve, comme la première femme, mais Lilith, on le sait, la précéda selon certains textes et certaines civilisations, parfois aussi assimilée au serpent de la Création. Le personnage de Lilith-Eve est donc multiple, protéiforme, insaisissable. A le fin du livre on n'est pas sûr d'avoir saisi l'essentiel, mais on a voyagé dans un monde impalpable et fugace, de pellicules détruites, de fatales attractions, de léthales répulsions.

                                        Passionné de cinéma j'ai emboîté le pas du narrateur, Philippe Pratx doit parfois lui ressembler, sur les traces de Lilith, qu'en cinéphile déférent il tire du côté de Garbo, femme dont on finit par douter de l'existence, une sorte de femme-départ disponible pour des lendemains d'interrogations, toute une palette de lieux sous influence littéraire,Villiers de l'Isle-Adam ou picturale, Chirico, Delvaux. On y croise des personnages réels, Chaplin, un tout petit peu, ou Michael Curtiz du temps de Mihaly Kertesz, ,ou Tod Browning, ou de vrais producteurs, Zukor, Laemmle, tous venus de l'Est. Ou des êtres tout droits sortis de la fertile plume de Philippe Pratx. Ambiance expressionniste très Mitteleuropa, la sanguinaire Comtesse Erzsebeth par exemple, mais le surréalisme pointe parfois son nez et la construction chapitrée du livre évoque les serials, les Fantomas ou Les Vampires à la Feuillade.

 

                                   Le soir, Lilith est un beau roman, riche, trop parfois, sous influence mais sachant aussi battre sa propre mesure, faisant appel au lecteur, troisième part de cette trilogie après l'auteur et les personnages. Quant à moi, blanchi sous le harnais des salles obscures, j'ai pensé à Murnau, à Stroheim, à Sunset Boulevard. Mais c'est avec Paulina 1880 que commence le livre de Philippe Pratx, figure emblématique d'une littérature assez difficile, personnage si complexe entre le criminel et le sacrificiel. J'avoue que ça m'a fait peur, peu conquis que j'ai été par la lecture d'ailleurs récente du roman de Pierre-Jean Jouve. Des embûches, il y en a d'autres au long de Le soir,Lilith, de celles qui font la littérature dont on sort, heureux et fatigué, après avoir tenté des annés durant de comprendre qui était vraiment Lilith. Exigeant et envoûtant, c'est parqué sur la quatrième de couverture.Exact.

                                   N'ayez pas peur, et abordez l'histoire de Lily aux côtés du narrateur, lui qui peine tant à écrire la biographie de Lilith, enquête-hommage par delà la pellicule de passage, par delà le souvenir incertain, par delà le mystère accompli. Homme de son temps,  Philippe Pratx accompagne son roman de cette belle vidéo starring Garbo, un condensé des films d'Eve Whiteland, qu'on croit avoir vus, c'est dire la réussite de l'entreprise. Merci Philippe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par EEGUAB à 06:34 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,


30 août 2014

"Where have you been" Blues

5366

                                         Une novella, je ne savais pas ce que, c'était. Ainsi est présenté le recueil de Joseph O'Connor, Les âmes égarées (titre français médiocre pour Where have you been?, moins pompeux, plus sobre, que je traduirais bien par "Qu'est-ce que t'as foutu?), sept nouvelles + une novella, nommée Un garçon bien-aimé. Si j'ai bien compris une novella serait un court roman d'une centaine de pages avec des chapitres. Appelons ça comme on veut, on s'en fiche. Joseph O'Connor a déjà été abondamment chroniqué ici que ce soit romans, Muse, Redemption Falls, Inishowen ou nouvelles, Les bons chrétiens. Il fait partie de l'invincible armada des écrivains irlandais dont je découvre toujours de nouveaux matelots. J'extrairai de ce beau recueil, où Dublin tient une place importante,ce qui m'intéresse au plus haut point, deux nouvelles qui m'ont particulièrement emballé.

                                         Deux petits nuages, qu'O'Connor définit comme une réponse à une nouvelle de Joyce, Un petit nuage, dont je ne me souviens plus mais que je vais relire, est une formidable tranche de vie sur les retrouvailles à Dublin de deux quadras, le narrateur et Eddy, mainteanant soi-disant dans le show-biz, proche de Bono et pote avec Van Morrison, et dont les enfants s'appellent Kurt et Courtney, vous voyez le genre. Addict aux substances et divorcé menant une vie agitée Eddy se moque de son ami vivant à Londres. Sauf que rien n'est vrai (les enfants se nomment Luca et Emma) et qu'il vit tout à fait bourgeoisement avec son épouse enceinte d'un troisième, ce qui est finalement bien plus original mais quand le dit anticonformisme devient orthodoxie...J'ai vraiment beaucoup aimé la chute de cette nouvelle qui m'a pas mal touché.

                                         Orchard Street, à l'aube revient (c'est récurrent chez les auteurs de l'île verte) sur New York, première ville irlandaise, et la difficile insertion de ces émigrés de la fameuse famine dite des pommes de terre du XIXème Siècle. Très poignante avec la mort d'un bébé cette nouvelle symbolise très bien l'axe transatlantique, omniprésent dans cetet littérature dont je ne me lasse pas. On pense à Dickens, contemporain, car la misère à cette époque n'était pas géographiquement exclusive.

                                            La dite novella, Un garçon bien-aimé, raconte quelques années de la vie de Cian Hanahoe, divorce, déprime, du classique dans une ville de Dublin qui a beaucoup changé, avec une évocation de son père Colm d'une grande portée émotionnelle. O'Connor cite d'ailleurs Dickens, souvent incontournable bien qu' anglais. Dans cette ville moderne qu'est devenue la capitale irlandaise, entre "salons de coiffure à l'africaine et cybercafés polonais" le rock-blues de Rory Gallagher traîne toujours et à côté quelques substances gangréneuses, hélas, pas de la petite bière. Bien que la bière là-bas soit tout sauf petite.

Posté par EEGUAB à 06:56 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

28 août 2014

Aval, amont, embâcles et noues

marne

                                         La Marne est souvent associée à l'Est et aux guerres, un peu au Front Populaire et au canotier dans sa version banlieue parisienne. Homme de l'Ouest mais que les destinations un peu extrêmes (L'arche des Kerguelen, La chambre noire de Longwood, sur Sainte Hélène) passionnent tout autant, Jean-Paul Kaufmann, qui a connu l'enfermement que l'on sait, a eu l'idée de remonter cette rivière intégralement; ce qui n'est pas si facile car la géographie de maintenant fait parfois diversion, carrefours, zones industrielles, ouvrages d'art. La Marne est en fait plus longue que la Seine qui est en quelque sorte sa supérieure hiérarchique directe, et qui la toise facilement, cette prétentieuse. Il en va des cours d'eau comme des hommes et des femmes, jalousies, querelles de voisinage, kleptomanie car l'une vole parfois le lit de l'autre. Le périple de Kauffmann est très intéressant, délivrant au fil de l'eau un amont curieux, fait de bric et de broc, une France sans prétention, je ne dirais pas une France profonde car l'épithète est souvent péjorative.

                                       Parti du banlieusard et tristounet confluent de Charenton Jean-Paul Kauffmann apprivoise le cours de la Marne  tout au long des étapes qui nous emmèneront au Plateau de Langres. Bien sûr la Grande Guerre est passée par là, bien sûr les coteaux champenois effervescents nous tiennent compagnie, Kauffmann est d'ailleurs un oenologue reconnu, mais c'est au détour de la cathédrale de Meaux*, d'une maison d'éclusier à la Simenon ou à l'évocation d'André Breton séjournant six mois à l'hôpital psychiatrique de Saint Dizier que j'ai vraiment apprécié cette longue promenade qui prend toute son ampleur dans une certaine austérité haut-marnaise, où l'ombre d'une grande croix de Lorraine s'observe là-haut sur la rive gauche, rappelant la grandeur du cher et vieux pays.

                                         Ce coin de France dessert la Manche, la Mer du Nord et la Méditerranée. En effet, y naissent la Seine, la Meuse et des affluents de la Saône, toute la France en quelque sorte. Plus émouvant qu'il n'y paraît ce voyage est aussi d'une belle eau (forcément) littéraire où notre vocabulaire s'enrichit considérablement avec les marnois et les brelles, respectIvement des radeaux et des bateaux plats, quinze jours pour livrer à Paris le bois du sud champenois, ou avec la distinction entre berges et rives (vous la connaissez, vous?).

                                         * "Non loin du tombeau de Bossuet, je me suis assis dans la nef près d’un pilier, débarrassé de mon sac posé sur la chaise voisine. L’église lumineuse sentait la pierre blanche, ce coquillé du calcaire et une odeur poudrée de vieux livre, aucunement moisie, quelque chose de blet ressemblant au parfum de vieilles pommes rangées sur un carrelage. Quel moment délicieux ! Les bruits de l’extérieur me parvenaient étouffés : touches de klaxon, percussions régulières d’une masse sur le bois, staccato d’un marteau-piqueur. Ce léger brouhaha contrastait avec l’intérieur où le moindre pas, le grincement d’une chaise, le battement de la porte capitonnée retentissait, amplifié par la réverbération. (…)

Meaux_140708_01

                                         "L’odeur du marbre dans cette église. Même le marbre a une odeur. Il a beau être impénétrable, il exhale une curieuse sensation de givre, acide, dur, piquant. Il me faut débusquer ces effluves chaque fois que je découvre une ville, un village, un site. L’empreinte. La trace d’un parfum ou d’un monument."

Posté par EEGUAB à 07:01 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

26 août 2014

Le cinéma, mon vélo et moi /3/ Elégance pour un chant du cygne

 butch_cassidy_and_the_sundance_kid_movie_poster

                                                                                    Pour une rentrée bloguesque, classe? Non? Un cinéma de séduction, Newman, Redford. Un cinéma qui n'excluait pas la gravité et comme un parfum de western agonisant, avec changement de selle. Une rentrée d'autant plus prometteuse qu'Asphodèle m'a fait un bien joli cadeau,ci-dessous. Merci de tout coeur.

Downloads33

 

 

Posté par EEGUAB à 08:08 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18 août 2014

En passant

Posté par EEGUAB à 07:50 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,


02 août 2014

Les plumes...by Asphodèle: Par dérogation, deuxième partie

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-com

                                                                                    Voici la réponse de Paul à Léonora dans le cadre épistolaire de cette écriture à deux avec Asphodèle. C'est un exercice très particulier que pour mon compte j'adore mais trouve très difficile. Par ailleurs ce blog prend un mois d'août sabbatique. Pas de nouvelle chronique ni critique avant début septembre. Bon août à tous et merci aux visiteurs, qu'ils soient réguliers ou occasionnels. Je vous laisse avec Paul.

 

              Les Hauts de Vermandois, le 31 juillet 1928

              Madame,ma Dame, chère Leonora

              Sachez, vous que je persiste à nommer mon amie, que votre dernière missive a presque touché son but, si du moins celui-ci était d'en appeler à ma conscience, mauvaise en l'occurrence. Et, ma belle amie, vous écrivez si bien, vous savez manifestement toucher le coeur des hommes, et le briser aussi, tout en vous en défendant. La botanique, Madame, vous est plus qu'à moi familière et comme vous avez le talent, l'arbre du Nouveau Monde effervescent ou les roses se fanant, d'embraser le lecteur. Qu'au moins cette assertion vous fasse plaisir, elle est sincère et d'autres suivront moins idylliques mais dont tout me porte à croire qu'elles ne vous laisseront ni indifférente ni même tout à fait chagrine. Me fourvoierais-je, chère auteure, à l'idée que mes brutalités supposées vous aiguillonneraient l'esprit, esprit déjà si enclin chez vous à la vivacité, la répartie et l'impertinence? De grace ne prenez pas ombrage, je n'ai pas l'intention de revendiquer la moindre part de ces éloges et dithyrambes dont le prestige le dispute à l'élégance. Mes amitiés à Monsieur Jean, arbitre des modes et des planches, qui vous estimant, ne peut évidemment faire fausse route.

              Mais j'abandonne là, Madame, la légèreté et le dandysme intellectuel, qui vous paraîtront bien anecdotiques à la connaissance de ma situation matérielle. Je maniais la litote, très chère, en évoquant des revers de fortune. C'est un homme aux abois qui vous le confie, la ruine de ma famille ouvre sous mes pieds un gouffre insondable au point que j'envisagerais une activité professionnelle, c'est vous dire... Quelle charge par ailleurs saurait me convenir car vous m'avez à juste titre passablement éreinté sur mon oisiveté? Votre lettre est cruelle mais ne manque pas de lucidité.

              Agathe de la Bretière ne m'inspire rien d'autre qu'une sympathie à peine paternelle que les sens peineront à combler, et pour cause, mais j'y viens. Vous avez bien perçu que mes entrées chez ces gens là étaient intéressées. Dame, je n'ai pas, moi, ni votre grandeur d'âme ni votre talent d'écriture et si je pratique un tant soit peu la prose il s'agit d'une prose que l'on dit ampoulée, insincère, parliez-vous de galimatias, dont les tournures parfois hardies masquent un creux vertigineux. On me l'a dit déjà.Vaniteux et superficiel, que m'auriez-vous trouvé, Madame, pour que je sois digne de votre intérêt, de vos faveurs dont vous auriez tort de croire que j'ai choisi l'oubli? Vous m'évoquez, Madame, cet Autrichien tapageur et fouineur, très à la mode, mais vous ne détestez pas la mode. Me serait-il d'aucun secours dans mon acrimonie, pire, mon désarroi. Car il me faut, Madame, en arriver à une confidence dramatique que ne cachent même plus mes parades et mes ronds de jambes.

 

sans-titre

 

                 Vous souvenez-vous, chère Léonora d'Ape Regina qui me désarçonna à Clairefontaine en octobre dernier? A la clinique du Haut Valois d'éminents spécialistes m'assurèrent que la fracture iliaque se consoliderait en huit semaines sans séquelles motrices ou orthopédiques. Certes mais la neurologie est d'un tout autre avis et vous percevrez vite, Léonora, que les fougues aimantes sont pour moi reléguées au passé, et que si j'ai semblé vous ignorer, voire vous manifester morgue ou mépris, c'est que si j'ose encore espérer vos bras nos accolades ne sauraient dorénavant être autre chose que fraternelles. Voilà, Madame, vous savez tout ou presque. Cette déficience ne justifie pas la désinvolture dont j'ai fait preuve à votre égard mais j'ai voulu, si j'ose dire la jouer canaille et persifler à seule fin de celer mon tourment.

                 Ce faisant, banqueroute familiale et déroute intime, j'ai estimé de mon devoir de me dévaloriser à vos yeux. Je l'ai fait volontairement, maladroitement. Les biens des La Bretière me sont vitaux et le pire serait à craindre si ces projets venaient à faillir. La donzelle n'a aucune idée de ce qui l'attend avec un tel mari. Peu fier de moi, mon amie, je n'aurais alors d'autre havre que votre maison de Saint Germain, d'autre moyens que ceux que vous voudrez bien mettre à ma disposition, conscient ô combien de la déception qui sera vôtre ,songeant que celui qui  fut votre amant est désormais un banni en attendant d'être un reclus. M'aiderez-vous, Madame, sachant maintenant mes défauts abhorrés? Et me sera-t-il permis, au soir pointant de ma vie, d'envisager une calme retraite auprès de vous... si mon union de circonstance s'avérait impossible.

                Celui pour qui notre rencontre fut un zénith et nos amours un firmament, cet homme qui vous révéla à vous-même, cet immodeste jadis comblé de vos bonnes grâces, cet homme qui perd pied, vous présente ses hommages éblouis. Songez-y...

 

                                                                              Votre amant,votre ami, votre frère

                                                                                            Paul

            

Posté par EEGUAB à 07:13 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :

30 juillet 2014

In the name of rock/Geraldine

                                                        Comme il en a (en)chanté des prénoms de femme,celui-là, de Josie à Lalena, de Guinevere à Celia of the seals. Pourquoi suis-je en train de revisiter ainsi le barde écossais? Et même d'essayer de le jouer et le chanter. Une ballade,chiche, pour les vacances, mais c'est pas du Donovan, ni pour la chanson, ni surtout pour l'interprète.*** Plus sérieusement je vous présente ainsi The ballad of Geraldine, une mienne cousine de jeunesse, à l'époque où toutes les filles étaient plus ou moins mes cousines. Dédiée à quelques-unes parmi mes chères blogueuses, cette parenthèse douce et brumeuse, pour une autre parenthèse concernant ce blog qui va se reposer, se repauser un peu à la fin de la semaine. D'ailleurs, les chansons de ce super 45 tours parlent de soleil et d'été. Forcément...

*** J'ai dit pour les vacances et les vertes feuilles de l'été, à titre exceptionnel hein?Mansuétude souhaitée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par EEGUAB à 07:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26 juillet 2014

Le cinéma, mon vélo et moi/2/ L'héritage néoréaliste

VELO

                                         Un cinéma à hauteur d'enfant, une filiation de De Sica aux Dardenne, un peu plus de soixante années séparent les deux films, le coeur commun, et le vélo-vecteur social et objet d'envie d'insertion. Deux films sans âge, sans grands mots. Taisons-nous. Rome, Liège.

 ladri_di_biciclette940bn

461335201_640

 

Posté par EEGUAB à 08:34 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

24 juillet 2014

La poésie du jeudi, José Maria de Heredia

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1

Un coucher de soleil sur la côte bretonne

Les ajoncs éclatants, parure du granit,

Dorent l'âpre sommet que le couchant allume.

Au loin, brillante encore par sa barre d'écume,

La mer sans fin, commence où la terre finit !

A mes pieds, c'est la nuit, le silence. Le nid

Se tait. L'homme est rentré sous le chaume qui fume ;

Seul l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,

A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,

Des landes, des ravins, montent des voix lointaines

De pâtres attardés ramenant le bétail.

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,

Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,

Ferme les branches d'or de son rouge éventail

José Maria de Heredia (1842-1905)

 3e_Parnasse_Contemporain_1876

                                         En guise de vacances et avant de fermer ce lieu à compter du 2 août, et jusqu'en septembre, quelques vers du XIXème, hommage à une belle région. Mais toutes les régions ne sont-elles pas belles? Merci de tout coeur à Asphodèle, initiatrice et organisatrice de cette très belle année en poésie. La poésie, je l'avais pas mal négligée. J'avais tort. 

Posté par EEGUAB à 07:17 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

22 juillet 2014

Erin, exil

rentréelittétrangere2

                                         Les livres de Colum McCann sont tous passionnants. Romans (Le chant du coyote, Les saisons de la nuit) , nouvelles (La rivière de l'exil, Ailleurs, en ce pays). Et Transatlantic ne fait pas exception. Hardiment construit sur un siècle et nanti d'un long prologue sur les pionniers de l'aviation dans le sens Amérique-Irlande, Terre-Neuve-Connemara, Alcock et Brown en 1919, le beau roman chevauche habilement mais très émotionnellement aussi 150 années de l'histoire de l'Irlande. Dublin, 1845, Fredrick Douglass, esclave afro-américain en fuite, fait une tournée pour la cause de l'abolition, et arrive en Irlande quand la tristement célèbre famine fait rage, entraînant la mort d'un tiers des Irlandais et le difficile exil de beaucoup d'autres. Lily Duggan, jeune domestique le croise brièvement avant de s'embarquer elle-même pour l'Amérique.

330px-Alcock_brown_statue_arp_750pix

                                         Brassant Histoire et fiction (Colum McCann sait faire ça très bien comme dans Danseur ou Et que le vaste monde reprenne sa course folle), le roman est éblouissant et pas seulement pour les irlandophiles chroniques comme moi. La liberté est le maître mot qui court au long du livre. Que ce soit celle que revendique Douglass, le Dark Dandy qui incarne la lutte, visionnaire et mécomprise du peuple noir, avec une complexité qui éloigne toute facilité. Ou celle des filles, petite-fille et arrière petite-fille de Lily Duggan l'émigrée, qui chacune à leur manière ont changé les choses pour les femmes (pour ça, en Irlande , on partait de loin).

Frederick_Douglass_mural_on_the_'Solidarity_Wall',_Belfast

                                            Autre personnage bien réel richement évoqué par Colum McCann, George Mitchell, le sénateur américain, infatigable artisan du processus de paix en Irlande, à la fin des années 1990. On a oublié cet homme qui semble bien avoir oeuvré au mieux, avec quelques autres, pour sortir l'Irlande  de cet historique magma Black and Tan versus IRA. Le portrait d'honnête homme qu'en fait l'auteur est magistral et nous aide à appréhender la complexité de cette longue quête vers quelque chose qui ressemblerait à la paix. Vivant sur les rives de l'Hudson depuis 25 ans, McCann se définit comme Irlandais de New York, une variété à part entière. Avouez que pour cet "homme à deux poches", dixit lui-même, quand on sait la richesse littéraire et de la Verte Erin et de la Grosse Pomme, on comprend aisément que nous naviguons dans une sphère littéraire de très haut vol.

Posté par EEGUAB à 06:53 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,