03 septembre 2012

Croisade à l'italienne

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                Un chevalier et sa monture,une haridelle plutôt,pas nommée Rossinante mais Aquilante.Mais ce n'est pas Don Quichotte. Un générique cartoonesque (http://youtu.be/M9PrWuT-E-0), une sorcière sauvée de justesse par une petite troupe dépenaillée et piétonnière par manque de moyens.Mais ce n'est pas le Sacré Graal des Monty Python.Ce même chevalier devise avec la Mort.Non,ce n'est pas Le septième sceau.Un navire traverse une colline à dos d'hommes mais ce n'est pas Fitzcarraldo.Mario Monicelli et ses géniaux scénaristes,le fabuleux duo Age-Scarpelli,à qui le cinéma italien doit tant,ont imaginé une suite à la déjà inénarrable Armée Brancaleone (1966).Vittorio Gassman,tout en rodomontades,est l'interprète idéal de ce matamore finalement plus naïf que roublard, qui mène sa maigre bande avec nain,boîteux juché sur les épaules d'un aveugle,puis nouveau-né sauvé in extremis,chèvres et enchanteresse.Arrive même un lépreux très dansant au son de sa clochette,assez sexy ce lépreux.

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         Tout ce petit monde,bien que peu ferré en géographie,part donc pour la Terre Sainte.Rencontres et péripéties attendent ces branques du Saint Sépulcre.Dans Brancaleone s'en va-t'aux croisades la langue italienne est truffée de patois et de latin douteux, ce qui lui donne un maximum de verve.La verve,justement,est un ingrédient qui a rarement manqué à ces maîtres de la comédie italienne que j'aime tant.Monicelli,toujours satirique,dégomme gentiment la religion et le pouvoir,pape et antipape se querellent comme des supporters de foot,un arbre aux pendus s'avère riche en drôlerie,le jugement de Dieu fait glousser Brancaleone, un tournoi final, un peu longuet, alanguit à mon avis ce road-movie médiéval que Mario Monicelli aurait dû écourter de vingt minutes pour lui assurer tout son punch. Quoiqu'il en soit cette Cour des Miracles itinérante est une preuve de plus de la grande variété de ce cher cinéma italien.Elle est aussi une invite à se balader dans le challenge botté initié par Nathalie.

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31 août 2012

Les plumes de l'été: Fin d'été,un peu triste

            Notre chère Asphodèle nous propose pour clore cette aventure:zeuzère(ou ziggourat)-zélateur-zénith-zen-zéphyr-zigzaguer-zoo-zizanie-zéro-zinzin-zut-zoulou-zeste-zinzolin-zodiaque(ou zodiac)-zozoter-zèbre-zouave-zèle-zarzuela.

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                 Disons-le,maussade était mon humeur et je bougonnais dans mon coin.Mon millième billet n'avait pas obtenu les dithyrambes escomptés,malgré douze jours en première ligne et ma carrière de bluesman piétinait sec.Là-dessus arrive ce diabolique Z et vlà-t-y pas qu'il nous faut plancher sur l'appendice caudal de notre alphabet,cette lanterne rouge du peloton lexical.Si les instances des Plumes de l'été croient que je vais me décarcasser à trois jours de la quille...Pour rester dans le domaine de la carcasse j'avais donc décidé de la jouer bestiaire.Pan!Pas l'ombre d'une zibeline,pas la queue d'une zorille,pas la moindre bosse de zébu.

              Rien que le sempiternel zèbre,quelle surprise!Bon,ça permet de rayer le zèbre,plus que dix-neuf satanés mots.Sauf que si vous rayez un zèbre ça donne forcément un cheval unicolore,logique.Et surtout ça ne nous avance guère,ce zèbre se montrant têtu comme un âne.Ainsi fait,bien qu'adepte du format court,je me trouvai avec, au bout de neuf lignes,un seul nom placé ,certes quatre fois mais tout de même.J'installai vite le quadrupède dans un zoo,en proie à un essaim de zeuzères autour des yeux, sans trop savoir s'il n'y avait pas là une aberration géographique.Mon zèle animalier s'arrêtant là fallait-il encore se coltiner seize vocables. Aussi passai-je donc du coq à l'âne,déjà cité mais,zut alors,pour la dernière épreuve on peut bien se permettre quelques redites.

                   Une manipulation informatique malencontreuse (peut-être deux mais mon web-level(!) est proche de zéro) m'exila à cet instant sur la liste des 3017 films que j'ai vus et j'en profitai pour rajouter Zoulou,excellent film d'aventures,en toute fin de série,après Zodiac et Zorba le Grec.Plus moyen par contre de me souvenir si oui ou non j'avais vu Le zinzin d'Hollywood,nanar de Jerry Lewis.Là n'était certes pas la question mais l'ultime tâche asphodélienne prenait ainsi doucement tournure et je convoquai La Fontaine, puisque je crois qu'on a le droit de faire appel à un ami,un zeste de citation se révélant commode et j'allai ainsi mon train de zélateur.Quel talent ce Jeannot,n'avait-il pas écrit "Tout vous est aquilon,tout me semble zéphyr".

zouave

            Zigzaguant sans prétention vers les Champs-Elysées du samedi 1er septembre pour ce qui serait sans nul doute le zénith de mon année d'auteur j'écartai l'idée de teindre les mots ici présents,et à quel prix,en zinzolin,vu que ma perception des couleurs défaillante et mon ignorance totale de cette nuance ne m'autorisaient guère à faire le zouave.Ainsi parlait Zarathoustra et ainsi restèrent rouges ces dits mots maudits.A propos de ces termes vous avez sûrement remarqué que quatre d'entre eux zozotent. Si,si,j'insiste,ils zozotent,les zinzin, zeuzère, zinzolin, zigzaguer.Si,si, et même zozoter zozote.Ceci dit,souhaitant vivement qu'aucune zizanie ne ternisse la fin de la saison et que toutes ces belles plumes demeurent zen je terminai en proposant aux oreilles empennées qui partagèrent mes affres  estivales la superbe zarzuela d'un dimanche placide..

Placido Domingo - Zarzuela

 
de Pablo Sorozabal / Frederico Romero, Guillermo Fernandez

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20 août 2012

Billet de mille ou Géographie: Saint Quentin, Mississippi, à titre honorifique

 mille

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 basilique

QUENTI

ARTD2CO

Rousseau

COUCHER SOLEIL

                      La destination d'aujourd'hui peut surprendre.Je ne suis pas sûr que la Route 66 vous y mène,ni la Dust Bowl,ni aucun road-movie d'aucune époque.Et ici quand on dit "roots" on pense plus aux betteraves voisines qu'aux origines du folk et du blues.Mais cette ville là,je la connais.Parce que celles que je vous ai présentées, si j'en ai vu quelques-unes, j'ai rêvé les autres.Mais le rêve, l'imagination,la curiosité,la passion ont fait le reste. Alors voici ma ville,ni pire,ni meilleure.Elle est Northern Line plus que Go West ou Deep South.Mais c'est ma ville.On peut s'y sentir bien,ou mal.Et chez vous?Le style y est soit espagnol du temps où même les Flandres étaient d'Espagne,soit Art Déco.Les pastels de Quentin de la Tour y sont chez eux.Les oiseaux y sont nombreux, les gens plutôt modestes,les souvenirs plutôt guerriers,les cimetières militaires fréquents et polyglottes.Pas de quoi geindre.Pas de quoi frimer.Juste un petit coucou à ceux qui furètent parfois du côté de la Comtesse.Je les remercie.Et,fidèle,je leur propose comme souvent un ou deux airs de blues de là-bas,du delta,bien qu'ici ce soit davantage le blues du canal.Quant à l'interprète,il est historique,a débuté avec Blind Willie McTell,s'est bagarré avec Lightnin' Hopkins,a pris une cuite avec B.B. King,secondé Howlin' Wolf, rivalisé avec John Lee Hooker et fait le boeuf avec Muddy Waters. Ou...tout comme.

P.S. Pour la cuite c'est vrai,mais c'était pas B.B. King,c'était Paulot,je crois.

P.S. Grand merci à Yves Keroas,guitariste généreux quant à ses conseils et ses plans sur la Toile.

 http://youtu.be/K_JAa73p71Y The ? blues (E blues de Y.Keroas)

http://youtu.be/hyY8cOWzy5Y In the evening

 

Mille

                   Mille,le compte est bon.Mille billets, chroniques ,missives, critiques, quelques jeux parfois.Mille trucs,quoi,que j'ai écrits depuis des années avec plaisir puisque j'adore l'écriture,avec un peu de peine parfois,avec soin toujours tant la passion de la langue et des mots et même de l'orthographe (là-dessus je frise l'intégrisme) me parcourt depuis tout petit. Je remercie tous ceux qui souvent ou plus rarement m'ont fait l'amitié de passer ici.Qu'ils sachent que leurs passages me sont précieux.J'aimerais aussi préciser que certains sujets sont très peu abordés par manque de connaissance,d'autres parce que je ne le souhaite pas.J'ai profité de ce millénaire pour vous parler un peu de ma région,qui n'a ni mer ni montagne à l'immédiat horizon,mais où j'ai vécu une grande partie de ma vie et où j'ai fait profession de soigner depuis bien longtemps.Mes goûts,vous les connaissez forcément.Je n'en dirai donc guère plus car ce n'est pas ici le lieu des épanchements,mais vous demande toute votre indulgence pour l'illustration musicale.

 

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18 août 2012

Les plumes de l'été: Retour à Boboli

                   Pour cette moisson auguste Asphodèle  a recueilli les mots suivants: vasque-vicissitudes-vacance (au singulier)-victoire-verveine-viaduc-vernaculaire-volubile-véto-vagabond-vice-vibration-valser-vampire-véloce-vinaigrette-vaste-voler (comme un oiseau)-victorieux (facultatif)-voluptueusement-verdure.

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            Trois ou quatre chats au moins s'allongeaient voluptueusement au coeur des massifs rose et rouge crénelés de vasques écaillées. Les jardins de Boboli s'animaient,mais doucement,au coeur de ma chère Toscane.Trop véloces en ce matin,les cloches que j'entendais,il me plaisait de les attribuer à San Miniato, pourtant éloignée,mais comme perchée sur mon épaule vagabonde à la façon d'un calme oiseau familier qui,par doux et contraires soubresauts,volerait là,pas plus loin,vers les si précieux cyprès florentins. Neuf années avaient passé, neuf hivers,neuf automnes dans la trop vaste maison du Nord,et la solitude qui avait jeté sur moi un bizarre ange de l'opprobre, aux vices très tolérables mais néanmoins messagers d'une noire victoire de l'ombre,à mille lieues de la ferveur florentine de nos émois d'hier.

 

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                         Qu'avais-je donc fait de plus de trois mille jours hors d'elle? Hors la vie, hors le goût car le meilleur scotch m'était verveine.Hors l'écoute,un volubile scherzo ne m'étant que lourdeur.Les si beaux théâtres de verdure aux estivaux effluves où valsaient muses et nixes,comme je les avais ignorés! Rien n'existait alors que ma vacance de roc et d'île.Ces gens,ce monde,ces orages ou ces soleils,cela ne me regardait pas.Ignorant toutes ces vicissitudes, seule ma douleur prenait corps, irriguant de ses vibrations toutes ces heures épuisées sans même un regard de ma part, comme si de ma  vie j'avais fait un viaduc hautain,au-dessus,ou ailleurs.

               Si longtemps après,voilà qu'à nouveau le Palais Pitti et la fontaine de l'Océan m'offraient leurs frondaisons,leurs babillages vernaculaires,leurs bruissements baroques.La Trattoria dei Medici présentait-elle toujours la vinaigrette charcutière dont nous nous grisions? Et le cabinet du véto où nous avions amené un des espiègles félins,à la patte chancelante? Curieusement je m'imaginai que la cape du vampire,ce plafond ténébreux qui m'oppressait depuis des lustres allait,enfin peut-être,s'étioler et hanter d'autres que moi.Ou rêvai-je?

 

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12 août 2012

Il me semble en effet qu'en vieillissant...

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                         Voilà un deuxième roman français qui m'enchante en quelques semaines.L'âge venant,me rapprocherais-je d'une littérature que j'ai somme toute assez peu fréquentée.Auvergne,début des années soixante.Albert est ouvrier chez Michelin,et la télé arrive chez lui,aujourd'hui même où Cinq colonnes à la une diffuse un reportage sur l'Algérie.On doit y voir son fils aîné Henri. Gilles,autre fils d'une douzaine d'années ne s'intéresse qu'à la lecture,Balzac surtout.Drôle d'idée, non? Suzanne son épouse semble ailleurs.Un couple ordinaire de ces années, l'ascenseur social fonctionne assez bien,mais les armes aussi.Albert est un homme bien.Mais son goût de la vie vacille alors que le monde bascule.De toute façon le monde,notre monde bascule un peu tous les jours,plus ou moins.Le roman de Jean-Luc Seigle est un très beau livre qui parvient à l'émotion sans débauche d'effets spéciaux,sans grandes scènes racoleuses.La tragédie intime d'un homme simple se cristallise un jour de juillet 61.Se pose à lui la question essentielle:a-t-il aimé la vie et les autres,ses proches,si loin finalement?

              En quelques heures Albert prendra conscience d'un présent pas très enchanteur,notamment à s'occuper de sa vieille mère atteinte d'Alzheimer,comme on ne le disait pas,et d'un avenir flou.Une scène très belle où il lave entièrement la vieille dame est d'une pudique beauté très émouvante.Travailleur obstiné,calme jardinier du dimanche,paisible mais volontaire,Albert remet en cause sa paternité, son mariage,s on existence.Parabole aussi que cette irruption de l'objet télé dans l'univers familial.C'est très discret, c'est néanmoins très prégnant.La Guerre d'Algérie est là,tapie au coeur de cette campagne auvergnate et il me semble m'en souvenir très bien,moi qui n'avais que onze ans à cette époque.En vieillissant les hommes pleurent,c'est un très beau titre pour un livre.Un livre qu'on achèterait rien que pour son titre...et qu'on aurait la très bonne idée de lire.Profond,profond et durable.

          

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09 août 2012

La splendeur du bref

ALEX

       Très fine plume,mais on le savait déjà,William Trevor a écrit ce court roman de 120 pages comme un baiser d'adieu à une femme rencontrée vers l'âge de seize ans.Vous pensez au Blé en herbe?Vous n'avez pas vraiment tort mais cela va bien au delà.Une petite ville d'Irlande,juste avant et pendant la guerre.Harry adolescent ne s'intéresse guère à la scierie familiale,encore moins à la bigoterie ambiante. Solitaire malgré une soeur aînée et deux cadets,crevant d'ennui en semaine comme le dimanche,il fait la connaissance d'une dame de 27 ans mariée à un Allemand de plus de 30 ans son aîné.De petites scènes d'une grande discrétion nous font partager l'amour naissant du jeune héros dans un contexte difficile.

    La neutralité de l'Irlande n'est pas toujours bien vécue et le mari âgé aime profondément sa femme et réciproquement.Ce curieux attelage fonctionne pourtant dans ce pays où la haine de l'Anglais a parfois entraîné des amitiés douteuses pour le régime de Berlin.Aucune scène grandiloquente,aucun goût du spectaculaire dans Les splendeurs de l'Alexandra,mais une très modeste progression d'une intrigue a minima,percutante et précise.Cela donne un roman d'apprentissage tout en grâce qui procure un grand plaisir de lecture.L'histoire est racontée par le jeune homme en personne,devenu âgé,dans la grande salle de l'Alexandra,ce cinéma bâti par le mari pour sa femme si fragile,et dont il a hérité.Ce livre n'évoque pratiquement aucun cliché de l'Irlande telle qu'on l'a beaucoup lue,avec bière,bagarres et politique.Cette originalité n'est pas la moindre de ses qualités.Voici l'avis de l'ami Eireann, auquel rien de ce qui est irlandais n'échappe.

TREVOR William / Les splendeurs de l'Alexandra

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06 août 2012

Géographie: Manhattan, New York

 

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http://youtu.be/Gej5bUksPKA   First we take Manhattan   Leonard Cohen

                  New York est la seule ville à jouir dans ce voyage d'un statut particulier.Parce que cette ville est unique et que nous l'abordons par quartiers. Parce que pour moi elle n'est pas en Amérique tout à fait et qu'elle en est pourtant un symbole multiple. Alors plutôt que de logorrhéifier(?) sur cette île qui enflamme sous la grande torche,et après Brooklyn,regardons et écoutons Manhattan  dont ont si bien parlé des tas de gens, Manhattan que nous connaissons tous depuis 40 ans qu'on va voir les films de Woody Allen qui devrait, à mon avis, y revenir filmiquement.Et puis Manhattan, nous allons tout simplement l'enlever,menés par notre troubadour canadien certes un peu fatigué,certes si loin maintenant de notre chère Suzanne Une chanson:Suzanne restée là-bas près de la rivière,mais qui envisage cependant d'aller jusqu'à Berlin.Appréciez la chorégraphie bondissante de Leonard et aussi le joueur d'oud qui lui ressemble beaucoup. Personnellement par contre la surcharge choriste me pèse un peu.

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04 août 2012

Les plumes de l'été: La boursouflure

              Asphodèle nous propose pour cette semaine en u les mots suivants: utopique-unique-us-ubiquité-ustensile-urgent-usufruit-universel-utile-usuel-usine-usurper-ultimatum-uppercut-utérus-urbain-usé-union-uchronie-utopie.Ayant utilisé utopique je n'ai pas retenu utopie.J'avoue que ce texte est celui qui m'a donné le plus de fil à retordre.C'est peu dire que je n'en suis guère satisfait.Merci à Asphodèle une fois de plus.

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             Souvent les lettres n'en font qu'à leur tête.Elles composent des mots comme en votre absence,et dirigent les opérations. Regrettant le manque d'unisson,ce joli mot improbable,le vingt-et-unième signe cabalistique m'a irrésistiblement entraîné vers l'espace,vers la matrice universelle, vers l'utérus grandissime si souvent redécouvert par les grand auteurs d'anticipation,que ce soit au coeur d'un désert aux runes uniques et mystérieuses,ou dans un maelström urbain d'une civilisation usée,sonnée par une série d'uppercuts totalitaires et oppressants.Vers un aller simple au mitan d'un monde utopique à mille lieues de notre usuelle médiocrité.Vers une extrême essence de l'imaginaire,où l'humanité essoufflée,incompétente au point d'avoir oublié qu'elle ne détenait qu'un usufruit planétaire,finirait par éradiquer l'horreur en sa totale ubiquité.Vers une saison parfaite,union d'hommes ayant enfin cessé d' usurper le divin.

            Fort à propos il arrive que je me relise.Effarement.N'avais-je pas en quelques lignes cédé à un ultimatum grandiloquent, poussé par une sorte d'hypertrophie urgente au point d'écrire comme si,en une banale uchronie,cette constante des us et coutumes science-fictionnels,j'avais décidé de refaire un cycle à la Asimov ou à la Frank Herbert,ces papes d'une littérature que je connais si mal en réalité.Dussé-je revenir sur mes pas,je décidai d'en rester là.L'usine à cauchemars, et les ustensiles télétransmetteurs, manifestement,je ne leur serais guère utile

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02 août 2012

Un compagnon de Dumas

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              J'ai voulu lire La grande sonate par amitié envers Alexandre Dumas à qui je dois tant.Claude Schopp est un lettré,un universitaire qui a entre autres consacré bien du temps à Dumas,sa vie,son oeuvre,véritable exégète du fameux quarteron, notant, annotant, classifiant les éditions, les centaines de textes.Un travail de bénédictin au service du roman d'aventures.Mais c'est le Schopp romancier que j'ai abordé,La grande sonate étant une biographie libre du compositeur méconnu Charles-Valentin Alkan, contemporain des Chopin, Liszt, Berlioz.J'espérais nager en plein romantisme,l'un de mes péchés mignons.Mais ce n'était pas le genre d'Alkan,surdoué tant comme auteur que comme interprète,plutôt austère, probablement à cause de ses origines hébraïques.Bien qu'Alexandre Dumas fasse une apparition on est loin de la truculence gasconne,et même de la flamme qui caractérisa la plupart des Romantiques.

 Liste des participants

        Alkan,dont j'ignorais le nom,passa sa vie à l'étude de la musique,vivant proche de la solitude malgré ses connaissances nombreuses.Souvent confiné,il faut bien dire que l'univers quotidien d'Alkan manque singulièrement de brillance et que ce n'est pas l'idée que je me fais du XIXème.Je vous propose néanmoins quelques notes du compositeur,à défaut d'un grand livre flamboyant. Cet Allegro Barbaro portant bien son nom.Pourquoi pas? Mais on est loin de la bataille d'Hernani et des amours des enfants du siècle,malgré une George Sand plus vraie que nature.Reste un livre estimable,dont j'aurais pu me passer,ce qui n'engage que moi.D'où l'intérêt des bibliothèques municipales,que l'on ne défendra jamais assez.

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29 juillet 2012

Accusé de pâleur

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                         Je n'avais plus lu Michael Connelly depuis une dizaine d'années, déjà un peu lassé au bout de cinq enquêtes.Cet été je suis donc retourné à L.A. pour une déception assez marquée. Volte-face est un produit de confection qui n'a plus rien du thriller comme les concoctait le Michael Connelly de Créance de sang ou L'oiseau des ténèbres.Une précision:on est plus dans le prétoire que dans le polar.Ce qui veut dire pas mal de verbiage administratif et très peu,pas du tout,d'action,puisqu'il s'agit d'une possible erreur judiciaire que l'on réexamine après 24 ans,cause ADN.Mais le système pénal américain est assez récalcitrant au profane et s'est pointé rapidement un sentiment d'ennui.J'ai cependant accordé un sursis à Connelly et ai finalement assisté à toute l'affaire,qui pour moi ne restera pas dans les annales littéraires.

                 J'aimais bien Harry Bosch,un des enquêteurs récurrents de Michael Connelly.Mais dans Volte-face il ne tient guère qu'un rôle subalterne derrière le narrateur,avocat de la défense en général,passé exceptionnellement du côté de l'accusation contre le prévenu,que l'on rejuge pour le meurtre d'une enfant,voire de plusieurs.Et l'auteur de nous initier aux arcanes de la procédure,ce qui tient du pensum.C'est curieux comme j'ai trouvé tout assez laborieux dans ce roman,les palabres s'accomodant mal du thriller et l'enquête ne palpitant guère.De grâce messieurs les auteurs laissez un peu les serial killers en liberté.Ils ont bien le droit de s 'exprimer car dans le box des accusés ils sont souvent bien ternes et Volte-face aussi fait pâle figure.Ou simplement l'imagination manque à Michael Connelly,ce qui est pardonnable et peut arriver à beaucoup,notamment aux écrivains (trop)prolifiques.

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