12 août 2012

Il me semble en effet qu'en vieillissant...

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                         Voilà un deuxième roman français qui m'enchante en quelques semaines.L'âge venant,me rapprocherais-je d'une littérature que j'ai somme toute assez peu fréquentée.Auvergne,début des années soixante.Albert est ouvrier chez Michelin,et la télé arrive chez lui,aujourd'hui même où Cinq colonnes à la une diffuse un reportage sur l'Algérie.On doit y voir son fils aîné Henri. Gilles,autre fils d'une douzaine d'années ne s'intéresse qu'à la lecture,Balzac surtout.Drôle d'idée, non? Suzanne son épouse semble ailleurs.Un couple ordinaire de ces années, l'ascenseur social fonctionne assez bien,mais les armes aussi.Albert est un homme bien.Mais son goût de la vie vacille alors que le monde bascule.De toute façon le monde,notre monde bascule un peu tous les jours,plus ou moins.Le roman de Jean-Luc Seigle est un très beau livre qui parvient à l'émotion sans débauche d'effets spéciaux,sans grandes scènes racoleuses.La tragédie intime d'un homme simple se cristallise un jour de juillet 61.Se pose à lui la question essentielle:a-t-il aimé la vie et les autres,ses proches,si loin finalement?

              En quelques heures Albert prendra conscience d'un présent pas très enchanteur,notamment à s'occuper de sa vieille mère atteinte d'Alzheimer,comme on ne le disait pas,et d'un avenir flou.Une scène très belle où il lave entièrement la vieille dame est d'une pudique beauté très émouvante.Travailleur obstiné,calme jardinier du dimanche,paisible mais volontaire,Albert remet en cause sa paternité, son mariage,s on existence.Parabole aussi que cette irruption de l'objet télé dans l'univers familial.C'est très discret, c'est néanmoins très prégnant.La Guerre d'Algérie est là,tapie au coeur de cette campagne auvergnate et il me semble m'en souvenir très bien,moi qui n'avais que onze ans à cette époque.En vieillissant les hommes pleurent,c'est un très beau titre pour un livre.Un livre qu'on achèterait rien que pour son titre...et qu'on aurait la très bonne idée de lire.Profond,profond et durable.

          

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09 août 2012

La splendeur du bref

ALEX

       Très fine plume,mais on le savait déjà,William Trevor a écrit ce court roman de 120 pages comme un baiser d'adieu à une femme rencontrée vers l'âge de seize ans.Vous pensez au Blé en herbe?Vous n'avez pas vraiment tort mais cela va bien au delà.Une petite ville d'Irlande,juste avant et pendant la guerre.Harry adolescent ne s'intéresse guère à la scierie familiale,encore moins à la bigoterie ambiante. Solitaire malgré une soeur aînée et deux cadets,crevant d'ennui en semaine comme le dimanche,il fait la connaissance d'une dame de 27 ans mariée à un Allemand de plus de 30 ans son aîné.De petites scènes d'une grande discrétion nous font partager l'amour naissant du jeune héros dans un contexte difficile.

    La neutralité de l'Irlande n'est pas toujours bien vécue et le mari âgé aime profondément sa femme et réciproquement.Ce curieux attelage fonctionne pourtant dans ce pays où la haine de l'Anglais a parfois entraîné des amitiés douteuses pour le régime de Berlin.Aucune scène grandiloquente,aucun goût du spectaculaire dans Les splendeurs de l'Alexandra,mais une très modeste progression d'une intrigue a minima,percutante et précise.Cela donne un roman d'apprentissage tout en grâce qui procure un grand plaisir de lecture.L'histoire est racontée par le jeune homme en personne,devenu âgé,dans la grande salle de l'Alexandra,ce cinéma bâti par le mari pour sa femme si fragile,et dont il a hérité.Ce livre n'évoque pratiquement aucun cliché de l'Irlande telle qu'on l'a beaucoup lue,avec bière,bagarres et politique.Cette originalité n'est pas la moindre de ses qualités.Voici l'avis de l'ami Eireann, auquel rien de ce qui est irlandais n'échappe.

TREVOR William / Les splendeurs de l'Alexandra

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06 août 2012

Géographie: Manhattan, New York

 

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http://youtu.be/Gej5bUksPKA   First we take Manhattan   Leonard Cohen

                  New York est la seule ville à jouir dans ce voyage d'un statut particulier.Parce que cette ville est unique et que nous l'abordons par quartiers. Parce que pour moi elle n'est pas en Amérique tout à fait et qu'elle en est pourtant un symbole multiple. Alors plutôt que de logorrhéifier(?) sur cette île qui enflamme sous la grande torche,et après Brooklyn,regardons et écoutons Manhattan  dont ont si bien parlé des tas de gens, Manhattan que nous connaissons tous depuis 40 ans qu'on va voir les films de Woody Allen qui devrait, à mon avis, y revenir filmiquement.Et puis Manhattan, nous allons tout simplement l'enlever,menés par notre troubadour canadien certes un peu fatigué,certes si loin maintenant de notre chère Suzanne Une chanson:Suzanne restée là-bas près de la rivière,mais qui envisage cependant d'aller jusqu'à Berlin.Appréciez la chorégraphie bondissante de Leonard et aussi le joueur d'oud qui lui ressemble beaucoup. Personnellement par contre la surcharge choriste me pèse un peu.

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04 août 2012

Les plumes de l'été: La boursouflure

              Asphodèle nous propose pour cette semaine en u les mots suivants: utopique-unique-us-ubiquité-ustensile-urgent-usufruit-universel-utile-usuel-usine-usurper-ultimatum-uppercut-utérus-urbain-usé-union-uchronie-utopie.Ayant utilisé utopique je n'ai pas retenu utopie.J'avoue que ce texte est celui qui m'a donné le plus de fil à retordre.C'est peu dire que je n'en suis guère satisfait.Merci à Asphodèle une fois de plus.

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             Souvent les lettres n'en font qu'à leur tête.Elles composent des mots comme en votre absence,et dirigent les opérations. Regrettant le manque d'unisson,ce joli mot improbable,le vingt-et-unième signe cabalistique m'a irrésistiblement entraîné vers l'espace,vers la matrice universelle, vers l'utérus grandissime si souvent redécouvert par les grand auteurs d'anticipation,que ce soit au coeur d'un désert aux runes uniques et mystérieuses,ou dans un maelström urbain d'une civilisation usée,sonnée par une série d'uppercuts totalitaires et oppressants.Vers un aller simple au mitan d'un monde utopique à mille lieues de notre usuelle médiocrité.Vers une extrême essence de l'imaginaire,où l'humanité essoufflée,incompétente au point d'avoir oublié qu'elle ne détenait qu'un usufruit planétaire,finirait par éradiquer l'horreur en sa totale ubiquité.Vers une saison parfaite,union d'hommes ayant enfin cessé d' usurper le divin.

            Fort à propos il arrive que je me relise.Effarement.N'avais-je pas en quelques lignes cédé à un ultimatum grandiloquent, poussé par une sorte d'hypertrophie urgente au point d'écrire comme si,en une banale uchronie,cette constante des us et coutumes science-fictionnels,j'avais décidé de refaire un cycle à la Asimov ou à la Frank Herbert,ces papes d'une littérature que je connais si mal en réalité.Dussé-je revenir sur mes pas,je décidai d'en rester là.L'usine à cauchemars, et les ustensiles télétransmetteurs, manifestement,je ne leur serais guère utile

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02 août 2012

Un compagnon de Dumas

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              J'ai voulu lire La grande sonate par amitié envers Alexandre Dumas à qui je dois tant.Claude Schopp est un lettré,un universitaire qui a entre autres consacré bien du temps à Dumas,sa vie,son oeuvre,véritable exégète du fameux quarteron, notant, annotant, classifiant les éditions, les centaines de textes.Un travail de bénédictin au service du roman d'aventures.Mais c'est le Schopp romancier que j'ai abordé,La grande sonate étant une biographie libre du compositeur méconnu Charles-Valentin Alkan, contemporain des Chopin, Liszt, Berlioz.J'espérais nager en plein romantisme,l'un de mes péchés mignons.Mais ce n'était pas le genre d'Alkan,surdoué tant comme auteur que comme interprète,plutôt austère, probablement à cause de ses origines hébraïques.Bien qu'Alexandre Dumas fasse une apparition on est loin de la truculence gasconne,et même de la flamme qui caractérisa la plupart des Romantiques.

 Liste des participants

        Alkan,dont j'ignorais le nom,passa sa vie à l'étude de la musique,vivant proche de la solitude malgré ses connaissances nombreuses.Souvent confiné,il faut bien dire que l'univers quotidien d'Alkan manque singulièrement de brillance et que ce n'est pas l'idée que je me fais du XIXème.Je vous propose néanmoins quelques notes du compositeur,à défaut d'un grand livre flamboyant. Cet Allegro Barbaro portant bien son nom.Pourquoi pas? Mais on est loin de la bataille d'Hernani et des amours des enfants du siècle,malgré une George Sand plus vraie que nature.Reste un livre estimable,dont j'aurais pu me passer,ce qui n'engage que moi.D'où l'intérêt des bibliothèques municipales,que l'on ne défendra jamais assez.

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29 juillet 2012

Accusé de pâleur

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                         Je n'avais plus lu Michael Connelly depuis une dizaine d'années, déjà un peu lassé au bout de cinq enquêtes.Cet été je suis donc retourné à L.A. pour une déception assez marquée. Volte-face est un produit de confection qui n'a plus rien du thriller comme les concoctait le Michael Connelly de Créance de sang ou L'oiseau des ténèbres.Une précision:on est plus dans le prétoire que dans le polar.Ce qui veut dire pas mal de verbiage administratif et très peu,pas du tout,d'action,puisqu'il s'agit d'une possible erreur judiciaire que l'on réexamine après 24 ans,cause ADN.Mais le système pénal américain est assez récalcitrant au profane et s'est pointé rapidement un sentiment d'ennui.J'ai cependant accordé un sursis à Connelly et ai finalement assisté à toute l'affaire,qui pour moi ne restera pas dans les annales littéraires.

                 J'aimais bien Harry Bosch,un des enquêteurs récurrents de Michael Connelly.Mais dans Volte-face il ne tient guère qu'un rôle subalterne derrière le narrateur,avocat de la défense en général,passé exceptionnellement du côté de l'accusation contre le prévenu,que l'on rejuge pour le meurtre d'une enfant,voire de plusieurs.Et l'auteur de nous initier aux arcanes de la procédure,ce qui tient du pensum.C'est curieux comme j'ai trouvé tout assez laborieux dans ce roman,les palabres s'accomodant mal du thriller et l'enquête ne palpitant guère.De grâce messieurs les auteurs laissez un peu les serial killers en liberté.Ils ont bien le droit de s 'exprimer car dans le box des accusés ils sont souvent bien ternes et Volte-face aussi fait pâle figure.Ou simplement l'imagination manque à Michael Connelly,ce qui est pardonnable et peut arriver à beaucoup,notamment aux écrivains (trop)prolifiques.

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16 juillet 2012

Heurt du blues

imagesCAH4RPPP       http://youtu.be/JzYa-1MLNn4

                 Non il n'y pas de faute d'orthographe dans le titre.Je n'en dirais pas autant de l'enregistrement.Cependant il peut vous tenir compagnie en ma bloguesque absence de deux semaines environ.Le titre m'a semblé adapté à cette interprétation certes remarquable mais peut-être un peu rocailleuse.Bonnes vacances à ceux à qui je ne dis pas bon retour.A bientôt et merci à vous.

      Enfin,cahiers de vacances obligent, une petite énigme rébus qui doit vous conduire à un roman d'une relative célébrité...Réponse vers le 30 juillet.

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14 juillet 2012

Les plumes de l'été: Le courant d'une onde pure

                            Asphodèle nous propose cette semaine dix-neuf mots:rococo-récolte-rivage-rigolo-râler-se rebeller-roucouler-rature-rumeur-ruban-regrets-russe-rodéo-rose-rage-rubicond-rasoir-ragondin-rouleau.

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                 Vraiment de quoi râler,la Superbe,ce fringant petit affluent de l'Oise supérieure,voyait ses rivages s'effondrer chaque printemps un peu plus.Toutes ces mines consciencieusement sapées par les ragondins,tant prolifiques que voraces. J'en apercevais souvent,jetant encore quelquefois mes lignes vers le troisième méandre,pas très loin du lieu-dit le Rouleau,ainsi nommé parce qu'à cet endroit précis,et quand la saison est plutôt à la crue on a l'impression qu'on pourrait presque y faire du surf.

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               Est-ce parce qu'il allait me falloir quitter vite le familier ruban de mon enfance isarienne que les tourterelles roucoulaient à qui mieux mieux,que la rumeur semblait gronder aux frondaisons des aulnes et des coudriers de ma chère rivière?Est-ce parce  que jéprouvais l'étrange sentiment de biffer mes vertes années,d'une rature dans le livre finissant de ma jeunesse?Est-ce parce que les regrets,ces envahissants compagnons de voyage,avaient fait leurs bagages pour partir avec moi?Je ne sais rien de tout cela mais,sur le fil du rasoir depuis quelques mois,à l'évidence la maison familiale devenait intenable.

     Pourtant je n'étais pas fasciné,pas du tout,par l'idée de me rebeller.Dans ma relative solitude j'avais déjà compris l'ahurissante sororité de la révolte et de la convention.Ca,je l'avais saisi très jeune et devais en être imprégné,la rage post-adolescente me semblait en fait une version somme toute banale,à peine moins eau de rose d'une velléité d'autonomie,un néo-conformisme presque affligeant. Quoiqu'il en soit la route allait m'éloigner,l'heure n'était plus à la calme récolte de ces petits fruits rubiconds,aux arbustes accrochés comme des guirlandes rococo d'une chapelle baroque et buissonnière.Le rodéo des lapins  au crépuscule,si rigolo encore l'an dernier,appartenait maintenant à un temps révolu.M'attendait le roman russe d'apprentissage,Mes universités.

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12 juillet 2012

Halte au monopole

      Ras le bol de ces cinéastes sans imagination et de leur unique compositeur.Les films sont pourtant très différents qu'on ait cru imposer ce sempiternel compositeur déjà suremployé,et surestimé.Il est temps de faire quelque chose,depuis des années que ce petit monsieur squatte auditivement nos écrans et,qui plus est,dans tous les types de films.On entend ses "oeuvres" aussi bien dans une aventure de James Bond que dans de célèbres blockbusters,plutôt bons d'ailleurs mais il n'y est pour rien.

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                         Non content de pérorer dans les films d'action ce saltimbanque de piètre formation donne aussi dans la comédie musicale et le romantisme,dans le suspense et dans par exemple le bien beau et bien oublié film de Bo Widerberg.Ce parasite a sévi en Afrique,en Amérique,en Suède. Ni Broadway ni la savane kenyane n'y ont échappé.Le grand Kubrick fit appel à lui au moins deux fois et les Coen Brothers trois.Et ce depuis des années comme vous le suggèrent ces quelques images,même s'il figure rarement au générique,ce faux cul.Noblesse oblige,Le plaisir ont subi sa loi.Marlene,L'ange Bleu également.

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FAME

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         Des films bien plus récents utilisent aussi la musique fabriquée par cet individu.Je vous le dis,il est inévitable.Même Batman, Alien, Hitchcock, Godard,de beaux films comme Le discours d'un roi,de somptueux navets comme Wasabi,de l'animation comme Les triplettes de Belleville

APO

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B

      A quoi bon?Ce personnage encombre les écrans depuis si longtemps qu'on n'en finirait pas de dénombrer ses présences au cinéma.Je n'ai pas l'intention de lui faire davantage de publicité.Ne vous foulez pas les neurones à retenir son nom.Il n'a de toute façon aucun avenir.Tout au plus vais-je joindre une petite image par acquis de conscience.Voilà "l'auteur" de ces ineffables musiques parfois abusivement nommées symphonies,opéras,concertos,requiem...N'importe quoi.Allez à la rigueur quelques notes, pour situer le niveau.Ca dure huit minutes tout de même,vous n'êtes pas obligés.En plus il se mêle vraiment de tous les instruments.J'envie les générations futures qui l'ignoreront...

http://youtu.be/fI6mNal8cjw

 

 

 

       

 

 

 

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09 juillet 2012

Géographie: Postville, Iowa

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           L'ami Thierry m'a trouvé une nouvelle destination,terra incognita, Postville, Iowa.A force de m'envoyer dans des bleds pareils je risque d'y laisser ma peau.Vous ne connaissez pas Postville?Moi non plus.Il faut dire que cette bourgade est une métropole d'environ 2500 habitants.Pourtant Postville mérite notre attention,cas un peu particulier, surnommé Home of the world.Surtout pour faire oublier les graves incidents qui, opposèrent il y a quelques années les Juifs Hassidiques et les locaux essentiellement descendants  de Scandinaves,ceci à propos des conditions d'abattage du bétail selon les rites cashers.

         Tout ça c'est du blabla.C'est surtout prétexte pour s'intéresser au groupe indie-folk Rusty Bear originaire de Leeds,Royaume-Uni,et à ce beau disque,Source to sea.Lumineux et calme.Tout ça,évidemment,je l'ai soigneusement pompé chez Jazzbluesandco. Mais la chanson est belle,pour ceux qui apprécient le folk, intemporel et rêveur. 

http://www.deezer.com/music/track/20918141   Postville,Iowa   Rusty Bear 

 

rusty

 

Rappel de l'itinéraire suivi

          Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Birmingham, Boise, Brooklyn,Cedar Rapids, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville,Lafayette, Lansing, Laredo, Las Vegas,Long Beach,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Mobile, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez,  New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford,  Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Washington, Wichita, Youngstown.