20 avril 2013

Les plumes...by Asphodèle: Chronique littéraire

                   Asphodèle,cette diablesse exige de nous cet exercice de haute voltige,écrire une quatrième de couverture,avec les mots suivants: départ-salle-téléphone-heure-désir-impatience-minute-frustration-déçu-enfant-pandémonium-liste-angoisse-patience (facultatif)-espoir-stupeur-galop-gifle-gigantesque.

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                  C'est l'occasion pour moi d'attirer l'attention sur un livre de toute beauté,qui ne semble pas promis hélas à un grand succès populaire,le nom de Pierre Kiroulnamaspamous restant scandaleusement méconnu de la critique française.

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                 Quelques aficionados trop rares guettaient le nouveau livre de Pierre Kiroulnamaspamous.Leur impatience est enfin récompensée après la frustration d'un silence de dix ans.Quant à ceux qui ignorent tout de l'auteur,tant mieux.Qu'ils prennent le départ pour cette aventure romanesque gigantesque dont ils se souviendront.Dans son style minimaliste et après 270 pages blanches qui attisent le désir du lecteur,haletant,Histoire du Rien frappe très fort et nous scotche à notre chaise,tout de stupeur inouie,devant la violence de cette scène où le héros,Hans Bastiani,renverse son café au Bar du Téléphone,Gare San Parnasseo.

               Et c'est presque le début d'un voyage littéraire hors du commun,une gifle intellectuelle,dont on ne peut sortir déçu.Déçu, non,mais meurtri certes oui.Le pandémonium originel,celui des Enfers,a tout d'une pension de famille à l'heure des tisanes à côté du fleuve Histoire du Rien,objet écrit mal identifié charriant les horreurs et les tendresses d'une humanité percluse d'angoisse et lorgnant le moindre espoir avec véhémence.Songez,mais je ne veux pas dévoiler d'indice,que dès la page 712 on apprend que le café de la gare,salle des pas perdus, était décaféiné.

              La liste des influences sur le roman de P.K. est variée de Buzzati à Confucius en passant par Hergé.Heureux lecteur néophyte qui va découvrir ce livre inclassable qui,dans la brièveté de se 1500 pages,nous emporte au grand galop vers les hauteurs vertigineuses d'une littérature à couper le souffle,qui ne laisse pas une minute de répit,et qui fait du lecteur un enfant ébahi, émerveillé,stupéfait devant tant de maîtrise.

Edualc Eeguab

"Le Picard sait lire" du 20 avril 2013

Histoire du Rien, de Pierre Kiroulnamaspamous,traduit du kirghizo-bantou par Anna Kuneki-Peferssa, 1523,5 pages, Ed. Gaminard/Le Deuil.

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18 avril 2013

Tous les lilas,tous les lilas de mai...

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             ...n'en finiront,n'en finiront jamais...La jolie Valse des lilas de Michel Legrand et Les lilas chantés par Brassens ont bien du charme.Mais,mauvais Français,j'ai une passion pour ce Lilac wine,des années cinquante,devenu un standard repris par bien des gens de talent.Voici deux bouquets pour toutes celles qui aiment le lilas,dont deux blogueuses auxquelles je pense plus précisément,des pays de Chouans et de Canuts.

2e6uv_480x270_1knpwl     http://youtu.be/LT38CIgRse4

Jeff_Buckley_Lilac_Wine_by_monstarart  http://youtu.be/p3o3RGucirs

                 Un verre de ce Lilac wine,en compagnie de Nina ou de Jeff, qu'en dites vous?La chanson parle de quelqu'un qui a mis tout son coeur dans la recette du vin de lilas,qui lui fait penser plus qu'elle ne pense,faire ce qu'elle n'ose pas,et boire peut-être un  petit peu plus que de raison. Et quand le doux vin de lilas nous aura tous bercés,je sais qu'alors, alors vraiment ,ce sera le printemps.

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15 avril 2013

Visages de cinéma

images  Le film allemand A l'envers

e59ace496d5928d736b8fd5f05b61f78861b48b2 Le film danois You and me forever

blame Le film allemand Shifting the blame

4_ELE_electrick-children  Notre coup de coeur Electrick children

 mud-de-jeff-nichols-10686849xdklx  Le "gros" film américain Mud.Gros mais bon.

32-le_sac_de_farine_3_actrices  Le film belge Le sac de farine

enfance-clandestine-infancia-clandestina-2012-2-g  Le film argentin Enfance clandestine

              Neuf films en compétition,neuf jurés,pour remettre le Grand Prix de la Ville.Le principe est simple comme à Cannes,mais moins couteux en chambres d'hôtel.Ces films ont été proposés chacun deux fois ce qui octroie une semi-liberté aux jurés.Ce n'est pas parce qu'on fait partie du jury qu'on doit se déplacer en petit troupeau cinq jours d'affilée,même si ça peut parfois ressembler à ça.On pourrait écrire un polar la-dessus et cela a sûrement déjà été fait.Le souvenir le plus marquant pour moi de cette expérience est le fait que l'on apprend un peu à se connaître et qu'au bout de quelques jours il y en a bien un ou deux qu'a envie de tuer.Les membres de cette microsociété s'irritent mutuellement,ne serait-ce qu'à table car les repas prennent une assez grande place.L'exercice physique est ce qui manque le plus au pauvre juré de festival.

                    Ce festival s'appelle Ciné-Jeune.Il y a donc plusieurs jurys dont un composé d'enfants de cinq-sept ans.Ce n'est pas le moins cocasse de voir une présidente de jury de six ans annoncer le vainqueur catégorie court métrage,un charmant film d'animation de huit minutes,Macropolis,dont je vous joins la bande-annonce.http://youtu.be/ceB_Vjd-i8A

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                    Le jury adulte a donc choisi parmi ces neuf films.Autant le dire,la cocasserie n'est pas le point fort de cette sélection et voici pourquoi.La règle de ce festival stipule bien que les oeuvres doivent mettre en scène essentiellement des enfants,ados,ou jeunes.Et les enfances sans problèmes,si tant est qu'elles existent,ne hantent guère les scénaristes.C'est ainsi que les films traitant de la jeunesse sont la plupart du temps situés dans un contexte social lourd,parfois plombant.Cette 31ème édition n'a pas dérogé.On a donc droit à la délinquance,la maladie,l'autisme,la dictature,les troubles de l'identité sexuelle très tendance,la violence.Souvent ces films sont très bons,évitant soigneusement la dérive démago (ma hantise).On est en droit aussi d'avoir envie de sourire.C'est un peu difficile.Nous y sommes cependant à peu près parvenus,mes chers collègues et moi.Une relative unanimité a couronné un film américain,indépendant ou presque,que vous aurez l'occasion de voir en juin prochain,je crois.Ayez l'oeil car Electrick children ne sortira pas dans 400 salles.

                Premier film de l'Américaine Rebecca Thomas,Electrick children nous donne à savourer un improbable télescopage entre la communauté des Mormons dans l'Utah et Vegas,la musique rock et un air de liberté plus à l'Ouest.Rachel,15 ans et demi,se retrouve curieusement enceinte et en attribue la paternité à... un morceau de rock,Hanging on the telephone.Il y a un poil de road movie.La pub,un peu courte quand même,évoque un croisement entre le Witness de Peter Weir et l'univers de Gus Van Sant.Bof.J'y ai surtout vu pas mal de liberté de ton,un choc de couleurs,le rock utilisé comme un vecteur,si j'ose dire,d'envol de l'oiseau Rachel.Et des images certes un peu clinquantes parfois mais bien en accord avec l'aventure à l'Ouest de la jeune Rachel.Une scène magnifique, émouvante aussi,où un rocker quinquagénaire reprend seul à la guitare son tube historique.Vous pensez qu'un tel moment ne pouvait que m'emballer.

Electrick Children (2012) Trailer #1 [HD] - Julia Garner, Rory Culkin (Rebecca Thomas)

          Nous avons voulu distinguer d'une mention le très beau film argentin de Benjamin Vila Enfance clandestine qui aborde d'une manière originale et à hauteur d'un enfant de douze ans les années plombées de Buenos Aires.Fortes tendances autobiographiques. Cependant le véritable jury de Ciné-Jeune n'était pas le nôtre mais celui des lycéens qui a octroyé le prix le plus prestigieux,et le mieux doté,au film finlandais de Petri Kotwica,Rat King.Et là,c'est peu dire qu'il y a eu un divorce total entre les deux instances car chez nous,les "vieux",personne n'avait aimé ce film.Du conflit des générations...Sur la photo Petri Kotwica est le grand monsieur solide bâti comme ses compatriotes Arto Paasilinna et Aki Kaurismaki,charmant et tenace.

RAT KING 

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Photo/Le Courrier Picard

             En conclusion je rassurerai chacun,les neuf membres du jury sont sortis indemnes de cette épreuve.Et personne n'est mort d'ennui malgré des moments un peu soporofiques auquel le juré,contrairement au spectateur lambda,ne peut échapper.

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13 avril 2013

Les plumes... by Asphodèle: Noir tourbillon

                             Je remercie Asphodèle qui a reçu dans son bissac les mots suivants: blancheur – doute – débauche – enfance – pureté – accuser – angélique – temps – diablotin – naïveté – mensonge – fredonner – fastueux – flaque.

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                  Je cours dans la ville,ma ville,étouffé et en larmes.Je croise des visages,certains me sont connus,certains me sont amis.J'ai dérapé sur une flaque de gas-oil,je n'ai pas le temps de pester sur cette saloperie de voirie,ni d'en accuser les équipes municipales.Je cours mais je n'ai plus l'âge de courir ainsi.La flotte brouille ma vue,la tempête sous mon crâne culmine.Et le temps,le temps cet assassin aux mains toutes de blancheur et dont on ne perçoit pas les coups bas,le temps me happe et me fait vaciller. Pour en finir?

                Je sais que Catherine va mal,que ses maux sont de ceux sur lesquels les mensonges humains n'offrent plus aucune sédation.Je le sais,je n'ai pas la naïveté de m'illusionner.Et c'est Jules qui m'a fait appeler,balayant ses ultimes doutes.Mais as-tu jamais douté,Jules mon ami?Leur appartement m'a rarement semblé si éloigné.Pourtant ni eux ni moi n'avons quitté la ville.Nous modulions nos sorties urbaines,d'un commun accord,tacite mais efficace,pour éviter de reformer le fastueux trio de nos vingt-cinq ans.

              Le souvenir,ce diablotin facétieux nous guettait à chaque instant.Pas un bistrot où ne retentisse encore le rire de Catherine.Pas une ruelle où nous n'ayons jadis couru,à boire le vin frais de nos heures chaudes,à fredonner quelque air de caboulot. Plusieurs années que je ne l'ai vue,Catherine,et,haletant et la brume à mon regard,c'est une débauche d'images comme un film nouvelle vague.Elles m'assaillent, mêlant à ce maelstrom cette angoisse,crescendo d'inquiétude,comme un fragment d'une enfance orpheline.Je crois que je vais tomber.Enfin la rue Antoine Doinel,et,presque au bout,dans la pureté d'un halo sous la lune,la grande maison,où les douleurs la vrillent,Catherine,Catherine notre angélique,en partance. Epuisé,vieilli en un soir,il m'attend. Jules m'attend.Je me jette dans ses bras."C'est fini,Jim".

N.B.   Ceux qui décéleraient ci-dessus l'influence de H-P. R. et de F.T. auraient bien raison.Ces gens-là m'ont un peu bouleversé. Merci à eux. 

 

 

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11 avril 2013

Le petit monsieur dans le bus

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            Pierre Assouline revient,dans ce qui reste un roman,sur la figure de Georges Pâques.Georges Pâques, haut fonctionnaire de la IVe République, dont on apprend un été 1963, qu’il est une taupe… « On lui aurait donné le Bon Dieu sans confession » s’exclame Georges Pompidou, atterré.Ce petit monsieur croisé dans le bus par Pierre Assouline des années après est bien l'espion le  plus étonnant de l'après-guerre.On connait les belles biographies de l'auteur,des références, Simenon, Hergé, des sujet à zone d'ombre,de ceux dont les vies recélent le plus de questions probablement.Mais ici c'est plus sur les mobiles que s'interroge l'auteur. Qu'est-ce qui a pu amener cet homme,par ailleurs catholique pratiquant,à travailler pour l'URSS vingt ans durant,depuis la fin de la guerre.

         Naît-on espion?L'argent, l'idéologie, le sexe n'ont pas été pour Pâques le moteur de ce qu'il faut bien appeler la trahison. Assouline se livre à une passionnante enquête sur ce personnage,à des années-lumières de l'agent secret de cinéma et de roman.A-t-il pour cela résolu le mystère?Pas tout à fait à mon sens.Nous faisons la connaissance,vingt ou trente ans après,de certains de ses honorables correspondants soviétiques.Le livre avance par à-coups et nous laisse souvent dans un certain flou qui convient parfaitement à son sujet et à cet univers où nous claquent au visages,comment ne pas les citer,ces deux maîtres es brouillard, Graham Greene et John le Carré.Une question d'orgueil,c'est bien d'orgueil qu'il s'agit d'après Pierre Assouline.Georges Pâques, opaque,croit probablement à sa place dans la conduite des affaires du monde.Par antiaméricanisme,presque uniquement semble-t-il,lequel est chez Pâques élevé au rang de vertu cardinale,dixit Pierre Assouline.

        Beaucoup de non-dits,c'est normal dans une affaire d'espionnage,au moins des pas vraiment dits,des devinés.Informateur du KGB,ce Philby à la française,par ailleurs d'une vaste culture et d'une grande foi chrétienne,demeure une énigme bien après la lecture du bon roman,car c'en est un,de Pierre Assouline.La vérité sur l'affaire Georges Pâques conserve ses ellipses et se rendez-vous mystérieux,son ambiance anglo-saxonne qu'on a longtemps crue avoir le monopole de la fiction d'espionnage.Croyez-moi,je suis très loin d'avoir tout cerné de notre agent,mais j'en ai aimé la traque/trame littéraire.

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09 avril 2013

Des hommes et des guitares/Guitar man

Guitare en noir et blanc

http://youtu.be/bNaN4aZJiZU

      Yeah! Jerry Reed (1937-2008) a écrit  pour Elvis et l'a accompagné fin fifties.Le King a aussi enregistré ce Guitar man.Rien à épiloguer,simplement le grand plaisir d'écouter un bon moment de rock'n'roll,tendance un peu country.Tout cela n'est pas très important mais vous taperez peut-être du pied.Moi oui.Les choses ainsi légères sont très sérieuses.Yeah!

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07 avril 2013

Je les ai donc lus.Tome 1: Guillaume

            J'en avais assez d'entendre leurs pubs annuelles,mais aussi de l'attitude méprisante de certains.J'ai donc pris mon courage à deux mains et décidé de les lire tous les deux.Mais si,vous savez bien,tous les deux.Hola,pas tout,comme vous y allez! Non,un de chaque.Non,je ne les ai pas achetés.Je ne soutiens pas l'édition française à ce point là.On m'a prêté un Guillaume. Lequel,ça n'avait pas d'importance.Après une bonne âme me prêtera bien un Marc.Je suis tombé sur Sauve-moi.Etait-ce meilleur ou pire que d'autres?

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               400 pages qui se lisent très vite mais dont je ne dirais pas qu'elles se dévorent.Dévorer un roman supposerait un appétit aiguisé par l'intrigue ou l'ambiance,un goût prononcé pour le style,un plaisir du suspense ou de l'évolution des personnages.C'est tout de même très loin d'être le cas de Sauve-moi.Plutôt une impression de plat insipide,qui à aucun moment ne m'a intéressé,une sorte de fast food de papier,du fast reading en bon français.On ne s'y ennuie même pas vraiment.Il m'a semblé être resté à la couverture dans un point livres d'une grande gare.J'attends mon train et je n'ai rien à lire,enfin rien d'autre et ce foutu train est en retard,alors je continue à flotter,pas à naviguer ni à ramer,ce qui aurait eu le mérite de stimuler des neurones qui n'auront rien gagné à ce jeu.Rien de rien.Sur le livre que dire? Que ça se passe à New York,c'est plus porteur que Roubaix.Qu'un beau médecin américain tombe amoureux d'une jeune Française à deux jours de son retour en France.Qu'il y a un soupçon de fantastique inconsistant.Que ça ne m'a à aucun moment attiré et que je n'ai pas de temps à perdre.

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          Cependant, voir dans ce même train qui a fini par arriver,ou dans un square quelqu'un lire Guillaume Musso,ça ne me déplait pas réellement.Ce sera toujours mieux que...,mieux que quoi d'ailleurs.Je sais pas,mais mieux...

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04 avril 2013

Promis...Juré

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http://www.cinejeune02.com/catalogue_st-quentin.pdf

             Nous sommes neuf qui avons cinq jours pour juger neuf longs métrages à voir dans le cadre de Ciné-Jeune 2013.Les films y sont allemand, japonais, argentin, belge, danois, américain,finlandais.Une occasion de s'aérer,enfin s'aérer au sens figuré.Le Jury Ville,adulte,décernera le Prix de la ville de Saint Quentin.Et puis plein de courts,très courts parfois,pour les petits, très petits parfois, et les plus grands.

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03 avril 2013

Géographie: Cedartown, Georgie

WaylonJenningsCedartownGeorgia   http://youtu.be/XFpwBisvC3c Cedartown Waylon Jennings

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                Cedartown est une petite ville de Georgie d'environ 10 000 habitants dont je ne sais trop que vous dire.C'est que notre road and music movie tire manifestement à sa fin.Notre vieux et légendaire bus Greyhound est presque hors d'âge.Il va falloir rentrer à la maison. Allez,encore deux,trois destinations et je vous laisse.En attendant, Waylon Jennings,l'une des légendes parmi les "countreux" des Etats-Unis,nous narre ses mésaventures à Cedartown.Il s'agit d'une murder ballad,sous-genre de la country music,pleine d'outlaws,de gunfighters et de potences.Mort en 2002,il avait fait partie du super groupe,quelque peu artificiel,c'est vrai,des Highwaymen avec Johnny Cash, Willie Nelson et Kris Kristofferson.

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                La photo représente le Big Spring Park Bridge de Cedartown,ce qui,avouez-le,vous fascine particulièrement.Je n'en attendais pas moins de cette bonne ville georgienne.Très bientôt,les rues en pentes,le Golden Gate,les souvenirs de Laurel Canyon,le flower power,etc.. nous accueilleront pour un dernier billet d'au revoir avant notre rapatriement en Picardie.J'essaierai d'écrire un texte plus personnel pour expliquer en quoi cette musique a tant compté pour moi.J'en connais qui comprendront.

 

31 mars 2013

Voir Naples et mourir (avec Valentyne)

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               Valentyne et moi avons lu ce livre de Sandor Marai.Je suis un adepte du grand écrivain hongrois que personnellement j'aurais volontiers nobélisé.Nobel non,mais de haute noblesse d'écriture à mon avis.Septième abord pour moi,la plupart étant chroniqués sur ce blog.Le miracle de San Gennaro est un roman qui surprend,très éloigné de l'univers un peu classique,quand on l'a parcouru comme moi au long de six livres explorant l'histoire personnelle de Sandor Marai,de son pays et de ses combats,de ses exils et de ses espoirs.Cette parenthèse napolitaine dans la vie très cosmopolite de Marai est composée de deux parties tout à fait différentes.

                Il a lui-même vécu en Campanie et dans un premier temps nous plonge dans le Spaccanapoli et les douces collines  du Pausilippe,peu après la fin de la guerre.Un couple d'étrangers vit comme une anomalie parmi les gens du petit peuple,mais d'eux il ne sera question qu'indirectement dans cette moitié du livre.Il y a là des marchands,des chasseurs bredouilles, tout un monde, pas toujours animé des meilleures intentions envers les marins et les touristes.On a faim à Naples en 1949.Alors certains reviennent d'Amérique,pas vraiment cousus d'or.Les familles y sont nombreuses,les prêtres aussi,souvent faméliques,qui attendent le fameux miracle biannuel de San Gennaro. La religion y tient une grande place,souvent teintée de crédulité.Padre Pio vit non loin d'ici,célèbre dans l'Italie du milieu du siècle pour ses stigmates de la passion du Christ.Outre le miracle du sang liquéfié de Gennaro on y espère d'autres merveilles,la guérison d'un enfant,une pêche prodigue,de l'argent pour la grande traversée.Le ton est à la comédie napolitaine,enfin presque.J'y retrouverais presque mon cher cinéma italien,le petit,pas forcément celui des grands créateurs,mais qui a bien du charme et de la couleur.

               L'étranger est retrouvé mort au pied d'une falaise. Changement radical de ton, au revoir la légèreté et le pittoresque.Venu d'on ne sait où, cet étranger était-il le rédempteur dont la rumeur se faisait l'écho? Et quel a été le rôle de la femme qui vivait avec lui?Et que vaut ce messianisme dont paraît-il,on le créditait? La lecture de cette seconde partie du Miracle de San Gennaro s'avère autrement difficile. L'enquête diligentée par le vice-questeur l'est tout autant.Le témoignage d'un moine franciscain qui a beaucoup parlé avec l'étranger et sa compagne (ce n'est pas le terme qui convient) nous éclairera-t-il sur la vérité? Le vent,la mer et le Vésuve, omniprésents, ne nous aident guère et j'ai parfois un peu peiné à suivre ces questions presque théologiques.Le hasard a fait que Valentyne et moi avons lu ce livre alors que François d'Assise,très important dans la vie de ce mystérieux étranger,  est aussi à la une  des journaux,et pas  seulement à Naples et à Rome.

            Le miracle de San Gennaro est un livre très attachant qui m'a semblé un peu plus à distance que Les braises ou Libération, très Mitteleuropa,mais qui amplifie à mon avis l'aura littéraire de Sandor Marai, dont je rappelle la mort volontaire sur une autre côte, californienne celle-là, en 1989.

 

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