05 juillet 2012

Le prompt Guy court

           La Fête des Pères m'a valu L'art français de la guerre,et du coup vous vaut en titre cette drôlissime contrepéterie.Je n'étais guère emballé,la littérature française actuelle n'encombre pas mon espace livre.De plus,le soupesant,je comptai 630 pages.Papa modèle(?), je remerciai avec effusions,craignant le pensum.Hors,le Goncourt 2011 est un roman extraordinaire,de loin ce que j'ai lu en France de mieux depuis des années.Alexis Jenni,prof de 48 ans,publie ainsi son premier roman.Le choc est de taille,de masse et d'estoc,pour rester dans la métaphore militaire.

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       Parcours en parallèle de deux personnages.Il n'ont pas le même âge mais leur rencontre s'avèrera essentielle.Un jeune homme mal dans sa peau et un ancien militaire se trouvent un point commun,la peinture,le dessin plus précisément.Ils ont beaucoup à s'apprendre,l'un écrira l'histoire de l'autre,l'autre qui le formera à l'art de peindre.Mais ce résumé est infiniment réducteur.L'art français de la guerre tient de l'épopée,de l'aventure,de la fresque qui jamais ne s'égare,rare pour une fresque,mais aussi du journalisme écrit.Le théâtre militaire tragique et grotesque,tant de l'Indochine que de l'Algérie,y est stupéfiant d'empathie et de complexité.Je pense n'avoir jamais lu ça.

          Dans ces chapitres guerriers les hommes sont passionnants,grandioses et velléitaires,les interrogatoires dans une villa mauresque d'Alger,comme les mines meurtrières du Tonkin y ont des accents universels.Mais tout ceci est un peu court pour signifier mon enthousiame envers ce roman magnifique,si bien construit où la langue française,un personnage à elle seule dans ce récit de la fin des colonies,est superbement mise en valeur.Plongez dans L'art français de la guerre,vous aimerez et le narrateur,et Victorien Salagnon.Et d'autres qui traversent la Haute-Région ou la casbah,des braves types conduits au pire.Le pire ce n'est pas toujours l'autre même si l'autre sait l'odieux tout aussi bien.Impossible dialogue," la mâchoire figée dans un spasme galvanique". Retrouvailles de la Résistance, douloureuses et personnages secondaires passionnants,le médecin juif grec ou l'ami Mariani,milicien dans l'âme et,le croiriez-vous,intéressant.Une belle critique cinématographique aussi quand le narrateur chronique le film La bataille d'Alger avec lequel il n'est pas tendre.

      L'autre art dans L'art... c'est le dessin et l'encre notamment avec des pages entières sur cette sorte de calligraphie du minimum, car Salagnon a beaucoup appris de vieux maîtres vietnamiens,accessoirement combattants du Vietminh.L'homme est ainsi fait.Les gens du Prix Goncourt,de fieffés lecteurs quoiqu'on en dise,ont bien fait d'éclairer ce roman,de loin le plus fort en France depuis longtemps.Certes j'en lis peu.Mais c'est mon avis.Et encore une fois quelle merveille que la langue française chantée par Alexis Jenni et ses personnages.

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01 juillet 2012

Un brin d'ire en Erin

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            Première incursion chez Ken Bruen,privé version Galway,ancien flic comme tout le monde.Précisément ce livre m'est apparu vraiment un peu trop comme tout le monde.Est-ce l'omniprésence de ces polars locaux qui inondent les bacs et les chroniques qui commence à me peser?J'ai fait la connaissance de Jack Taylor,ex camé,ex alcoolo,toujours un peu fumeur,qui ne reconnaît plus son Irlande. D'autres ne reconnaissent plus leur Suède,leur Ecosse,leur Italie,leur Botswana. Moi,des fois,je ne reconnais plus ma Picardie.

            Galway,ouest irlandais.Il y a eu le boum du tigre irlandais.La ville a beaucoup changé,grandi.Puis il y a eu le déboum que l'on sait.Publié en 2004 et fabriqué à Dingle en sa belle péninsule,Le Dramaturge trouve là une de ses rares qualités.Deux étudiantes sont retrouvées mortes,le dos sur un bouquin de John Millington Synge.Ca semble être la grande idée de ce livre,citer ça et là quelques auteurs du cru, poètes, chanteurs, musiciens. Pour moi ce cru sonne creux. Décidément les récurrents me fatiguent, mais en général au bout de quatre ou cinq enquêtes.Jack Taylor a réussi du premier coup à m'incommoder.Il ne suffit pas d'aligner une citation toutes les trois,pages et de "name-dropper" de ci de là Bono,Lawrence Block ou Arvo Part pour doter d'un vernis l'enquêteur et son ambiance.C'est mon ami Yvon qui va pas être content...

BRUEN Ken / Le dramaturge.

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29 juin 2012

Des mots,une histoire: Torpeur

                    Olivia nous propose pour Des mots,une histoire 71 les mots suivants:girouette-ennuyer-s'escamper-manoir-hiver-enluminure-canicule-pugilat-clochette-abeille-palmier-persévérant-zinc-champs-essoufflé-musicien-glace-grivoiserie-étang.A propos dans  mon Larousse 95 le verbe s'escamper a pris la poudre d'escampette.

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                     Et s'alourdissent dans les rues  les chaleurs citadines comme en une fable du Sud.Et cessent de vrombir les rares girouettes des maisons de la contre-allée, essoufflées,que ne trouble plus le bruit des clochettes aux portes,traditions inertes.Et les souvenirs du marchands de glaces de resurgir,quand le mot même de canicule n'encombrait pas les communiqués pessimistes dès la fin de l'hiver. Et,comme les palmiers des cartes postales ne laissent pas de m'ennuyer,c'est au fond de l'église du faubourg que j'aime à paresser, Dieu ne m'y dérange pas et nous nous ignorons poliment.L'édifice est modeste et si c'est auréolé que je m'y presse un peu,c'est d'un bouquin et d'un carnet.Peu doué mais persévérant,je crois que les anges musiciens ,du bugle au tambourin,veulent  bien m'aider un peu.

                   Alors je m'adonne au plaisir solitaire,celui d'ajouter des mots à d'autres,dans ce carnet adossé sur le livre.Ce livre, curieusement, je l'ai habillé d'une liseuse de simili cuir et ça le fait ressembler à un missel dont on s'attend à voir les enluminures s'escamper de leur prison numérotée.  Les quatre évangélistes aux parois de la chaire pourraient bien s'adonner au pire pugilat que je les ignorerais, occupé à calmer mes angoisses en l'ombre si peu prolixe de la cité,qui m'est une clef des champs, comme l'onde à fleur d'étang à peine marquée du rythme des abeilles et du vol des hérons.Dans le calme d'un manoir au coeur du pays de Bray je crois que ça me conviendrait aussi.Quant au talent,et par là j'entends le vrai de vrai,il fleurira aussi bien au zinc du Café des Sports,entre deux grivoiseries.

P.S. Félicitations à Olivia pour cette belle aventure hebdomadaire.Qu'elle en soit remerciée car cette tâche n'est pas si aisée.

    

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27 juin 2012

Un petit jeu sans conséquence,cinélogique

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                Il y avait longtemps que je ne vous avais proposé un petit jeu ciné.Plusieurs films peuvent logiquement prendre place après ces quatre photos.Encore faut-il identifier ces quatre films dont au moins le deuxième ne me semble pas insurmontable.S'il vous plaît ne précisez pas trop en commentaires mais répondez par e-mail,merci.

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24 juin 2012

Géographie: Joliet, Illinois

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             Quatrième ville de l'Illinois Joliet est toute proche de Chicago.En fait la célébrité de Joliet ne tient qu'à sa prison,l'une des plus connues d'Amérique. D'ailleurs Joliet bound dont beaucoup de versions circulent ne parle que de ça.C'est maintenant un monument historique depuis 2002.La chanson date des années trente,popularisée par Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy,mais basée comme souvent sur un air plus ancien.En voici une version par John Mellencamp que l'on s'obstine à ignorer en France,et que nous avons déjà croisé ici.C'était à Washington.Ca fera au moins plaisir à l'ami Thierry de Jazzbluesandco.

               L'histoire:un pauvre gars comme il en est tant dans la musique américaine, les flics et leurs menottes, l'avocat d'office,le greffier et en route pour Joliet.Tin Pan Alley raconte un pays mieux que n'importe quel manuel.

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http://youtu.be/k_Ex2jgXJHo  Joliet bound   John Mellencamp

Police comin' with a ball and chain
Oooh-ooh
Police comin' with a ball and chain
Accusing me of murder
I never hurt no one

Well some got six months, some got one solid year
Oooh-ooh
Some got six months, some got one solid year
Take a look at me baby I got a lifetime here

Well lawyer pleaded, clerk he wrote it down
Oooh-ooh
Lawyer pleaded, clerk he wrote it down
When the judge passed my sentence
I was Joliet bound

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22 juin 2012

Des mots,une histoire: Pour la modestie,je ne crains personne

              Les mots collectés par Olivia,opus 70,sont:coffret-sexualité-moutarde-carrière-punaise-rôle-va-nu-pieds-invisible-irréel-présence-espion-élégance-prédateur-malfrat-vermillon-quelconque-boum-sucer-sittelle-zythum-mirabelle-brevet.

plumedesmotsunehistoire5

              Il est des semaines où l'artifice s'invite dans cet exercice hebdomadaire qui parfois s'apparente à la punaise presque invisible mais tenace qui s'obstine à sucer consciencieusement le poil du pauvre Médor.Parfois certains mots me sont repoussoirs et leur présence me fait penser à celle d'un malfrat dans ma propriété du Cap Ferrat.Parfois aussi les apartés entre happy few sur le rôle de la sexualité, ou sur la tarte à la mirabelle (attention je n'ai rien contre,ni l'une ni l'autre),m'ont l'air bien quelconques,lettré que je suis et dans l'élégance de ma carrière littéraire en plein boum,si je peux me permettre cet explosif raccourci. Parfois les auteurs manquent vraiment d'originalité.Pas comme moi.On pourrait dire bien des choses en somme.Ainsi,quand j'y pense, la moutarde me monte au nez et le rouge vermillon au front.Voilà qui est digne d'un brevet d'écrivain,si ce n'est d'un coffret dans la Pléiade.

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         Cependant je ne veux être le prédateur des moins talentueux,ces va-nu-pieds de la syntaxe à l'irréelle espérance qui confère au dernier mot du dictionnaire,le pharaonesque et infâme breuvage qu'est le zythum des lauriers inattendus.Pourquoi pas sittelle est leur bon plaisir.Oui je m'octroie aussi des fantaisies orthographiques qui requièrent l'humour dont je vous sais tous amplement pourvus.Au fait saviez-vous que le film de Fritz Lang Espions sur la Tamise était parfois présenté sous le titre Le ministère de la peur,traduction littérale de celui du roman de Graham Greene.Etonnant,non?

 

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19 juin 2012

A propos de Barbara

barbara

        Barbara est un film à voir,austère et laconique,qui creuse le sillon encore frais de la vie en RDA avant la chute du mur.Moins spectaculaire que le très bon La vie des autres,qui frôlait le thriller politique,ce film de Christian Petzold, récompensé à Berlin,je crois, mais peu importe,nous intéresse à une jeune femme médecin mutée dans un hôpital de province sans grands moyens au nord du pays.Très observée,on comprend vite qu'elle espère l'Ouest,par la Mer Baltique.Très sobre,Barbara gagne pourtant notre intérêt à son rythme un peu paresseux,sans dialogues lourdingues ni leçons de morale.Lassitude est le maître mot de cette vie,de cette ville où André le médecin chef de l'hôpital fait de son mieux.Sans romance ou presque le film vogue entre surveillance,inquiétude et espoir.

Barbara_-_film_de_Christian_Petzold

       Barbara se prend d'affection pour une jeune patiente fort perturbée,tout ceci sans grande démonstration.Curieux film où le médecin roule dans sa Trabant pétaradante et où Barbara n'a guère d'autre liberté que...son vélo,un semblant d'autonomie,et ainsi de belles séquences en lisière de forêt sous le vent.Misère aussi de l'hôpital,au matériel obsolète comme une sorte de Trabant de la santé.Rares sont les films aussi peu "glamour" ou aussi peu "action"que Barbara,pas de mélo médical à nous arracher des larmes,pas d'hommes en noir à cinq heures du matin pour arrestation au saut du lit,mais une ambiance de plomb qui donne envie de se foutre à l'eau,même en Baltique,avec le folle espérance danoise.Comme elles étaient terribles ces années,pas toujours avec des rafales près de Checkpoint Charlie,pas toujours,pas souvent sous les colères des intellectuels,mais en une grisaille quotidienne à se cogner la tête contre les murs,contre le Mur.

 

           

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16 juin 2012

Le rougeoiement du soir dans l'Ouest

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            J'ai gardé comme titre le sous-titre du livre en question.Je fais rarement ça mais il est si beau qu'il pourrait être élégiaque, bucolique, poétique.Fausse Route, tiens, un autre livre pessimiste de Cormac McCarthy.Mais attention,c'est du brutal.J'ai mis assez longtemps relativement pour lire Méridien de sang car c'est épuisant.Une horde hétéroclite de types sans foi ni loi,d'une cruauté impensable et totalement fantasmagorique hante le Sud et le Mexique dans les années 1850.Peu importe l'époque,de toute façon on est complètement hors norme,la trace la plus marquante de ce bouquin très riche étant quand même le massacre.Mais alors le massacre élevé au rang d'un art majeur.En quatrième de couv. on cite La horde sauvage,le film de  de Sam Peckinpah et on n'a pas tort.La violence ,le baroque,l 'horreur éclatent à chaque chapitre comme les cerveaux et les viscères et ce vieux Sam,pas un enfant de choeur toutefois,est ainsi relégué au jardin d'enfants.

      Quelques individus dominants surnagent dans cette sinistre compagnie: Glanton,chef "militaire",le Juge,nommé Holden comme l'acteur principal de La horde sauvage,caution "morale",un colosse qui se pique de philosophie et de dons pour le dessin,mais c'est à l'abattage en série d'Indiens,Mexicains et tous êtres vivants, qu'il excelle vraiment,le Gamin,seul à posséder une éventuelle ébauche de début d'once d'humanité.Cormac McCarthy est un torrentiel aux longues phrases et aux rares virgules.Cruauté à chaque page,scalps et mutilations,colliers d'oreilles diverses,Méridien de  sang ou Le rougeoiement du soir dans l'Ouest est un opéra baroque, un peu à la sud-américaine,zébré d'éclairs de sang où la boue succède à la poussière,où les femmes sont putains,vieilles ou mortes ou les trois,où l'armurerie est poésie et où l'on danse beaucoup,une danse obscène de violence,où l'homme dégradé a manifestement perdu la confiance de l'immense romancier McCarthy. Immense et fatigant.Ce sillage de la mort dans le Sud et l'Ouest est somptueux, grotesque et fascinant,du Jérôme Bosch du Nouveau Monde.Mais,Dieu,ou Diable,que c'est éprouvant,tous ces crânes fracassés!

   Deux mots encore.McCarthy voue un culte à Melville et c'est vrai qu'il y a du Moby Dick dans la quête effrénée et sans limite des assassins de Blood meridian.Et il semble que Ridley Scott ait renoncé à l'adaptation du bouquin,envisagée il y a quelques années et absolument impossible de toute façon, malgré le sens du visionnaire du cinéaste de Blade Runner et Alien.

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14 juin 2012

Circuit des capitales,un air de voyage

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10 juin 2012

M comme méconnu

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            Simon Nezenbal fut le producteur de M. le Maudit,le classique de Fritz Lang.C'est aussi lui qui est à l'origine du remake de Joseph Losey en 1951,dont l'affiche est un tantinet racoleuse.Ce film est très rarement proposé.Losey n'était pas enthousiaste et Fritz Lang pas enchanté du tout.André Bazin,le fameux critique qui n'admettait pas beaucoup la contradiction, le condamnait sans ambages.Ce pape de la critique,il fut à l'origine de Télérama,ce qui n'est pas forcément un gage de véritable curiosité,peut parfois être trop sévère.J'ai découvert M. le Maudit chez Brion le dimanche soir et ce film est très estimable.Fidèle à l'original Berlin devient L.A.,photographiée fort bien,à hauteur de quartiers et si Peter Lorre a à jamais marqué le cinéma en endossant le célèbre manteau crayonné,le plus grand rôle de tous les temps d'après moi,l'acteur David Wayne ne démérite pas.

    La plupart des scènes sont très proches des originales.Et l'on retrouve les grandes figures du magistral opus langien.La mère qui attend Elsie,même prénom,l'aveugle et ses ballons,même si on n'y entend pas Peer Gynt,les figures de la pègre bien sûr très "américaines" qui tiennent un tout petit peu moins de la Cour des Miracles que leurs homologues allemands.Certes le personnage de l'avocat alcoolique et pathétique manque de réserve,certes le monde interlope est plus proche de Hammett que l'entre deux guerres en Allemagne mais c'est bien le moins pour un film qui se revendique tout à fait américain.Plus dommageable est l'explication hyperpsychanalytique des déviances du criminel,qui en quelque sorte le banalise.Mais il faut rappeler que Lang lui-même ou Hitchcock avaient fait fort en ces années avec Le secret derrière la porte ou L'inconnu du Nord-Express.Sorti en plein maccarthysme le film n'eut pas de succès. Joseph Losey quitta le pays pour l'Angleterre.Nous avons tous très longtemps cru qu'il était citoyen britannique.De toute façon pour les remakes,croyez-moi,j'ai vu pire,bien bien pire.Et beaucoup plus souvent diffusé.

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