05 mai 2013

Ma peur du loup

HESSE

              Il ne viendrait à l'idée de personne de nier l'importance de Hermann Hesse.Prix Nobel 1946,l'écrivain allemand n'est pas un auteur souriant.J'ai attendu très longtemps avant d'affronter Le Loup des steppes.J'ai des difficultés à en parler.Cette littérature existentielle m'est assez  étrangère.Les chefs-d'oeuvre intimident parfois.c'est le cas avec Harry Haller,ce quinquagénaire désabusé en pension dans une ville d'Allemagne.Lui-même pris en étau entre sa tendance presque suicidaire et misanthrope,celle du Loup des steppes,un beau titre, séduisant,et son désir d'insertion dans la société.Toutes les anthologies du XXème Siècle soulignent l'importance de ce livre.Probablement indiscutable mais à moi,Le Loup des steppes est demeuré en partie hermétique.

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          Ainsi ma peur du loup était donc justifiée.A voir le thème on pourrait penser,un peu,à une sorte de Docteur Jekyll et M.Hyde version post-freudienne.Un peu immodeste la version.Malgré quelques moments forts.De plus il faut rappeler que Hesse a écrit ce livre en 1927,devenu citoyen suisse,par anti-nationalisme essentiellement.Un soir ,traînant son âme en peine, Harry se retrouve en possession d'un ‘Traité du Loup des Steppes, où son portrait psychologique est dépeint avec une telle précision que lui seul aurait pu l'écrire. Intrigué, il tentera d'en découvrir la provenance, et apprendra ainsi l'existence d'un Théâtre Magique, un mystérieux endroit où seuls les fous sont admis. Harry rencontre alors Hermine, une jeune fille,plus ou moins prostituée,mais qui aurait un peu lu , qui peut apparaître comme son double ou son contraire,ce qui ne simplifie pas la situation, et qui promet d'apprendre au loup et à l'homme qui vivent en Harry à cohabiter en paix. Elle ne pose qu'une seule condition : une fois son apprentissage terminé, il devra la tuer.

        Honni par le Troisième Reich qui le trouvait particulièrement décadent Le Loup des steppes accéda à partir des années cinquante au très envié et très discutable statut de livre culte.Notamment par beatniks et hippies interposés.Y aurait-il un peu de Meursaut, L'étranger camusien chez Harry Haller? Vers mes quinze ans j'étais fasciné par Le Loup des steppes,par le titre,pas par le livre que je viens de lire le mois dernier.Mais un beau titre,c'est déjà pas si mal.Plus tard un film,jamais diffusé,lui donna les traits du grand Max von Sydow,alter ego de Bergman pendant une époque,ce qui ne tendait pas vraiment à la franche rigolade.Le film est mauvais,peut-on lire partout.De toute façon peu l'ont vu.Mais pour moi,qui n'avais alors plus tout à fait quinze ans,ça me séduisait toujours,de loin en loin.

       Les années passant,Le Loup des steppes me mordillait toujours un peu et très récemment je décidai d'en finir avec ce canus lupus septentrionus.Je le lus.Oui,je le lus.Et ne le regrette pas,les passages sur Goethe ou Mozart notamment volant assez haut.De même que d'assez pitoyables leçons de danse et des crachats sur le jazz qu'évidemment je ne cautionne pas.Donc je le lus et viens de vous dire ce que j'en ai retenu.Me reste la perplexité que peut-être vous partagerez si vous le lisez.Mais vous pouvez faire semblant de l'avoir lu.C'est très bien aussi et personne ne vous contredira.

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2013/05/le-loup-des-steppes-hermann-hesse.html Inganmic l'a chroniqué deux jours avant moi.

 

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02 mai 2013

Géographie: Rockville, Maryland

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   Don't go back to Rockville http://www.deezer.com/track/3154035

             Rockville,du moins le Rockville de R.E.M., un titre déjà ancien, se situe dans le Maryland,petit état du Nord-Est peu visité jusqu'ici par notre vieux bus trans-Am. Une seule cité est très connue de cet état, Baltimore, que nous évoquâmes jadis.Aucune importance puisque de toute façon la bande à Michael Stipe,alors avec des cheveux,si,si,nous conseille de ne plus y remettre les pieds.Pieds,que pour notre part,nous avons toujours soigneusement tenus éloignés de Rockville.

           Si vous trouvez que cette rubrique s'essouffle vous avez mille fois raison.L'histoire du rock,et autres bêtises genre blues, folk, jazz et country, elle, heureusement,ne souffre pas d'insuffisance respiratoire chronique restrictive (pardon pour la défo. pro.). Les quatre Georgiens de R.E.M. maintenant séparés nous ont laissé pas mal de pépites et quelques leçons.Je préfère les pépites.

 

 

30 avril 2013

La lyre d'Islande

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                      C'est avec grand plaisir que j'ai partagé avec Athalie A les lire cette lecture commune.Celui-là,il ne manque pas de souffle.Et il en faut,très au Nord dans cette Islande de glace et de feu où le moindre faux pas vous flanque  à l'Océan et où l'oubli d'une veste un peu chaude vous mène au Walhalla,comme on le vit dans Entre ciel et terre,premier tome d'une trilogie dont La tristesse des anges est le deuxième volet.Il est préférable à mon sens de lire les livres dans la foulée car les personnages d'Entre ciel et terre,lu il y a deux ans,s'étaient pour moi un peu dissipés.Ce n'est toutefois pas indispensable.

                  Le Postier et le Gamin sont les deux héros de cette histoire qui nous jette sur les chemins gelés et les crevasses volcaniques de cet étrange caillou nordique d'Extrême-Europe.Le premier a besoin du second pour mener à bien sa tournée vers les fjords du Nord,moins hospitaliers encore que le village où se concentrent les autres personnages.Dans ce pays de blancheur où cavalier et monture ne font plus qu'un, unis par la peine et le gel,et où la terre si brutale ne rachète pas la mer meurtrière,nous sommes dans une lande de conflagration.Il est si difficile d'y vivre et le gamin n'a plus que le souvenir de son ami Barour disparu.

               La poésie inonde ce livre,son prédécesseur,et probablement le troisième opus.C'est que,sous de telles latitudes,aux arbres rares et aux eaux souvent solides,la vie s'accroche au moindre lichen et s'abreuve à la plus fine fonte de neige,de cette neige qu'on appelle aussi La tristesse des anges.Rudesse aussi en ce parallèle du Septentrion,la mort est en embuscade et parfois colle à la peau des survivants comme ce cercueil fou qu'on est incapable de mettre en terre.

            Ce voyage en Islande n'est pas toujours aisé au lecteur non plus d'ailleurs.Comme transi de froid j'ai parfois dû réfléchir,ce qui ne peut pas faire de mal,car la prose de Jon Kalman Stefansson ne s'offre pas si vite,un peu secrète,un peu mythique.Et puis,un détail,les prénoms de la-bas,ou de là-haut,on a ne les identifie pas immédiatement comme masculin ou féminin.Cela m'a perturbé un tout petit peu.Broutilles que tout cela,La tristesse des anges est un livre somptueux et le cap au Nord que vous allez mettre,je l'espère,vous récompensera des ses multiples beautés.Froides,les beautés.Et le macareux salé que vous partagerez avec Jens et le Gamin,je suis sûr que vous l'apprécierez.

          Dans l'article  Poésie meurtrière sur le premier tome j'avais évoqué Melville et Stevenson.Je crois que Jon Kalman Stefansson est tout à fait digne des deux géants.Il y a chez l'Islandais la quête de l'un et le sel de l'autre.

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27 avril 2013

Ennui vénitien

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           Grosse déception que cet Alibi de Joseph Kanon dont j'avais, tant apprécié L'ami allemand,The good German au cinéma, Soderbergh, Clooney.Venise a rarement semblé aussi peu inspirée dans ces premiers mois après la fin de la guerre.Un jeune Américain,démobilisé,retrouve sa mère qui va se marier à un médecin italien.Qui est vraiment cet homme? S'intéresse-t-il surtout à la fortune de cette femme?Et le Grand Canal a-t-il beaucoup de cadavres à vomir ainsi?

          Autant le Berlin de 1945 était judicieusement étudié par Joseph Kanon avec ses trafics divers,ses vestes retournées in extremis,et ses signes très précoces de la future Guerre Froide,autant l'auteur se noie dans les eaux troubles de la Sérénissime.Rien ne m'a intéressé dans cette histoire qui mêle résistants au fascisme et chemises brunes,qu'on confond allégrément.Bien sûr les immédiates après-guerre peuvent être diablement séduisantes pour l'univers du polar.Mais ce qui fonctionne dans le Berlin de L'ami allemand ou la Vienne du Troisième homme,ça ne marche pas sur la lagune.Chiuso! Scusami mais, Dieu merci, j'ai connu La mort à Venise autrement excitante,et des Lunaisons vénitiennes d'un tout autre calibre.Pourtant j'aimais bien la photographie de couverture.

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24 avril 2013

Un Suisse qui compte

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                 Claudialucia eu la bonne idée de me faire parvenir le très original roman de Patrick Deville.Je connaissais Alexandre Yersin comme découvreur du bacille de la peste et je l'imaginais rivé à sa paillasse dans un institut,fut-il l'Institut Pasteur. Mais Deville est un voyageur de l'écrit qui comme Yersin pense que ce n'est pas vivre que ne pas bouger. Rimbaud est cité presque plus que Pasteur dans ce roman que l'auteur du très bon Equatoria a mis en scène afin de nous faire vivre l'aventure Yersin, du canton de Vaud à son installation en Asie du Sud-Est. Cet homme là tenait d'Arthur l'Ardennais pour ses chaussures aériennes,mais aussi de Livingstone pour la ténacité. Et le jury Femina,lui,a été très clairvoyant car ce livre est formidable et terriblement stimulant.Saluons Laure à l'occasion avec son joli challenge.

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            C'est que ça le démange,Yersin,peu de choses de l'activité humaine lui sont indifférentes.Après le bacille de la peste en 1894,qu'il identifia déjà à Hong-Kong,le savant ne revint en France qu'avec parcimonie.Nha Trang au Vietnam actuel fut le havre de ce travailleur acharné que passionnaient aussi bien le vélo que l'automobile ou l'aviation.Souvent le premier à expérimenter tel ou tel objet,ce pasteurien convaincu fut entrepreneur,multipliant les observations scientifiques tant sur la botanique que sur les marées ou sur l'élevage.Il fut aussi l'un des maîtres du caoutchouc,développant la culture de l'hévéa.Et s'intéressa à l'arbre à quinquina, source de médication par la quinine.

            On oublie souvent que la recherche de cette époque était fréquemment mortelle pour les hommes,avant que de l'être pour les bacilles.Plusieurs collaborateurs de Yersin payèrent de leur vie les asepsies approximatives.On croise des politiques comme Paul Doumer,des collègues dans le sillage de l'immense Pasteur,Calmette,Roux,un certain Dr.Destouches aussi,auteur d'une thèse célèbre sur Semmelweiss.Peu de femmes dans la vie d'Alexandre,peu de place pour l'art et la littérature.Mais Patrick Deville signe un livre très novateur,efficace,sur un personnage somme toute secret,le contraire de ce que l'on appelle aujourd'hui people,dans toute sa richesse d'homme de science et de volonté,inébranlable.

         Grâce à Claudia,et tout comme Deville ou Yersin,Peste et choléra voyage lui aussi.Le voilà en partance pour la Bretagne où l'attend Gwen,en attendant d'autres destinations.

       

 

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23 avril 2013

So long Richie

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              Au revoir au grand Richie Havens.Au hasard d'une discographie superbe sa reprise d' Eleanor Rigby.Et Woodstock s'éloigna encore un peu...

http://youtu.be/v4etdWtz5kk Eleanor rigby

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21 avril 2013

Service minimum

                  J'avais pensé pour ce challenge de l'ami Phildes me singulariser par un nombre peu commun dans le titre et voilà que,pris par le temps,je me contente du service strictement minimum,à savoir le chiffre 2,ce qui,avouez-le, ne relève guère le niveau.Ca m'apprendra à faire le malin.J'ai donc fouillé dans les livres de mon père et lu un auteur que j'ai beaucoup fréquenté dans les années soixante-dix,gros vendeur à l'époque,le sympathique Bernard Clavel,prix Goncourt avec le quatrième opus de  sa belle série La grande patience,Les fruits de l'hiver.

Contrainte

               Quarante ans ont passé et ce roman de l'artisan Clavel,séduisant self-made man passé du stade d'apprenti boulanger dans le Jura à celui de convive chez Drouant et best-seller,publié en 93,ne m'a pas permis de retrouver le grand plaisir de lecture de La grande patience,ou de L'Espagnol,ou encore du Seigneur du fleuve.Est-ce moi qui ai changé?J e crains que oui.Clavel a amalgamé des éléments historiques sur les mouvements des canuts,ces tisseurs lyonnais aux conditions de travail dantesques.Il connait bien cette bonne ville de Lyon bien sûr,et l'opposition traditionnelle entre la colline du Labeur et la colline des Prières.Son personnage principal,Pataro,handicapé,contrefait,survit péniblement en rendant menus services avec ses chats,ses rats et ses oiseaux.Ses services il les rend parfois aux canuts,parfois aux bourgeois.

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         Les gones et gonesses se sont sûrement régalés à cette histoire où leur ville et leur fleuve crèvent l'écran.Le vocabulaire leur en est familier.Moins pour moi,sorti des traboules,je peine à situer l'action.Autre personnage,tout jeune,mais appelée à un grand avenir,la guillotine.Bernard Clavel a ainsi brassé les époques pour une fresque sociale un peu à la Zola,avec des relents des Misérables.Lu très vite,je crois que Clavel n'était plus dans sa période la plus forte.Où est-ce ma capacité à m'émouvoir qui fout le camp?Dessécherais-je?

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20 avril 2013

Les plumes...by Asphodèle: Chronique littéraire

                   Asphodèle,cette diablesse exige de nous cet exercice de haute voltige,écrire une quatrième de couverture,avec les mots suivants: départ-salle-téléphone-heure-désir-impatience-minute-frustration-déçu-enfant-pandémonium-liste-angoisse-patience (facultatif)-espoir-stupeur-galop-gifle-gigantesque.

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                  C'est l'occasion pour moi d'attirer l'attention sur un livre de toute beauté,qui ne semble pas promis hélas à un grand succès populaire,le nom de Pierre Kiroulnamaspamous restant scandaleusement méconnu de la critique française.

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                 Quelques aficionados trop rares guettaient le nouveau livre de Pierre Kiroulnamaspamous.Leur impatience est enfin récompensée après la frustration d'un silence de dix ans.Quant à ceux qui ignorent tout de l'auteur,tant mieux.Qu'ils prennent le départ pour cette aventure romanesque gigantesque dont ils se souviendront.Dans son style minimaliste et après 270 pages blanches qui attisent le désir du lecteur,haletant,Histoire du Rien frappe très fort et nous scotche à notre chaise,tout de stupeur inouie,devant la violence de cette scène où le héros,Hans Bastiani,renverse son café au Bar du Téléphone,Gare San Parnasseo.

               Et c'est presque le début d'un voyage littéraire hors du commun,une gifle intellectuelle,dont on ne peut sortir déçu.Déçu, non,mais meurtri certes oui.Le pandémonium originel,celui des Enfers,a tout d'une pension de famille à l'heure des tisanes à côté du fleuve Histoire du Rien,objet écrit mal identifié charriant les horreurs et les tendresses d'une humanité percluse d'angoisse et lorgnant le moindre espoir avec véhémence.Songez,mais je ne veux pas dévoiler d'indice,que dès la page 712 on apprend que le café de la gare,salle des pas perdus, était décaféiné.

              La liste des influences sur le roman de P.K. est variée de Buzzati à Confucius en passant par Hergé.Heureux lecteur néophyte qui va découvrir ce livre inclassable qui,dans la brièveté de se 1500 pages,nous emporte au grand galop vers les hauteurs vertigineuses d'une littérature à couper le souffle,qui ne laisse pas une minute de répit,et qui fait du lecteur un enfant ébahi, émerveillé,stupéfait devant tant de maîtrise.

Edualc Eeguab

"Le Picard sait lire" du 20 avril 2013

Histoire du Rien, de Pierre Kiroulnamaspamous,traduit du kirghizo-bantou par Anna Kuneki-Peferssa, 1523,5 pages, Ed. Gaminard/Le Deuil.

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18 avril 2013

Tous les lilas,tous les lilas de mai...

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             ...n'en finiront,n'en finiront jamais...La jolie Valse des lilas de Michel Legrand et Les lilas chantés par Brassens ont bien du charme.Mais,mauvais Français,j'ai une passion pour ce Lilac wine,des années cinquante,devenu un standard repris par bien des gens de talent.Voici deux bouquets pour toutes celles qui aiment le lilas,dont deux blogueuses auxquelles je pense plus précisément,des pays de Chouans et de Canuts.

2e6uv_480x270_1knpwl     http://youtu.be/LT38CIgRse4

Jeff_Buckley_Lilac_Wine_by_monstarart  http://youtu.be/p3o3RGucirs

                 Un verre de ce Lilac wine,en compagnie de Nina ou de Jeff, qu'en dites vous?La chanson parle de quelqu'un qui a mis tout son coeur dans la recette du vin de lilas,qui lui fait penser plus qu'elle ne pense,faire ce qu'elle n'ose pas,et boire peut-être un  petit peu plus que de raison. Et quand le doux vin de lilas nous aura tous bercés,je sais qu'alors, alors vraiment ,ce sera le printemps.

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15 avril 2013

Visages de cinéma

images  Le film allemand A l'envers

e59ace496d5928d736b8fd5f05b61f78861b48b2 Le film danois You and me forever

blame Le film allemand Shifting the blame

4_ELE_electrick-children  Notre coup de coeur Electrick children

 mud-de-jeff-nichols-10686849xdklx  Le "gros" film américain Mud.Gros mais bon.

32-le_sac_de_farine_3_actrices  Le film belge Le sac de farine

enfance-clandestine-infancia-clandestina-2012-2-g  Le film argentin Enfance clandestine

              Neuf films en compétition,neuf jurés,pour remettre le Grand Prix de la Ville.Le principe est simple comme à Cannes,mais moins couteux en chambres d'hôtel.Ces films ont été proposés chacun deux fois ce qui octroie une semi-liberté aux jurés.Ce n'est pas parce qu'on fait partie du jury qu'on doit se déplacer en petit troupeau cinq jours d'affilée,même si ça peut parfois ressembler à ça.On pourrait écrire un polar la-dessus et cela a sûrement déjà été fait.Le souvenir le plus marquant pour moi de cette expérience est le fait que l'on apprend un peu à se connaître et qu'au bout de quelques jours il y en a bien un ou deux qu'a envie de tuer.Les membres de cette microsociété s'irritent mutuellement,ne serait-ce qu'à table car les repas prennent une assez grande place.L'exercice physique est ce qui manque le plus au pauvre juré de festival.

                    Ce festival s'appelle Ciné-Jeune.Il y a donc plusieurs jurys dont un composé d'enfants de cinq-sept ans.Ce n'est pas le moins cocasse de voir une présidente de jury de six ans annoncer le vainqueur catégorie court métrage,un charmant film d'animation de huit minutes,Macropolis,dont je vous joins la bande-annonce.http://youtu.be/ceB_Vjd-i8A

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                    Le jury adulte a donc choisi parmi ces neuf films.Autant le dire,la cocasserie n'est pas le point fort de cette sélection et voici pourquoi.La règle de ce festival stipule bien que les oeuvres doivent mettre en scène essentiellement des enfants,ados,ou jeunes.Et les enfances sans problèmes,si tant est qu'elles existent,ne hantent guère les scénaristes.C'est ainsi que les films traitant de la jeunesse sont la plupart du temps situés dans un contexte social lourd,parfois plombant.Cette 31ème édition n'a pas dérogé.On a donc droit à la délinquance,la maladie,l'autisme,la dictature,les troubles de l'identité sexuelle très tendance,la violence.Souvent ces films sont très bons,évitant soigneusement la dérive démago (ma hantise).On est en droit aussi d'avoir envie de sourire.C'est un peu difficile.Nous y sommes cependant à peu près parvenus,mes chers collègues et moi.Une relative unanimité a couronné un film américain,indépendant ou presque,que vous aurez l'occasion de voir en juin prochain,je crois.Ayez l'oeil car Electrick children ne sortira pas dans 400 salles.

                Premier film de l'Américaine Rebecca Thomas,Electrick children nous donne à savourer un improbable télescopage entre la communauté des Mormons dans l'Utah et Vegas,la musique rock et un air de liberté plus à l'Ouest.Rachel,15 ans et demi,se retrouve curieusement enceinte et en attribue la paternité à... un morceau de rock,Hanging on the telephone.Il y a un poil de road movie.La pub,un peu courte quand même,évoque un croisement entre le Witness de Peter Weir et l'univers de Gus Van Sant.Bof.J'y ai surtout vu pas mal de liberté de ton,un choc de couleurs,le rock utilisé comme un vecteur,si j'ose dire,d'envol de l'oiseau Rachel.Et des images certes un peu clinquantes parfois mais bien en accord avec l'aventure à l'Ouest de la jeune Rachel.Une scène magnifique, émouvante aussi,où un rocker quinquagénaire reprend seul à la guitare son tube historique.Vous pensez qu'un tel moment ne pouvait que m'emballer.

Electrick Children (2012) Trailer #1 [HD] - Julia Garner, Rory Culkin (Rebecca Thomas)

          Nous avons voulu distinguer d'une mention le très beau film argentin de Benjamin Vila Enfance clandestine qui aborde d'une manière originale et à hauteur d'un enfant de douze ans les années plombées de Buenos Aires.Fortes tendances autobiographiques. Cependant le véritable jury de Ciné-Jeune n'était pas le nôtre mais celui des lycéens qui a octroyé le prix le plus prestigieux,et le mieux doté,au film finlandais de Petri Kotwica,Rat King.Et là,c'est peu dire qu'il y a eu un divorce total entre les deux instances car chez nous,les "vieux",personne n'avait aimé ce film.Du conflit des générations...Sur la photo Petri Kotwica est le grand monsieur solide bâti comme ses compatriotes Arto Paasilinna et Aki Kaurismaki,charmant et tenace.

RAT KING 

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Photo/Le Courrier Picard

             En conclusion je rassurerai chacun,les neuf membres du jury sont sortis indemnes de cette épreuve.Et personne n'est mort d'ennui malgré des moments un peu soporofiques auquel le juré,contrairement au spectateur lambda,ne peut échapper.

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