22 décembre 2016

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab

Poésie du jeudi

Ecriture

La Dame aux traits tirés

 

Alors te voilà, attendue, crainte,

Espérée, laide et magnifique.

J'ai toujours su que tu viendrais,

Tu es femme de rendez-vous,

Il suffisait d'un soir.

As-tu un prénom?

Ne te soucie pas, je t'en donnerai un,

J'en ai tant écrit et chanté

Qui m'ont brûlé les ailes,

Ordinaires pourtant.

Je me surprends à t'accueillir, presque bienvenue 

Il est, il fut 

Des compagnes moins proches,

Plus clandestines, plus âpres

A l'amertume tenace.

Ainsi voyagerons-nous tous deux,

Deux vieilles connaissances,

Au long des docks d'antan,

Ils ont bien changé.

Méconnaissables, et la ville et la vie,

J'y suis bien moins à l'aise,

Même les fantômes passés

Semblent avoir déserté.

Je me voulais princier

Et ne suis que servile.

J'ai cru jouer avec les fées,

Mais tombé de l'arbre,

Je me relève mal.

Rien dans mon cas ne doit révolter,

J'ai eu ma chance.

Quelques rencontres m'ont enorgueilli

Mais souvent leurs dagues m'ont frôlé.

Il en est qui m'ont bien meurtri.

Sans me permettre

Ni gloriole ni allégresse.

Maintenant que tu es là tout ira mieux,

Désenchanté, enfin sans sortilèges,

A l'abri,comme au chaud,

Pourvu du bel alibi,

Celui de la tournée d'adieu,

Que, cabotin malgré tout, l'on souhaite,

Incorrigible de vie,

Et, pianiste de bar claudiquant,

Interminable.

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18 décembre 2016

Itinéraire d'un enfant perdu

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                              Chancelant sous les critiques si élogieuses et si nombreuses sur les blogs je me suis attelé à la roulotte du Garçon. En même temps que Valentyne, (La jument verte de Val) une compagne idéale pour ce voyage. Venant après des dithyrambes mon éloge sera un peu moins vibrant mais quand même, quel bouquin! Un flux torrentiel, lit-on parfois, mais un flux qui charrie des images magnifiques d'un bout à l'autre, poétiques, horrifiques parfois puisque Le garçon est aussi un roman sur la Grande Guerre. Parti de rien, puis cahotant avec un lutteur de foire, un hongre tout de sobriété et de cran, le garçon, qui restera sans identité, voyageur sans bagage, le garçon, donc, nous ne le lâcherons plus tant son histoire nous passionne. De champ de foire en marché, du sud au nord, le garçon finira par faire connaissance d'Emma. La passion sera torrentielle et nous vaudra de longues pages (un peu trop) et un enfer (les livres interdits) sur cet amour tant spirituel que charnel. Mais mutique restera le garçon dans identité et sans voix.

                            Extraordinairement écrit et très entraînant (j'aime bien cet adjectif pour un roman qui vous prend et vous emmène) Le garçon me semble idéal et tellement romanesque au bon sens du terme, jouant sur tous les tableaux et les émotions. Il y a dans ce livre du Sans famille, du Paul et Virginie, des réminiscences d'apprentissage, une belle leçon de vie. Et des instants de grâce, musique, érotisme, nature. Marcus Malte entretient avec la musique un rapport à la fois sacré et charnel. On le savait déjà mais là nous sommes dans la symphonie avec choeurs et orchestre sans être jamais noyés. Secoués, meurtris, bouleversés, oui. Nombre de blogs sont revenus sur Le garçon et en parlent souvent avec fougue et talent. Me précipitant sur l'occasion, je n'en citerai qu'un qui ne vous surprendra pas, Les lectures d'Asphodèle, ici .

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11 décembre 2016

La machine infernale

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                                 C'est Dermot Bolger qui parle de machine infernale à propos des années du Tigre Celtique, où les Irlandais se sont crus les maîtres du monde. Ensemble séparés ce n'est pas l'Irlande des pubs et des banjos et du rugby même si l'on y boit pas mal. L'auteur y démontre les mécanismes du profit de ces quelques mois où Erin s'est prise pour Wall Street et Las Vegas en même temps. Soit deux couples à Dublin, des voisins, Chris et Alice, remise mentement d'un grave accident, Ronan et Kim, sa seconde épouse jeune et philippine. 2007, selon un processus que je n'ai pas très bien compris, étant une buse en économie, les deux hommes tentent de s'enrichir dans l'immobilier. En ce temps là en quelques semaines se bâtissaient des fortunes sur les rives de ma chère Liffey. Voisins, amis, rivaux, ennemis, Chris et Ronan sont tout cela à la fois. C'est l'un des atouts de ce très bon roman de suivre ce rapport entre deux hommes qui ne se sont jamais vraiment quittés.

                               Tanglewood (titre original) est passionnant bien  qu'un peu laborieux dans le premier tiers, avec ses précisions sur la situation financière de l'ancienne lanterne rouge de l'Europe, promue du jour au lendemain tête d'affiche. Mais après quel régal. Dermot Bolger brasse avec bonheur les intimités des deux couples, et les brutalités sociales qui voient s'opposer winners et losers, les winners d'un soir ruinables dès la semaine suivante. Et le romancier dépeint aussi sans démagogie ni misérabilisme cette population ex-yougoslave qui trime sur les chantiers de la nouvelle Irlande, et notamment dans le jardin commun de Chris et Ronan. Vers la fin du livre Bolger revient sur la Yougoslavie post-Tito et les guerres fratricides qui jetèrent sur les routes de l'exil tant d'amis ayant choisi des camps différents, emportant à l'Ouest, par exemple à Dublin, rudes souvenirs et lourdes rancoeurs.

                             Je suis admiratif de tant de livres irlandais que je vais me répéter. Quatre millions d'Irlandais et de si beaux textes. A croire que famine, omniprésence d'un catholicisme longtemps terrible, encombrant voisinage britannique, violences civiles un siècle durant, et pubs embierrés forment pour la littérature un coktail idéal. Je pense souvent ça aussi pour Israel et l'Afrique du Sud. Les deux titres, c'est assez exceptionnel, sont très beaux. Tanglewood insistant sur le côté embrouillé, tangle, de cette spéculation immobilière. Et Ensemble séparés pour la complexité et l'imbroglio qui enrichirent certains et ruinèrent d'autres, ou parfois les mêmes. Bref je vous invite, mitoyens que vous serez chez Chris et Ronan pendant 366 pages, à partager ce très beau roman qui en dit long sur l'Irlande, sur quelques Irlandais, sur les hommes en général et sur notre siècle compliqué où éclatent parfois des bulles meurtrières à leur façon.

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08 décembre 2016

La poésie du jeudi, Czeslaw Milosz

Poésie du jeudi

Don

Jour si heureux.  

Le brouillard était tombé tôt, je travaillais au jardin.  

Des colibris s’arrêtaient au-dessus de la fleur du chèvrefeuille.  

Il n’y avait rien sur terre que j’aurais voulu posséder.  

Je ne connaissais personne qui aurait valu d’être envié.  

Le mal qui était advenu, je l’oubliais.  

Je n’avais pas honte d’être celui que je suis.  

Je ne sentais dans mon corps nulle douleur.

Czeslaw Milosz (1911-2004)

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                       Le Prix Nobel 80, né en Lituanie alors russe et mort américano-polonais, a toujours refusé les autoritarismes, ce qui fait partie en quelque sorte du cahier des charges de la poésie. J'aime l'apparente simplicité de ce Don. Ni envie, ni rancoeur, ni regret, ni douleur. Asphodèle, merci.

 

 

 

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03 décembre 2016

Géographie: Seattle, Washington

                             Curieusement la grande cité Pacifique Nord, dans le Washington, pourtant pourvoyeuse de talents ( le mouvement grunge des nineties, Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden) n'avait jamais été à l'honneur. Y virent le jour Quincy Jones, Jimi Hendrix, Bill Gates, Kurt Cobain. Sans avoir l'aura de Vancouver au Canada Seattle jouit d'une réputation plutôt flatteuse.

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                              Shawn Mullins n'est pas connu en France. Qu'importe. J'ai découvert ses chansons depuis peu. Je conseille aux amateurs de Richard Brautigan d'écouter Twin Rocks, Oregon (c'est juste après la chanson d'aujourd'hui). Mais aujourd'hui c'est à un automne à l'Ouest que je vous confie (September in Seattle).

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01 décembre 2016

La poésie du jeudi, Eugène Dabit

Poésie du jeudi

                                 Eugène Dabit est bien oublié. Sauf pour L'Hôtel du Nord et encore, indirectement, car Hôtel du Nord pour l'essentiel, perdant son article au passage, c'est plus Carné, Jeanson, Jouvet, Arletty et une atmosphère. Il a pourtant écrit bien d'autres choses et en particulier ce texte. Je suis d'une région où fleurissent les cimetières, les nécropoles. Y flottent des drapeaux différents, allemand, anglais, français, australien (la mémoire de ce pays des antipodes est particulièrement impressionnante et soignée pour l'entretien de ces lieux de souffrance), canadien, américain, néo-zélandais, chinois (travailleurs civils). Il y a aussi, enterrés là des Sud-Africains, et des Africains pas du Sud. Le monde entier est inhumé près de chez moi.

J'ai été soldat

J'ai été soldat à dix-huit-ans

Quelle misère

De faire la guerre

Quand on est un enfant.

De vivre dans un trou

Contre terre

Poursuivi comme un fou

Par la guerre.

J'usais mon coeur

Aux carrefours crucifiés

Oh mourir dans la plaine

Au soir d'une sale journée.

J'ai connu des cris,

La haine

Des souffrances longues comme une semaine.

La faim, le froid, l'ennui.

Trois années ivres de démence

Plus lourdes à porter qu'un crime

Ma jeunesse est morte en France

Un jour de désespérance.

Tous mes amis ont péri

L'un après l'autre

En quelque lieu maudit

Est notre amour enseveli.

Défunt Lequel le parisien,

Masse et Guillaumin d'Amiens,

Pignatel dit le marseillais

Tous endormis à jamais.

On les a jetés dans un trou

N'importe où

D'en parler mon coeur saigne

Ah que la mort est cruelle

Mon Dieu était-ce la peine

De tant souffrir.

Las je reviens humble et nu

Comme un inconnu,

Sans joie sans honneur

Avec ma douleur

Les yeux brûlés

D'avoir trop pleuré

Pour mes frères malheureux

A ceux qui sont aux cieux

Contre la guerre

A ma mère

Adieu.

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Ecrit pendant la Guerre, Eugène Dabit (1898-1936)

                                   

                                 

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29 novembre 2016

Novembre au cinéma

for    Assez pesante variation de la Suissesse Paule Muret sur l'incommunicabilité existentielle entre une groupie amoureuse et une star du rock somme toute banalissime entre mépris et overdose. Par contre musicalement une découverte pour moi, Carl Barat, ex Libertines. Peut-être plus à écouter qu'à voir. Enfin c'est mon avis. A noter Ardant dans son propre rôle, trois minutes, grotesques à mon sens, sensibles pour d'autres. C'est le propre des débats. 

AFFICHEPRINCESS  Grand succès national en Finlande, ce qui surprend quand on a vu le film, l'histoire d'Anna Lappalainen, nous plonge dans les années cinquante et l'univers de l'hôpital psychiatrique avec son arsenal thérapeutique d'époque. Schizophrène et se voulant princesse de la famille royale d'Angleterre, Anna, Princess, jouera ainsi un rôle important et finalement bénéfique pour nombre de résidents de l'établissement. Le débat a permis de pointer quelques anachronismes gênants mais a le mérite de revenir sur la brutalité assumée des traitements, en aucun cas spécifique à l'Europe du Nord. Princess est l'oeuvre d'un documentariste, Arto Halonen et c'est sa première fiction, pas tout à fait fiction d'ailleurs.

cOURGETTE   Le film est très soigné, animation artisanale d'orfèvre pour une histoire édifiante d'orphelins image par image. Après viennent les appellations officielles, plaidoyer pour la différence, humanisme, citoyenneté. Nanti de son quota minorités pour les sept pensionnaires, Ma vie de Courgette est un bien joli film et le monde ne changera pas.

myst   Il y a floraison sur grand écran de documents depuis quelques années. Et c'est à mon avis très bien comme ça car un film de montage ou un essai cinématographique sont souvent plus intéressants que les fictions de toutes sortes parfois sempiternelles. En ce qui concerne la peinture après les assez radicaux Breughel, le moulin et la croix et Shirley:visions of reality (sur Edward Hopper), respectivement de Lech Majewski et Gustav Deutsch, nous arrive Le mystère Jérôme Bosch tout entier consacré au Jardin des délices, Prado de Madrid. Evidemment le tryptique se prête à toutes les interprétations. Le metteur en scène José-Luis Lopez Linares ne s'en prive pas, donnnant la parole à quelques célébrités, Onfray, Rushdie, William Christie, et à quelques spécialistes qui éclairent pour nous ce chef d'oeuvre inclassable. L'important étant surtout ce que vous, vous pensez du tableau et de l'émotion qu'il vous procure, ou non. Une immersion plutôt réussie.

lfdb_affichedef_jpeg_dbdesk  Remarquable film dossier que La fille de Brest sur le scandale du Mediator. Ce film se suit comme les meilleurs thrillers politiques à l'américaine. Jamais alourdi par un quelconque temps mort ou une dérive sentimentale attendue, d'une rare efficacité, les faits essentiellement les faits, jamais parasités, ce film est de plus porté par la formidable actrice danoise Sidse Babett Knudsen, toute en précision et en colère. Exemplaire, évitant la si fréquente pesanteur des films à thèse.

                                  Dans mes billets sur le cinéma actuel je ne parle pratiquement que de films assez peu distribués. La plupart des autres films sont abondamment chroniqués sur la toile.

 

 

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19 novembre 2016

In the name of rock/Victoria

 

                                       Extrait du génial concept album des Kinks Arthur or the decline and fall of the British Empire voici Victoria. Ray Davies et son frère Dave n'ont pas toujours été les meilleurs amis du monde. Mais comme ils ont su croquer la Swingin' England, Carnaby Street, les chemises à jabot, les après-midi ensoleillés (Sunny afternoon), les rues sans issue (Dead end street), la gare de Waterloo Sunset, les Dandy, Dedicated follower of fashion et autres Well respected man. Mais aussi les petites villes industrielles (Big black smoke) ou la pollution (Village green). Mais je n'en finirais pas d'évoquer l'Angleterre vue par les Kinks, maintenant étudiée en classe.

                                      Ecoutant Victoria à l'époque je ne savais pas qu'il était question du bon vieux temps de la Reine Victoria et de son interminable règne. En ce temps-là je faisais pourtant "anglomanie deuxième vie". J'ai dit mille fois que tout un tas  de chevelus grattant, frappant ou soufflant ont révélé l'adolescent acnéique et dépressif des bords de l'Oise. Un peu la vie par procuration car les Victoria du Valois n'en pinçaient guère pour mon romantisme incompris de série B. Les maladroites!

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17 novembre 2016

La poésie du jeudi, Edualc Eeguab, vraiment pas tout seul

Poésie du jeudi

Ecriture

Quitter la table

L'avalanche nous l'a brisé

Il était notre homme

Plus noir, plus noir, disait-il hier encore

Pas une façon de dire au revoir

A elles toutes,les Dames de Minuit,

De l'Hiver, de la Solitude 

Nous demeurons nombreux

Mais chacun, seul, un oiseau sur le fil

A qui le tour, par l'eau, par le feu?

Nous l'avons tant chanté

La chanson de l'étranger

La chanson du maître

Boogie Street, les soeurs de la Miséricorde

Il fut l'homme de l'an dernier

Il y a si longtemps de ça, Nancy

Chelsea Hotel tremble sous les ombres

Eternal Ladies, Janis, Nico, Patti

J'y étais un peu

J'y reviens, d'abord, reprendre Manhattan

Tout le monde le sait

L'amour nous appelle par notre nom

Commençons de rire et de pleurer

L'adieu à Marianne

Et à l'inoubliable dont un soleil miel

Ruisselait sur Notre Dame du Port

Parmi les ordures et les fleurs

Nous avons vu le futur

Il est meurtre.

                   Vous aurez compris que bien peu de choses dans ce texte sont vraiment de moi.

 

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16 novembre 2016

Huis clos + Chaos = K.O.

AFFICHECLASH

                             1h30 dans le panier à salade dans les rue du Caire en été 2013, c'est là que Mohamed Diab nous enferme dans ce huis clos envahi par le chaos. Alors là, pesons nos mots. C'est ce que j'ai tenté de faire hier en présentant Clash. Après la révolution de 2011 qui déposa Moubarak l'Egypte se débarrasse de Morsi, président élu et membre des Frères Musulmans, en une (contre) révolution, ça c'est selon le camp qu'on choisit. Manifestations monstres des partisans de Morsi, répression, cycle habituel et pas seulement égyptien. Sauf que la plupart des Egyptiens voudraient simplement tenter de vivre.

                            On sort de Clash, épuisé, exsangue,comme les 25 occupants du fourgon, dont assez vite on ne sait plus de qui ils sont sympthisants ou partisans. L'Absurdie, ce pays de partout, occupe manifestement l'Egypte contemporaine. Si le huis clos si bien maîtrisé par Mohamed Diab semble nous inclure et nous éprouver dans ces quelques mètres carrés de tôle corsetée le chaos urbain, lui, nous tombe sur la tête, assourdissant vacarme zébré de très pénibles lasers verts. On ne voit pourtant rien de l'immense métropole ingérable qu'est devenue Le Caire. A travers les barreaux, simplement, vociférations et invectives. Là un militaire s'écroule. Là-haut un sniper dévisse de sa terrasse. La guerre, civile, appelle-t-on ça. Cette vision comme quadrillée accentue la sensation d'enfermement et l'incompréhension. Voire la stupéfaction. Comment en est-on arrivé là?

                          Les gens ont plutôt aimé le film, très épuisant malgré tout. Malgré une relative accalmie à la faveur de la toute aussi relative fraîcheur de la nuit, où les gens se parlent, voire s'entr'aident. J'ai d'ailleurs peiné à le croire.Mohamed Diab, peu prophète en son pays, a divisé la critique là-bas, en défavorables et en mécontents. Chacun trouvant son camp maltraité. Une chose reste évidente: les printemps arabes restent suspendus à un avenir pour le moins aléatoire. C'est peu dire.

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