29 octobre 2011

Quatuor questionnant

 IGN

poi

ba

free    

   Purement ciné cette semaine.Quatre films qui doivent vous donner une petite idée de ce que j'attends de vous.Un tuyau:dans mes jeux il y a parfois des indices cachés.Bonn résolution de cette énigme.

Posté par EEGUAB à 21:27 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,


28 octobre 2011

Un maître du chant

  carrefour

   Quelle douce perversion de replonger dans le noir et blanc,français en l'occurence.C'est ainsi.J'ai toujours aimé les films plus vieux que moi,parfois bien plus vieux.A dix ans je savais par coeur le dialogue "Vous avez dit bizarre?" de Jouvet et Simon.Mais voilà:les films ont une fâcheuse tendance à devenir de plus en plus souvent plus jeunes que moi.Le cinéma du dimanche soir de France 3 de l'ami Brion me permet ainsi de jouer à Faust en me proposant des films qui me donnent une ultime illusion de jeunesse.C'est le cas du pas mal du tout Carrefour (1938) que le cinéaste allemand Kurt Bernhardt (plus tard Curtis Bernhardt) en transit entre Berlin et l'Amérique,ce qui se faisait beaucoup dans ces années,réalisa en France avec Charles Vanel et le prince des crapules,le maître chanteur par excellence,le sardonique diabolique Jules Berry.

berry

   Histoire d'amnésie,possible usurpation d'identité,Pirandello n'est pas si loin.Bien sûr le schéma est ultra-classique,avec tribunal,retours en arrière, maîtresse fatale et légitime dévouée.Vanel grand bourgeois décoré est-il un ancien voyou?Il y a du Jean Valjean là-dedans.Et puis pour les ordures au cinéma,maîtres-chanteurs, escrocs,chevaux de retour,enjôleurs de soubrettes,liste non exhaustive,on peut toujours compter sur le Jules,inoubliable histrion mangeant à tous les rateliers.S'il n'y avait qu'un salaud du cinéma français,les patrons Renoir et Carné ne s'y sont pas trompés,ce serait définitivement l'immense Jules Berry.Sublime canaille!

Posté par EEGUAB à 20:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

26 octobre 2011

Ca devrait plaire à l'ami D&D

 5940543076_L_entreprise_des_Indes_d_Erik_Orsenna 

   J'ai foncé là dedans tête baissée comme le monument lisboète de Belem que les gens de là-bas appellent,je crois,Poussez pas derrière.D&D tu confirmes ou tu infirmes,d'accord?On m'a prêté ce livre sachant mon goût pour les histoires et les légendes de ces voyageurs,ceux qui ont fait bouger les lignes.Erik Orsenna lui-même navigateur est fou de cartes géographiques.Moi aussi.D'ailleurs mon voyage dans les villes américaines au son du  bluesfolkrock n'est-il pas une carte en soi?Et puis un écrivain qui tire son pseudo du mythique Rivage des Syrtes de Gracq ça a de la gueule,non?Surtout Erik avec un k comme un Viking,de grands dékouvreurs aussi ceux-là.

LE_MON_1

     Le récit-roman d'Orsenna m'a absolument emballé.Je l'ai dégusté comme une épice du Nouveau Monde, comme une brise salée de Caraïbe.A travers les souvenirs de Bartolomé Colomb,frère de qui vous savez,j'ai vécu les délices d'un chemin pointillé sur un portulan,enivré de l'alchimie entre le savoir et l'action.C'est qu'Erik Orsenna est très joueur tant sur les mots que sur les flots.Il a l'étymologie vagabonde et ce n'est pas pour me déplaire.Ainsi "Ante illia", île du devant,a par exemple donné Antilles.Bartolomé conte à un frère dominicain sa version du départ de Christophe,de ses démélés avec les experts qui aboutissent à l'abandon du Portugal et à son départ pour l'Espagne.Amoureux des îles en général et plus encore de leur représentation cartographique nous tombons sous le charme des ces évocations,qu'elles soient espagnoles ou irlandaises.

    Outre qu'elle finirait presque par me réconcilier avec les mathématiques tant la danse des nombres est enlevée (des histoires d'angles,de degrés,de triangles,très colorées),cette poésie du port et de l'attente n'oublie pas les femmes,veuves en puissance à attendre sur un quai,ou prostituées du voyage car le plus vieux métier du monde est aussi en partance pour cette route des Indes d'hypothèse.J'ignorais que ces trois fameuses caravelles faisaient d'ailleurs référence à cette activité.Le vrai nom de la Santa Maria était Marie-Galante.La Pinta signifie la Fardée.Et la Nina la Fille.Fourmillant d'anecdotes drôles et délurées L'Entreprise des Indes est une merveille de dépaysement passant du chapitre curiosité au chapitre fièvre puis au chapitre cruauté.Car l'histoire des voyages c'est bien ça,on s'interroge,on s'enflamme,et souvent on brûle.Et Orsenna n'ignore pas la frénésie du métal jaune et la symphonie des massacres qui suivirent cette immense aventure.Pas plus qu'il n'ignore que le grand départ de Palos coïncida avec l'ultimatum fait aux Juifs de quitter le royaume d'Espagne.

   Dominique qui aime pourtant sauts et gambades ne partage pas tout à fait mon enthousiasme:  http://asautsetagambades.hautetfort.com/search/orsenna

Posté par EEGUAB à 07:39 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 octobre 2011

Veine slovène

 pahor 

        Je découvre Boris Pahor.Pourquoi?J'aime bien la maison Phébus et ses écrivains étrangers.Et je ne connaissais aucun Slovène,écrivain ou autre.Va pour Pahor et Printemps difficile.La quatrième de couverture parle des camps qu'a connus Pahor.Alors pourquoi pas?Il n'y a pas que Claude Lanzman ou Primo Levi.Radko Suban,rescapé de l'horreur, est soigné à Paris à la Libération.Comment réconcilier le corps et l'esprit pour cet originaire de Trieste qui a vu sa ville en proie au fascisme,sa langue interdite et sa culture bafouée. Probablement en tombant amoureux tout simplement.

   Seulement voilà:je n'ai guère répondu présent à cette rencontre rédemption dans les couloirs du sanatorium et les chemins buissonniers de l'immédiate après-guerre.Il s'est passé avec Printemps difficile ce qui arrive parfois.Un récit très bien écrit,manifestement de la bonne littérature,assez pour ne pas abdiquer le livre après quelques dizaines de pages.Mais un ouvrage qui m'a laissé, presque indifférent.La belle histoire d'amour entre Radko convalescent et Arlette infirmière n'a pas trouvé le chemin de mon coeur.

   Me resteront quelques déambulations poétiques dans le Paris 1945,Radko l'intellectuel féru de Baudelaire,et la douceur relative,très relative du retour de l'horreur,quand les chaises défraîchies du Jardin du Luxembourg peinent à faire croire que le mal est passé.

Posté par EEGUAB à 17:57 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

22 octobre 2011

Un jeu marquant

                Dans le cadre des dimanches à se creuser un peu voici quatre photos qui devraient vous mener à quelqu'un.Je dirai simplement que la quatrième est plus un complément d'indice qui devrait confirmer votre sagacité.

sj

lettre2

jo

+

NH

Posté par EEGUAB à 20:22 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,


21 octobre 2011

Bill joue John

 billfrisell_allwearesaying_jk 

                  Somptueux quintet que celui assemblé par le maître Bill Frisell pour 14 réinventions musicales de John Lennon,et parfois de John et Paul. All We Are Saying, tout neuf et même pas encore en vente,réunit autour du guitariste de génie,protéiforme à souhait,la violoniste Jenny Scheinmann, le bassiste Tony Scherr,le guitariste Greg Leisz et le batteur Kenny Wollesen.Tout juste sexa Bill a tout exploré avec sa guitare, du folk,du brasiliana, du jazz, du bluegrass, du swing.Peu importent ces termes.Le musicien est fabuleux et il faut écouter cet album qui,accessoirement et si besoin était,confirme l'extrême richesse du répertoire des Beatles, réorganisable à satiété.

      Des titres de Lennon solo,mais aussi de Lennon-McCartney, qui sont maintenant de vrais classiques, définitifs.Ce n'est pas très surprenant pour Imagine ou Nowhere man.Mais c'est plus étonnant pour des chansons plus anciennes,gentilles "poperies" quasi quinqua,mais magnifiques dans la recréation des cinq musiciens,Please please me par exemple.Alors All I'm saying is "Give Bill a chance".

http://www.deezer.com/listen-13890084   Please please me

Posté par EEGUAB à 14:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 octobre 2011

Géographie: Springfield, Illinois

springfield_state_capitol

http://www.deezer.com/listen-2201556    Springfield,IL    Ezra Furman

   Springfield capitale de l'Illinois fait un peu pâle figure dans cet état dominé par Chicago.L'administration américaine a souvent choisi des villes plus petites comme centres administratifs.Ainsi New York, Chicago, L.A., Frisco, Miami, Houston, New Orleans ou Seattle ne le sont pas.A mon avis cela réduit une hypercentralisation éventuelle et ce n'est pas plus mal.Abraham Lincoln vécut à Springfield de 1837 à 1861, date à laquelle il exerça la profession d'avocat en parallèle avec sa carrière politique.

   Ezra Furman et ses trois acolytes les Harpoons commencent à se faire un nom dans le rock plus ou moins indie.Originaires de l'Illinois ils illustrent un certain renouveau dans l'histoire toujours recommencée du rock.Ca, c'est une belle phrase qui n'engage à rien.Allez,un petit rappel de l'itinéraire...

Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore,Baton Rouge, Berkeley, Birmingham, Boise, Brooklyn,Cedar Rapids, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Folsom, Fresno, Galveston, Jacksonville, Kansas City, Knoxville,Laredo,Las Vegas,Long Beach,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Mobile, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, New Orleans, Oakland, Omaha, Philadelphie, Phoenix, Pittsburgh, Portland, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino,San Jose, Santa Fe, South Bend, Springsfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Washington, Wichita, Youngstown.

Posté par EEGUAB à 17:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

15 octobre 2011

Très logique trilogie

                   Petite énigme cinéma hebdo.Le titre de ce billet est déjà un indice.Un second indice:"et".

imagesCAWI6UBW

1

2

untitled

Posté par EEGUAB à 20:37 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

14 octobre 2011

Blanchi sous le harnais

patron 

                  Humour garanti avec les gros problèmes financiers de Marcus Ripps dans Un patron modèle, désopilante pochade dont la légèreté n''est cependant pas la qualité première.Cette réserve faite,on rit beaucoup au long de 400 pages abracadabrantes dont je tirerai quelques pépites en fin d'article.Marcus n'a pas envie de lâcher la Californie pour la Chine où son patron veut l'envoyer.Ca tombe bien,son frère pourtant détesté meurt, lui léguant sa prospère blanchisserie.Ou plutôt sa Prosper blanchisserie car l'activité y est certes florissante mais peu légale.Marcus va donc être amené à de curieuses rencontres,par exemple Kostya,un homme de main russe de deux mètres,intimidateur de son métier mais qui rêve d'ouvrir un restau barbecue.Ou Tommy,Samoan à la carrure de rugbyman pris d'amitié pour le judaisme par amour pour une jeune femme juive.Ce qui sauvera Marcus à plusieurs reprises.Ce Marcus qui n'est d'ailleurs "même pas " juif mais qui tient cependant à organiser une bar mitsvah d'anthologie pour son fils Nathan.

                Accessoirement ce bon Marcus finance aussi les fumettes de sa belle-mère et ses cours de strip-tease.Quant à son épouse elle est associée avec une amie chercheuse d'ovules qui sous le doux pseudo de Verlaine deviendra dominatrice S.M. avec beaucoup d'allure.Bien que s'égarant parfois un peu trop à mon gôut dans les fantasmes de la clientèle Un patron modèle est souvent hilarant.C'est que Marcus est un mac très social qui fait lire Anna Karénine à ses protégées et leur assure une bonne couverture mutuelle.Finalement elles l'ont lu,Anna Karénine,ça se passe en Russie.Woody Allen n'est pas si loin.Mais ici c'est plus golf et cocktails que Times Square et Tchékhov 42ème Rue.

   Critique très californienne d'un mode de vie très californien,Shining City (c'est le titre original et le nom de cette blanchisserie à sexe plutôt qu'à sec) fait mouche et se lit très vite.Quelques perles?

    "Je vais ouvrir un restau Jésus aime le barbecue sur Crenshaw Boulevard,à mi-chemin entre Koreatown et South Central,avec une putain de croix immense,faite avec deux travers de porc géants,sur le toit."

    "Kostya assisterait à la rencontre de loin,aussi discret que peut l'être un Russe de presque deux mètres avec des dreadlocks".

    "Jetant un coup d'oeil dans le salon,Marcus découvrit Tommy le Samoan affalé dans le canapé à deux places,avec Bertrand Russell(c'est le nom du chien) sur les genoux.Il caressait le cou du chien en pinçant la peau entre ses doigts pareils à des francforts.Bertrand Russell semblait aimer ça."

    Seth Greenland vit en Californie,cela va de soi,et est aussi l'auteur de Mister Bones,et scénariste surtout pour la télé.Un patron modèle serait en préparation au cinéma.

        

 

  

Posté par EEGUAB à 20:22 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 octobre 2011

Ma vie sans...Subterranean homesick blues

http://www.deezer.com/listen-566099   Subterranean homesick blues   Harry Nilsson

subsick

         Ma vie sans Zimmerman... continue bien que les chansons phares de Dylan aient été pour la plupart présentées.On a oublié ou presque Harry Nilsson.Sauf la ballade Everybody's talking du film Macadam cowboy et le langoureux Without you.Le plus curieux est que ces deux tubes sont des reprises.Pourtant Nilsson fut admiré par John Lennon, Brian Wilson, Randy Newman.Auteur de deux albums superbes,Aerial ballet et Harry, Nilsson fut un folkeux, un crooner, un mélodiste qui toucha à tout y compris aux substances habituelles tristement ordinaires.Mort en 94 à 53 ans Harry Nilsson mériterait tellement d'être réécouté.

         Première plage sur l'album Bringing it all back home ce Blues nostalgique des rats de cave (?) est la plus incompréhensible des chansons de Dylan par ailleurs très prodigue en textes abscons.Rappelez-vous le clip de la chanson où Dylan feuilletait les paroles avant de les jeter.L'enregistrement de Nilsson est extrait de Pussy cats où l'on trouve aussi les reprises de Save the last dance for me et Rock around the clock.Produit par son ami et collègue de beuveries John Lennon il contient aussi l'une des plus belles chansons pop qui soient,Black sails.

Posté par EEGUAB à 21:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,