12 juillet 2012

Halte au monopole

      Ras le bol de ces cinéastes sans imagination et de leur unique compositeur.Les films sont pourtant très différents qu'on ait cru imposer ce sempiternel compositeur déjà suremployé,et surestimé.Il est temps de faire quelque chose,depuis des années que ce petit monsieur squatte auditivement nos écrans et,qui plus est,dans tous les types de films.On entend ses "oeuvres" aussi bien dans une aventure de James Bond que dans de célèbres blockbusters,plutôt bons d'ailleurs mais il n'y est pour rien.

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total recall

                         Non content de pérorer dans les films d'action ce saltimbanque de piètre formation donne aussi dans la comédie musicale et le romantisme,dans le suspense et dans par exemple le bien beau et bien oublié film de Bo Widerberg.Ce parasite a sévi en Afrique,en Amérique,en Suède. Ni Broadway ni la savane kenyane n'y ont échappé.Le grand Kubrick fit appel à lui au moins deux fois et les Coen Brothers trois.Et ce depuis des années comme vous le suggèrent ces quelques images,même s'il figure rarement au générique,ce faux cul.Noblesse oblige,Le plaisir ont subi sa loi.Marlene,L'ange Bleu également.

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FAME

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         Des films bien plus récents utilisent aussi la musique fabriquée par cet individu.Je vous le dis,il est inévitable.Même Batman, Alien, Hitchcock, Godard,de beaux films comme Le discours d'un roi,de somptueux navets comme Wasabi,de l'animation comme Les triplettes de Belleville

APO

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B

      A quoi bon?Ce personnage encombre les écrans depuis si longtemps qu'on n'en finirait pas de dénombrer ses présences au cinéma.Je n'ai pas l'intention de lui faire davantage de publicité.Ne vous foulez pas les neurones à retenir son nom.Il n'a de toute façon aucun avenir.Tout au plus vais-je joindre une petite image par acquis de conscience.Voilà "l'auteur" de ces ineffables musiques parfois abusivement nommées symphonies,opéras,concertos,requiem...N'importe quoi.Allez à la rigueur quelques notes, pour situer le niveau.Ca dure huit minutes tout de même,vous n'êtes pas obligés.En plus il se mêle vraiment de tous les instruments.J'envie les générations futures qui l'ignoreront...

http://youtu.be/fI6mNal8cjw

 

 

 

       

 

 

 

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09 juillet 2012

Géographie: Postville, Iowa

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           L'ami Thierry m'a trouvé une nouvelle destination,terra incognita, Postville, Iowa.A force de m'envoyer dans des bleds pareils je risque d'y laisser ma peau.Vous ne connaissez pas Postville?Moi non plus.Il faut dire que cette bourgade est une métropole d'environ 2500 habitants.Pourtant Postville mérite notre attention,cas un peu particulier, surnommé Home of the world.Surtout pour faire oublier les graves incidents qui, opposèrent il y a quelques années les Juifs Hassidiques et les locaux essentiellement descendants  de Scandinaves,ceci à propos des conditions d'abattage du bétail selon les rites cashers.

         Tout ça c'est du blabla.C'est surtout prétexte pour s'intéresser au groupe indie-folk Rusty Bear originaire de Leeds,Royaume-Uni,et à ce beau disque,Source to sea.Lumineux et calme.Tout ça,évidemment,je l'ai soigneusement pompé chez Jazzbluesandco. Mais la chanson est belle,pour ceux qui apprécient le folk, intemporel et rêveur. 

http://www.deezer.com/music/track/20918141   Postville,Iowa   Rusty Bear 

 

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Rappel de l'itinéraire suivi

          Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Birmingham, Boise, Brooklyn,Cedar Rapids, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville,Lafayette, Lansing, Laredo, Las Vegas,Long Beach,Los Angeles, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Mobile, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez,  New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford,  Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Saint Louis,San Antonio,San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Washington, Wichita, Youngstown.

07 juillet 2012

Les plumes de l'été: Comme dirait Zazie

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           Asphodèle  a retenu pour cet opus 17 les mots suivants: quenelle-quiproquo-quolibet-quiétude-quintessence -quota – quérir – quenotte – querelle – quinoa – quilles – quintette – quartier – quintal – quinquet – quelconque – quitter – quasi – quantité.

q2uelle idée de lui chercher querelle à celle là!Bien sûr qu'elle est bizarre,qu'elle ne sonne pas  du tout comme les autres,et qu'elle semble incapable de voyager seule,toujours à traîner son U à la main.Et les quolibets de fuser sur son passage.Hou!hou!Regardez,elle et son âme damnée!Mais méfiez-vous,je la connais,elle sait prendre de la hauteur,croyez-moi.La quenotte peut avoir les dents longues et exiger son quota de respect. Bon, d'accord,on y perd souvent son latin ou son grec avec elle,à nous faire prendre qui pour quoi,quiproquo,quoi.Quoi qu'on soit coi parfois,quoi qu'on soit quasi quelconque alors qu'elle se distingue et réclame ses quartiers de noblesse.Se prendrait-elle pour la quintessence même de notre alphabet,toute lourdissime qu'elle puisse apparaître,symbolisant ainsi le quintal,cet épouvantail?

            Car c'est une matheuse,pas comme moi.Quantité de nombre rationnels privés du zéro(poésie de l'abstraction arithmétique laborieusement copiée sur mon Larousse) elle donne aussi dans un certain exotisme.Oui,elle a un peu lâché son U,prônant un certain panarabisme  tourné vers La Mecque(qibla, qasida, qatari), surtout utilisable au scrabble plutôt que dans la conversation matutinale dans le bus.Il va être temps pour moi de regagner ma cuisine après cette sémantique communication afin d'y préparer mes quenelles au quinoa d'une proverbiale diététique.Dans la quiétude juillettiste et sachant que pour beaucoup c'est la quille, me voilà vous quittant non sans vous avoir fait remarquer qu'il faut être à cinq, sans U, pour jouer La Truite, quintette de Schubert, avec U.Enfin pour quérir d'ultimes lauriers j'oserai conclure "Le bonheur n'est pas un quinquet de taverne".Quoi?Quelqu'un d'autre l'a déjà dit?

P.S.J'aime à citer mes collaborateurs pour aider à leur carrière.Pour deux phrases au moins Raymond Devos et Louis Aragon sont de  ceux-là. 

  

 

   

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05 juillet 2012

Le prompt Guy court

           La Fête des Pères m'a valu L'art français de la guerre,et du coup vous vaut en titre cette drôlissime contrepéterie.Je n'étais guère emballé,la littérature française actuelle n'encombre pas mon espace livre.De plus,le soupesant,je comptai 630 pages.Papa modèle(?), je remerciai avec effusions,craignant le pensum.Hors,le Goncourt 2011 est un roman extraordinaire,de loin ce que j'ai lu en France de mieux depuis des années.Alexis Jenni,prof de 48 ans,publie ainsi son premier roman.Le choc est de taille,de masse et d'estoc,pour rester dans la métaphore militaire.

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       Parcours en parallèle de deux personnages.Il n'ont pas le même âge mais leur rencontre s'avèrera essentielle.Un jeune homme mal dans sa peau et un ancien militaire se trouvent un point commun,la peinture,le dessin plus précisément.Ils ont beaucoup à s'apprendre,l'un écrira l'histoire de l'autre,l'autre qui le formera à l'art de peindre.Mais ce résumé est infiniment réducteur.L'art français de la guerre tient de l'épopée,de l'aventure,de la fresque qui jamais ne s'égare,rare pour une fresque,mais aussi du journalisme écrit.Le théâtre militaire tragique et grotesque,tant de l'Indochine que de l'Algérie,y est stupéfiant d'empathie et de complexité.Je pense n'avoir jamais lu ça.

          Dans ces chapitres guerriers les hommes sont passionnants,grandioses et velléitaires,les interrogatoires dans une villa mauresque d'Alger,comme les mines meurtrières du Tonkin y ont des accents universels.Mais tout ceci est un peu court pour signifier mon enthousiame envers ce roman magnifique,si bien construit où la langue française,un personnage à elle seule dans ce récit de la fin des colonies,est superbement mise en valeur.Plongez dans L'art français de la guerre,vous aimerez et le narrateur,et Victorien Salagnon.Et d'autres qui traversent la Haute-Région ou la casbah,des braves types conduits au pire.Le pire ce n'est pas toujours l'autre même si l'autre sait l'odieux tout aussi bien.Impossible dialogue," la mâchoire figée dans un spasme galvanique". Retrouvailles de la Résistance, douloureuses et personnages secondaires passionnants,le médecin juif grec ou l'ami Mariani,milicien dans l'âme et,le croiriez-vous,intéressant.Une belle critique cinématographique aussi quand le narrateur chronique le film La bataille d'Alger avec lequel il n'est pas tendre.

      L'autre art dans L'art... c'est le dessin et l'encre notamment avec des pages entières sur cette sorte de calligraphie du minimum, car Salagnon a beaucoup appris de vieux maîtres vietnamiens,accessoirement combattants du Vietminh.L'homme est ainsi fait.Les gens du Prix Goncourt,de fieffés lecteurs quoiqu'on en dise,ont bien fait d'éclairer ce roman,de loin le plus fort en France depuis longtemps.Certes j'en lis peu.Mais c'est mon avis.Et encore une fois quelle merveille que la langue française chantée par Alexis Jenni et ses personnages.

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01 juillet 2012

Un brin d'ire en Erin

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            Première incursion chez Ken Bruen,privé version Galway,ancien flic comme tout le monde.Précisément ce livre m'est apparu vraiment un peu trop comme tout le monde.Est-ce l'omniprésence de ces polars locaux qui inondent les bacs et les chroniques qui commence à me peser?J'ai fait la connaissance de Jack Taylor,ex camé,ex alcoolo,toujours un peu fumeur,qui ne reconnaît plus son Irlande. D'autres ne reconnaissent plus leur Suède,leur Ecosse,leur Italie,leur Botswana. Moi,des fois,je ne reconnais plus ma Picardie.

            Galway,ouest irlandais.Il y a eu le boum du tigre irlandais.La ville a beaucoup changé,grandi.Puis il y a eu le déboum que l'on sait.Publié en 2004 et fabriqué à Dingle en sa belle péninsule,Le Dramaturge trouve là une de ses rares qualités.Deux étudiantes sont retrouvées mortes,le dos sur un bouquin de John Millington Synge.Ca semble être la grande idée de ce livre,citer ça et là quelques auteurs du cru, poètes, chanteurs, musiciens. Pour moi ce cru sonne creux. Décidément les récurrents me fatiguent, mais en général au bout de quatre ou cinq enquêtes.Jack Taylor a réussi du premier coup à m'incommoder.Il ne suffit pas d'aligner une citation toutes les trois,pages et de "name-dropper" de ci de là Bono,Lawrence Block ou Arvo Part pour doter d'un vernis l'enquêteur et son ambiance.C'est mon ami Yvon qui va pas être content...

BRUEN Ken / Le dramaturge.

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29 juin 2012

Des mots,une histoire: Torpeur

                    Olivia nous propose pour Des mots,une histoire 71 les mots suivants:girouette-ennuyer-s'escamper-manoir-hiver-enluminure-canicule-pugilat-clochette-abeille-palmier-persévérant-zinc-champs-essoufflé-musicien-glace-grivoiserie-étang.A propos dans  mon Larousse 95 le verbe s'escamper a pris la poudre d'escampette.

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                     Et s'alourdissent dans les rues  les chaleurs citadines comme en une fable du Sud.Et cessent de vrombir les rares girouettes des maisons de la contre-allée, essoufflées,que ne trouble plus le bruit des clochettes aux portes,traditions inertes.Et les souvenirs du marchands de glaces de resurgir,quand le mot même de canicule n'encombrait pas les communiqués pessimistes dès la fin de l'hiver. Et,comme les palmiers des cartes postales ne laissent pas de m'ennuyer,c'est au fond de l'église du faubourg que j'aime à paresser, Dieu ne m'y dérange pas et nous nous ignorons poliment.L'édifice est modeste et si c'est auréolé que je m'y presse un peu,c'est d'un bouquin et d'un carnet.Peu doué mais persévérant,je crois que les anges musiciens ,du bugle au tambourin,veulent  bien m'aider un peu.

                   Alors je m'adonne au plaisir solitaire,celui d'ajouter des mots à d'autres,dans ce carnet adossé sur le livre.Ce livre, curieusement, je l'ai habillé d'une liseuse de simili cuir et ça le fait ressembler à un missel dont on s'attend à voir les enluminures s'escamper de leur prison numérotée.  Les quatre évangélistes aux parois de la chaire pourraient bien s'adonner au pire pugilat que je les ignorerais, occupé à calmer mes angoisses en l'ombre si peu prolixe de la cité,qui m'est une clef des champs, comme l'onde à fleur d'étang à peine marquée du rythme des abeilles et du vol des hérons.Dans le calme d'un manoir au coeur du pays de Bray je crois que ça me conviendrait aussi.Quant au talent,et par là j'entends le vrai de vrai,il fleurira aussi bien au zinc du Café des Sports,entre deux grivoiseries.

P.S. Félicitations à Olivia pour cette belle aventure hebdomadaire.Qu'elle en soit remerciée car cette tâche n'est pas si aisée.

    

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27 juin 2012

Un petit jeu sans conséquence,cinélogique

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                Il y avait longtemps que je ne vous avais proposé un petit jeu ciné.Plusieurs films peuvent logiquement prendre place après ces quatre photos.Encore faut-il identifier ces quatre films dont au moins le deuxième ne me semble pas insurmontable.S'il vous plaît ne précisez pas trop en commentaires mais répondez par e-mail,merci.

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24 juin 2012

Géographie: Joliet, Illinois

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             Quatrième ville de l'Illinois Joliet est toute proche de Chicago.En fait la célébrité de Joliet ne tient qu'à sa prison,l'une des plus connues d'Amérique. D'ailleurs Joliet bound dont beaucoup de versions circulent ne parle que de ça.C'est maintenant un monument historique depuis 2002.La chanson date des années trente,popularisée par Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy,mais basée comme souvent sur un air plus ancien.En voici une version par John Mellencamp que l'on s'obstine à ignorer en France,et que nous avons déjà croisé ici.C'était à Washington.Ca fera au moins plaisir à l'ami Thierry de Jazzbluesandco.

               L'histoire:un pauvre gars comme il en est tant dans la musique américaine, les flics et leurs menottes, l'avocat d'office,le greffier et en route pour Joliet.Tin Pan Alley raconte un pays mieux que n'importe quel manuel.

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http://youtu.be/k_Ex2jgXJHo  Joliet bound   John Mellencamp

Police comin' with a ball and chain
Oooh-ooh
Police comin' with a ball and chain
Accusing me of murder
I never hurt no one

Well some got six months, some got one solid year
Oooh-ooh
Some got six months, some got one solid year
Take a look at me baby I got a lifetime here

Well lawyer pleaded, clerk he wrote it down
Oooh-ooh
Lawyer pleaded, clerk he wrote it down
When the judge passed my sentence
I was Joliet bound

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22 juin 2012

Des mots,une histoire: Pour la modestie,je ne crains personne

              Les mots collectés par Olivia,opus 70,sont:coffret-sexualité-moutarde-carrière-punaise-rôle-va-nu-pieds-invisible-irréel-présence-espion-élégance-prédateur-malfrat-vermillon-quelconque-boum-sucer-sittelle-zythum-mirabelle-brevet.

plumedesmotsunehistoire5

              Il est des semaines où l'artifice s'invite dans cet exercice hebdomadaire qui parfois s'apparente à la punaise presque invisible mais tenace qui s'obstine à sucer consciencieusement le poil du pauvre Médor.Parfois certains mots me sont repoussoirs et leur présence me fait penser à celle d'un malfrat dans ma propriété du Cap Ferrat.Parfois aussi les apartés entre happy few sur le rôle de la sexualité, ou sur la tarte à la mirabelle (attention je n'ai rien contre,ni l'une ni l'autre),m'ont l'air bien quelconques,lettré que je suis et dans l'élégance de ma carrière littéraire en plein boum,si je peux me permettre cet explosif raccourci. Parfois les auteurs manquent vraiment d'originalité.Pas comme moi.On pourrait dire bien des choses en somme.Ainsi,quand j'y pense, la moutarde me monte au nez et le rouge vermillon au front.Voilà qui est digne d'un brevet d'écrivain,si ce n'est d'un coffret dans la Pléiade.

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         Cependant je ne veux être le prédateur des moins talentueux,ces va-nu-pieds de la syntaxe à l'irréelle espérance qui confère au dernier mot du dictionnaire,le pharaonesque et infâme breuvage qu'est le zythum des lauriers inattendus.Pourquoi pas sittelle est leur bon plaisir.Oui je m'octroie aussi des fantaisies orthographiques qui requièrent l'humour dont je vous sais tous amplement pourvus.Au fait saviez-vous que le film de Fritz Lang Espions sur la Tamise était parfois présenté sous le titre Le ministère de la peur,traduction littérale de celui du roman de Graham Greene.Etonnant,non?

 

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19 juin 2012

A propos de Barbara

barbara

        Barbara est un film à voir,austère et laconique,qui creuse le sillon encore frais de la vie en RDA avant la chute du mur.Moins spectaculaire que le très bon La vie des autres,qui frôlait le thriller politique,ce film de Christian Petzold, récompensé à Berlin,je crois, mais peu importe,nous intéresse à une jeune femme médecin mutée dans un hôpital de province sans grands moyens au nord du pays.Très observée,on comprend vite qu'elle espère l'Ouest,par la Mer Baltique.Très sobre,Barbara gagne pourtant notre intérêt à son rythme un peu paresseux,sans dialogues lourdingues ni leçons de morale.Lassitude est le maître mot de cette vie,de cette ville où André le médecin chef de l'hôpital fait de son mieux.Sans romance ou presque le film vogue entre surveillance,inquiétude et espoir.

Barbara_-_film_de_Christian_Petzold

       Barbara se prend d'affection pour une jeune patiente fort perturbée,tout ceci sans grande démonstration.Curieux film où le médecin roule dans sa Trabant pétaradante et où Barbara n'a guère d'autre liberté que...son vélo,un semblant d'autonomie,et ainsi de belles séquences en lisière de forêt sous le vent.Misère aussi de l'hôpital,au matériel obsolète comme une sorte de Trabant de la santé.Rares sont les films aussi peu "glamour" ou aussi peu "action"que Barbara,pas de mélo médical à nous arracher des larmes,pas d'hommes en noir à cinq heures du matin pour arrestation au saut du lit,mais une ambiance de plomb qui donne envie de se foutre à l'eau,même en Baltique,avec le folle espérance danoise.Comme elles étaient terribles ces années,pas toujours avec des rafales près de Checkpoint Charlie,pas toujours,pas souvent sous les colères des intellectuels,mais en une grisaille quotidienne à se cogner la tête contre les murs,contre le Mur.

 

           

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