09 décembre 2011

Sortir du cadre

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             Quelle toile,quelle étoile filante,quel plaisir de l'image!Ce qui est quand même le rôle du cinéma.On connait un peu la filmo de Jean-François Laguionie,peu prolixe et dont les films sont toujours très soignés,La traversée de l'Atlantique à la rame, Gwen ou le Livre de Sable,Le château des singes.Superbe variation sur l'art et l'homme,d'un graphisme tout en nuances qui évoque un peu Paul Grimault que Laguionie a un peu fréquenté,ce film au bien joli scénario épris de liberté vogue son chemin au long de 70 minutes de rêve,de délicatesse,de drôlerie,de voyage.

           Des militaires tout droit sortis d'un conte d'Andersen si on veut cherchent à empêcher de fuir un hasardeux trio qui a quitté le tableau.Il y a un Toupin, personnage complètement achevé par le créateur,une Pafini à laquelle manque un soupçon de couleur et un Reuf,à peine une ébauche,gris et sec,un inférieur,quoi.Le Roméo parfait est bien sûr amoureux d'une Juliette de la caste du dessous.Ainsi les trois personnages s'en vont à la recherche de leur créateur,le peintre qui n'a pas terminé son travail.On se retrouve à Venise.On rencontre un Arlequin et une bien belle Garance,nue.On croise peut-être Matisse ou Derain.C'est un peu comme vous voulez,ici,on peut presque apporter son pinceau.

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           Le gentil conte de Jean-François Laguionie s'avère forcément doucement moral,on s'en doute.Vive l'imaginaire en liberté,vive le métissage social,cela sans (trop) de démagogie.Peu importe en fait tant la palette de couleurs de l'auteur comme celle du peintre nous invite à l'émerveillement.Et s'il faut y aller de son petit couplet anti 3D eh bien allons-y.Mais Le tableau n'incite pas à une quelconque vindicte,plutôt à la tendresse et à la fantaisie,dans un espace douillettement chamboulé où les créatures s'échappent pour demander des comptes à leur créateur quelque peu nonchalant.

http://youtu.be/S6V70-ABITI Bande-annonce

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07 décembre 2011

Géographie: Lafayette, Louisiane

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      La capitale du pays cajun n'est ni La Nouvelle-Orleans ni Baton Rouge. Vermilionville,un joli nom,est devenue Lafayette en 1884.Et Tommy Dardar joue catégorie zydeco,cette espèce de swamp rock aux relents d'accordéon dont Clifton Chenier fut l'un des fleurons.Voici donc un petit air sympa qui remue des sabots. Bienvenue au Bayou Queue de Tortue pour un festival gombo jambalaya.Tout y est à peu près bilingue.Alors Lafayette nous voici.

318681_10150274296508123_509468122_8088548_5325737_nCr.photos Nena Fagan 

http://www.deezer.com/listen-11468076  Goin' back to Lafayette  Tommy Dardar

  Et comme je me sens d'humeur très Louisiana Story les trois bayous les plus chouettes de l'histoire du rock.Et quelques lignes du troisième,le meilleur,très vaudou, signé du plus fabuleux groupe folk-rock de tous les temps.


http://youtu.be/ex2MsgpPafo   Roy Orbison - Blue Bayou 1963
 


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http://youtu.be/wIjUY3pjN8E Creedence Clearwater Revival - Born On The Bayou

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The Byrds - Lover of the bayou

http://youtu.be/K4XcA_bkt6c 

    Quiche de poisson-chat dans mon havresac

     Je suis l'amant du bayou

     Marque le seuil de ta maison avec un chiffon mouillé

     Je suis l'amant du bayou

     J'ai grandi et nagé avec le crocodile

     L'oeil du serpent m'a enseigné le style Mojo

     Me nourrir d'algues au foie de poulet

     Je suis l'amant du bayou.

 

 

 

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05 décembre 2011

Tort au Nord (lecture commune polar scandinave)

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            Je ne voulais pas revoir l'équipe de Goteborg.J'avais raison et c'est laborieusement que je suis venu à bout de 500 pages presque sans intérêt à mon goût.Il me semble maintenant que,très emballé par le premier que j'aie lu,Danse avec l'ange,mon goût pour Ake Edwardson a assez vite faibli.Je l'ai déjà écrit,j'avais dit adieu au commissaire Winter,devenu Winter of my displeasure, merci Shakespeare.L'écriture me paraît particulièrement plan-plan,les boulevards et rues de Goteborg,surabondammment cités,m'ont passablement endormi.Et puis les histoires,je les trouve interchangeables,très série télé,pas désagréables mais me privant de lire autre chose et le temps nous est compté.Il ne suffit pas pour nous faire sentir le noir de Goteborg,deuxième ville de Suède, d'aligner les itinéraires des flics soigneusement formatés, du veuf à l'immigrée d'Afrique, et l'on pourrait multiplier les exemples.

          Ce n'est pas non plus parce qu'on cite Miles Davis ou Coltrane ou les Doors que la pulsation du roman "confectionné" adopte un tempo jazz qui touche au coeur.On est loin du compte.Dans Voile de pierre Erik Winter retrouve un collègue écossais d'où la touche sociale sur la crise de la pêche en Mer du Nord.Dans Voile de pierre violences conjugales pour bien nous faire comprendre que ce n'est pas une spécificité latine.Dans Voile de pierre recherche du père et du grand-père qui, devinez, n'était pas forcément celui que vous croyez. Il y a tout cela dans Voile de pierre comme partout ailleurs.Exit donc le modèle suédois mais ça on avait crû le comprendre déjà.Au revoir commissaire Winter.Ake Edwardson lui-même avait dit l'abandonner.Puis je crois qu'il a changé d'avis.Libre à lui.Moi aussi j'avais tiré ma révérence à l'équipe de Goteborg.J'ai changé d'avis,j'ai eu tort.Mais il y a d'autres auteurs là-haut comme nous le disent les autres participants de cette lecture commune...

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28 novembre 2011

Fameuse reddition

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                     Troisième aventure du Capitaine Alatriste,voici Le soleil de Bréda,du très dumasien,mais pas que,Arturo Perez-Reverte.Je découvre le capitaine,son valet Inigo Balboa et les vaillants arquebusiers espagnols en Hollande au début du XVIIème Siècle.C'est un très bon bouquin,ce qui ne me surprend pas car Perez-Reverte est un sacré raconteur.Et puis l'auteur concentre son livre sur 216 pages,ce qui est assez rare,romans de guerre,historique ou d'aventures étant souvent fort longs et riches de digressions souvent pesantes.Ainsi nous ne quitterons pas le théâtre des opérations et plus précisément le siège de Bréda en 1625.Aucune scène de retour au pays,de repos du guerrier en terre d'Espagne,de permissions de détente.On vit avec les soldats espagnols,au milieu des tranchées qui d'ailleurs annoncent d'autres tranchées moins éloignées dans le temps, quelque part en Argonne ou en Picardie,avec les mêmes poux et la même vermine.

               Et puis j'aime la richesse du vocabulaire,quand un bouquin m'oblige à en ouvrir un  autre,le Larousse, pour apprendre le sens de fascine, biscayenne, gabion, par exemple.Ces termes sont d'art militaire,peu faciles à placer dans les salons,et pour tout dire heureusement démodés.Mais quelle saveur que cette langue!La guerre, elle,n'est pas démodée,et Arturo Perez-Reverte,en parle fort bien.Un passage m'a particulièrement touché, concernant le courage du corps à corps,quand on tue l'ennemi en sentant sa sueur et en touchant sa peau.

"Celui qui tue de loin ne tire aucune leçon sur la vie ni sur la mort.Il ne risque rien,ne se salit pas les mains,n'entend pas la respiration de son adversaire,il ne voit pas le courage,l'épouvante ou l'indifférence dans ses yeux.Celui qui tue de loin ne met pas à l'épreuve son bras,son coeur,ni sa conscience.Il ne crée pas de fantômes qui viennent ensuite le tourmenter toutes les nuits,pour le restant de ses jours.Celui qui tue de loin est pire que les autres hommes,car il ignore la haine,la colère,la vengeance et la terrible passion de la chair et du sang en contact avec l'acier d'une lame.Mais il ignore aussi la pitié et le remords. Celui qui tue de loin ne sait pas ce qu'il perd."

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   Inigo Balboa qui avait quinze ans sur le champ de bataille dit apercevoir, dans La reddition de Bréda de Diego Velasquez (Prado de Madrid de nos jours),tableau peint dix ans après le siège, le profil aquilin du Capitaine Alatriste.C'est une bien jolie idée qui fait que quand la légende est plus belle que le vrai,on imprime la légende.Et la vie sans légendes...L'épilogue du Soleil de Breda invite à réfléchir sur la gloire et les périls,la médiatisation par la peinture en l'occurence (mais depuis on a fait pire) des matamores plus que des fantassins.

 

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26 novembre 2011

Parfois on cherche bien loin une réponse

Un écrivain!(Réponse par mail,merci).Et n'oubliez pas,tout peut être important.

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23 novembre 2011

Alice,si,Alice,souvenez-vous

                    Je termine  cette fin d'automne la présentation pour l'I.U.T.A de ma bonne ville d'une série de six films sur la route au cinéma.Cela m'a permis de voir ou revoir ou rerevoir etc... quelques oeuvres majeures comme Les raisins de la colère,Les fraises sauvages,Voyage à deux,Easy rider.Si vous le permettez je m'attarderai sur Alice dans les villes,l'un des premiers films de Wim Wenders.C'est un cinéaste que j'apprécie bien que parfois un peu égaré. Sorti en 74 Alice dans les villes,un noir et blanc de "city" qui convient parfaitement au périple urbain de Philippe et Alice,9 ans,dans ce qui fera l'essentiel d'oeuvre de Wenders,l'axe Amérique-Europe et retour.Mais là nous somme près de  dix ans avant l'errance la plus célèbre,celle de Travis dans Paris,Texas.

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       New York,Philippe,la trentaine pas gaie,n'arrive guère à terminer son reportage photo.Images de l'Amérique des seventies,sur fond de références qui ne peuvent que m'attirer,John Ford,Scott Fitzgerald,le rock du juke-box, Psychotic reaction des fabuleux Count Five.Les aléas,c'est à dire une grève aérienne et la déprime de Lisa à l'aéroport,vont faire de lui pour quelques jours le compagnon de voyage d'Alice,gamine frondeuse et butée comme savent l'être ces drôles de petites filles.Ce n'est pas anodin si la première rencontre de Philippe et d'Alice se déroule dans une porte à tambour,comme une sensation de tourner en rond,déjà.Deux juke-boxes dans le film,pour moi c'est déjà deux étoiles, Wenders compagnon de Rockland,forcément On the road again de Canned Heat.La dérive en douceur de Philippe amorcée sur le sol américain,ce sentiment de tourner en rond dans ce pays continent,puis la tranquille versatilité d'Alice,j'aime cet oxymore, enfin la quête européenne de la maison de la grand-mère,tout cela va bouleverser sans colère le quotidien de Philippe pendant quelques jours.

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    Good bye America et l'Empire State Building où rôde la grande ombre de King Kong et d'où l'on apercoit deux hautes tours jumelles appelées à une certaine célébrité.Couple improbable à la limite du burlesque et de l'absurde, ce n'est pas si fréquent qu'une mère confie à un trentenaire maussade une enfant de 9 ans.Et si Alice réveillait ce grand enfant sans repère,sans sentiment fixe,ce blond escogriffe qui semble bien seul.Comme le cinéma de Wenders est beau dans ce grain noir et blanc qui jamais ne lorgne vers un quelconque effet rétro.

   Film-ville comme je n'en ai jamais vu Alice ne convie pas seulement notre cinéphilie.C'est aussi un joli bal urbain qui nous transporte littéralement(dans les deux sens).Des billets de train,des cartes routières,kiosques(on ferait bien de se pencher sur l'histoire des kiosques au ciné,c'est une idée,non?),panneaux publicitaires, signaux routiers et enseignes.De l'importance des halls et des galeries,pas toujours,ou pas encore trop déshumanisés,mais ça commence.De la plus haute cohérence du motel aux U.S.A.Le motel a été conjugué à toutes les sauces dans des milliers de films.

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  Bien sûr si l'on a quelques clés sur le rock et le ciné on est plus partie prenante dans le périple d'Alice et Philippe.Pourtant je l'ai revu trois fois en huit jours et je me demande si Alice dans les villes ne serait pas digne d'un panthéon du cinéma,pas seulement allemand,pas seulement d'après guerre,pas seulement de l'errance. Non:du cinéma tout court.Alice c'est beau à pleurer et ça,c'est à la portée de tous,si peu cinéphiles ou fans de rock soient-ils.Et comme New York est bien filmée,comme Amsterdam est cinégénique.Mais l'Oscar de la ville revient à Wuppertal,ville de la Ruhr industrielle.Wim Wenders y atteint par le rail ou par la rue les sommets de l'émotion.Ca donne envie d'aller à Wuppertal.Inouï.

  

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21 novembre 2011

Géographie: Flagstaff, Arizona

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    Flagstaff est une ville de 60 000 habitants au nord du vaste Arizona,altitude de 2 000 m.Sports d'hiver et grands parcs nationaux de l'Ouest sont les attraits de cette région.C'est surtout la base classique pour le Grand Canyon.Une scène importante d'Easy rider se passe près de Flagstaff,dans les ruines indiennes ci-dessus.Ce qui me réjouit toujours dans la musique américaine c'est cette insertion dans le paysage, dans la géographie du pays.Russ Glenn,je ne sais pas qui il est mais j'aime la chanson,il y cite Johnny Cash.Une ballade de plus sur les routes,les rocky,folky,bluesy roads qui me bercent depuis si longtemps.

http://www.deezer.com/listen-8686882  Flagstaff  Russ Glenn

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19 novembre 2011

Enigme vespérale hebdomadère

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 Un écrivain,simplement,se cache sous ces images,qu'il faut parfois associer.Ca me semble assez accessible. Mais c'est facile à dire.Souvenez-vous que tout peut être important.Le mieux est de répondre par e-mail comme chez les amis du samedi matin.

 

 

 

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17 novembre 2011

L'homme en ex-île

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                S'il y a un chanteur français qui me paraît digne du joli challenge initié par Claudialucia il me  semble que c'est lui.Cela n'engage que moi(phrase que j'écris souvent,très souvent,nécessaire,nécessaire).Il me faut vous dire que j'écoute peu de chanson française,sauf les piliers,bien entendu.Pom,pom.J'ai choisi la plus évidemment liée au Romantisme,et pour cause...Mais bien d'autres chansons de William Sheller,par ailleurs grand musicien et compositeur "néo-romantique", feraient l'affaire.Je suis allé à Guernesey et Hauteville House peut-être plus encore la faute à Sheller que la faute à Hugo.La chanson Guernesey,extraite de l'album Univers, a été coécrite par Sheller et Lavilliers.

http://youtu.be/MG98ocg8cA0  Guernesey    William Sheller

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14 novembre 2011

Ma vie sans...Buckets of rain

http://youtu.be/MOfeXjkDSA4   Buckets of rain Vic Chestnutt

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    Revenons  à Ma vie sans Zimmerman...Buckets of rain est issu de Blood on the tracks (1975).C'est une belle chanson d'amour simple.Comme est très belle la version de Vic Chestnutt,disparu fin 2009.Le grand folkeux en fauteuil est assez bouleversant. Paraplégique depuis l'âge de 18 ans Vic Chestnutt a collaboré avec de nombreux artistes dont R.E.M. et Michael Stipe,producteur de ses premiers albums.

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  Cet album du Zim,ancien mais déjà le quinzième environ,semble avec le temps jouir chez les dylanistes d'une réputation croissante.Bien des chansons en ont été reprises.Il existe même,c'est asssez rare,un disque Tribute to Blood on the tracks qui reprend intégralement les titres.Y participent entre autres Concrete Blonde,Steve Howe,Jeff Buckley et Cassandra Wilson.

Buckets of rain
Buckets of tears
Got all them buckets coming out of my ears
Buckets of moonbeams in my hand
You got all the love honey baby
I can stand.

 

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