08 mars 2010

Géographie:Brooklyn,New York

               

                               Deux grandes premières sur cette note.Un,il ne s'agit pas d'une ville mais d'un quartier de Big Apple.Mais surtout,deux,je vous présente une chanson française ce qui n'est pas dans mes habitudes.Mais Brooklyn by the sea est un tel chef-d'oeuvre tant par la musique que par les mots.Je ne connais aucun texte court qui décrive la diaspora européenne d'une telle manière.Cette chanson c'est Odessa sur Atlantique.Cest toute la beauté des racines lorsqu'elles se fondent au Nouveau Monde.Mort Shuman qui écrivit tant de perles pop,se prit de passion pour Brel et se ruina le coeur et le corps dans la France des seventies la chante d'une façon bouleversante.Ce qui pourrait n'être qu'une ritournelle gentiment nostalgique retrouve les accents juifs des mélopées d'Europe de l'Est dont la famille de Shuman était originaire, transcendés par les paroles d'Etienne Roda-Gil,un homme qui savait le prix de l'exil pour qu'ainsi la Mer Noire baigne New York.

http://www.youtube.com/watch?v=Me1DIAEQbRw  Brooklyn by the sea


06 mars 2010

Tom chante pour Phil

  http://youtu.be/UfvAWdiRAFc   Tom Paxton chante Phil

         Bien peu de gens se souviennent de Phil Ochs.Guère plus pour écouter Tom Paxton.Dinosaure du blog musical je vous propose la bien belle chanson qu'a écrite et chantée le second à propos du suicide du premier.Phil Ochs mort à 36 ans en 1976 fut l'un des plus emblématiques folk-singers des sixties même si le succès ne lui sourit que chichement.Très engagé,mais particulièrement autodestructeur, malchanceux et addict,Phil Ochs fila très vite un mauvais coton.Restent ses chansons et ses amis.Son album le plus connu,enfin un petit peu,sorti en 69,portait un titre prémonitoire,Rehearsals for a retirement (Répétitions pour une retraite).La pochette,plus noire encore,montrait sa tombe.

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02 mars 2010

Il est plus tard que tu ne penses

                       On peut ne pas goûter le personnage Franz-Olivier Giesbert,bateleur parfois,suffisant souvent,cabotin télévisuel comme il en est tant.Mais Giesbert est aussi un bon écrivain dont j'avais jadis aimé Mort d'un berger et plus encore Le Sieur Dieu.Un très grand amour est le roman,si peu roman d'ailleurs,d'un homme de soixante ans,malade,quitté après avoir quitté,homme à femmes comme l'on disait il y a longtemps.Il y a un peu ici du syndrome d'Hemingway,dont le fusil remplaça sèchement les impuissances,littéraires et intimes.D'ailleurs le héros de ce récit que Giesbert assume totalement est tenté à plusieurs reprises par le suicide.Mais,velléitaire et épicurien à la fois F.O.G." s'arrange" avec les choses,quelques mensonges,quelques omissions,quelques compromissions. Comme j'ai trouvé cela bouleversant de pâte humaine,moi qui suis né la même année.

   Autre héroïne du livre la Provence offre à Giesbert l'occasion de digresser sur les tomates et les chèvres.Ce diable d'homme,gourmand de toutes les vies,à s'en éclater la panse,trouve à l'évidence le ton juste pour brasser ses histoires de femmes,nombreuses,et d'enfants à tout vent,d'examens inquiétants et de whiskys rédempteurs,de copains délaissés et de parfums de melons.Vous serez tentés de chercher les clés.Je vous les donne:c'est l'histoire d'un homme,un homme à l'italienne,à la Mastroianni,à qui les femmes ont tant donné et tant repris,et qui (merci Moustaki) "a su faire souffrir autant qu'il a souffert".Mais lui il en a fait une histoire.Universelle,bouleversante,arrogante parfois et si proche toujours.

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28 février 2010

Metello vu par Mauro

                     Metello est l'un des films les plus connus de Mauro Bolognini,sorti en 1970.Film qui se veut social d'après l'écrivain Vasco Pratolini,Toscan résistant au Fascisme à qui l'on doit aussi trois autres oeuvres adaptées au cinéma:Les jeunes filles de San Frediano et Journal intime,par Valerio Zurlini,et Chronique des pauvres amants,par Carlo Lizzani.Mauro Bolognini engage pour le rôle titre le chanteur Massimo Ranieri qui s'avèrera très convaincant.Nous sommes à Florence au tournant du siècle.Metello Salani découvre la condition très difficile des ouvriers maçons.La Florence vue ici n'est guère Renaissance mais plutôt un foyer d'agitation qui ne pouvait que séduire Pratolini et Bolognini.Rappelons que cet écrivain très influencé par le Néoréalisme était déjà de l'aventure de Païsa avec Rossellini et de Rocco et ses frères avec Visconti.Il est vrai aussi que 99% des cinéastes et écrivains italiens de l'après-guerre étaient de cette mouvance avec toutefois souvent une pointe d'opportunisme dont l'on ne devisera pas davantage ici.

METELLO

                     Bolognini,styliste sérieux,soigne ses images sur les quais de l'Arno et les places florentines,ses costumes et ses décors.Reconstitution sage mais qui ne manque pas d'ampleur et atteint le coeur du public qui partage le sort des prisonniers et s'enflamme avec eux lors des rebellions.Le metteur en scène  a pris la précaution de ne pas trop charger les patrons,nombre de films ou de livres ayant tendance à cette surenchère misérabiliste assez écoeurante.N'ayant pas lu Metello je ne sais si la romance adultère est fidèle au livre ou si elle est plutôt rapportée par convention romanesque.Ceci n'empêche pas le film d'être très intéressant même s'il ne faut pas  s'attendre à ce que Bolognini fasse le cinéma de Francesco Rosi par exemple.Richesse du cinéma italien...mais là je me répète.

 

 

 

 

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27 février 2010

Géographie: Youngstown ,Ohio

                   Youngstown se trouve dans l'Ohio et est restée le symbole d'une Amérique industrielle.Le Boss lui consacre une chanson dans le sompteux et dépouillé album The ghost of Tom Joad.On ne dira jamais assez l'immense dignité de ce disque sur les petites gens de l'Amérique dont le héros des Raisins de la colère est l'archétype.Bruce nous en propose une version plus rock en concert à New York.Ecoutez l'ascension et la chute de Youngstown,cité del'acier,des hauts fourneaux,où se fourbirent les boulets de la Guerre de Sécession.Mais le destin de Steel City devait connaître la grande crise comme toute l'Amérique.Qui mieux que Springsteen sait nous conter cela?

http://www.youtube.com/watch?v=9PyKU6SqHpw Youngstown


23 février 2010

Ma vie sans...Don't think twice it's all right

http://www.youtube.com/watch?v=y2z5F11ZLi0  Don't think twice it's all right

   Ma vie sans Zimmmerman eût été...J'ai longtemps cru qu'avec un nom pareil Ramblin' Jack Elliott était un routard  échappé de Steinbeck.En fait il était fils d'un médecin juif et avait tourné le dos à la carrière après avoir rencontré Jack Kerouac et Woody Guthrie.Devenu une légende dont on ignore parfois qu'il tourne encore voici une fort belle version très épurée d'un des tout premiers titres de Dylan parvenus à mes oreilles.Hugues Aufray y était pour quelque chose,sa propre version,très précoce, de Don't tink twice it's all right étant aussi à mon avis la meilleure en français.L'an dernier Jack rendait hommage au grand Pete Seeger avec des jeunots comme Richie Havens,Kris Kristofferson ou Bruce Springsteen(un nourrisson!).Ce genre de manifestation est sympa mais les chansons ne sont souvent que de pâles reflets vaguement show-biz.J'avoue préférer cette version.Autres pointures ayant repris ce titre:Chet Atkins,Peter,Paul and Mary,Waylon Jennings, Joan Baez,Nick Drake,Rory Gallagher,and so on...(innombrables).

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21 février 2010

Idéalisme et chagrin

   Peu connu La corruption est un des films italiens du début des années soixante où Jacques Perrin à peine sorti  de l'adolescence jouait le jeune homme pur (La fille à la valise,Journal intime de Valerio Zurlini).Honnêtement le film de Mauro Bolognini me paraît un peu plus artificiel que les deux oeuvres de Zurlini.Pourtant La corruption conte habilement quelques jours de la vie de Stefano,fils d'un riche éditeur très bourgeois avec ce sens péjoratif un peu facile que les films de cette époque accolaient systématiquement à toute production ayant pour sujet la jeunesse.A la fin du lycée Stefano est tenté par les ordres,du moins il le croit,mais pas très longtemps.S'il entre rapidement en conflit avec son père,le toujours sévère Alain Cuny,c'est plus à cause de son allergie à cet univers frelaté d'argent et de faux semblants que de sa vocation peu étayée et qui ne résistera guère à la belle Rosanna Schiaffino.

   Peu de scène style familles je vous hais dans La corruption et c'est presque en douceur qu'on s'achemine vers une rupture entre père et fils.On a compris que vieillir c'était souvent s'accommoder.Et que faisons-nous d'autre en fait?C'est pourquoi je trouve ce film intéressant même s'il n'est ni le premier ni el dernier à aborder ce thème éternel.Bolognini fut un réalisateur discret,assez prolifique,qui gagnerait à être plus diffusé.Dans ma vaste entreprise qui consiste à aimer et découvrir le cinéma italien il n'y a pas de petits maîtres.Et Jacques Perrin n'a jamais été aussi sensible que dans ces film italiens et chez Schoendorffer.

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19 février 2010

Un peu gris tout de même

                                Richard Price né en 1950 écrit assez peu.Scénariste pour Scorsese et Spike Lee,ses livres sont Clockers,Les seigneurs,Ville noire,ville blanche,Le Samaritain.,et dernièrement Souvenez-vous de moi.Peintre de New York on le présente un peu comme l'alter ego du Ellroy de L.A. ou du Pelecanos de Washington.Complexes et profonds ses bouquins vont au delà du bon polar,ce qui ne serait déjà pas si mal.Mon avis est un peu plus réservé. J'ai lu Ville noire,ville blanche,pavé de 620 pages,ce qui est beaucoup trop et affaiblit un peu à mon gré .Dans une banlieue de la Grande Pomme il y a souvent choc entre les communautés.On s'en serait douté depuis belle lurette.Richard Price pointe bien les contradictions et les cicatrices de ce monde de petits délinquants pas si petits,de miliciens peu fréquentables,de travailleurs sociaux harassés et guettés par le découragement, de flics paumés et alcooliques dont beaucoup essaient de faire à peu près bien un sale boulot.
                  Rempli d'enfants perdus,jonchés de seringues,zébré de peurs crépusculaires Ville noire,ville blanche n'apporte certes rien de vraiment nouveau sous le soleil noir de l'Amérique. Mais, sérieux, documenté,étayé d'une manière presque pédagogique il nous distille une fois encore la grande crainte de nos sociétés,version New Jersey,c'est à dire la porte à côté.

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18 février 2010

Ma vie sans...Rainy day women # 12 and 35

http://www.youtube.com/watch?v=nHOfhMbTMWk Rainy day women # 12 and 35

  Tom Petty retrouve ses vieux amis de Mudcrutch pour cette très swinguante cover de Everybody mut get stoned,plus facile à retenir que le vrai titre.Il l'avait également interprétée lors du cinquantième anniversiare du Zim.L'un des morceaux les plus festifs de Dylan,à ne pas prendre forcément au pied de la lettre.Le côté fanfare dans la version originale de Dylan était très sympa aussi.

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17 février 2010

Les trois rabbins font l'amer

  Vu l'image on a affaire manifestement à un homme sérieux.A serious man le dernier opus des frères Coen est à mon sens l'un de leurs meilleurs films.On connaît le rapport des frères à leur judéité,faite de non-dits,de routines et parfois d'accents plus graves.Woody Allen serait-il un cousin citadin des personnages coeniens de ces petites villes qu'évite signeusement Woody?Larry,prof de math non titularisé est juif,ce qui n'empêche pas s a famille d'aller à vau-l'eau.Son fils doit faire sa bar-mitzvah mais fume un peu,sa fille Sarah n'a que peu de temps pour ce qui n'est pas ses cheveux et sa femme veut parler divorce.Sexuellement c'est plus trop ça et sa voisine en transat l'émeut quand même un peu.

             Dans cette moche zone vaguement résidentielle son voisin plus costaud empiète sur sa pelouse.C'est un homme,un vrai,qui emmène son fils à la chasse et ramène un daim sur le 4x4.A la synagogue peu de vrai réconfort les rabbins n'étant plus ce qu'ils étaient.Ils sont occupés et connaissent mieux Jefferson Airplane que le Talmud semble-t-il.Ca ça ne serait pas pour me déplaire bien que Jeff soit un groupe très surestimé à mon avis.Heureusement le morceau choisi par Joel et Ethan est leur meilleur,Somebody to love.Fermeture de la parenthèse rock.Ce film c'est parfois un peu de l'hébreu pour le goy que je suis mais ça confère une once de mystère et d'étrangeté à cette comédie très grinçante.Je sais qu'Ed  et d'autres l'ont déjà signalé fort justement.Aucun acteur connu dans A serious man et c'est très bien ainsi tant ce monde nous est à la fois proche et très exotique.

  Le parti pris d'une certaine laideur traîne au long du film comme un parfum de médiocrité pour tous ces braves gens. Obésité,strabisme,calvitie,loin d'Hollywood.Une sorte de Coenland plutôt.Enfin je n'aurai garde d'oublier le beau prologue digne du Golem et autres contes ashkenazes.En fin de compte l'un des meilleurs films récents,qui me donne envie de lâcher un (tout petit) peu mes chers classiques.

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