29 mars 2008

Fritz Lang maître du feuilleton

 

    Relative déception après Les espions(1927) de Fritz Lang.Le maître utilise les ficelles du roman-feuilleton avec bien du talent évidemment mais on est assez loin de la noirceur de Mabuse auquel Haghi,interprété aussi par Rudolph Klein-Rogge,fait penser.Ce grand criminel,cloué en fauteuil roulant,est ainsi obligé de déléguer ses forfaits,surtout par le biais des femmes.Ceci nous vaut trop de scènes statiques et bavardes(le film est pourtant muet bien sûr).Plutôt destiné à être vu en deux parties Les espions paraît assez long et manque d'animation.Ceci dit le spectacle est de qualité et il faut saluer la restauration formidable de la fondation Murnau dont je crois avoir parlé dans Les Nibelungen.

    Les scènes d'action pure sont par contre turbulentes à souhait,accident ferroviaire,gazage de la banque et la fin du film s'emballe et retrouve les accents des meilleurs serials jusqu'à la juste punition du grand manipulateur.Il est amusant de voir dans les films de ces années la tabagie de chaque scène qu'elle soit de bureau,de restaurant,de train.La fumée était bien cinégénique,comme si elle contribuait à opacifier un récit déjà passablement obscur par instants.Un degré en dessous des deux premiers Mabuse,le muet en deux époques et le parlant de 1932,Spione se veut plus une histoire de génie du crime qu'un film d'espionnage. Plus près de Feuillade et Fantomas que de Clouzot par exemple.

    L'oeuvre allemande de Fritz lang est maintenant en bonne partie disponible en DVD de qualité.Il manque cependant Les trois lumières dont je ne connais que quelques images.J'aimerais aussi beaucoup revoir Le diabolique Dr. Mabuse,dernier film de Lang de retour en Allemagne.Il est loin d'être inintéressant.

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02 février 2008

De retour du pays des légendes

       J'ai enfin revu,plutôt vu d'ailleurs car il ne me restait des Nibelungen guère plus que La chevauchée des Walkyries qui ne doit rien à Lang mais tout à Wagner(et peut-être un tout petit peu à Coppola). Somptueusement restauré par la F.W.Murnau Stiftung,le dyptique est admirable.Entendons-nous bien.Il faut pour apprécier cette oeuvre entrer de plein pied dans un univers pré-nietzchéen,qui emprunte aux légendes germaniques et scandinaves,plus de cinq heures de bruit et de fureur,de trahisons,de fer et de feu.Le film tourné en 1923 a été distribué en deux époques.Les deux parties sont assez différentes comme l'indique un bon document du toujours très éclairé Bernard Eisenschitz sur l'édition DVD de MK2.

    Siegfried conte le voyage,le mariage et la chute du héros et ce premier opus offre nombre de séquences d'anthologie.La forge où l'épée de Siegrfried prend naissance.Le combat contre le dragon qui rendra Siegfried  presque invincible.La route de Worms où le cavalier apparaît nimbé de brume en une forêt de légende.Le trésor des Nibelungen dans la grotte d'Alberich avec de splendides effets spéciaux et l'expressionnisme dans toute sa splendeur,version épopée médiévale.Brunhilde,reine d'Islande,amazone à l'allure martiale et Kriemhild,l'épouse de Siegfried sont les deux héroïnes de l'histoire,l'une manipulatrice qui échouera,l'autre,douce et assez soumise mais qui fourbira sa vengeance.

     Si la première partie bénéficait d'un héros de légende La vengeance de Kriemhild est davantage une histoire de la violence qui engendre la violence.Kriemhild,convaincue par Rüdiger,épouse Attila le roi des Huns.Uniquement pour fourbir sa vengeance vis-à-vis de l'assassin de Siegfried.C'est un cercle de luttes fratricides où ne manque rien,même l'infanticide,avec son lot de flammes et de trahisons.Lang a réussi un véritable opéra,un cycle légendaire que les acteurs du muet et l'expressionnisme de la mise en scène hissent au niveau des mystères.Si l'histoire,comme celle des Atrides,est un peu compliquée La vengeance de Kriemhild célèbre,après la magnificence du héros le déferlement des forces destructrices.Pour conclure on ne peut passer sous silence la tentative de récupération des Nibelungen et de son auteur par le Troisième Reich.Mais outre qu'on peut faire dire aux légendes à peu près n'importe quoi n'oublions pas le départ précipité de Fritz Lang pour la France et l'Amérique et son refus catégorique de devenir vous savez quoi.

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07 décembre 2007

La rue des Roses

       Le cinéma de Margarethe von Trotta n'est jamais léger ni très original.Il a pu parfois prendre des allures de pensum.Mais en ces temps d'effets spéciaux et de surenchère il est intéressant de suivre un film,très classique dans sa forme,sur un sujet fort et peu connu,les mariages mixtes entre aryens et juifs dans l'Allemgne du Reich,plutôt en fin de règne.Rosenstrasse à Berlin,des dizaines de femmes allemandes guettent sur le trottoir la libération de leurs maris jufs,qu"elles obtiendront d'ailleurs pour la plupart.On pense évidemment aux Folles de Mai du régime argentin.On pense surtout à toutes les femmes de ces régimes bien actuels qui n'ont même pas la possibilité de se réunir.

    Jouant un peu lourdement des aller-retour dans le temps pour nous faire mieux comprendre ce pan de l'histoire Margarethe von Trotta ne signe en aucun cas un film poiltique.Rosenstrasse ne s'intéresse pas vraiment à la logique de l'horreur du régime hitlérien mais au désarroi et au désepoir de ces femmes,pas inquiétées personnellement,mais qui ont commis l'irréparable,leur mariage.Ce faisant,et un peu laborieusement, elle parvient à évoquer une tragédie universelle que des volontés particulières ont parfois pu mettre en échec,sans pour cela empêcher,ni peut-être vouloir vraiment le faire,la honte et la lâcheté érigées en dogme.

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01 décembre 2007

24 heures de la vie d'une ville

berlin-symphonie

                   Berlin,symphonie d'une grande ville(1927) est un film à part,documentaire avec une star,Berlin, magnifiquement mise en valeur du petit matin laborieux à la nuit dévolue aux théâtres et aux dancings.Maître d'oeuvre,Walther Ruttmann a su imposer un montage d'anthologie,un modèle d'efficacité qui fait encore référence.En vedette principalement les transports en commun,les trains sont filmés de façon sublime et certains plans font songer aux contemporains Metropolis ou  L'Aurore.C'est la curieuse et courte époque,très cinégénique où,dans les grandes capitales,limousines pour nantis voisinent avec les voitures à cheval encore très présentes.Et le télescopage est souvent très réjouissant.

   Symphonie du labeur aussi que ce Berlin e 1927,tant pour les commerçants et les petits métiers des rues que pour les financiers de la Bourse ou les peintres en bâtiment. Engrenages, pelleteuses, taxis, écoliers, policiers.Casse-croûte sur le pouce où déjeûners Unter den Linden pour les plus favorisés,quand l'appétit va tout va.Et passe ainsi la journée d'une grande ville,égrenée de plans sur la grande horloge,,vers la sortie des usines et des bureaux,alors que ne cessent de cracher les chemnées des usines et que le ballet des voitures sous la pluie du crépuscule emmène les noctambules vers les cinémas(plan des pieds de Charlot),les bals d'élégantes et les lendemains qui ne chanteront peut-être pas toujours.Mais ceci est une autre histoire.

    Walther Ruttmann va vite et ses cadrages donnent parfois une impression de vertige.Quand il filme les rails c'est presque une attraction foraine.La suractivité des Berlinois donne-t-elle déjà le sentiment de danser sur un volcan?On peut y penser.Je crois plutôt,qu'à cete mi-distance entre 1918 et 1939 l'homme semblait encore en mesure ce choisir son destin.Berlin,symphonie d'une grande ville est un splendide poème,une très grande oeuvre du muet,guère connue que des cinéphiles,qu'il faut voir pour la richesse du cinéma allemand.Les choix ultérieurs de Walther Ruttmann,il est vrai,seront pour le moins douteux.

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16 novembre 2007

Grosse Bruder te regarde

        La vie des autres me réjouit pour plusieurs raisons.La première étant que le succès de ce film signe enfin le retour d'une meilleure distribution des films allemands,amorcée depuis quelque temps. Espérons le retour du cinéma italien sur nos écrans.Des oeuvres comme La vie des autres,qui se penchent sur un passé récent, douloureux et contrasté,m'intéressent,voyez-vous,davantage que certaines comédies françaises balourdes qui encombrent nos écrans.Heroïne du film,la sympathique STAatSIcherheit de la République Démocratique Allemande,notamment lors de ses dernières années.On connaît la trame,classique prise de conscience, tardive,d'un officier de la Stasi,amené à commencer de penser autrement,et à faire les frais des ultimes manipulations de ce terrorisme d'état,qui n'est pas le monopole de l'ancien régime de Berlin.

        Peut-être La vie des autres souffre-t-il d'un excès de théâtralisation, insistant sur le côté un peu caricatural des intellectuels mis en cause, dramaturge,actrice,suicide.C'est cependant péché véniel car le film n'est pas si loin des oeuvres maintenant très anciennes d'un Costa-Gavras par exemple.Celui-ci avait su conjuguer la critique et la narration thriller pour des films efficaces et carrés.Il me semble que Florian Henckel von Donnersmarck a eu le mérite d'éclairer cette période avec des acteurs convaincants et une ambiance fin de règne à Berlin tout à la fois si loin,si proche.Je vous renvoie A la poursuite du vent pour l'avis de Karamzin et son impressionnante analyse,fouillée et argumentée.La vie des autres est un film à voir à peu près impérativement,ce qui n'est pas si fréquent.A quand les versions bulgares,roumaines,etc...A quand les versions cubaines,nord-coréennes,etc...Moloch qui dévore ses propres  créatures,nous n'en aurons jamais vraiment fini avec le totalitarisme.

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19 octobre 2007

Un dimanche au bord de l'eau

      Connaissez-vous un film au générique duquel on trouve Robert Siodmak,Billy Wilder,Edgar G.Ulmer et Fred Zinneman,quatre grandes signatures américaines?Voici un bijou allemand de 1929,Les hommes le dimanche,car ces quatre cinéastes ont tous fui l'Allemagne mais avaient eu le temps de tourner cette oeuvre atypique dont je pense qu'elle a influencé nombre de grands films.En gros Les hommes le dimanche a un petit air de surréalisme,de Renoir-Maupassant,de néoréalisme souriant(ce qui n'est guère compatible mais tout de même).Ce film tourné avec des non-professionnels est aussi précurseur de cinéma-vérité,de nouvelle vague qui aurait un accent populo berlinois(bien que muet).

   Les hommes le dimanche raconte très simplement la journée de repos de deux couples,un chauffeur de taxi,un représentant,une vendeuse et une comédienne sans emploi.D'une légèreté faisant un peu songer à Une partie de campagne,la journée de détente se croque comme une friandise,nulle menace ne semblant encore obscurcir le ciel berlinois.Et c'est à une symphonie pour la grande ville que l'on assiste,bon enfant, pleine d'espoir,avec des héros modestes occupés à flâner,à plaisanter dans une ambiance pré Front Populaire.En France la même année Carné tournait son court métrage Nogent,eldorado du dimanche.Il faut reconnaître que Menschen am Sonntag est d'une toute autre trempe.Somme toute ce film est un témoignage, fragile,fugitif,une certaine idée de ce qui pourrait ressembler au bonheur,simple comme un dimanche au bord de l'eau.Ce n'est pas si loin d'être révolutionnaire,en 1929.A rapprocher aussi d'un magnifique film italien de 49,scandaleusemnt ignoré,au tittre proche,Dimanche d'août,de Luciano Emmer.

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09 décembre 2006

Et si on prenait encore un peu de temps

Suite et fin de cet objet filmique unique.Après 30 films et 52h10' de mon temps me voilà au bout de l'aventure Heimat,oeuvre d'une vie,celle d'Edgar Reitz,d'un pays,l'Allemagne,d'un art,le Septième.J'ai regroupé les trois notules:Une chronique allemande,Chronique d'une jeunesse,Chronique d'une époque. Mêlant les destins de plusieurs personnages,apportant de nouveaux héros parfaitement en phase avec l'histoire allemande,chroniquant les transformations sociales et les détails individuels,la trilogie Heimat restera référence absolue pour qui s'intéresse à ce grand pays,celui de Goethe, Beethoven, Murnau, Dûrer et tant d'autres.

  Hermann et Clarissa ont vieilli.Le mur est tombé et avec lui beaucoup d'illusions se sont aussi écroulées.La liberté,réelle,se paie cher,l'Allemagne de l'Est peine à gôuter les fruits de la prospérité.Les frères aînés sont morts,d'étranges tumeurs gangrènent les corps,les paradis artificiels démolissent en Allemagne comme ailleurs.Le rêve passe et certains passent à côté.On vient de l'Est bien sûr,du Kazkhstan ou de Serbie.Y en aura-t-il pour tout le monde?Heimat pose les questions essentielles sur l'Europe et sur l'homme.Ils se sont tant aimés depuis la Grande Guerre à travers la musique,le cinéma,l'industrie,les affaires.Une telle fluidité baigne Heimat que malgré 93 rôles parlés,des amis,des cousins,des collaborateurs,aucun personnage ne paraît artificiellement plaqué sur l'histoire pour l'enrichir.Ce fleuve de vie coule comme le Rhin,sans jamais faillir.

   J'ai tant aimé,moi aussi,cette trilogie que j'en ai pleuré au dernier épisode.Jamais je n'avais vu ça.Adieu à tous,mes amis d'outre-Rhin.Vous me manquez déjà.Et comme j'aimerais que cette oeuvre,le contraire du formatage et de la démagogie,de tous les formatages et toutes les démagogies,trouve son public.Auf wiedersehen!Au revoir à cette bouleversante chorale.

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Reprendre le temps

Visuel du produit

     Nous avons quitté la campagne du Hunsrück pour Munich la métropole bavaroise conservatrice où Hermann est maintenant étudiant.Cette série de 13 films enchaîne sur une petite dizaine d'années les hauts et les bas de ce groupe d'amis musiciens, cinéastes, actrices dont la plupart se retrouvent à la Renardière,sorte de maison pour étudiants fauchés à prétention artistique.Le début des années 60 est prétexte à la présentation de ce petit cénacle de jeunes Allemands en un portrait de la génération née en 40 avec la lourde marque du passé.Bien sûr l'Allemagne d'après guerre n'est pas entière dans ce groupe d'intellectuels qui se sont tant aimés et l'Est brille par son absence.Pourtant Edgar Reitz signe là un film terriblement engagé non pas militant de base avec tout ce que ça implique de désintérêt, mais qui prend le pari du temps et de l'intelligence ce qui est autrement plus difficile qu'un prêchi-prêcha comme certains cinéastes célèbres.

     Cette brochette d'amis va vivre intensément cette décennie où l'Allemagne,personnage principal semble se réveiller.En quête d'une métropole qu'ils ne peuvent trouver à Berlin et pour cause c'est Munich la prospère et peu mobile qui deviendra pourtant leur havre.Je n'aurais pas cru que la Munich des années soixante pouvait me donner envie d'y avoir vécu avec un petit côté Frisco Côte Ouest des belles années.Mais les belles années sont toujours derrière nous(Scola, Giordana en Italie par exemple).

     Mais les villes et les pays ne sont que ce qu'en font les hommes et je vous recommande chaudement ce voyage en Bavière sans Louis II ni Lola Montes mais avec une pléiade de héros(on n'avait pas encore,je crois,trouvé le terme film choral).Tout est dans ce chef-d'oeuvre des conflits de génération aux utopies plus ou moins libertaires,des crises existentielles qui cachent mal les échecs d'une vie,des fantômes du passé aux rêves réinventés.La tentation de l'extrêmisme y est évoquée très finement aussi et sans démagogie.

    Ce film de 13 épisodes car il faut parler de film est une pépite dans un cinéma allemand que Fassbinder avait à mon avis trop théorisé,que Wenders et Schloendorff avaient un peu déserté. Mais rien là dedans de poussiéreux comme un débat de ciné-club à sens unique.Non!Une humanité de tous les instants irradie les méandres de ce fleuve où je vous engage à retrouver des amis que vous n'oublierez pas:Hermann, Alex,Rob,Reinhard,Stefan,Volker,Jean-Marie,Juan l'étranger,Ansgar et les filles Helga, Olga, Clarissa, Schnüsschen, Renate,  Eveliene...Embrassez-les pour moi.

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Prendre le temps

     Il faut effectivement prendre le temps d'entrer dans le Pays Natal(Heimat).15h40 pour Heimat 1 que je viens de terminer. Quand j'aurai vu Heimat 2 et Heimat 3 j'aurai passé 52h10 sur l 'oeuvre d'Edgar Reitz.Disons-le, cela vaut la peine, au vu de la première partie.Heimat 1, sous-titré Une chronique allemande est une formidable évocation d'un petit coin d'Allemagne, le Hunsrück, non loin de la frontière française, de 1918 à 1982.On découvre la famille Simon au sortir de la Grande Guerre, modestes forgerons de village, avec lesquels nous allons vivre l'histoire de ce pays, aussi bien au ras des pâquerettes de cette jolie campagne que dans les soubresauts qui ont agité le pays.

    Attention ce n'est pas une saga familiale de type feuilleton dont certaines sont d'ailleurs très agréables. Edgar Reitz a consacré 25 ans à ces trois films et c'est avec une précision d'entomologiste qu'il nous immege dans cette chronique allemande. Bien sûr le Troisième Reich y est présent,mais pas à l'état-major de Berlin ni lors des grandes batailles.C'est dans le quotidien de ces gens ordinaires que souffle le grand vent de l'Histoire. Les personnages ne sont jamais stéréotypés et s'adaptent, ni héros ni salauds pour la plupart.

    Edgar Reitz est particulièrement habile à souligner les progrès économiques, le miracle allemand des années 50, la mutation technologique agricole et industrielle. Ceci a été peu montré au cinéma. Rien de romanesque mais une suite de touches très sensibles et vraisemblables au coeur d'une région en devenir avec des acteurs allemands inconnus d'une justesse impensable dans un cinéma souvent balisé.

     Reitz a beaucoup écrit sur le cinéma et aussi formé nombre de jeunes talents. Heimat 1 possède la particularité de passer du noir et blanc à la couleur et inversement. J'avoue ne pas savoir pourquoi.Ce que je sais c'est qu'il excelle aussi bien dans la peinture des travaux que dans le regard sur l'âme de ses protagonistes y compris dans leurs intimes émois. Heimat 1(Pour la suite on verra) est du très grand cinéma et je parodierai le titre d'un autre film que je n'ai pas vu:Heimat, un film d'Allemagne. Rendez-vous dans quelques mois... pour la suite de cette aventure toute d'intelligence et de retenue qui nous apprend bien des choses sur ce pays peu connu,l 'Allemagne. Pour cela bien sûr il faut prendre le temps.

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11 novembre 2006

Images de ruines

   Vous avez aimé Le troisième homme, ou Allemagne année zéro. C'est vrai que les ruines d'après l'horreur ont donné naissance à des chefs d'oeuvre parfois.Avez-vous lu L'ami allemand, excellent roman de Joseph Kanon dont Steven Soderbergh termine l'adaptation?

La Porte de Brandebourg

     Berlin 45.Un journaliste américain doit rédiger une série d'articles sur la conférence de Potsdam. La ville est éventrée et dans ce décor sinistre ou tout se monnaie il veut retrouver Lena son amour d'avant-guerre car il a vécu autrefois dans cette ville qu'il aimait.C'était un peu avant la guerre.C'est si loin.

L'ami allemand

     Mais les tensions politiques sont au paroxysme.Il ne faut pas oublier que la guerre n'a cessé que pour devenir une autre guerre, dite froide. Il y a déjà bien des rivalités pour le contrôle de ce qui est encore la capitale allemande qui va bientôt sombrer dans une sorte de no man's land bureaucratique pour 50 ans.Dans ce climat délétère il faut songer à sauver sa peau, quand les cadavres ne sont pas tous ceux que l'on croit et que d'un secteur à l'autre la vie ne vaut pas bien cher. La recherche de documents nazis pour la justice n'a, comme les hommes,pas toujours été exemplaire. C'est un livre très riche qui conjugue action et réflexion sur la difficulté de sortir d'un conflit démesuré qui aura aussi brisé l"amour de Jake et Lena.

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