10 mai 2017

S.O.S. Fantômes

Masse critique

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                                Voilà un livre sans le moindre intérêt en ce qui me concerne. Souvent tout ne m'intéresse pas dans cette sorte de roman en série. Là rien. L'auteure ressasse la vieille mythologie victorienne des chasseurs de fantômes, des manoirs décrépits, des chasses au renard. Le couple d'enquêteurs lorgne évidemment, et c'est d'une grande tristesse, vers le génial duo de Sir Arthur Conan Doyle. De grâce, à mon avis, plongez vous dans l'une des aventures de Holmes et Watson, délicieuses énigmes qui laissent place à l'imaginaire. Ce qui est très loin d'être le cas de ces historiettes hyper formatées et dont je ne tiens pas à me faire le zélateur. L'iconographie du gothique fantastique y est plutôt maladroite et vampirisée par les scènes sexuelles manifestement destinées à remplir le cahier des charges de cette collection. Rien ici ne rappelle la littérature. J'ai rarement été aussi sévère mais cette fois l'opération Masse critique Babelio a fait long feu. Je les remercie néanmoins car j'ai souvent eu plus de chance.

                              Le carnet secret de Simon Feximal (on dirait un nom de médicament, une purge) n'est qu'un des titres de cette série de KJ Charles. Série est le terme qui convient, mais série Z. Ces propos n'engageant que moi, j'avais l'intention d'abandonner ce livre sur un banc. Mais aucun inconnu ne mérite cette médiocrité.

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03 janvier 2017

En passant, pourquoi pas?

Tarcy

                                 Ne boudons pas notre plaisir car notre plaisir n'est pas si fréquent. Une amie de rando m'a prêté deux livres. L'un, le dernier de Bernard Werber, sans intérêt malgré mon grand intérêt pour les chats. L'autre, hyperclassique dans sa forme, bien agréable. L'innocence (Burning bright en V.O.), de Tracy Chevalier (La jeune fille à la perle), conte l'arrivée à Londres d'une modeste famille de menuisiers du Dorset. 1792, des idées nouvelles arrivent de la France où ça bouge pas mal. Les deux adolescents Kellaway vont découvrir la plus grande ville du monde, ses vertiges et ses dangers. Leurs aventures sont assez attendues, les personnages les plus intéressants étant le poète graveur épris de liberté William Blake et Philip Astley, patron de cirque, une sorte de magnat du show-business de ces temps-là.

                                Grace à ces deux, en quelque sorte "précurseurs" tant des idées que du spectacle, L'innocence prend un certain relief et lorgne vraisemblablement vers une suite, peut-être déjà publiée, je ne sais. Et là, ce faisant, ou ce écrivant, je m'aperçois que je n'ai rien de plus  à dire. Ce fut donc une lecture plaisante, un roman sur fond historique, où l'on ne voit pas le temps passer, j'oserai dire "glissament" car j'adore inventer des adverbes. Et puis on se dit qu'on n'aurait pas perdu grand-chose à l'ignorer. Et lire plus viscéral. Mais bref, pas si mal, et surtout pas si nécessaire. Je sais, ce sont des réflexions du temps qui presse un peu.

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19 novembre 2016

In the name of rock/Victoria

 

                                       Extrait du génial concept album des Kinks Arthur or the decline and fall of the British Empire voici Victoria. Ray Davies et son frère Dave n'ont pas toujours été les meilleurs amis du monde. Mais comme ils ont su croquer la Swingin' England, Carnaby Street, les chemises à jabot, les après-midi ensoleillés (Sunny afternoon), les rues sans issue (Dead end street), la gare de Waterloo Sunset, les Dandy, Dedicated follower of fashion et autres Well respected man. Mais aussi les petites villes industrielles (Big black smoke) ou la pollution (Village green). Mais je n'en finirais pas d'évoquer l'Angleterre vue par les Kinks, maintenant étudiée en classe.

                                      Ecoutant Victoria à l'époque je ne savais pas qu'il était question du bon vieux temps de la Reine Victoria et de son interminable règne. En ce temps-là je faisais pourtant "anglomanie deuxième vie". J'ai dit mille fois que tout un tas  de chevelus grattant, frappant ou soufflant ont révélé l'adolescent acnéique et dépressif des bords de l'Oise. Un peu la vie par procuration car les Victoria du Valois n'en pinçaient guère pour mon romantisme incompris de série B. Les maladroites!

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16 septembre 2016

Peu convaincu

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                               Pas convaincu par le roman "arthurien" de Kazuo Ishiguro. Je n'ai pas retrouvé l'enthousiasme de Quand nous étions orphelins ni des Vestiges du jour. Loin s'en faut. Sorte de chanson de geste qui conte le voyage d'un vieux couple à la recherche d'un fils, avec la participation de Gauvain, compagnon d'Arthur devenu vieux et d'un dragon peu spectaculaire, Le géant enfoui est déjà enfoui dans ma mémoire, pourtant lu il y a deux mois à peine.

                               J'ai des souvenirs plus précis de Wild Idea, l'histoire bien connue et plus ou moins recyclée déjà des fameux bisons réintroduits par Dan O'Brien quelque part au Dakota. J'aime bien cet auteur mais on connait maintenant son combat. L'ayant pas mal lu, Rites d'automne, Brendan Prairie, Au coeur du pays, L'esprit des collines, toujours avec intérêt, j'y trouve aujourd'hui une certaine redondance qui ne remet pas en cause les qualités littéraires de Dan O'Brien. Mais je crois avoir compris. A l'évidence, maintenant que le temps presse un peu, j'ai envie d'oeuvres un peu plus significatives à mon coeur.

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                              Dans un bon bouquin autrichien, Le tabac Tresniek, Robert Seethaler raconte simplement l'arrivée dans la grande ville, Vienne, de Frantz, jeune campagnard, naïf mais qui n'entend pas le rester. L'histoire, en 1937, dans la capitale autrichienne, murmure puis vrombit puis hurle. Une librairie et des gens qui n'aiment ni les livres ni les libraires, Frantz fera ainsi son éducation. Deux autres éducations aussi, au Prater en foire, plus coquine, et et à fumer le cigare en compagnie d'un étrange vieux monsieur barbu et très souffrant qui l'écoute, mais alors qui l'écoute, avant sa partance pour Londres, allez savoir pourquoi. Ce roman d'apprentissage, modeste et discret, m'a nettement plus intéressé que les dernières livraisons des stars ci-dessus, anglaise et américaine.

27 août 2016

Vive Nous

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                                Nous c'est eux, les Petersen, un couple anglais et leur fils de 18 ans. Mais Nous c'est aussi nous, forcément. Délicieux épisode de l'éternelle histoire d'un homme et d'une femme, Nous nous est conté du côté Douglas, cinquante balais et quelques poussières, sympathique chercheur pas débordant d'imagination mais qui aura tenté la paternité, sans grand succès. Connie, veut partit, plus poète et plus artiste, mais sans haine et sans rancune. Alors Douglas a l'idée du Grand Tour, façon XIXème, Paris, Amsterdam, Munich, Vienne, l'Italie... Avec Connie en instance de séparation et Albie, dix-huit ans, buté comme c'est pas possible à moins d'avoir dix-huit ans. Je le sais, j'ai eu dix-huit ans.

                              C'est avec pas mal de drôlerie que David Nicholls et Douglas Petersen racontent alternativement le temps de leur rencontre et trente ans plus tard le temps de leur éventuelle rupture. J'ai vraiment aimé Douglas, cet homme un peu falot, et surtout moins branché que son épouse Connie. Leur relation est parfois hilarante à mesure que le temps passe et j'aurais envie de citer des passages entiers, délicieux et mordants. "Les premières fois- (il y a 179 petits chapitres comme ça sur 539 pages)- Les débuts de n'importe quelle relation sont ponctués d'une série de premières fois- première vision de l'autre, premiers mots, premiers rires, premier baiser, premier déshabillage, etc..., tous ces jalons partagés s'espaçant et se banalisant à mesure que les jours, puis les années passent, jusqu'à ce que, pour finir, il ne reste plus que la visite d'un quelconque site historique classé par le National Trust". Ne trouvez-pas que ça ressemble à la vie? L'humour très présent tout au long du roman n'empêche pas, bien au contraire, la tendresse et une certaine dérision, ou tout au moins du recul, et agit comme une caresse pour nous dire que même chez nous ce n'est, disons... pas si mal.

                             Evidemment reste le cas Albert, Albie, fils de Connie et Douglas, qui fut précédé de Jane qui ne vécut que quelques heures. Faut-il y voir une cause et un effet mais Albie et son père se comprennent assez mal. Quoi, c'est normal? Et l'on a envie de gifler cet ado tellement, tellement, tellement ado, quoi... Du coup le Grand Tour romantique vire au cauchemar entre réglements de compte maritaux et disparition de la grande asperge prénommée Albie. Souvent désopilant, parfois grave, un peu comme notre vie, sauf que notre vie est moins désopilante peut-être. Enfin notre vie, là je m'avance un peu. Un très bon roman de David Nicholls, fin observateur de ces années à cheval sur deux siècles comme pour une chasse au renard dans le Sussex, très Angleterre, très vieille Europe, très Nous. Et pour terminer continuons de désopiler avec cette charge vélophobe que j'ai adorée, moi, plutôt vélophile.

                              "Je me suis surpris brusquement à détester Amsterdam. Dans mon amertume je me suis laissé gagner par cette idée. Je les défierais tous, les cyclistes d'Amsterdam, avec leur éclairage inadéquat, leur manie de tenir le guidon d'une main, leur selle haute et leurs airs supérieurs. Tel Caligula, impitoyable et sans peur, j'allumerais un feu de joie et jetterais ces foutues bécanes dans les flammes. Au bûcher, les vélos, au bûcher!"

                               On connaissait les autodafés. Voici les cyclodafés. Ca c'est pas en italiques parce que c'est de moi, moi-même, personnellement. Si.

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24 juillet 2016

A part entière

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                                     Je retrouve très heureusement Valentyne (La jument verte de  Val) sur d'autres rives après une expérience italienne pénible et un forfait espagnol. Alors je l'ai à nouveau entraînée en Irlande où manifestement je suis plus en phase. C'est que j'ai déjà presque tout lu de Joseph O'Connor qui figure à l'heure actuelle dans mes auteurs de prédilection. Ce livre, au titre français ridicule (The thrill of it all, en VO, est une chanson de Roxy Music), avait a priori tout pour me séduire. Et je confirme le talent varié d'O'Connor. Robbie, quinquagénaire, entreprend d'écrire ses mémoires. Ancien guitariste du groupe rock Ships in the Night, asthmatique et solitaire dans sa péniche londonienne, il se raconte à travers son groupe, Fran, irlando-vietnamien, les jumeaux Sean et sa soeur Trez, batteur et violoncelliste. Ships in the Night est bien sûr fictif mais chaque lecteur pour qui le rock a compté (et croyez-moi dans mon cas il a compté triple et m'a presque sauvé la vie) y dessinera ses idoles des décennies passées, voire y fabriquera ses propres rêves et légendes. Car Maintenant ou jamais est un chef d'oeuvre de narration multivoix, et d'émotion, épousant parfaitement les affres et les triomphes d'un groupe de rock passant en quelques mois de l'anonymat d'un garage à la lumière mondialisée. En passant par les tournées d'abord un peu spectrales  devant douze ivrognes, puis les premières parties (U2, rien que ça), enfin les mégaconcerts et déjà le début de la fin car fulgurant est souvent ce rock tant aimé. Ayant ultramodestement joué avec quelques potes dans un grenier je me considère, abusivement, comme de ceux là, tant cette musique a dessiné des pans entiers de ma vie.

                                    Ships in the Night est un élément des années quatre-vingt. C'est qu'ils sont de la génération Joseph O'Connor et la musique évoquée dans ce roman nous dirige plus du côté de The Cure ou Depeche Mode. A chacun d'y retrouver les siens. Survolté de la fin des sixties j'ai hélas passé d'une douzaine d'années l'âge du rôle mais Maintenant ou jamais ne souffre pas d'être trop ancré dans sa (courte) existence historique. Si Rob est le narrateur central les trois autres interviennent sous forme d'entretiens tout au long, cela donne une symphonie parfois un peu cacophonique très réactive à cette histoire. Terriblement vivante. L'aventure de quatre copains qui s'essaient au rock est fabuleuse, vouée à l'échec dans 99% des cas, et vouée à l'explosion des egos et des frais d'avocats dans le 1% restant, est intemporelle depuis Liverpool. Ceci importe peu. Le superbe de Maintenant ou jamais , c'est la finesse d'analyse des rapports entre les membres de Ships in the Night. Lui-même ancien journaliste proche des milieux musicaux, frère de la très controversée Sinead O'Connor, Joseph O'Connor, dont vous pouvez retrouver plusieurs critiques ici-même sur ses livres précédents, sait à merveille décrire les premiers contacts entre Robbie et Fran, ces Glimmer Twins des eighties, ces Jagger-Richards, ces Lennon-McCartney de Luton, banlieue londonienne ordinaire.

                                    Musiciens moyens, très, comme la plupart des stars du rock à leur ignition, transcendés par l'envahissante personnalité de Fran, puis comme oppressés, Ships in the Night, c'est toute une jeunesse d'excès en tous genres. Ca, vous n'y échapperez pas car personne n'en réchappe. Ca m'a d'ailleurs toujours consterné, cette ahurissant conformisme de ces jeunes en révolte parce que jeunes, donc conformes. Et ceci n'empêche pas de les aimer, mais, bon sang, de les aimer. Des navires dans la nuit, quel beau nom, dont les voiles frissonnantes mènent au nirvana du Rock'n'roll Hall of Fame et à l'inévitable déréliction inscrite dans les gênes de l'aventure musicale et humaine de ce microcosme qu'est un quatuor de jeunes musiciens. Livre passionnant, bouleversant, sidérant d'exactitude et qui m'a fait me sentir membre à part entière de Ships in the Night, que dire de mieux. Il est vrai que si investi dans cette musique depuis cinquante ans, j'ai aussi joué avec les Fab Four, les Stones et les Doors. Ou tout comme.

                                  Dublin et la Liffey, 2012. On retrouve Robbie Goulding, Francis Mulvey, Sean et Trez Sherlock près de trente ans plus tard. L'histoire ne repasse pas les plats. Que faire de ces éventuelles retrouvailles? Les ignorer, en rester là vers 1982, quand l'aube dorée et les fées se penchaient sur ces petits bateaux de papier, les adolescences de quatre gamins? Mieux ainsi, mais je crois qu'avec moi, ça faisait cinq.

                                  La bande originale, le soundtrack de The thrill of it all, vu les fantômes que l'on y croise de Bowie à Bono et  consorts, elle est bien sûr stupéfiante. Mais vous la faites vous-mêmes, hein?

                                 Robbie  "En arrivant aux studios de télévision de White City j'ai cru que j'allais pleurer. A la stupéfaction des hommes de la sécurité, Fran s'est agenouillé avec une solennité de pape pour baiser les marches que Bowie et Bolan avaient foulées."

                                  Fran "Ce vieux truc de l'Irlande contre la Grande-Bretagne. J'y crois pas, mec...Autrefois c'était différent...Ouais, l'histoire de l'Irlande, ça te déchire le coeur. Mais pour moi, l'Angleterre, l'Irlande, c'est pratiquement pareil...Voilà d'ou vient mon groupe. On n'était ni Anglais, ni Irlandais. On était Ships in the Night."

 

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24 mars 2016

Ma B.D. annuelle

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                               Ca m'a toqué mais ça me toque pas souvent. L'élue de cette année est  Darwin, tome 1, A bord du Beagle, scénario Christian Clot, dessin Fabio Bono. Le voyage du tout jeune Charles Darwin est une des grandes odyssées de l'humanité. Agé de 22 ans, celui qui va révolutionner la pensée n'a aucune expérience maritime. Le capitaine Fitz-Roy, jeune lui aussi, commande à bord du HMS Beagle. Nous sommes en 1831 à Plymouth et cette expédition de deux ans va en durer cinq, et elle va accessoirement changer le monde. Les deux hommes vont s'apprécier et Darwin qu'on imagine toujours à la barbe blanche de sage vieillard se révèle un jeune homme facétieux qui n'a pas été si brillant dans ses études et préférant de loin la chasse à l'université. Mais Charles Darwin a une  qualité, pas si fréquente. Il est curieux de tout et se passionne pour la nature. Vous connaissez la suite.

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                                 Ce bel album ne conte que les préparatifs du voyage et les premières investigations qui nous mènent, après bizutage en régle au passage de l'Equateur, à Salvador de Bahia. Les planches animalières sur la faune d'Amérique du Sud sont splendides et l'arrivée en Terre de Feu réserve des surprises. La campagne anglaise, le port, la vie à bord sont magistralement reconstituées. Peu connaisseur de ces publications, je trouve à cet ouvrage un classicisme et une pédagogie très réjouissants.J'espère lire le second tome bientôt.

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19 mars 2016

Film assassin

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                                Attention ce film est bon. Mais il est un peu assassin. Et si vous connaissez tous Happy together des Turtles vous êtes moins nombreux sûrement à vous souvenir du Go now des Moody Blues. Ce sont deux des chansons que l'on entend.Un couple anglais septuagénaire, relativement aisé, ils n'on pas eu d'enfants. Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Geoff reçoit une nouvelle : le corps de Katya, son premier grand amour, disparu 50 ans auparavant dans les Alpes, vient d’être retrouvé. Cette nouvelle d'un temps immémorial va alors bouleverser le couple et modifier doucement le regard que Kate porte sur son mari. Sans hystérie, presque sans bruit, comme une sonate de fin d'automne, les rapports du couple se modifient et le doute, la jalousie, puisqu'il faut bien l'appeler par son nom s'insinuent et Kate (Rampling) chancelle. Ira-t-elle jusqu'à tout remettre en question. Et puis il y a la tarditude des choses.

                                    45 ans bouleverse. Certes dans la discrétion, certes avec élégance, mais le film nous vrille encore un peu plus le coeur, coeur qui n'a pas besoin de ça, se vrillant déjà pas mal. Il se peut aussi que se soit une question de génération tant il est vrai que plus on se rapproche de l'âge des protagonistes plus on reconnait quelque chose en soi de ces gens là, quelque chose de soi en ces gens là. Tom Courtenay, acteur fétiche avec Albert Finney des Angry Young Men du cinéma anglais des années soixante, avait alors 22 ans environ. Il forme avec Charlotte Rampling un duo superbe pour un film à l'anglaise, au climat anglais et aux doutes universels. Ils fêteront leur 45e anniversaire de mariage. Cest terriblement vrai, c'est terrible... Et Andrew Haigh le metteur en scène a l'idée de nous balancer lors du générique "We've already said goodbye. Can't you see I want you to stay here? I'm still in love, still in love with you. Oh you Baby go now".  Je ne suis pas gone tout de suite. Cloué dans mon fauteuil favori (je prends souvent le même fauteuil au cinéma) je ne suis pas sûr de n'avoir pas pleuré. C'est ça l'embêtement, les annés passant, j'ai connu "en temps réel" les Moody Blues numéro un au Melody Maker, Rampling dans le Swinging London et le cinéma anglais avant qu'il ne soit monopolisé par Ken Loach. Je vous avais prévenu, un peu assassin, tout ça.

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11 mars 2016

Après le film

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                                Belle affluence pour les pérégrinations d'Hector, sans abri écossais, et de tous les plans de ce film qu'on a cru bon d'étiqueter "à la Ken Loach" sur l'affiche. Le raisonnement est un peu curieux. Passons sur cette estampille. Hector a plu aux spectateurs mais n'a cependant pas totalement convaincu. Est-ce dû à l'habillage relativement modéré de ce fléau? Jake Gavin pour son premier film n'a pas trop chargé la barque noirceur et les rencontres d'Hector dans ce road-movie Glasgow-Londres au moment de Noël sont dans l'ensemble plutôt sympathiques. Moi, personnellement, je n'avais pas forcement envie d'un discours asséné violence et alcool et désespoir, trilogie  classique du cinéma on the road, complètement plombant et j'ai assez apprécié la (relative quand même) légèreté du film. Porté par Peter Mullan, charismatique acteur habité de bien des films anglais sur le sujet, Hector, sans idéaliser outre-mesure, parvient même à faire exister de bien improbables retrouvailles.

                                Certains spectateurs ont trouvé la formule, taxant Hector, bon film au demeurant, de calibré un peu trop conte de Noël. Tout benôitement j'étais assez satisfait d'avoir fait projeter un film qui laisse une place, pas énorme, à l'espoir. Vous savez, en ciné-débats, il faut bien le dire, c'est rarement des films qui déclenchent le fou rire.

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                                 Le Bison va m'en vouloir, le très beau La terre et l'ombre n'est pas guatémaltèque. Il n'est que colombien, Caméra d'Or à Cannes dernier. Et pas non plus désopilant. Alfonso, paysan âgé revient au pays dix-huit ans après vaoir laissé sa femme et son fils. Ce dernier est malade, poumons brûlés par les pluies de cendres et plus généralement la pollution grandissante en cette Amérique du Sud  en pleine surexploitation de la canne à sucre. Il fait connaissance de sa belle-fille et de son petit-fils Manuel. La terre et l'ombre n'est pas un film à effets, ni à explications. On a juste compris qu'on ne saurait jamais vraiment pourquoi Alfonso est parti si longtemps. Le grand-père découvre l'enfant sans aucune démagogie. Mais ce qui est inoubliable dans ce film c'est la dualité du pays à la fois nourricier et assassin. Car la canne à sucre est le seul emploi possible dans ce bout du monde, et c'est en même temps la meurtrière potentielle de ces modestes paysans.

                                César Acevedo filme à hauteur d'homme et de femme puisque sa belle-fille et sa femme tenent vaillammment de reprendre la tache du malade dans les champs de canne. Acevedo semble être un discret, pas de diatribe violente contre l'exploitant-teur, pas de véritables revendications, pas d'hystérie quelconque, mais une quadruple obsession tout au long de La terre et l'ombre, celle, physique qui condamne Gerardo le fils, celle des ouvriers de la canne, celle forcément plus forte des  deux femmes, enfin celle de la terre elle-même. Sensation claustro tant la modeste maison de la famille est enfermée entre les silences, ses plans séquences un peu appliqués, son apparente froideur quant aux sentiments des protagonistes, peuvent dans leur austérité faire trouver cette heure trente-cinq un peu longue. Ce ne fut pas mon cas. Je considère La terre et l'ombre comme un film passionnant et qui donne envie de mieux connaître ce cinéma sud-américain.

 

 

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09 mars 2016

So long Sir

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                                   Sans cet homme là,le quatrième, nettement plus âgé que ces jeunes gens, rien ne serait arrivé de ce que j'ai tant aimé. Même les tout meilleurs ont besoin d'un "lieur". Adieu Sir George Martin! Hello goodbye!

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