10 janvier 2013

La pas marrante histoire du psy d'Inde face au psy de Sion

Dr-mukti

                          Non,je ne ferai pas partie du cercle d'initiés qui se pâment devant les bouquins de Will Self,pas devant Dr Mukti en tout cas,et comme je n'ai guère l'intention de persévérer,Will lui-même et moi,moi-même en resterons probablement là.Ce toubib,natif de l'Uttar Pradesh comme son nom l'indique, psychiatre de son état,parfois piteux,l'état d'ailleurs,a un rival,le Dr Zack Busner,psychiatre de son état,plutôt arrogant,et juif,ce qui n'arrange rien (là,trait d'humour,pas de levée de boucliers svp).Ne pouvant se sentir réciproquement c'est à travers quelques patients en commun que leur querelle nous est contée.Ca se veut branché et Will Self dispose,je crois,d'un capital sympathie dû essentiellement à ses positions plus que larges concernant la drogue.Etant très libéral c'est forcément quelqu'un d'intéressant.Ben si.Non?

         Une fois que je vous ai dit ça je ne vois nulle raison d'épiloguer,ni d'abuser de votre temps.Libre (et encore heureux) au lecteur d'apprécier la drôlerie de Will Self et ses saillies sur la psychiatrie et ses drôles de zigotos.Ce disant je pensais plus aux soignants qu'aux malades,bien que ces derniers soient également pas mal arrangés..Il m'est arrivé de sourire,rarement.De bailler aux corbeaux ,souvent, parce que les corneilles en ont marre qu'on baille toujours après les mêmes.De penser,surtout,que ce Self ne m'a pas rendu service.Oui, ce dernier trait ne relève pas le niveau,déjà d'un faible étiage en cet étage psy.Parfaite adéquation donc,entre ce billet,peu susceptible de figurer dans une anthologie de la critique littéraire,et ce roman,peu digne de figurer,etc...

Posté par EEGUAB à 10:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


29 novembre 2012

Si par un matin d'automne un livre voyageur...

 shak

              ... arrive chez vous par erreur...lisez-le.Shakespeare Antibiographie,est venu un jour.Je ne l'attendais pas.Claudia me l'avait envoyé à la place d'un autre ouvrage.Comme la distraction est parfois bonne conseillère,et ayant déjà lu chez elle un article très favorable,je n'ai pas renvoyé l'intrus mais l'ai accueilli à bras ouverts.Le roi Lire a été le plus fort.Ce livre est formidable, épatant, j'emploie à dessein des adjectifs ancestraux.Bill Bryson a brossé un passionnant tableau de la vie en Angleterre sous Elisabeth Ière.Londres revit sous nos yeux fin XVIème, où l'on meurt jeune de la peste si on a échappé àux incendies et aux bagarres de rues.Pas rébarbatif pour deux shillings, vous marcherez au bord de la Tamise,et serez emballé par la folie du théâtre qui saisit la Merry England,paillarde comme Falstaff,et pleine d'appétit.Si vous lisez ce bouquin vous goûterez la bière des tavernes de Shoreditch et vous assisterez aux répétitions de ces si nombreuses troupes théâtrales et y rencontrerez l'âme et l'esprit du grand Will dont par ailleurs on ne sait rien.Ce n'en est que la part plus belle encore à l'imaginaire.

           Shakespeare Antibiographie est un document,pas pontifiant mais vivace, et qui donne envie de  se replonger dans l'oeuvre du célèbre barde de Stratford qu'on connaîtra ainsi un peu mieux,si ce n'est en personne,tout au moins par l'époque et la cité sur la Tamise si bien décrites par cet auteur,cet auteur si bien évoqué par Claudia chez qui je vous renvoie toutes affaires cessantes.Enfin n'oubliez pas les films d'Orson Welles,géant qui s'est frotté à Shakespeare plusieurs fois,avec un tel bonheur.J'ai souvent pensé à lui lors de cette lecture, Welles étant pour moi celui qui a le mieux assimilé la grandeur shakespearienne.

http://claudialucia-malibrairie.blogspot.fr/2012/11/bill-bryson-shakespeare-antibiographie.html

Posté par EEGUAB à 08:00 - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 septembre 2012

Transes européennes

orient

               Greene je l'ai beaucoup lu.On l'a beaucoup lu,ceux de ma génération plus vraiment quinquagénaire.Cet homme a beaucoup compté ne serait-ce que par le cinéma,Vienne,Le troisième homme,Welles,Cotten,Carol Reed,la cithare d'Anton et la grande roue du Prater.Pour ce film Greene n'a d'ailleurs écrit qu'une nouvelle.Mais Graham Greene comme Somerset Maugham son contemporain fait partie de ces auteurs en plein purgatoire.J'ai voulu lire Orient-Express que je ne connaissais pas et qui,s'il a été adapté au cinéma, le fut pour un obscur film anglais inconnu en 1934,peu après sa publication.J'ai voulu le lire pour le site Lecture/Ecriture et parce que ce livre appartenait à mon père,en Livre de Poche,cette  si belle idée qui m'a jeté sur les routes de la littérature.

              Bien des romans de Graham Greene sont plus intéressants.Citons Le ministère de la peur, La puissance et la gloire, Notre agent à La Havane, Le fond du problème.Mais cet ouvrage n'est pas à dédaigner.Ecrit vers 1930 Orient-Express s'appela d'abord en Angleterre Stamboul train.Greene lui-même classait ce roman dans les distractions par opposition à ses "grands" romans davantage tournés vers la foi ou la philosophie, déjà cités.Néanmoins apparaissent dans ce livre les thèmes très "lourds" de l'engagement politique,de l'antisémitisme,de la culpabilité,particulièrement greenienne.

             Ostende, Cologne, Vienne, Subotica et Istambul,cinq étapes sur la route de l'Orient-Express.Pas à proprement parler un huis-clos mais le cadre majeur qui réunit quelques personnages à la vie un peu compliquée qui vont se croiser,se découvrir,s'aimer,se haïr en un condensé de cette Europe entre deux guerres, véritable soufrière qui en à peine vingt ans allait replonger dans l'horreur. Après des années d'exil Richard Czinner,médecin,leader socialiste en exil à Londres retourne à Belgrade.Joseph Grünlich,voleur et meurtrier,fuit Vienne.Carleton Myatt,négociant juif anglais se pose  des questions sur son identité et son pouvoir de séduction. Coral Musker,danseuse de music-hall,et Mabel Warren,journaliste lesbienne,sont les éléments féminins de ce quintette qui va jouer une partition serrée,tendue,souvent d'une grande  sécheresse.Pas d'envolées lyriques sur le socialisme bonheur.Pas de grandes phrases sur le féminisme.Et pourtant tout est là dans cette Europe en miniature et en pullmans mal chauffés.

            Les sympathies de Graham Greene ne sont pas si évidentes car l'auteur est malin bien que jeune encore quand il publie Orient-Express.Peintre des ambiguités du coeur comme politiques c'est un écrivain de grande classe qu'il conviendrait de  dépoussièrer un peu de ce qui s'appelle la rançon du succès.10/18 s'y emploie,par exemple avec notamment les oeuvres suivantes dont la dernière,Travels with my aunt,emprunte 40 ans après ce même Orient-Express.

9782264021984978226403137297822640379479782264037961ROCHERTUEUR9782264038005

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par EEGUAB à 17:33 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 octobre 2011

Nowhere man

arton1665_4eed8    

                  Première incursion chez John Burnside,auteur écossais,très positive.Nous sommes en 1970 environ dans l'Angleterre industrielle en voie de désindustrialisation.Francis,son frère Derek,son amie Alina et son frère Jan,fils d'émigrants lettons,ont une vingtaine d'années.On est déjà loin de la Swinging London et ça ne rigole pas tous les jours dans ce pays d'acier et de crassiers. Drogue et violence à tous les étages,comme partout puisque l'expérience des uns aura à jamais dans notre monde refusé de servir aux autres.Sinon ça se saurait et Kurt Cobain aurait vécu plus longtemps que Jim Morrison.Mais faut pas rêver.Peu de place pour le rêve donc à Corby,une fois la bière tirée et les couteaux évités.Passer d'Ecosse en Angleterre pour Francis n'aura donc pas été simple dans ce "Royaume-Uni".Mais pour certains les dés ont été jetés précocément avec leur souffle de vie.Francis part alors d'abord sur les chemins anglais,buissonniers mais où l'herbe n'est pas plus verte.Parfois outrageusement banal Francis se défonce comme tout un chacun mais lui ne croit même pas ainsi se singulariser.Belle lucidité.

       Une vie nulle part n'est pas qu'un livre sur le mal-être ou sur la partance.Les liens familiaux sont remarquablement évoqués dans les deux premiers tiers du livre,avec la parole donnée à son frère Derek qui joue de la basse et écoute Rory Gallagher pour chasser le quotidien enfumé,ou à leur père Tommy veuf sombre et que l'ange de la violence caresse parfois aussi.L'amitié et le souvenir ont accompagné Francis comme de bienfaisants nuages mais la route est bien âpre pour cet indépendant un moment égaré en un château sectaire parcouru de fantômes sonnés.

     Une vingtaine d'années va ainsi passer depuis la Californie et Silicon Valley à laquelle on ne s'attendait certes pas jusqu'au retour final.Des rencontres,des frustrations sur cet itinéraire d'un enfant troublé,zébrées de riffs de guitare qui pour moi sonnent comme une madeleine littéraire tant la musique de ces années électriques balance en moi depuis plus de quarante ans.Manifestement je me sens assez frère de Francis et de Derek et j'ai partagé,ému,leurs espoirs et leurs désillusions,et plus simplement leur fraternité jusqu'à un secret terminal révélé que je n'ai pas encore découvert.Car,et c'est assez rare,je suis si bien avec Francis que je ne précipite pas mes adieux à son univers.Je ne peux qu'engager à faire la route avec ces gars-là,authentiques et douloureux.Quant à John Burnside il aura de mes nouvelles.Ou plus exactement j'aurai de  ses romans.Lui pardonnant même la pourtant gravissime erreur d'attribuer le fabuleux Wooden ships à Jefferson Airplane au lieu de Crosby,Stills and Nash.Hey John!Je suis chatouilleux là-dessus. 

Posté par EEGUAB à 16:09 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 septembre 2011

A vélo dans le Yorkshire

book_cover_une_anglaise_a_bicyclette_202215_250_400   

    Didier Decoin est certes un écrivain classique.Mais c'est vraiment un habile conteur et on comprend son attrait pour l'Angleterre,lui qui vit au bout du bout du Cotentin,doigt pointé vers Albion.Je lui trouve un charme d'auteur britannique dans cette histoire américano-anglaise et non pas anglo-américaine.Un photographe anglais sauve du massacre de Wounded Knee une petite fille Sioux.Revenu dans son Yorkshire il finit par l'épouser vingt ans après.Mais le plus étonnant dans cette histoire est le rôle de la bicyclette qu'Emily apprend à chevaucher et dont elle devient vite une addicte dans la verte campagne.

         Mais ce n'est pas tout.Didier Decoin nous entraîne dans un roman délicieux d'anglophilie qui plaira par exemple aux passionnés de Peter Pan et de Conan Doyle qui tient un rôle non négligeable dans notre histoire.Filez à l'anglaise dans cette histoire de fées.Arthur Conan Doyle,on le sait,était très versé dans le spiritisme malgré son fils littéraire devenu l'archétype du rationnalisme.Ajoutez à cela un policier soupçonneux sur l'origine d'Emily,pas si mauvais malgré tout.Saupoudrez de quelques vieilles dames anglaises comme la plupart des vieilles dames,très pressées d'être immortalisées sur pellicule par le photographe,avec cependant quelques retouches non encore numériques.Il y a une histoire d'amour sans histoire,pas mal d'humour,des gens bien élevés.Et si le héros,Jayson Flannery est affligé de lépidophobie( panique cause papillons) et de *****trucphobie (la terreur de la bicyclette,mais j'ai oublié le nom et j'ai déjà rendu le livre à la Bib.), il faudrait être hardly anglophobe pour ne pas prendre plaisir à cette belle balade dans un jardin anglais.

Posté par EEGUAB à 15:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


18 juillet 2011

Engagez-vous,qu'ils disaient

49e_parallele_Edition_Collector_2_DVD_inclus_1_livret_de_50_pages_   

      Un film de propagande peut être une totale réussite.Octobre ou Naissance d'une nation ont fait leurs preuves.Le 49e parallèle sépare le Canada des Etats-Unis.En 1940 Michael Powell et les Hongrois exilés Alexandre Korda et Emeric Pressburger décident de mettre en chantier un film d'aventures à l'objectif sans détour: influencer l'opinion publique américaine pour convaincre le pays d'entrer en guerre.Le film bénéficie d'un budget confortable et de deux stars de l'époque,Leslie Howard d' Autant en emporte le vent et Laurence Olivier.Le Ministère de la Guerre est partie prenante.Un peu de remise en place:le Canada est en guerre, Commonwealth oblige,mais pas les Etas-Unis,Pearl Harbour n'étant qu'une base inconnue du monde. Le propos est parfaitement belliciste et limpide.

    49e parallèle,au titre premier plus clair encore,The invaders,se révèle un excellent film d'action,en grande partie tourné sur place et qui fonctionne comme une suite de quatre sketches présentant des personnages éloignés du conflit qui vont prendre conscience que ce qui se passe en Europe ne peut les laisser neutres.Laurence Olivier en trappeur québecois,Anton Walbrook en chef d'une église hutterite dont la plupart des disciples sont d'origine allemande,Leslie Howard en peintre cubiste détaché de tout,et Raymond Massey en soldat,tous vont tour à tour avoir affaire aux six,puis cinq,puis quatre,etc... membres d'un commando nazi rescapés d'un U-Boot détruit,qui traversent le Canada comme l'avant-garde de la puissance hitlérienne.

    Tourné avec des autochtones et malgré le parfait anglais du groupuscule nazi on se prend au jeu. Curieusement le personnage principal,que l'on voit le plus,est bel et bien l'officier allemand pur jus même si cela ne va pas jusqu'à une quelconque empathie qui eût été contraire à la thèse guerrière du film.Les auteurs ont cependant un peu adouci le propos,l'un des six fuyards étant un brave type.Convention du cinéma d'aventure oblige.

Posté par EEGUAB à 12:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 mars 2011

Faux départ,parcours moyen,fin un peu mieux

  untitled

          Qu'est-ce qui fait une déception de lecture?Par exemple le hasard à la Bibliothèque Municipale,un titre un peu énigmatique,un auteur anglais inconnu.Mais ça n'a pas fonctionné terrible cette fois.Je vous expédie ça vite fait,injuste probablement car la fin du livre m'a quand même intéressé.David Carter, la cinquantaine, est frustré par la vie. Sa femme Eleanor s'enfonce dans une déprime interminable. Son poste de conservateur de musée lui échappe.Sa fille Kate s'est éloignée. Mais surtout il a appris que toute son existence a été construite autour d'un mensonge : il est un enfant adopté.Alors David n'a de cesse de se mettre en quête de son passé, à travers vieilles photos, lettres et vestiges ténus. Nous replongeons ainsi dans le Londres du Blitz, la ville de Coventry d'après guerre, et la campagne irlandaise.Cela avait tout pour me passionner,l'histoire récente d'un pays qui m'a toujours passionné,les racines disjointes et l'interrogation de David Carter.

   Pourtant à peine trois semaines après l'avoir lu je ne me "rappelle" plus Il n'y a pas de faux départ de Jon McGregor.Je suis sûr que cela vous est déjà arrivé.Pourquoi en parler?Parce que j'ai envie de dire que la littérature parfois ne suffit pas,pas plus mauvaise qu'une autre d'ailleurs.Mais tout cela sauf l'extrême fin du livre m'a laissé de glace.Un peu d'amertume aussi,le temps nous étant compté et le nombre de livres d'une vie fatalement dérisoire. 

Posté par EEGUAB à 12:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 octobre 2010

Le privé d'Unter den Linden

           Ce livre m'a été prêté et m'a vraiment beaucoup plu.Cette trilogie berlinoise regroupe trois aventures de Bernie Gunther,privé allemand juste avant et juste après la Guerre:L'été de cristal,La pâle figure et Un requiem allemand. Ces livres ont été écrits au moment de la chute du Mur.Bernhard Gunther est un privé qui a quitté la police officielle et ses nombreux services dans cette Allemagne 36 qui prépare la Nuit de Cristal et autres horreurs.Peu favorable au nouvel ordre mais prudent comme Philip Marlowe Gunther se garde bien de prendre partie ouvertement.Les trois livres sont compliqués à souhait comme toute investigation d'un enquêteur à son compte et je n'ai pas souvent terminé ce genre de polars en étant sûr d'avoir absolument tout compris sur les victimes et les assassins.Mais comme toujours peu importe.L'important c'est surtout l'ambiance ramassis d'opportunistes vénaux,de grosses légumes corrompus et de besogneux du trafic.C'est ce chacun pour soi avant le déluge annoncé,cet instant où l'on se doute que le crépuscule suivra très vite une aube radieuse.Notre ami Gunther n'échappera pas à certaines compromissions,plutôt moins que la moyenne,ce qui nous suffit pour l'adopter.Les codes du noir sont bien présents mais si Spade,Marlowe et consorts ont fort à faire avec trafiquants notoires, gangsters de haut vol avec comparses obtus Gunther,lui,se collète avec des voyous tout aussi gangsters et trafiquants mais célèbres en ces années de superproduction du film d'horreur.Ces premiers rôles se verront d'ailleurs.récompensés,mais pas tous,au festival de Nuremberg où leur carrière avait  commencé une douzaine d'années plus tôt.

    Les femmes ici sont entraîneuses (version soft),les faux papiers réversibles comme les consciences,et des Américains peu regardants croisent des Russes brutaux et des certificats de dénazification ont parfois battu des records de vitesse.Nous sommes maintenant en 1947.J'aime cet adage,je me le suis d'ailleurs attribué bien que je l'aie probablement pompé quelque part:"Les guerres sont terribles,les avant-guerre pas commodes et les après-guerre sinistres. Heureusement il y a le reste."Mais du reste Gunther n'en a guère,très occupé après 36 et 38 à Berlin,dans la Vienne de 47, plus très impériale,mais archivénale,interlope et n'ayant rien à envier à la capitale en cendres du Troisième Reich,celui qui devait durer 1000 ans et dura...toujours trop longtemps.Le vieux cinéphile lisant Un requiem allemand ne pourra ignorer Le troisième homme,sauf que pour la classe d'Orson Welles ou l'élégance de Joseph Cotten,on repassera.Fort pertinemment Philip Kerr termine son roman au Café Mozart,reconstitué pour le film de Carol Reed.

Posté par EEGUAB à 16:40 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 octobre 2010

Ils étaient trois soldats de plomb

                    

             Fastueux et infini monde du rock, voilà que resurgissent à ma mémoire trois refrains sixties et,croyez-moi, pas dus à des vassaux de quatrième zone.Laissez-moi vous présenter trois très vieux amis,presque des copains de service militaire.Ray Davies et les Kinks,les Small Faces et notre barde écossais,Donovan.Manifestement ces gars-là ont comme moi joué avec les petits soldats.Vous  savez ceux à qui manquaient une jambe ou la moitié de son fusil.

http://www.youtube.com/watch?v=bBkb4sKeC2A The Kinks Tin soldier man

       Les si fameuses vignettes pop-rock des Kinks sont très nombreuses,toutes délicieuses de nostalgie british et d'intelligence albionesque.Non il n'y  a pas que Sunny afternoon ou Lola.Voici le fringant Tin soldier man extrait de l'album de 1967 Something else,génialissime opus s'il en est.Le petit soldat de plomb des Kinks est le cousin du Dandy ou du Well-respected man,bien propret,nanti d'une petite lady en plomb qui cire ses chaussures pour la relève de la garde.Un basson joue dans Tin soldier man.Pas fréquent dans le Swinging London,mais pas étonnant de la part de Ray Davies,ouvert très tôt aux violons et aux marching bands,auteur complet de toute la disco des Kinks,étudié dans les collèges pour ses témoignages de ces années dorées.Moins influencés blues que Jagger-Richards,moins surréalistes que les Beatles tardifs,les Kinks restent à redécouvrir et à réévaluer,sans cesse.

http://www.youtube.com/watch?v=H7v5ZqcReLM  The Small Faces Tin soldier

     Apparus un tout petit peu plus tard les Small Faces perdraient leur adjectif à l'arrivée de Rod Stewart remplaçant Steve Marriott quie sera de l'aventure Humble Pie.J'insiste sur la mouvance extrême de ces années si créatrices outre Manche.Les Small Faces ont connu un immense succès avec leurs singles régulièrement dans les charts.Tin Soldier,décembre 67,est une version symbolique du petit soldat,amoureux de qui l'ignore et qui ne réclame en retour qu'on s'occupe un peu de lui,et "just 'll do what you want me to do".Peu après ce sera l'album Ogdens' nut gone flake,album charnière et chant du cygne,qui est aux Small Faces ce que sont Sergeant...,Pet sounds,Odessey and oracle aux Beatles,aux Beach Boys ou aux Zombies.

Donovan - Fairytale

http://www.deezer.com/listen-5820185   Donovan Little tin soldier

    Carrément digne des frères Grimm le Little tin soldier de Donovan est justement issu de l'album Fairy tale.Et l'on est bien dans le conte de fées,chéri par Donovan ,qui fut Le joueur de flûte de l'invisible film du même nom,signé Jacques Demy.Ce petit soldat n'a qu'une jambe et aime la petite ballerine sur l'étagère en face dans le magasin de vieilleries,en Forêt Noire.Drame,la danseuse est vendue et le soldat finit dans le caniveau,exclu,errant jusqu'à l'océan.Et puis un jours ils se retrouvent pour finir unis dans le même feu de cheminée.Jolie ballade du grand Donovan pour clore mes dix-huit ans qui n'en finissent pas de mourir.Steve Marriott le leader des Small Faces est effectivement mort dans un incendie en1991.

Posté par EEGUAB à 08:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

14 août 2010

Le coup de Crace

   
  
 

 

 

                Jim Crace,encore méconnu en France,est né en 46 en Angleterre.Deux fois finaliste du prestigieux Booker Prize,il est l'auteur de L'étreinte du poisson, Quarantaine, Six ,Le garde-manger du diable. Et de De visu,curieux titre français de The pesthouse,dont je vous dis un mot ci-dessous.

            De visu est un roman de fin du monde dans un climat assez proche de Malevil.Nanti d'une jolie verve poétique ce voyage vers l'Est constitue ainsi l'avatar ultime et inversé de la ruée vers l'Ouest.Dans cette Amérique d'après la catastrophe(celle que vous voulez,Crace vous laisse le choix) Margaret et Franklin veulent retourner aux navires susceptibles,sur "le puissant fleuve à une seule rive",de quitter le continent pour l'autre terre promise.
              Parabole sur le Nouveau Monde,prématurément vieilli,livré aux pillards et aux maladies,De visu est une histoire d'amour qui devra passer par la case Moyen Age pour envisager à nouveau la sérénité.Et si le cauchemar futuriste servait au moins à cela:donner aux hommes l'occasion de faire mieux.

 
   
 
 

 

 
 
 
   
 
 

Posté par EEGUAB à 11:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,